Le blog de Jean-François Fiorina

École du futur et Edtechs : ma revue de tweets

salle de classe du futur par gem

« Il n’y a plus aucune limite dans la salle dans la classe et pour l’ #ecoledufutur. » Vous m’avez souvent entendu dire cette phrase. J’aurais pu ajouter que cette école du futur évolue dans tous les domaines. C’est à la fois passionnant et frustrant. Il n’est plus possible de suivre l’ensemble. Il faut donc bien décider en arbitrant. Et apprendre à vivre avec ce qui peut être considéré comme l’une des limites de cette nouvelle école qui reste une fantastique opportunité pour les nouveaux acteurs et les Ed-techs.  À nous de tenir compte de ces évolutions et de ces changements de mentalités comme le prouve ce tweet : « Adieu les fiches : en 2019, le bac se révise sur YouTube et Instagram. Des lycéens, d’anciens lycéens et professeurs nous racontent comment ils utilisent les réseaux sociaux ou YouTube pour préparer le bac via @Numerama buff.ly/2YY5wpZ »

L’évaluation, nouvel enjeu de l’école du futur

Au menu de ce post de cette semaine, retour sur l’évaluation, nouveau sujet de l’école du futur. Le sujet commence à apparaitre dans mes radars, ce qui est plutôt une bonne chose. Il nous faut engager des réflexions sur les évaluations et ce pour différentes raisons :

  • Les compétences prennent le pas sur les connaissances,
  • Il y a donc besoin d’imaginer d’autres formes d’évaluation,
  • Sans compter un aspect logistique. Au vu du nombre croissant de nos promos, la logistique d’organisation devient complexe.
  • Et la dimension environnementale avec le nombre impressionnant de copies (et de sujets d’examens) distribués.

La « salle d’examen numérique », une approche qui interroge la place et le sens de l’évaluation, extraits d’un article très complet de Jean-Marie Gilliot, maître de conférences à l’IMT Atlantique et chercheur au Lab-Sticc (dans AEF info) :

Penser des solutions d’examen numérique, avec des salles dédiées, des dispositifs mobiles ou du « proctoring » depuis les domiciles, invite à repenser les environnements en fonction des publics et des finalités des examens. De retour de la conférence internationale CSEDU en Grèce début mai, le chercheur au Lab-Sticc, Jean-Marie Gilliot constate un intérêt croissant des établissements d’ESR. Un intervenant américain à cet événement plaidant même pour une installation par université. À l’IMT Atlantique, il travaille sur un projet de solution mobile pour « investir les tiers lieux ».

« La question de la salle d’examen numérique nous intéresse, car d’abord nous avons envie de le faire chez nous et cela nous a conduits à développer un projet de type preuve de concept sur une solution mobile, indique à AEF info mi-mai 2019 Jean-Marie Gilliot.

Lors de la conférence CSEDU, un intervenant de l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, Craig Zilles, a ainsi plaidé pour une installation de ce type dans chaque université. L’argument avancé est que la salle d’examen numérique facilite les processus d’évaluation et permet à l’enseignant de gagner du temps, tout en réussissant à évaluer ses élèves plus souvent et mieux. En plus de la salle équipée d’ordinateurs, le dispositif consiste en des générateurs d’exercices (type PrairieLearn, disponible en open source) et un système de réservation de la salle pour apporter une souplesse d’utilisation. D’autres initiatives de passage d’examens s’appuyant sur le numérique existent, et notamment en France avec Sides pour les ECNi de médecine (lire sur AEF info).

INVESTIR LES TIERS LIEUX

D’un point de vue technologique, des offres de télésurveillance d’examen sont commercialisées depuis plusieurs années et intéressent en particulier les producteurs de Moocs. Pour Jean-Marie Gilliot, ces solutions « ont leurs qualités mais aussi leurs limites », notamment car cela nécessite une bonne connexion internet que tout le monde n’a pas à l’international. La réflexion a donc été orientée vers « des solutions intermédiaires comme installer une salle d’examen dans un tiers lieu », utilisable, par exemple, dans le réseau des Alliances françaises pour les candidats à l’étranger ou dans les bibliothèques des établissements d’ESR.

