Le blog de Jean-François Fiorina

Va y avoir du sport

Si les sportifs de haut niveau continuent à s’arracher dans les entreprises, le sport dans sa pratique plus traditionnelle apporte un plus tant à la personne qu’à son profil professionnel. N’empêche que la manière de l’intégrer dans les établissements du supérieur fait encore débat. À l’heure où le XV de France démarre la Coupe du monde au Japon et où les Brûleurs de loups, Hockeyeurs grenoblois, savourent leur victoire au Championnat de France (d’ailleurs clin d’œil à quelques joueurs aussi étudiants à Grenoble École de Management / GEM ! qui sont dans l’équipe) — voici ce que je pense de la question sportive en mode Enseignement supérieur, plus particulièrement à GEM

GEM est par ailleurs labellisé  Génération2024  via son Institut Sport & Management. Créé par les ministères chargés de l’Éducation, de l’Agriculture et des Sports, il vise à « développer les passerelles entre le monde scolaire et le mouvement sportif pour encourager la pratique physique et sportive des jeunes ». 

  • Le sport dans le Supérieur : assurer la continuité et la découverte

J’ai toujours insisté sur l’importance d’offrir aux étudiants la capacité de poursuivre dans le Supérieur une pratique déjà engagée ou d’en découvrir de nouvelles. Cette tâche est dévolue aux associations et plus spécifiquement au BDS (Bureau des sports) qui encore une fois a rempli son amphi de rentrée de présentation.

  • Le sport pour TOUS : du vivre ensemble, du bien-être et de la performance

L’offre des activités sportives est riche dans la plupart des établissements du l’enseignement supérieur. À GEM, le sport s’adapte aux pratiques souhaitées, pour le débutant ou le confirmé, pour les garçons comme pour les filles. Cette année, l’école finance également des coaches sportifs pour accompagner les étudiants dans leur pratique. Et nous remboursons une partie des frais de déplacement seulement quand l’équipe de l’école est gagnante ! La seule limite est plutôt technique comment planifier les activités qui dépendent des disponibilités des structures extérieures ou municipales ? Un casse-tête.

Pourquoi ces efforts ? Parce qu’ils concourent à la santé et au bien-être de nos étudiants. Ils sont de plus en plus sensibles à ces dimensions dans leur cursus. Le sport crée du lien, c’est un bon facteur d’intégration et de cohésion puisque la pratique à l’année ouvre des horizons, permet de mieux se connaître, d’élargir son cercle d’amis, de partager sa passion avec d’autres, confirmés ou des débutants. Le sport développe également le sentiment d’appartenance à l’institution et participe à son rayonnement. Et c’est une excellente fabrique de souvenirs…

À GEM, le sport constitue la matrice de certaines associations comme Altigliss. Elle sert bien la cause puisqu’elle organise le plus grand événement étudiant européen, festif et sportif, autour de la pratique du ski. Pour d’autres, ce n’est qu’une partie de leurs activités telle que la GEM Swimming Cup ou la participation à la CCE (Course Croisière Edhec). De l’association ICO (Ici Commence l’Océan) 

  • Le sport de haut niveau : vivre sa passion et préparer « l’après »

Le Haut niveau est un secteur que l’école a investi depuis plus de 10 ans. Nous comptons aujourd’hui 200 étudiants dans la promotion 2019/2020 de l’Institut Sport & Management de GEM. La majorité est encore masculine mais les choses évoluent. Certains sont bien connus du grand public comme le cycliste Romain Bardet mais notre force est d’avoir une large représentation sportive.

Un engagement de l’institution qui répond à plusieurs logiques :

      • D’abord celle de l’éducation pour tous, cause qui nous est chère. Quel que soit mon profil, je peux trouver une formation et — avec de la motivation — marier excellence et progression éducative, personnelle et professionnelle,
      • Parce que les entreprises recherchent les profils de sportifs de haut niveau. Elles savent y trouver des personnes en capacité de gérer leur stress, de travailler en groupe, d’aimer se dépasser et de performer dans leur domaine. On également citer l’optimisme et le fair-play. Des qualités certes importantes mais qu’il faudra savoir gérer en entreprise où la dose d’adrénaline et d’émotion n’est pas forcément aussi intense que ce qu’ils ont pu vivre au quotidien dans leur vie de compétiteurs.

