Le blog de Jean-François Fiorina

Business school, pas d’avenir sans international

International, études, business schools, réussite

Invité lors de la 5ème Conférence internationale organisée par RAPENA (Institut russe de l’économie nationale et de l’administration publique) avec le soutien de l’IAUPL – Association Internationale des professeurs d’Université et des professeurs associés de l’UNESCO, sur la question de « L’espace scientifique et éducatif Europe & Russie », le 31 octobre dernier, je partage avec vous les grandes lignes de mon intervention : L’ « internationalisation des business schools ». Un sujet qui m’est cher et que j’évoque régulièrement dans ce blog ou dans mes Notes de géopolitique. Aujourd’hui, une b-school ambitieuse se doit être d’internationale d’autant qu’elle évolue dans un marché mondial ultra compétitif. Une b-school qui n’est pas internationale n’a aucun avenir.

Qu’est-ce que l’on entend par internationalisation ?

L’internationalisation d’une b-school se reflète dans 3 domaines clé de son fonctionnement :

1/ L’internationalisation de son activité

Part significative de l’activité (ou du budget ou du CA) réalisée avec l’étranger

    • Recrutement d’étudiants étrangers
    • Campus à l’étranger
    • Exec Education avec des entreprises étrangères
    • ….

2/ L’internationalisation de la salle de classe (professeurs et étudiants de différentes nationalités se côtoient)

      • Permettre de travailler et d’échanger entre cultures différentes
      • Accepter l’altérité, défendre et accueillir différents points de vue

3/ L’internationalisation des contenus

        • Part significative voire prépondérante de contenu « international » dans la formation
        • Mobilité étudiante

Pourquoi cette nécessité ?

Elle répond à 6 demandes ou exigences émanant de nos parties prenantes et marchés.

1/ La demande des entreprises

    • Pour des diplômés capables de comprendre et d’évoluer à l’international
    • Une demande également pour des profils qualifiés provenant de certains pays
    • Le développement international des entreprises les amène dans des pays dans lesquels la main d’œuvre n’est pas forcément qualifiée et où s’avèrent des lacunes dans le management (par exemple en Afrique)

2/ La demande des étudiants

    • Massification de l’enseignement supérieur due à la démographie et à un besoin d’élévation sociale
    • Pour un pays, importance d’avoir des étudiants qualifiés pour pouvoir innover

3/ Demande non satisfaite dans certains pays

    • Par exemple en Afrique ou en Asie

4/ Concurrence internationale

    • Le terrain de jeu des b-schools est mondial
    • Avec internet, les étudiants peuvent trouver facilement des écoles à l’étranger
    • Ils sont très mobiles et le coût du transport n’est plus un handicap
    • Par ailleurs, nos concurrents étrangers n’hésitent plus à venir s’installer dans d’autres pays…
    • Le Brexit va peut-être accentuer cet effet
    • Les écoles se battent pour avoir les meilleurs talents

5/ Logique de développement

    • C’est le cas des écoles de management française
    • Afin de trouver des relais de croissance à l’étranger

6/ Accréditations et rankings

    • Pour être visibles, il faut être accrédité et classé
    • L’International est l’un des critères prédominants

Pour quels modèles ?

1/ Le Campus global

    • Un seul campus à partir duquel on attire des professeurs et des étudiants du monde entier
    • Modèle d’Harvard

2/ Le Multi-campus

    • Insead (Fontainebleau, Singapour, Abu Dhabi)
    • Mais c’est aussi notre cas à Grenoble avec différents campus dans le monde. Ils offrent plus de proximité avec nos marchés
    • Pour nous, les villes doivent correspondre à notre ADN : technologie, innovation, start-up et géopolitique

3/ Stratégies d’alliances

    • Différentes motivations
    • L’université franco-russe, par exemple
    • On peut aussi citer l’alliance internationale Future of Management Education (FOME) dans le domaine du on-line qui regroupe l’Edhec, Imperial College BS (UK) ESMT (Allemagne), BI Norvegian (Norvège) et SMU (Singapour)
    • Beaucoup d’annonces mais, par expérience, peu de réussites car plus une affaire de relations personnelles que de projets stratégiques
    • On peut néanmoins citer comme réussite CEMS
    • L’Union européenne a lancé un projet d’universités européennes auxquelles ont répondu un grand nombre d’universités des pays membres
    • A voir !

4/ Groupes

    • Constitution de groupes privés, généralement multimarques
    • On peut citer le groupe Galiléo qui ambitionne d’être le premier groupe privé d’enseignement supérieur mondial
    • Là aussi à suivre… en sachant que Laureate Education qui ambitionnait aussi d’être le plus grand groupe a connu pas mal de déboires et a dû se retirer du marché européen

En conclusion, un peu de prospective !

1/ L’importance de la marque

    • Sans une marque forte, impossible d’envisager d’être visible et crédible à l’international

2/ Attention aux nouveaux entrants

    • L’arrivée de nouveaux acteurs liés aux edtechs peuvent devenir internationaux très vite et dont les frais de scolarité sont largement inférieurs aux nôtres
    • Je pense à Future Learn ou à Coursera

3/ Basculements géopolitiques

    • Autre risque celui du basculement géopolitique des b-schools vers l’Asie
    • Je suis impressionné par la montée en puissance des écoles de management chinoises (et un peu les indiennes) dans les classements internationaux
    • Demain, il faudra étudier en Chine et, en plus, le projet titanesque des routes de la soie nécessitera pour les écoles d’avoir une autre approche internationale

La compétition ne fait que commencer !

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Grenoble École de Management, une école très internationale :

  • 40% des 8000 étudiants sont étrangers représentant 140 nationalités
  • Les ¾ de nos 50 programmes sont enseignés en anglais sur 9 campus – Grenoble – Paris – Berlin – Singapour – Casablanca – Moscou – Tbilissi – Colombie et Turquie
  • Nous ne recrutons quasiment que des professeurs étrangers
  • Nous disposons d’un réseau de 125 partenaires dans 32 pays 
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