Le blog de Jean-François Fiorina

L’Europe naît-elle par l’enseignement supérieur ?

Cette semaine, je vous propose la vidéo de mon intervention sur le thème de la construction européenne par l’enseignement supérieur, lors du récent Festival de géopolitique qui s’est tenu à GEM, du 13 au 16 mars. Encore une très belle édition et une fréquentation en hausse. L’Europe ne pourra pas se faire sans une culture commune européenne d’éducation supérieure et d’éducation. Évitant toute standardisation, il doit y avoir une formation commune à la citoyenneté et au-delà aux actions concrètes que l’Europe développe.  

Lu dans le JDD du 25/3/2019.

Il n’y a pas ou peu de formations transversales sur l’Europe autres que des préparations de concours administratifs. Aujourd’hui, nous avons besoin de citoyens européens ayant une culture générale de l’Europe et notamment dans l’enseignement supérieur et les business schools dans le lien avec l’entreprise. Il n’y a pas d’école ou de formation spécialisée en Europe dans les entreprises au-delà des « hyper » spécialistes en droit, marketing, science politique ou propriété intellectuelle.

Les réussites européennes du supérieur

Il y a de belles réussites comme le processus de Bologne. Il a permis l’internationalisation des universités par un système qui permet facilement les échanges pour développer la mobilité étudiante grâce aux bourses délivrées mais également celle des professeurs. Elle a permis la construction de systèmes d’enseignement supérieur dans des pays limitrophes ou d’aider à la création d’institutions intéressantes. Nous nous sommes dotés d’outils comme le système commun LMD – Licence Maîtrise Doctorat et ses crédits ECTS qui permet les échanges et les équivalences de manière claire et symétrique.

Le programme Erasmus et son million de bébés européens a permis de peupler l’Europe !  Tout le monde a vu le film devenu culte, « L’Auberge espagnole » qui l’a si bien illustré ! Ce sont de vraies réussites.

D’ERASMUS (1987) à ERASMUS +

Quelque trente ans après nous sommes passés :

      • De 3000 étudiants concernés à 5 millions de personnes (enseignement supérieur, scolaire, professionnel, culture et sport),
      • De 11 pays engagés à 33 pays européens + l’ouverture au monde,
      • D’une mobilité étudiante à des programmes de mobilité collective et institutionnelle.
      • ERASMUS +, c’est également des ambitions : < 10% de décrocheurs et 40% des 30/34 ans titulaires d’un diplôme de l’Enseignement supérieur.

Limites européennes dans le supérieur

Attention, nous restons dans une vision « bisounours » alors que nous sommes dans une compétition internationale. C’est encore plus vrai pour les business schools et formations au management. S’internationaliser, c’est bien mais il faut que cela puisse fonctionner, attention aux visions et attentes des étudiants, qui ne sont pas celles des Etats ni forcément celles des établissements académiques.

Le futur est à la création de cursus trans européens, de diplômes communs et d’une culture commune européenne sans nier les singularités de chacun. Nous sommes dans des systèmes compétitifs au plan mondial, pas seulement académiques. Il nous faut un système performant créant de la valeur pour l’ensemble des parties prenantes dont les entreprises européennes.

Nous avons besoin de former des spécialistes de l’Europe pour accompagner les entreprises ou les institutions, pour parler Europe, raisonner Europe. Nous avons besoin de former une élite européenne pour aider à sa (re)construction qui ne dépend pas que de la politique voire de l’idéologie. Relire mon post à ce propos en vue de Créer un cursus Europe non thématique, transversal et pluridisciplinaire.

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