Le blog de Jean-François Fiorina

J38 – Etudiants étrangers : quels seront les flux mondiaux post-covid ?

International, études, business schools, réussite

J38 – Étudiants étrangers : quels seront les flux mondiaux post-covid ? / Changement d’ère (n°8)

Ils sont à l’heure actuelle la principale préoccupation des tous les Deans des b-schools du monde entier : les étudiants internationaux qui ont été acceptés vont-ils réellement pouvoir venir du fait de la crise sanitaire ? L’inquiétude est encore plus palpable dans les pays qui ont fait de l’accueil d’étudiants étrangers une véritable activité. Je pense notamment à la Grande-Bretagne et surtout à l’Australie.

Cette crainte est moins aiguë pour les établissements européens et les étudiants ressortissants des pays de l’espace Schengen. Pour les autres, nombre de questions restent sans réponses :

    • Les délais d’obtention des visas,
    • La réouverture des aéroports et des lignes aériennes sans compter l’envolée du prix des billets d’avions,
    • Les mesures de quatorzaine ou pas.

Où iront les flux post-covid d’étudiants étrangers ?

A ces questions d’ordre logistique, s’ajoute une préoccupation des étudiants internationaux quant aux mesures de protection sanitaire que prendront leur établissement d’accueil. Ce sont surtout les étudiants asiatiques qui nous interrogent sur ce volet (voire même leurs parents qui seront à mon avis encore plus prescripteurs – ou pas – dans le choix des études à l’étranger) ou sur le déroulement de la scolarité. Il semblerait que ces derniers privilégient le « face à face » au distanciel quitte à avoir des rentrées différées.

Quand on parle des étudiants étrangers, la géopolitique n’est jamais très loin ! Il faut absolument que les autorités politiques françaises comprennent l’importance de ces étudiants pour l’enseignement supérieur français. La concurrence était déjà intense dans le monde d’avant. Elle le sera encore plus dans ce monde d’après, surtout si le nombre d’étudiants choisissant de faire des études dans un pays étranger diminue.

Les très grandes marques internationales (Harvard, Stanford, MIT, Oxford, Cambridge …) seront toujours prisées et vont même peut-être recruter cette année des étudiants qui n’auraient eu aucune chance auparavant. Le danger est pour la catégorie d’écoles suivantes. GEM se situe dans cette catégorie. Il sera très difficile de regagner les parts de marché que nous pourrions perdre cette année.

Étudiants étrangers, de puissants vecteurs de soft power

Par ailleurs, c’est un élément de soft power. Un étudiant étranger qui a été formé en France, pensera par la suite « France ». Il est primordial que la France ne se laisse pas distancer et que la « machine » (Campus France, Ambassades, consulats, ministère de l’Intérieur – pour les titres de séjour) se remette très vite en marche. Ne l’oublions pas aussi, ces étudiants internationaux sont vitaux pour nos entreprises qui ont besoin de leurs compétences pour pouvoir se développer à l’international. Nos décideurs en semblent conscients. Ne perdons pas de temps. Le pays qui réagira rapidement et fera preuve d’agilité prendra une longueur d’avance. Même si nous parlons d’éducation, ne soyons pas naïfs, tous les coups seront permis !

Et si les étudiants chinois n’étaient pas au rendez-vous ?

La géopolitique de l’enseignement supérieur, c’est aussi se poser la question de l’attitude des étudiants chinois. Vont-ils voir l’Europe (et plus particulièrement la France) avec le même intérêt dans ce monde post-covid ?

Il va aussi falloir scruter les réactions des autorités chinoises : vont-elles encourager leurs étudiants à étudier à l’étranger et si oui, ne risque-t-il pas d’y avoir une liste de pays à privilégier et d’autres pas ?

Les étudiants chinois à l’étranger sont devenus un enjeu de « négociation géopolitique » pour Pékin. À l’heure où les relations se tendent entre la Chine et un grand nombre de pays occidentaux, la réponse de l’ambassadeur chinois à Canberra à une interview d’un journal australien a glacé d’effroi les universités locales :

« Les parents (chinois) des étudiants pourraient se demander aussi si c’est le meilleur endroit pour envoyer leurs enfants étudier (en Australie) ? ».

À suivre…


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