Le blog de Jean-François Fiorina

L’école des nouveaux espaces (les meilleurs exemples)

Rolex learning Center, campus du futur

Rolex learning Center / EPFL Lausanne ©DR

J’ai évoqué dans un précédent post le rôle indispensable que jouera le campus de l’école du futur. Ce post a été l’un des plus consultés depuis que je tiens mon blog, signe que le sujet interpelle tous les acteurs de l’éducation. La question du campus — lieu du savoir et lieu de vie — fait partie d’ailleurs de la stratégie d’un grand nombre d’établissements, en France ou à l’étranger, que ce soit dans le cadre de la création de nouveaux campus (Toulouse Business School, Montpellier, EM Lyon, Nova Business-school), de la rénovation de campus existants (EM Normandie, Kellog’s) ou de la création de campus « satellites » avec l’implantation à Paris de la quasi-totalité des écoles du Chapitre des écoles de management. Retour et compléments sur quelques exemples pour alimenter la discussion et la réflexion !

J’ai donné ma vision de ce que devrait être le campus du futur mais qu’en est-il de celle des étudiants ? Le magazine Espace Prépas a publié une étude intéressante l’an dernier après avoir interrogé des élèves de classes préparatoires sur leur campus idéal.

Pour eux, un campus doit d’abord être :

  • Citadin  — bon point pour GEM ;-)
  • Accessible
  • Engagé
  • Ouvert
  • Connecté
  • Autonome (c’est-à-dire disposant de ses propres services)

Et bien évidemment studieux (avec des salles remplissant différents objectifs). Bref, des résultats – qui pour une fois – concordent avec nos réflexions ! Cela montre bien que nos étudiants sont attachés à leur campus même s’ils n’y passeront pas toute leur scolarité du fait de la variété de leurs cursus.

Par ailleurs, je porte à votre connaissance une très belle étude de cas sur le projet Carcavelos de Nova Business School. Inutile de présenter cette école portugaise qui fait partie du top des Business schools. Son projet de nouveau campus est un très bon exemple d’outil au service de la stratégie. Les documents de communication sont très bien faits et pertinents. On peut même suivre l’évolution du chantier grâce à un site internet dédié. Les objectifs de ce nouveau campus sont très explicites : construire une école pour la société, une école qui permette de rester compétitive dans la bataille mondiale des Business schools dont le campus soit capable d’accompagner l’ambition de cette école à travers 4 objectifs :

  • Faciliter les nouvelles approches pédagogiques. Ce qui suppose également de revoir la taille et l’organisation des Travaux Dirigés,
  • Un campus où il fait bon vivre,
  • Développer l’interaction entre les différentes parties prenantes,
  • Favoriser un style de vie « californien », le campus est posé à quelques mètres de la mer…

Si les 2 premiers objectifs sont « communs » et apparaissent dans les souhaits des directeurs d’école, c’est la 1ère fois que je vois définis de manière aussi précise les 2 derniers.

Effectivement, il apparait primordial que les différents acteurs d’une école se rencontrent — en dehors de la salle de classe — et puissent échanger. Vital pour faire connaissance et pour l’apprentissage par la discussion entre un professeur et quelques élèves autour de sa dernière publication, ou d’un professionnel invité à la suite d’un témoignage, cela fait partie intégrante de l’apprentissage, d’un écosystème pertinent et efficace.

Au-delà de la gestion des espaces, c’est à nous aussi d’organiser ces « interactions » et de favoriser cet « informel » si important. À l’avenir, des designers de flux devront peut-être intervenir pour modéliser la circulation entre nos différents espaces. Encore un nouveau métier de l’école du futur — thème qui fera l’objet d’un de mes prochains posts.

Quant au 4ème, je l’annonce tout de suite, GEM ne pourra pas se battre sur ce créneau ! Nous, c’est la montagne !

On retrouve également ces tendances dans le nouveau bâtiment de Northwestern Kellogg. Le campus devient un centre de vie accessible à tous, y compris au public extérieur pour ce prestigieux établissement américain.

Que de changements en quelques années dans la vision de ce que doit être un campus. Devenu un véritable média au service du développement et de la promotion de la marque (sur le modèle du Rolex Center de l’EPFL). Il permet aussi un lien affectif avec nos étudiants, première pierre de la (longue) relation que nous entreprenons avec eux.

Mais si les concepts sont maintenant bien définis, se pose la question du financement de telles structures et c’est là que nous écoles françaises sommes plus que désavantagées.

Nova Business School l’énonce clairement : rester compétitif. C’est également notre enjeu.

Les locaux sont une partie de la réponse. Nous allons avoir besoin de trouver d’autres formes de financements (ou de partenariats) pour créer nos campus du futur.

Peut-être devrons-nous imaginer des campus partagés avec des entreprises ou mutualiser des espaces dans différents campus d’entreprises. Les modèles sont à inventer très vite !

Le rôle de la ville sera également important pour concevoir et favoriser l’émergence d’écosystèmes attractifs pour tous ses acteurs de l’éducation et bien au-delà. Campus du futur et villes de demain ne feront qu’un !

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