Le blog de Jean-François Fiorina

J35 – Les 8 défis du e-learning

Le festival de géopolitique de GEM avait pour thème cette année « (R)évolutions numériques ». Nous ne savions pas que ce thème serait à 100% dans l’actualité puisque le Covid a permis de montrer l’importance du digital et du numérique dans la gestion de crise (et de survie) dans les entreprises et les établissements d’enseignement.

J35 – Les 8 défis du e-learning / Changement d’ère (n°5)

Le festival de géopolitique de GEM avait pour thème cette année « (R)évolutions numériques ». Nous ne savions pas que ce thème serait à 100% dans l’actualité puisque le Covid a permis de montrer l’importance du digital et du numérique dans la gestion de crise (et de survie) dans les entreprises et les établissements d’enseignement.

Toute l’équipe du festival a su faire preuve d’agilité et le transformer en e-festival avec bien évidemment le même thème. Dans le festival du « monde d’avant », il était prévu que j’intervienne sur le thème de l’école du futur. Je vous propose donc la version « on-line » du sujet. J’ai choisi de l’adapter à la situation actuelle : « avec le Covid, le e-leaning a-t-il gagné ses lettres de noblesse ? »

Toute la conférence est disponible sur YouTube – https://www.youtube.com/watch?v=ZcilNhr91mA
La réponse est bien évidemment oui, tous les établissements ayant été obligés de trouver une solution pour assurer leur continuité pédagogique. Nous avons vécu dans l’« Emergency remote learning » plus que dans le pur e-learning. Il n’empêche, un grand nombre d’a priori et de stéréotypes ont disparu. Il faut maintenant penser le futur. Pour cela, j’ai identifié 8 défis. Pour ceux qui me font l’honneur de me suivre depuis longtemps, vous constaterez que j’en évoquais déjà certains dans ce « monde d’avant ». L’expérimentation grandeur réelle à laquelle nous avons été confrontés les rend encore plus indispensables.

 

  1. L’importance de la pédagogie

Je l’ai toujours dit et le réaffirme haut et fort. Il faut à la base des compétences pédagogiques. Le e-learning n’est qu’un moyen de diffuser des connaissances ou de préparer à des compétences. Ne confondons pas la fin avec les moyens ! Cela supposera d’accepter une segmentation du corps professoral. Les établissements d’enseignement du futur géreront différents corps professoraux

 

2.  Une stratégie des établissements ou des nouveaux acteurs de l’éducation ?

Il faudra se positionner par rapport à la chaîne de valeur éducative, en choisissant de couvrir l’ensemble de cette chaîne ou un élément précis. De ce fait, cela devrait naissance à de nouveaux modèles stratégiques à base de :

  • Coopétition,
  • Mutualisation,
  • Alliance,
  • Eco-système,
  • Arrivée de nouveaux acteurs.

La b-school du futur serait l’école des différents b-modèles au sein de différents éco-systèmes. Pour nous b-schools, il faudra également imaginer de nouveaux modèles pédagogiques : du blended à l’hybride qui prenne en compte tous les activités de l’expérience étudiante Attention aussi à l’arrivée de nouveaux acteurs, « petits » et « grands» qui risquent de disrupter et perturber le marché, d’autant que tous les systèmes d’enseignement supérieur vont souffrir sur le plan financier à la sortie du confinement. Contrairement aux idées reçues, le e-learning coûte cher. Pour un établissement, adopter une logique de réduction des coûts dans ce domaine serait périlleuse.

 

3.  L’établissement de normes, standards et critères de qualité reconnus par tous

Deux niveaux sont à prévoir :

  • La prise en compte du e-learning dans les procédures « globales » de reconnaissance AACSB / EQUIS / AMBA / CEFDG,
  • La création de labels / procédures spécifiques.

Il en existe déjà quelques-uns : EOCCS (EFMD) (Le Mooc de GEM « Global studies » est accrédité), 4digital (label de la CGE). Il en faudra sans que cela devienne illisible.

 

4.  Régler la question de l’évaluation des connaissances et de la certification des compétences

La quasi-totalité des articles sur le e-learning pendant cette phase de confinement a porté sur ce sujet. J’y ai d’ailleurs consacré un post. L’évaluation comprend :

  • Modalités d’évaluation (comment l’étudiant va être évalué),
  • Procédures (comment le prof va évaluer),
  • Surveillance,
  • Process (comment l’établissement gère l’ensemble – copies dématérialisées par exemple),
  • Analyse des datas par le professeur.

Pour l’instant, pas de solution globale mais des acteurs bien positionnés sur ces segments. Ces pistes de progrès permettront réellement de passer un cap tant pour les acteurs que pour les établissements.

 

5.  Formation des professeurs

La formation des professeurs au monde numérique ne se fait pas automatiquement. Je lisais la semaine dernière un article indiquant que certains étaient en souffrance par rapport à ces nouveaux outils. Il est important de sensibiliser, former, accompagner et valoriser les enseignants. Il faut que cela se fasse dès leur formation initiale.

À GEM, nous consacrons beaucoup de moyens à la formation continue des profs avec, en plus, une cellule d’aide et d’accompagnement. Cela suppose aussi une politique de soutien et de valorisation de l’innovation pédagogique.

 

6.  Formation et préparation de nos étudiants

On n’apprend pas de la même manière à distance qu’en face à face. Un article du Figaro la semaine dernière mentionnait une certaine lassitude même chez les bons élèves. C’est entièrement normal et il faut préparer les élèves à ce type de pédagogie mais attention cela suppose qu’ils aient au préalable une bonne culture générale (pour distinguer les fake news, par exemple), de l’autonomie pour pouvoir s’organiser, une discipline de travail, un encadrement et un suivi, tant du monde enseignant, de leur école et de leur entourage

 

7.  Laisser la place à l’expérimentation et aux initiatives

C’est le défi sûrement le plus compliqué avec, en France, la très forte centralisation du ministère de l’Éducation nationale et celui du Supérieur. Comment résoudre l’équation agilité – flexibilité dans un environnement contraint ! ?

 

8.  Accès pour tous au numérique : étudiants (coûts financiers) et « zones blanches »

Attention à ce que cela ne crée pas une nouvelle zone de fracture. Le MESRI a refusé pour ces raisons que des concours puissent être entièrement effectués en ligne.

De nombreux défis restent à relever mais j’ai noté beaucoup de bonne volonté. Ne cédons ni à une mode, ni à un dogme. On peut se poser la question en conclusion de savoir pourquoi ce type d’intervention dans un festival de géopolitique. La réponse est très simple (ou plutôt les réponses) :

  • L’éducation est un élément de soft power
  • Les enjeux économiques sont énormes (et qui vont l’être de plus en plus après la crise)
  • La problématique de « souveraineté éducative » est essentielle avec l’arrivée des GAFAM sur ce marché (j’avais annoncé en 2016 qu’ils seraient nos concurrents).

À suivre…

 


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