Le blog de Jean-François Fiorina

Le rituel de la rentrée, j’adore !

Pourquoi ai-je toujours cette flamme alors que j’entame ma 19ème rentrée à Grenoble École de Management ? Parce que même après un été relativement calme sur le front de l’Enseignement supérieur, les défis de ce secteur restent passionnants et enthousiasmants. Ils conditionnent en grande partie le développement et l’avenir de notre pays. Nous devons aider cette jeunesse pleine d’énergie à relever ces challenges. Alors que s’est-il passé cet été ? Et qu’est-ce qui influence cette rentrée ?

L’été académique et la rentrée… dans le monde,

  • Nous sommes partis en vacances au moment de la parution du traditionnel classement de Shanghai, entouré des mêmes polémiques : mais sur quels critères objectifs se base-t-il ? Et pourquoi les scores de nos universités ne sont-ils pas meilleurs alors que nous avons réalisé des efforts importants de regroupement/fusion ?

Notons d’abord qu’en matière d’éducation, les changements ne peuvent porter leurs fruits que dans la durée. Il faut savoir être patient et ne pas se tromper d’objectif. La qualité académique d’un site ne se résume pas à la somme du nombre des établissements et de leurs étudiants même fusionnés ! C’est bien la nature du positionnement, l’ambition et la stratégie affichées dans la durée qui déterminent une forte influence y compris dans les classements.

  • Les États-Unis malgré l’encours massif de la dette étudiante et le recul de l’accueil des étudiants étrangers restent au sommet du palmarès mondial. La puissance de leurs marques les a installées dans la paysage de l’élite mondiale. Il sera difficile de les déloger. Quant au Royaume-Uni, selon les chiffres du gouvernement publiés dans le Guardian du 13 aôut 2019, le montant des intérêts de la dette des étudiants britanniques va doubler d’ici 2024 pour arriver à 8,6 milliards de livres sterling. Et ce malgré l’annonce d’un récent ajustement à la baisse des droits d’inscription dans le supérieur.

L’été académique et la rentrée… dans l’hexagone

  • Les remous provoqués par la réforme de baccalauréat s’atténuent. Elle impacte, cette année, la classe de Première qui portera plus d’épreuves du bac. Attendons de voir ce que seront ses conséquences y compris pour les classes préparatoires qui devraient tirer leur épingle du jeu malgré tout.
  • Autre réforme indissociable de l’avenir de l’Enseignement supérieur, Parcoursup. Il a vécu sa deuxième édition. Finalement peu de remous. Résignation ou efficacité ? J’opterais pour la deuxième option.
  • Le coût des études à la hausse pour les étudiants et leurs familles. Cela ne me surprend pas. Nous sommes en tant qu’établissement du supérieur confrontés à des besoins de financement croissants pour faire face non seulement à une démographie étudiante en hausse, mais également aux enjeux liés à la nécessaire adaptation de nos modèles au numérique, à la mondialisation, aux comportements et usages des millennials. Nous devons nous attaquer à ces questions de manière pragmatique et sans idéologie, au risque d’accentuer les inégalités d’un système qui est censé les combattre !
  • Les politiques de site. J’ai noté dans ma veille une forte augmentation de la communication des villes, plus spécifiquement des villes « moyennes » sur les thèmes de la rentrée et de leurs pôles universitaires. Au-delà des questions de pédagogie ou d’innovation, c’est bien en termes d’attractivité et de rayonnement des territoires que les villes communiquent et se positionnent. C’est une bonne chose que les villes de taille moyenne le revendiquent mais pour quelles cohérences ? À quelles échelles ? Pour quelles filières ? Pour quelles spécialisations ? Que penser de la délocalisation de la première année de médecine PACES à Agen (après Pau et Dax) ? D’un pôle universitaire à Moulins ou à Guéret et « son petit campus et grands projets » (lamontagne.fr ). Attention à l’atomisation. Comment peser dans le concert international sans cohérence ni lisibilité pour les étudiants et les entreprises surtout étrangers ?
  • Des rentrées de plus en plus précoces. Où l’on ne parle plus de formalités administratives mais de parcours d’intégration. Chacun souhaitant réussir l’accueil de ses nouveaux étudiants pour qu’ils se sentent bien et réussissent leurs études. Faire de l’étudiant un partenaire, acteur de son parcours, dans la confiance et dans la transparence, c’est le gage d’une relation dans la durée et d’implication au service de sa formation voire de son établissement. Deviendront-ils de bons ambassadeurs de leurs établissements et de leurs marques ?

L’été académique et la rentrée… à GEM – Grenoble École de Management,

  • L’actualité signale tous les jours la nécessité de comprendre un monde instable et global avec cette clé universelle qu’est devenue la géopolitique. L’une des manières les plus efficaces de compréhension de la mondialisation avec la culture générale.
  • L’école du futur dispose de ses espaces propres avec le nouveau bâtiment GEM Labs dont nous sommes très fiers et où se côtoient enseignants, chercheurs, entreprises et partenaires. Et bientôt le nouveau campus GEM Paris (rue DIDOT). Il ouvrira ses portes début 2020.
  • Impatient de poursuivre mon engagement dans le domaine des accréditations internationales et tout particulièrement sur les thématiques qui intéressent l’Afrique.
  • Et quelques voyages d’études et salons à visiter en perspective dont je partagerai mes impressions et conclusions.
  • Je vous prépare une belle série d’interviews exclusives sur des thèmes aussi variés que la gamification de la pédagogie, la question de l’immobilier dans le supérieur, les robots, l’IA ou les compétences du XXIème siècle…
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