Le blog de Jean-François Fiorina

Financement de l’Enseignement supérieur. Et si on renversait la table ?

Raul Magni Berton, professeur de Science Politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble a récemment lancé un pavé dans la marre sur un sujet hautement explosif en France, le financement de l’Enseignement supérieur qui pèse 0,6% de son PIB (en deçà de la moyenne européenne). L’université pourtant en manque de financement de manière récurrente innove peu en la matière. L’idée qu’il a proposée dans une étude du Think Tank Génération libre ? Adapter à la France, le système pilote testé aux Etats-Unis dans l’Oregon depuis 2013 qui offre un accès gratuit à l’Enseignement supérieur en contrepartie du reversement de 3% de ses revenus pendant 24 ans à l’établissement fréquenté. Entretien avec cet enseignant-chercheur iconoclaste.

Jean-François FIORINA : Pourquoi cet intérêt pour la problématique du financement de l’Enseignement supérieur ?

Raul MAGNI BERTON : C’est une question ancienne et je me suis intéressé avant tout au système de mutualisation des droits d’inscription des étudiants. À une une époque, je travaillais à l’INSEP, l’école des sportifs de haut niveau. J’avais imaginé un mécanisme pour qu’ils paient leurs frais d’inscription en pourcentage de leurs revenus ultérieurs. Ça na pas été retenu. Ensuite, j’ai écrit des articles généraux sur cette question dont un qui sort bientôt dans la Revue d’Économie Politique.

Jean-François FIORINA : L’aspect financier est presque un gros mot dans l’Éducation nationale et en particulier à l’Université, comment sont perçues vos recherches et vos idées ?

Raul MAGNI BERTON : J’ai écrit d’ailleurs un livre sur mes collègues intitulé « Que pensent les penseurs » et effectivement,  l’une des choses qui est évidente, c’est qu’ils sont massivement plutôt hostiles aux mécanismes des marchés et plutôt de gauche. Moi je ne suis pas hostile au marché et j’ai pourtant une sensibilité de gauche. Ce n’est donc pas un problème. Par contre, une importante partie de mes collègues considère que dès lors qu’on essaie d’introduire de la concurrence dans le financement de l’enseignement, c’est le danger néolibéral qui pointe son nez.

Jean-François FIORINA : Pour vous, le financement est-il le problème majeur de l’université ?

Raul MAGNI BERTON : Bien sûr, dans la mesure où en réalité, ce n’est pas son problème majeur mais c’est peut-être le médicament majeur. À l’université, il y a un problème lié aux incitations financières pour les personnels qui fournissent le meilleur service. Et pour le deuxième enjeu, c’est vraiment la question de l’égalité, de l’équité, de l’accessibilité. Donc, le financement est un des éléments qui freinent l’égalité des chances mais aussi, le choix de faire une filière plutôt qu’une autre.

Jean-François FIORINA : Est-ce que cette équation est impossible à résoudre ? Entre l’équité, l’égalité, l’accès à tous, l’utilité des études qui malgré tout va se poser de plus en plus, les solutions alternatives comme l’étranger sans compter les filières sélectives en France ? N’est-ce pas un combat sans fin ?

Raul MAGNI BERTON : Je n’ai toujours pas vu de contradiction entre équité et efficience. Bien sûr, c’est compliqué. Je défends ce système de mutualisation parce qu’il va dans la direction de l’équité et de l’efficacité. Je ne dis pas que c’est nécessairement le plus équitable ou le plus efficace, mais sur ces deux aspects, il est meilleur.

Jean-François FIORINA : Avant d’en arriver à vous et ce que vous préconisez, est-ce que vous avez regardé d’autres solutions intéressantes ou innovantes dans d’autres pays ?

Raul MAGNI BERTON : L’expérimentation dans l’Etat de l’Oregon aux Etats-Unis que je me suis mis à défendre est très souvent confondue avec un système des « prêts contingents » lancé en Australie et en Suède puis arrêté y compris aux Etats-Unis. Chaque étudiant fait un prêt et le rembourse selon ses revenus avec une durée qui varie dans le temps. En général, il y a deux types de systèmes, outre le système par l’impôt. Celui où les étudiants paient en avance leurs propres frais modulés selon les revenus des parents et celui où les étudiants paient après, et c’est ce deuxième système qui est aujourd’hui le plus défendu en France.