Investir des tiers lieux permet certains « repositionnements », l’accent pouvant être mis sur la bibliothèque comme « lieu de travail ensemble » propice à une « notion d’apprentissage ensemble, de social learning avec un échange réciproque des savoirs ». Pour une solution mobile d’examen numérique telle que présentée par Jean-Marie Gilliot, il s’agit aussi d’éviter « une trop grande complexité » liée à des préoccupations de prévention de la triche, « car des choses inutilement très complexes touchent au final peu de gens ».

REPENSER LES MODALITÉS D’EXAMEN ET FAIRE ÉVOLUER LES CURSUS ?

Développer des solutions d’examen numérique suppose aussi de questionner les modalités d’organisation et la finalité des examens, note Jean-Marie Gilliot. « Il faut que l’environnement d’examen soit suffisamment riche pour poser des questions autres que des QCM, en cohérence avec ce qui est fait en cours », par exemple s’il y a un recours à la simulation artificielle. Pour proposer fréquemment des examens sans que les enseignants y passent trop de temps, il faut donc construire des bases de données avec des banques d’exercices ce qui semble surtout envisageable pour les STEM.

Les conséquences pédagogiques de telles solutions sont potentiellement nombreuses. « Cela fait longtemps qu’on dit que le numérique conduit les enseignants vers un rôle d’accompagnant dans une démarche de construction personnelle des étudiants, et pour les bibliothécaires le mouvement est déjà enclenché avec les learning centers », remarque Jean-Marie Gilliot. « Craig Zilles avance que cela permet de faire passer plus d’évaluations et de manière plus souple, on peut aussi imaginer du coup faire passer l’étudiant quand il se sent prêt, ce qui renverse la logique du couperet pour adapter l’organisation des cours en fonction des rythmes de chacun ».

Neuf universités de cinq pays s’associent au sein d’un « Digital credentials partnership » pour créer « une infrastructure mondiale pour les diplômes universitaires numériques », annonce le MIT (Massachusetts Institute of Technology) le 23 avril 2019. Objectif : concevoir une « nouvelle norme pour la délivrance, le partage et la vérification des diplômes universitaires ». Un atelier aura lieu au MIT en juin où de nouveaux participants seront les « bienvenus ». Un livre blanc sera publié cette année.

 Les neuf universités participantes :

    • Delft University of technology (Pays-Bas)
    • Harvard University division of continuing education (États-Unis)
    • Hasso Plattner Institute at the University of Potsdam (Allemagne)
    • MIT (États-Unis)
    • Tecnologico de Monterrey in Mexico (Mexique)
    • Technical University of Munich (Allemagne)
    • University of California at Berkeley (États-Unis)
    • University of California at Irvine (États-Unis)
    • University of Toronto (Canada)

La manière dont les universités gèrent les diplômes n’a pas beaucoup changé au cours des 100 dernières années et le système actuel est « lourd, inefficace et sujet à la fraude », estime Philipp Schmidt, directeur de l’innovation pédagogique au MIT Media Lab.

Selon lui, l’idée n’est pas de « réinventer la roue » en termes de « normes techniques » mais « d’intégrer les informations dans un fichier de manière à ce que des tiers puissent les vérifier sans avoir à revenir à la personne qui a créé le fichier ». Tous les logiciels développés seront open source ou à très faible coût.

Alors que le MIT a annoncé l’an dernier qu’il émettrait des diplômes numériques utilisant la blockchain, le projet Digital credential utilisera la cryptographie pour sécuriser les informations d’identification, sans toutefois avoir encore choisi la méthode pour le faire.

Évaluation – Accréditation – Habilitation internationale

Les notes ne sont pas un bon système d’évaluation : elles ne donnent pas une information précise sur l’endroit où l’élève s’est trompé. Elles n’ont pas vraiment d’intérêt pédagogique, mais génèrent du stress letemps.ch/sciences/lerre…

Phil Baty (@Phil_Baty)

Offensive student evaluations ‘leave academics in fear’ timeshighereducation.com/news/offensive… via ⁦@timeshighered⁩

Les locaux, élément clé de l’école du futur

De nombreux articles et tweets ces dernières semaines sur les locaux avec des investissements colossaux d’un grand nombre d’établissements.

