Le blog de Jean-François Fiorina

Linkedin sur tous les radars de l’Enseignement supérieur

Ce réseau social est apparu plusieurs fois sur l’écran de mon radar la semaine dernière. La première lors du colloque annuel de la CGE où je suis intervenu avec Manuel #CANEVET et Théo #HABERBUSCH et la deuxième après une intervention de Jeff #MATTHEWS, Head of learning solutions, Linkedin EMEA, cette fois lors de la conférence annuelle de l’EFMD. J’ai été impressionné par la dernière slide projetée avec cette promesse « Creating economic opportunity for each student » (voir ci-dessous). Sans compter différents articles de presse dont celui du Monde qui titrait mercredi dernier : Face à LinkedIn, Les associations d’anciens élèves se cherchent un avenir. Dans cet article, la journaliste explique que les organisations d’alumni des grandes écoles voient leurs cotisations s’effondrer, tandis que s’imposent les réseaux sociaux professionnels, Linkedin en tête.

J’ai déjà évoqué la relation des écoles avec Linkedin dans deux posts publiés… il y a 3 ans !

« Linkedin dans l’enseignement supérieur, pourquoi s’y intéresser de très près » et « Comment travailler avec Linkedin… et d’autres ?  ». Il me semble très utile de revenir sur certains points.

Linkedin, le réseau incontournable

Dans chacune de mes interventions, quel que soit le public, je demande à chaque fois qui a un profil Linkedin et à chaque fois la quasi-totalité des mains se lèvent, même en classe prépa. Si toutefois les profils ne sont pas toujours complets, le constat est implacable. Ce réseau est devenu un incontournable, à l’inverse d’un grand nombre d’autres plus spécialisés sur une « tranche d’âge », un segment de population. Linkedin rassemble tous types de profils, étudiants, entreprises, salariés, retraités… Ne pas y être doit répondre à une stratégie bien précise ou conduit l’assumer comme une faute importante !

  • Un profil Linkedin oui, mais avec une ligne éditoriale

Rien ne sert d’être présent s’il n’y a pas de stratégie de marketing personnel ou personal branding bien définie. Pour être visible, il faut faire vivre son profil. Ce qui ne vous a pas échappé me concernant, je suis (assez) présent. Via Linkedin, je communique (facilement) avec mes (nombreuses) cibles de communication et partage mes réflexions sur l’école du futur, la mondialisation et la géopolitique.

C’est aussi l’occasion de publier chaque lundi mon agenda pro. Un post qui connait chaque semaine un grand succès avec plusieurs dizaines de milliers de vues. Je suis même interpellé dans le train par certains de mes contacts (que je ne connais pas forcément « physiquement ») qui me demande comment s’est passé tel ou tel rendez-vous ou réunion !

Dernier objectif : valoriser GEM et ses acteurs dans une logique de fabrication/diffusion de la marque.

  • Linkedin, futur concurrent des écoles de management ?

La réponse est oui sans hésitation pour deux raisons :

  • La première est que nous sommes au centre de la relation entreprises/étudiants. Nous annonçons aux entreprises qu’elles pourront rencontrer chez nous les meilleurs étudiants et à ces derniers, qu’ils auront un contact privilégié avec leurs futurs employeurs. Avec Linkedin, ces deux parties peuvent se rencontrer en se passant de nous facilement.

Le phénomène a déjà commencé puisque un nombre croissant de Gémiens – toutes formations confondues — sont recrutés directement par Linkedin sans avoir candidatés. Des algorithmes les ont identifiés. Cela permet à l’entreprise d’accélérer le processus de recrutement, de le simplifier (avec bien évidemment un aspect coût) et surtout d’être sur qu’elle aura le profil dont elle a besoin (ou le plus proche possible).

  • La deuxième raison est qu’au travers de sa gigantesque base de données, et notamment l’identification des compétences, Linkedin peut proposer des formations spécialisées comme en atteste l’image ci-dessous à partir de mon profil. Ce sont plutôt des micro-formations mais je n’ai aucun doute que Linkedin va développer cet aspect dans les années à venir et qu’il proposera des formations qualifiantes voire diplômantes.

Et qui sait, peut-être en coopération avec nous ?

Linkedin, l’incontournable mais comment travailler avec ?

La réponse est très complexe car les usages et applications sont nombreux et s’adressent à un grand nombre de nos parties prenantes ou « stake-holders » :

  • Les collaborateurs – 1255 collaborateurs GEM identifiés,
  • Nos étudiants,
  • Nos alumni – 35 874 identifiés. Avec une première limite puisque chaque compte ne peut accueillir plus de 30 000 contacts. Cela suppose soit de créer des groupes (mais attention à leur multiplication/gestion/animation) ou d’encourager des abonnements,
  • Nos partenaires qu’ils soient entreprises ou académiques,
  • Les influenceurs que nous devons toucher pour valoriser et développer la marque GEM. Si je prends la géopolitique, qui est un axe fort de l’école, je devine un potentiel important mais il n’est pas facile à valoriser,
  • Les prospects, étudiants, futurs collaborateurs ou professeurs,
  • Voire les parents car j’ai parfois des retours et commentaires de leur part sur mes posts et articles.

Potentiellement un très bel outil mais une autre difficulté est l’absence d’un référent « enseignement supérieur » au sein de Linkedin avec lequel nous pourrions réfléchir à la mise en place d’actions pertinentes.

La réponse des établissements supérieurs

Comme on a pu le voir auparavant, ce réseau interpelle et questionne le fondement même de nos activités. Est-ce à dire que la bataille est perdue ou plutôt comment devons nous réagir ? Au préalable, comme évoqué par Manuel CANEVET, il faut que chaque établissement maîtrise et garde le contrôle de ses fichiers et bases de données.

Je pense également que nous devrons créer notre propre RSE (Réseau Social d’Entreprise), véritable colonne vertébrale de notre SRM (Student Relationship Management) de la prise de contact avec l’école jusqu’à la fin de la carrière professionnelle qui permettra d’avoir un lien (et de le maintenir) avec nos différentes communautés.

Ensuite, il nous faut trouver notre valeur ajoutée.

Pour moi, elle se décline autour de 3 axes :

  • La notion de marque. Plus la marque sera forte, plus Linkedin (ou d’autres réseaux de ce type) seront des outils et non une alternative, en d’autres termes des moyens et non des fins ! De toute façon, cette question de la marque devient essentielle dans cette bataille, mondiale, de l’enseignement supérieur,
  • Une préparation et un accompagnement de nos étudiants à l’utilisation de ces réseaux. Ce n’est pas facile et doit être progressif car cela suppose que nous les aidions à réfléchir sur leur marketing personnel, leurs compétences (vaste chantier mais peut-être le plus stratégique) et sur la définition de leur ligne éditoriale en cohérence avec leurs recherches d’emploi ou leur projet de création d’activité et tout « simplement » leur projet de vie. Tous les paramètres doivent être alignés pour avoir un impact optimal. Pas toujours facile quand on a 20 ans !
  • La définition d’une stratégie vis-à-vis de Linkedin

Encore un autre chantier de cette #ecoledufutur !

À suivre !

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Commentaire (1)

  1. Valery Michaux

    Merci pour cet article qui fait réfléchir… Une passionnée de disruption…
    Dr. valery Michaux (Néoma)

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