Jean-François FIORINA : Dans votre idée les étudiants remboursent après et l’Etat continue à financer les universités ?

Raul MAGNI BERTON : Le système vise, avec les simulations qu’on a pu faire, à couvrir toutes les dépenses courantes de l’université, de fonctionnement. Il reste public en amont parce que pour faire un système de ce type où les étudiants paient ensuite, il faut une garantie de l’Etat pour recouvrir les frais sur le long terme si les étudiants ne paient plus. Par exemple, en Australie avec ce sont les services fiscaux de l’Etat qui s’en occupent. L’Etat est garant du fonctionnement. Il est toujours là mais sur la possibilité de réguler ou d’investir dans l’université. Les contribuables dépenseront pour des projets d’investissement ou pour des établissements en grande difficulté mais pas pour le fonctionnement simple qui sera uniquement financé par ce système.

Jean-François FIORINA : Ce qui peut laisser le choix à l’Etat d’avoir une vraie politique et de favoriser l’autonomie de l’université en fonction de projets ou d’obligations d’aménagement du territoire, de types de filière, de types de populations.

Raul MAGNI BERTON : C’est tout à fait cela. Aujourd’hui, l’un des problèmes est que l’Etat a une marge  de manœuvre très faible pour faire des réformes intéressantes de l’université parce que le budget de l’éducation reste son premier budget. L’esprit est donc de dire, l’Etat s’occupe des événements exceptionnels, des grands projets et des mesures d’avenir mais pas du fonctionnement.

Jean-François FIORINA : Pour revenir plus concrètement sur votre proposition, les étudiants s’inscrivent, suivent leurs formations et ont leurs diplômes et ensuite remboursent en fonction de différents critères, une certaine somme à l’université ?

Raul MAGNI BERTON : Non ce n’est pas cela, c’est le système australien. Le système que je propose c’est que les étudiants étudient gratuitement avec des bourses en plus. Cela veut dire les frais de vie aussi sont partiellement couverts. Ensuite, ils s’engagent pendant 24 ans à payer tous les ans 3% de leurs revenus à l’université. La différence avec le système australien, c’est que la somme remboursée varie selon les étudiants puisqu’elle varie selon les revenus de chacun et en revanche ne varie pas temporellement, c’est-à-dire tout le monde paie pendant 24 ans alors que dans le système australien, en fonction du revenu, on rallonge la période de remboursement ou non.

Jean-François FIORINA : Petite précision, sur ce que vous proposez un étudiant pourrait donc in fine  rembourser plus que le coût de sa scolarité ?

Raul MAGNI BERTON : Tout à fait, imaginons que nous sommes deux étudiants dans la même filière, mettons économie. Je gagne près de 2000€ par mois et vous 3000€.  Vous allez payer beaucoup plus que moi, pour les mêmes études, pour les mêmes cours. L’argument est de dire que la formation suivie est partiellement responsable de notre réussite. Même en suivant les mêmes cours, si par exemple mon voisin voulait faire trader et je voulais faire entrepreneur, et qu’il y avait des cours très bons de finance et très mauvais en économie classique cela aurait avantagé ses choix. Ce qui fait qu’au final, l’idée de 3%, c’est dire que l’Etat co-éduque gratuitement les étudiants et achète une action, comme on achète une action de l’entreprise. Donc, le diplôme qu’il délivre, c’est toujours en quelque sorte la propriété de l’Etat qui investit en nous.  En fonction de la réussite ou de l’échec, l’Etat  gagne avec l’étudiant qui a réussi et perd avec d’autres…

Jean-François FIORINA : Et comment intégrez-vous la dimension formation complémentaire et formation continue ?

Raul MAGNI BERTON : Sur la formation continue, pour l’instant, nous avons décidé de ne pas y toucher alors que la formation tout au long de la vie, c’est précisément l’une des questions clé qui se pose. Théoriquement si quelqu’un se remet aux études à 50 ans, l’idée de rembourser pendant 24 ans est impossible, il terminerait les remboursements à 75 ans. C’est quelque chose qui, pour le moment a freiné l’idée d’un remboursement sur 40 ans pour permettre aux gens d’étudier plus tard et de garder le même système mais les aménagements peuvent pensés quand les gens commencent trop tard.

