Le blog de Jean-François Fiorina

Edtechs : « Rendre la technologie utile à l’éducation »

Retour sur la conférence « Edtechs : Évolution ou révolution » organisée par Educpros dans le cadre d’Educatec-Educatice à laquelle j’ai participé la semaine dernière en compagnie de Benjamin Viaud (fondateur de Benelyu et Président d’Edtech France), Franck-David Cohen (fondateur de Klasssroom http://www.klassroom.fr/accueil) et Véronique Jacq (Directrice Pôle Digital Venture chez BPI France.)

Les Edtechs sont un de mes thèmes de prédilection, celles et ceux qui me suivent l’auront compris !  J’ai retenu la définition des Edtechs énoncée lors de cette conférence par Benjamin VIAUD « rendre la technologie utile à l’éducation », ce qui ne la limite pas aux start-up même si ce sont elles qui seront à l’origine des prochaines (r)évolutions. Je suis admiratif devant ces développements, bien évidemment dans la ligne de l’école du futur que je préconise.

Edtechs : les 3 usages clé pour un-e dirigeant-e d’établissement

Les champs d’application sont particulièrement nombreux et leur liste n’est jamais exhaustive.  En tant que directeur d’école, j’identifie trois usages :

  • Nouveaux services 

C’est dans cette catégorie que je place tout ce qui est diffusion de diplôme ou examen à distance par exemple.

  • Accompagnement et développement personnel des étudiants

La certification de compétences en fait partie. J’ai même découvert une start-up qui permettait — grâce à l’Intelligence Artificielle — d’aider à rédiger en anglais.

L’IA devrait permettre de toute façon d’aller de plus en plus loin dans cette personnalisation de l’apprentissage.

  • Pédagogie et animation pédagogique

Je pense automatiquement à Klaxoon qui a popularisé le mot Edtech en France et qui connait un succès croissant (pour rappel mon interview du créateur de Klaxoon, Matthieu Beucher) ou aux acteurs de la gamification.

Edtechs, comment travailler avec les établissements ?

Au-delà de ces usages, les Edtechs sont pour moi sources d’opportunités ou de nouveaux modèles, un sujet sensible à l’heure où nous devons, nous, écoles de management, définir de nouveaux business-modèles.

Au premier abord, que des avantages ! Par contre, cela se complique quand je souhaite travailler avec elles. Pour quelles raisons ?

  • La difficulté du business-model Edtech

Il n’y a pas de modèle unique et c’est encore plus compliqué pour celles qui opèrent sur les segments dans lesquels l’Éducation nationale est l’interlocuteur unique.

Cependant le modèle du freemium semble avoir des avantages à la seule limite d’être référencé et reconnu.

  • Edtechs : la difficile relation aux écoles

En ce qui nous concerne :

    • Nos cycles ne sont pas alignés sur le même horizon temporel.

Nous sommes devenus des institutions devant respecter des standards de qualité et d’accréditation. Nous sommes plutôt dans des cycles longs alors que les start-up Edtechs recherchent le très court terme pour générer du « cash » de fonctionnement.

Cette relation à construire est d’ailleurs le principal point noir évoqué régulièrement par l’ensemble des acteurs. Le constat — côté des Edtechs — est beaucoup plus facile pour celles positionnées sur le segment de la formation continue. Elles ciblent alors plus les entreprises que le monde académique.

    • Nous sommes également des institutions devant respecter les appels d’offre publics

Ce qui entraine un process administratif auquel ces structures ne sont pas encore opérationnelles.

    • Elles souhaitent le plus de clients possibles alors que je souhaite une solution unique, « rien que pour mon école ! »

    • Les Edtechs reprochent aux établissements de trop vouloir expérimenter

On n’en revient à cette différence d’horizons temporels. Elles préfèrent des tests, sur une courte période, avec une prise en charge des frais.

La solution ? Le développement d’Edtech France qui rassemble tous les interlocuteurs va permettre à chacun de se connaître et ainsi de pouvoir travailler ensemble même s’il faut l’avouer les perspectives ne sont pas les mêmes en fonction des segments : monde scolaire, langues, enseignement supérieur, formation continue…

Par ailleurs, je pense qu’il va falloir développer tout une activité de recherche en éducation, à la fois pour valider de nouvelles pratiques et donner plus de crédibilité / visibilité à ces solutions. 

Cas d’école pour terminer et illustrer mes propos : focus sur Openclassroom

Oui, c’est possible ! Première idée qui me vient en tête en pensant à cette belle réussite. Qui aurait parier sur le fait qu’une Edtech puisse se hisser au niveau d’une licorne ? Un exemple encourageant, à qui le tour ?

Son nom a d’ailleurs été cité par les 4 participants et que j’ai souvent évoqué car elle est pour moi le bon exemple d’opportunités/menaces pour les établissements qui ne sauraient pas s’adapter.

Quelques éléments clés (impressionnants…) pour comprendre Openclassroom qui doivent nous inciter à la réflexion !

  • N°1 en Europe de l’éducation en ligne
  • 60 M€ levés en 2018
  • Plus de trois millions de personnes se forment chaque mois à travers le monde sur les métiers et compétences de demain avec des formations dans toutes les thématiques des métiers du digital (développeur, data, marketing, cyber sécurité, gestion de projet…)
  • Chaque formation débouche sur un diplôme ou un titre reconnu
  • Remboursement si pas d’emploi 6 mois après la sortie
  • Cible de nouveaux publics. Exemple : formation gratuite des demandeurs d’emploi (60 000 personnes formées)
  • Modèle en cours de duplication à l’international dans une quinzaine de pays notamment en Afrique, monde anglo-saxon et Asie (vainqueur du roadshow organisé par le leader japonais de la publicité)
  • Lancement de formations pour les freelances
  • Fait partie du Next40 de la Frenchtech, considérée comme une potentielle licorne
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