  • Je reviens par ailleurs de la conférence annuelle de l’EMFD dans les locaux de Nova Business-school. J’avais évoqué dans un précédant post le projet de nouveau campus de cette école à Lisbonne. J’ai été impressionné par les locaux et à tous mes collègues qui — eux aussi admiratifs — m’en ont parlé. Mais attention : nous devons nous battre contre ce type d’établissement, surtout que le Portugal ambitionne de devenir un hub mondial éducatif.
  • L’éducation entre dans une nouvelle dimension. Et ce n’est pas de la science-fiction mais rappelez-vous que la technologie n’est pas une fin en soi mais un moyen au service de la pédagogie.

Fini les cours « à l’ancienne » ! Bonjour espaces de coworking, murs écritoires et écrans interactifs. Zoom sur les transformations des campus EM Lyon, EDHEC, NEOMA, ISCOM, INP Toulouse, Grenoble EM et bien d’autres !
mondedesgrandesecoles.fr/nouveau-look-p… pic.twitter.com/saLNUAnIGb

Le nouvelle classe virtuelle ?

http://www.e-learning-letter.com/info_article/m/1615/la-classe-virtuelle-est-morte-vive-la-classe-virtuelle-virtual-classroom-reloaded.html

Avec Google ?

Matthew Lynch (@Lynch39083) 24/09/2018 How Google is Taking Over the Classroom rviv.ly/8Eehj5

L’IA éducative, en force !

How Immersive #Learning Technology Is Bringing #Education and Training Into the Future…#Edtechedtechtimes.com/2018/09/27/how… via ⁦@edtechtimes⁩

Anthony Hié (@anthonyhie) 18/10/20

Apprendre à l’ère de l’IA ledevoir.com/societe/scienc… | cazals.fr

“How AI can change the world of education” by Isa Taariq https://medium.com/@taariqmutaliph/how-ai-can-change-the-world-of-education-92f9e9036ddb

Et le “tout gratuit” ?

Is a fully free #highereducation the solution? In response to the increased cost for students, @AlexUsherHESA & @fatbertt conducted a comprehensive international

Comparative review analyzing pros & cons of different funding models. universityworldnews.com/article.php?st… ⁦@uniworldnews⁩ pic.twitter.com/tDkQ8hhZt8

Francisco Marmolejo (@fmarmole) 23/09/2018

Pour conclure sur cette partie, un sujet de réflexion sur lequel je reviendrai à la rentrée.

MOOC : la révolution n’a pas eu lieu bit.ly/2DnAXnF pic.twitter.com/ufaggcm4WH

Conversation France (@FR_Conversation) 24/09/2018

Lu dans Le Monde

Une tendance qui va peut-être arriver en France, du fait de la guerre des talents, du coût grandissant des études mais aussi de la nouvelle loi sur la formation professionnelle.

Comme indiqué dans un précédant post, les entreprises vont créer des plateformes permettant à leurs collaborateurs de maintenir ou d’optimiser leur employabilité. Je constate de plus en plus que l’entreprise est en avance sur nos établissements dans la mise en place de l’école du futur. C’est pour nous la possibilité de nouer d’autres formes de partenariat avec des entreprises. Attention à ce que les TPE/PME et starts-up ne soient pas exclues de cette évolution. Leur salut passera peut-être par des associations professionnelles ou des plateformes indépendantes.

These are the world’s most innovative universities wef.ch/2OWZxA8 #education pic.twitter.com/Knxh4h8pUz World Economic Forum (@wef) 29/05/2019

Et pour conclure, 3 pistes de réflexion :

« Mettre le ‘fair’ (l’équité) et le ‘care’ (prendre soin) au cœur de l’école »
23/09/2018
‪@FrancoisTaddei pic.twitter.com/h1VuMn2Yud

Découvrez à travers l’étude d’@AccentureFrance comment les jeunes talents de la génération Z concilient une vision classique du travail avec une culture digitale accenture.com/fr-fr/insight-… #Millennials HEC Paris (@HECParis) 23/09/2018

These are the world’s most innovative universities wef.ch/2OWZxA8 #education pic.twitter.com/Knxh4h8pUz

World Economic Forum (@wef) 29/05/2019

Et apprendre en dormant ?

It turns out you can learn things while you’re asleep wef.ch/2GZlZUM pic.twitter.com/eAsoUJW5PY

World Economic Forum @wef10/06/2019

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