Jean-François FIORINA : Moi, je pensais plutôt à des étudiants de Science Po Grenoble qui viennent faire un master spécialisé à Grenoble Ecole management, on a donc deux établissements à rembourser…

Raul MAGNI BERTON : Quand on dit 3% des revenus, cela signifie en fait 0.6% par an. Ce qui veut dire qu’en gros, naturellement la longueur et le prix est déterminé par l’université. Donc, cela peut varier un peu mais l’unité annuelle  est de 0.6% par an. Ce qui fait que quelqu’un qui étudie 4 ans à Sciences Po Grenoble et 1 an à GEM va refaire l’équivalent de 3% sauf que c’est dispatché sur les deux. Aussi, l’idée c’est qu’en cas de redoublement, cette année fait partie également de ce comptage.

Jean-François FIORINA : Et le redoublement compte ou cela remet le compteur à 0, forme d’obligation, de pression vis-à-vis des étudiants pour qu’ils réussissent ?

Raul MAGNI BERTON : Le comptage se fait par an. Il y a certaines années qui valent moins.

Jean-François FIORINA  :   L’échec en première année…

Raul MAGNI BERTON : Si quelqu’un n’a eu de diplômes, l’idée c’est que ce pourcentage se réduit considérablement. Si je décide de faire une année d’université et que j’abandonne à mi-chemin,  je n’ai pas réussi mon diplôme mais j’ai quand même utilisé les services de l’établissement donc je paierai non pas 0.6% mais 0.3%, 0.2%…

Donc, l’idée c’est  que  de toute manière, dès lors qu’on est passé par l’Enseignement Supérieur, on va s’engager à un certain remboursement en fonction de variables telles que l’obtention ou non un diplôme, le redoublement dû à des circonstances exceptionnelles ou non, c’est régulé.

Jean-François FIORINA : J’avais milité pour une solution qui était de dire, connaissant la dotation moyenne de l’Etat français par étudiant, donnons un chèque à chaque Français en âge de faire les études. À sa charge d’utiliser ce « chèque éducation » auprès d’établissements reconnus pour des diplômes calés sur des objectifs extrêmement précis, ce qui permettait à la fois de mettre une saine concurrence entre les établissements tout en les rassurant sur le financement. On sait que le financement est un élément crucial et que ce besoin va augmenter dans  les années  à venir.

Raul MAGNI BERTON : c’est un peu le même objectif.

Jean-François FIORINA : Autre cas de  figure, l’étranger. À la fois les étudiants étrangers et les étudiants français qui vont travailler à l’étranger et qui échappent au radar du contrôle de paiement.

Raul MAGNI BERTON : C’est un d’handicap que j’avais identifié. Donc effectivement, il y a deux problèmes. Il y avait un premier problème, les gens qui n’ont pas de diplômes, financent les études des personnes qui vont en avoir un. Mais il y a de plus en plus de gens dans le monde qui ont un diplôme et qui, de fait, remboursent à un autre système que celui qui les a formés.

J’en suis un exemple, j’ai été formé par un système en Italie complètement gratuit puisque je ne paie pas mes impôts en Italie, je paie mes impôts en France. Pour des flux équivalents, cela ne pose pas problème et c’est la situation en France pour l’instant. Mais dans des pays pauvres notamment les pays africains, c’est un gros problème. Ils dépensent à perte du fait de la fuite des cerveaux. Le problème devient encore plus important quand on considère que cela se transforme en jeu coopératif dans le monde. Cela veut dire que l’on peut décider de mettre de l’argent pour former des gens ou de mettre de l’argent pour attirer des gens déjà formés ! Et naturellement attirer des gens, c’est  tentant, ce qui fait que la fourniture de biens éducatifs dans le monde peut être plus basse que celle dont on a besoin par ce mécanisme.