L’entreprise bénéficie de l’image du sportif de haut-niveau. C’est gratifiant d’avoir dans son équipe, un ex-membre du XV de France ou le vainqueur d’une étape du Tour de France.

      • For Society

Sur un territoire où évoluent plusieurs équipes et/ou sportifs de niveau national ou international, l’école contribue sur le long terme au développement des clubs locaux (partenaire, formateur, facilitateur de projets professionnels). D’autant que les sportifs de haut-niveau anticipent maintenant la délicate question de « l’après » ou de la gestion des aléas et de la fragilité de leur carrière. Que faire en cas de blessure ou de handicap définitif ? Ils sont de plus en plus conscients de la brièveté de leur carrière.

Ce type de cursus ne peut fonctionner que s’il colle au fonctionnement très exigeant d’un sportif de haut niveau. Les programmes académiques — sans se limiter ou se d’édulcorer — doivent tenir compte à la fois de la vie du compétiteur et de son agenda (adaptation des cursus, mix présentiel/distance, etc), des périodes de creux qu’il pourra vivre (à la suite d’une blessure ou d’une contre-performance). L’alchimie fonctionne parce qu’aussi les enseignants aiment cette population très exigeante, de plus en plus motivée par la double réussite sportive et académique. Pour info, nous recevons cette année notre premier boxeur ! Cette diversité, ici, des profils sportifs, nous souhaitons la tester dans une autre catégorie, celle des artistes.  Pourquoi pas des danseurs confrontés aux mêmes enjeux et limites des sportifs de haut niveau (qu’ils sont par ailleurs !).

Nous tentons aussi de faire lien au sein de l’école entre le Bureau des sports et les élèves de l’Institut Sport & Management.

  • Former les managers du monde sportif et associés (clubs, fédérations, équipementiers, agents…)

Pourquoi ne pas développer cette spécialisation où nous ressentons des besoins ? Dans le cadre de l’alternance ou d’une année de césure, cela pourrait bien fonctionner ou, en tout cas intéresser, des étudiants. Nous n’avons pas encore convaincu de filières sportives de devenir partenaires pour lancer ces cursus.

  • Sportechs incubator ?

Les datas, le monitoring, le suivi, la géolocalisation sont au cœur des technologies de la santé, de la médicine, du sport et des loisirs. Et pourquoi pas lancer un incubateur spécialisé ? Le potentiel est immense.

L’éternel débat qui traverse l’Enseignement supérieur, y compris à GEM, est de savoir si nous devons imposer ou non le sport dans les cursus. Ma réponse est non ! mais plutôt d’offrir la capacité de faire du sport selon son désir, de la détente hebdomadaire au sportif de haut niveau… L’essentiel est de valoriser cette pratique, de lui donner des espaces d’expression, d’anticiper les besoins et de croiser nos ADN avec celui des entrepreneurs et des entreprises. Ils ont tant en commun !

A titre personnel, J’espère que les Bleus vont briller au Japon ! Et c’est d’ailleurs un excellent cas de management pour ce groupe encore fragile mais motivé. Doivent-ils tout donner pour exceller lors de cette édition ou construire en vue de remporter la prochaine en France en 2023 ? Le débat est lancé… Le sport, c’est du management !

Et… de la géopolitique comme en témoigne le titre du livre de Carole Gomez, chercheuse à l’IRIS, « Quand le rugby est géopolitique » (2019) et thème de la conférence qui s’est

tenue à Paris le 16 septembre dernier au centre de conférence de l’IRIS en présence de Pascal Boniface, de Bernard Lapasset, président de la Fédération de rugby et de l’ambassadrice du sport, S.E. Laurence FISCHER.

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