Le blog de Jean-François Fiorina

Enseigner le climat ? Une vision très opérationnelle s’impose

C’est LE sujet d’actualité du moment qui interpelle et mobilise l’ensemble des acteurs de la société : la lutte contre le réchauffement climatique. Impossible d’y échapper après les deux canicules de cet été en Europe et la sécheresse consécutive. Nous sommes tous concernés et impactés, directement et indirectement, à la fois victimes, complices et acteurs de ce phénomène. 

La lutte contre le réchauffement climatique est un défi que nous devons tous relever. Ceux qui le remette en question doivent eux-mêmes au plus vite se… remettre en question et arrêter de se voiler la face ou de faire prévaloir leurs arguments pseudo idéologiques et scientifiques ! La prise de conscience est maintenant planétaire et nous assistons en ce moment à un grand nombre d’actions, manifestations, initiatives y compris de la part des entreprises.

De mon côté, ma conviction est qu’il faut absolument agir et je ne peux que louer cette prise de conscience collective. Je pense cependant — déformation professionnelle oblige ! — que cela doit passer en partie par la formation d’où le fait que j’ai signé (avec Loick Roche et quelques dirigeants de GEM) l’appel de The Shift Project. En outre, c’est dans l’ADN de Grenoble École de Management puisque je suis convaincu que les solutions et les réponses associeront technologie, innovation, entrepreneuriat (avec une double logique de nouveaux comportements et de nouveaux b-models), géopolitique et paix économique. Selon une étude de Shift Project, les business schools sont plutôt bien placées sur le nombre de formations abordant les enjeux climat-énergie : 54% des formations en B-schools, 48% dans les écoles d’ingénieur et 8% à l’Université.

Il y a un vrai besoin de pédagogie autour de la question du réchauffement climatique. Cependant, sa mise en place ne me parait guère facile et nous ne devons pas tomber dans le gadget. Les réflexions doivent porter autant sur les contenus que sur les méthodes d’enseignement. Cette pédagogisation doit – selon moi – se décliner en différentes phases :

    • Le climat : un enseignement qui commence très tôt dans le système scolaire et qui monte ensuite en puissance. L’enseignement supérieur ne peut pas tout résoudre et l’aborder uniquement après le bac serait une hérésie totale. Ce serait comme mettre la priorité n°1 à la fin de la liste. Il y a aussi un besoin d’une culture générale scientifique permettant d’appréhender ces enjeux.

Une idée pourrait être d’avoir une épreuve au brevet des collèges et au bac.

    • Le climat : un enseignement qui permette ensuite aux étudiants d’identifier toutes les conséquences sur leurs futurs métiers et / ou les entreprises.

D’où la nécessité d’avoir un bagage technique et de la maturité pour analyser (je note d’importantes similitudes avec mes réflexions sur l’école du futur !). Cela peut se faire par des cours mais rien ne remplace l’expérimentation ou la mise en situation sous toutes ses formes pour prendre conscience, pouvoir analyser et trouver des solutions. C’est le rôle de l’enseignement supérieur. Et donne également encore plus de pertinence à la recherche car les entreprises ont besoin d’explications et de réponses à leurs questions

    • Le climat : un enseignement spécialisé conduisant à des métiers mais cela suppose que les entreprises disposent de référentiels métiers bien identifiés (et accessibles) pour nos jeunes diplômés. Nous pouvons les y aider. Je reste marqué par ce qui s’est passé à l’aube de l’an 2000 pour le développement durable. A l’époque, les étudiants du GEM réclamaient des cours et des parcours dans ce domaine mais personne ne s’inscrivait car, me disaient les étudiants, il n’y avait pas de métier correspondant. C’est le rôle des entreprises ou des branches professionnelles.

Cela parait finalement simple mais j’évoquais en préambule une mise en place complexe. En effet, cela ne doit pas reposer sur un enseignant mais sur des équipes pluri disciplinaires. Il faut être capable de vulgariser des notions techniques pour que cela reste accessible (d’où encore une fois l’importance de la culture générale scientifique). Les champs d’application et les conséquences sont nombreux et nous en « découvrons » tous les jours. La recherche dans ce domaine est pour l’instant faible. Il faudra donc du temps ! Et nous n’en n’avons pas ou peu.

La bonne nouvelle est que cela permettra certainement de favoriser la collaboration entre différents établissements d’enseignement supérieur et le travail d’équipes mixtes d’étudiants (managers, scientifiques, sociologues, pédagogues, strartupers…).

Attention également, cette lutte contre le réchauffement climatique ne se résume pas à l’enseignement mais recouvre pour nous établissements d’enseignement supérieur d’autres réalités qui vont au-delà de campus durables. Nous devrons l’intégrer dans nos business-modèles. Et cela suppose de changer un grand nombre de nos pratiques !

Sûrement l’opportunité d’un nouveau post !

Climatiquement vôtre !

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Commentaires (2)

  1. DUMAS

    il est évident que le climat est un priorité mais aussi un devoir de notre génération sur le devenir de la planête, il imcombe a chacun de faire en fonction de ces moyens, le chercheur, l’entrepreneur, l’investisseur, l’éducateur,le parent, le législateur et j’en oublis.
    cars il faut nétoyer le passé rendre plus propre le présent, et laisser le future vivre le mieux possible,

  2. PHILIPPE BARBERET

    On ne peut qu’être de votre avis Monsieur Fiorina, Bravo !
    Mais osons aller plus loin, osons être encore plus opérationnel en shiftant réellement nos consommations carbones en énergies vertes, en se déplaçant sans émissions etc etc
    Les établissements de l’enseignement supérieurs ont des toits plats, inutiles et facilement équipables et vous consommez beaucoup d’énergie pour transmettre vos valeurs d’excellence, énergie que vous pourriez produire et partager.
    En joignant l’acte à la parole, on passe de l’enseignement au guide, au mentor.
    (les établissements publiques enseignent moins la RSE mais sont plus équipés en production d’énergies propres)
    N.B. On peut aussi regretter le peu de commentaires à ce si important post…

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