Ce système que je propose comme tous les systèmes à cet avantage c’est que l’accord n’est pas territorial. C’est un contrat, donc la personne qui va payer pendant  24 ans pour 3% de ses revenus, les paiera partout où elle est avec les problèmes que cela peut poser. La France peut récupérer de l’argent dans des pays qui ont les mêmes accords mais pas dans les îles du Pacifique où même des pays très connus qui ne respectent pas l’OMC, on aura alors des pertes. Mais, ce qui est important, c’est qu’au-delà des pertes concrètes que l’Australie a éprouvé, ce système marche et finance mieux universités. L’idée c’est précisément de faire en sorte que l’éducation soit un bien non territorialisé,  qu’on ne paie pas par le fait d’être présent sur le territoire mais selon sa consommation. Si les gens paient 3% de leurs revenus, il faut voir la fuite des cerveaux comme un événement heureux puisque si quelqu’un gagne plus aux Etats-Unis que ce qu’il ne gagnerait en France, c’est intéressant qu’il aille aux Etats-Unis !

Jean-François FIORINA : Celui qui va aux Etats-Unis paye deux fois… Il paye une cotisation pour la France et il doit payer aux USA sauf s’il a une bourse…

Raul MAGNI BERTON : Si j’ai une offre aux Etats-Unis, j’irai uniquement si cette offre améliore mon existence y compris en comptant le 3% de revenus à rembourser. Donc en fait, on a une situation dans laquelle les Etats-Unis doivent payer peut-être un peu plus cher pour attirer les talents.

Jean-François FIORINA : Deux éléments importants, l’utilité des études supérieures et la durée des études. Quand je sais que je vais devoir payer, je vais plutôt avoir tendance à rechercher la formation qui va m’apporter le meilleur gain salaire-coût de la formation. Et donc générer de la concurrence entre établissements.

Raul MAGNI BERTON : La concurrence ne me gêne pas, au contraire, c’est l’un des objectifs. Avec ce système, je pense que la concurrence, c’est positif pour que les établissements fournissent les meilleures formations.

Jean-François FIORINA : Ce qui peut renforcer le rôle de l’Etat comme régulateur, financeur d’autres opérations, orientations avec une vraie logique de territoire.

Raul MAGNI BERTON : Oui. Pour moi l’Etat est très intéressant lorsqu’il qu’il s’agit de réguler mais pas de tout décider à la place des acteurs.

Jean-François FIORINA : Sauf qu’il y a de nouveaux acteurs qui sont entrain de se mettre sur ce créneau et qui échappent au monde éducatif traditionnel : les OpenClassRoom, Coursera et autres. Et qui peut-être une solution au sur endettement lié aux frais de scolarité des parcours traditionnels.

Raul MAGNI BERTON : Ce système a réussi à passer en Oregon, projet pilote aux Etats-Unis  précisément comme réaction au surendettement. Parce que tous les systèmes y compris le système australien font face à ce problème. Avec un système qui fonctionne ainsi, où les étudiants ne savent pas nécessairement anticiper, on a des situations comme vous le décrivez. Avec le 3%, en cas de situation de crise, c’est typiquement un partage de pertes. On n’aura jamais surendettement, parce que vous payez 3%.

Jean-François FIORINA : En Oregon, a-t-on constaté une évolution positive taux de réussite ?

Raul MAGNI BERTON : L’Oregon a mis en place le système en 2013 comme projet pilote sur un nombre d’étudiants restreint, 300. Ils ont commencé à travailler, cela a permis déjà de répondre à certaines potentielles objections. Les réponses sont positives parfois moins. Ce qu’on sait pour l’instant, c’est qu’il n’y a pas d’effet d’anti sélection. En gros, quand les étudiants rentrent dans le système, ils ne sont pas moins motivés à faire des études, pas moins performants. Il n’y a pas que les mauvais étudiants qui choisissent le système donc tout cela est une bonne nouvelle…

Par contre, ce qui a été  observé c’est que les étudiants qui choisissent le système, une fois sortis de l’université, leur salaire moyen est plus bas que ceux qui n’ont pas choisi le système. On est aux premières années, donc l’explication pourrait être que ceux qui ont choisi le système sont incités à voir un nouvel investissement : au lieu d’accumuler des boulots, par exemple, ils en font un puis ils investissent sur des compétences supplémentaires. C’est un système qui ne les pousse pas à être performants rapidement. Donc est-ce qu’on devrait observer que ce même groupe après 10 ans, gagne plus ou c’est simplement qu’il y a une moins grande motivation à travailler du fait que si on gagne peu, on rembourse peu.

Jean-François FIORINA : Comment réagissent les politiques?

Raul MAGNI BERTON : C’est un peu ambigu. Les politiques lisent peu les notes mais lisent les articles dans la presse issus des notes comme dans les Echos ou Le Figaro. Il y a eu des retours, pour l’instant cela excite beaucoup les gens qui sont contre même si je ne sais pas pourquoi ils le sont, en défense du service public ?

Jean-François FIORINA : Peu ont compris que l’éducation avait un coût, et que quelqu’un devait payer.

Raul MAGNI BERTON : On a eu des retours positifs mais ils ne sont jamais précis. Donc, pour l’instant il n’y a  rien de concret. Cela a été lancé il y a deux mois et puis l’objectif c’est aussi de relancer la question à la parution de l’article en version un peu plus scientifique. On va organiser une conférence à Grenoble sur les différents systèmes de financement.

Jean-François FIORINA : On arrive au terme de l’entretien, je t’ai beaucoup interrogé.  Est-ce que de ton côté tu as des questions ?

Raul MAGNI BERTON : Oui, ma question est de savoir quel est pour toi le meilleur des systèmes et que penses-tu de cette idée ?

Jean-François FIORINA : L’éducation a un coût et quelqu’un doit le payer. Je pense qu’en France, nous avons un peu de mal à l’accepter parce qu’il y a ce droit de l’accès pour tous à l’université. L’éducation n’est pas un marché mais il n’empêche que si on ne pose pas la question du coût et de son financement, le système universitaire va baisser en qualité. D’autant que l’étranger est devenu une très bonne alternative. Tu as cité deux pays l’Italie et les Pays-Bas. L’université Bocconi accueille beaucoup d’étudiants français qui avaient leur place dans les classes préparatoires en France ou à la faculté française et qui s’en vont. Quant au Pays-Bas, qui est en ce moment notre ennemi en récupérant tous les bons élèves en Business comme avec l’Erasmus School of Management de Rotterdam. Les élèves de prépa en France se disent que dans deux ans, ils peuvent rater leur concours d’entrée. Et qu’en revanche à l’étranger, ils ont accès à une marque de qualité, un environnement très international en anglais pour des frais qui défient toute concurrence.

Donc, il faut impérativement travailler sur cette question du financement parce que c’est une des clés de l’attraction même si nous, les business schools, nous ne recevons aucune subvention de l’Etat. On fait payer les frais de scolarité, il n’empêche que nous avons tout intérêt à avoir une université forte pour avoir des synergies. Il y a des complémentarités et  les étudiants, avec internet,  ont une vision mondiale de l’éducation.

Si je veux faire un master en management, je vais googler « master en management » et choisir le meilleur système en fonction des salaires de sortie, des jobs , des classements. Si on en revient à cette question du financement, pour nous qui ne sommes pas financés par l’Etat, nous avons atteint nos limites en termes de frais scolarité même s’ils sont dérisoires par rapport à la concurrence étrangère.

Il n’empêche que c’est compliqué et plus encore plus pour des familles qui ont, par exemple, deux enfants en âge de faire des études supérieures… L’accès à de bons étudiants à l’école devient compliqué, donc il nous faut un autre système. C’est pour cela que nous regardons dans toutes les directions. Les entreprises peuvent intervenir, en décalé, sous forme d’alternance et d’apprentissage, ou de financement de chaires. Mails elles n’ont pas encore la culture de le faire comme dans les pays anglo-saxons.

Ce qui est certain, c’est que le coût des services offerts aux étudiants par les établissements va augmenter, je pense aux conseils carrière ou à l’international. Il y aussi les investissements dans l’innovation pédagogique et dans le numérique au sens large qui vont croître indépendamment de ce qui s’est passé avec la Covid.

Nous avons intérêt à avoir un bon système universitaire qui produit de bons éléments au fait des nouvelles problématiques. Nous avons besoin de qualification. Le risque, c’est de voir partir les meilleurs…


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