Le blog de Jean-François FIORINA

Fiorina Talk #7 – Les nouvelles pédagogies en question

4 ampoules alignées et une qui dévie

Frédéric Darbellay est professeur à l’université de Genève à la faculté de psychologie et des sciences sociales – centre interfacultaire en droit de l’enfant – où il est directeur adjoint. Il vient de publier L’école autrement ? – Découvrez les nouvelles pédagogies en 10 points.

  •  » L’école autrement ? » Pourquoi ce livre ?

Les pédagogies alternatives sont très médiatisées. Il y a nécessité de comprendre ce qu’il se passe pour répondre à cette problématique d’actualité. L’ouvrage est issu de recherches exploratoires menées par des spécialistes francophones dans le domaine.

La première de couverture du livre - l'école autremment

L’école autrement ? – Les pédagogies alternatives en débat

  • La définition de la pédagogie alternative

Ces pédagogies sont issues de grands noms tels que Maria Montessori, Freinet, Steiner…
En parallèle, on observe une constellation d’écoles dites alternatives : école en nature (Forest school), école éco-citoyenne en forte croissance. L’univers de la pédagogie alternative n’est pas une communauté scolaire homogène au contraire il y a une grande diversité de pratiques, d’ancrages institutionnels, d’inspirations pédagogiques.

  • Les points communs et différences entre pédagogie alternative et système « classique »

Le principal point commun, c’est mettre l’enfant au centre du dispositif d’enseignement afin de mobiliser différents savoirs pour contribuer à son développement personnel.
L’apport de l’enseignement alternatif, sa différence : l’enfant apprend les fondamentaux (lire, compter) mais apprend aussi de nouvelles compétences : psycho-sociales, émotionnelles, qui lui permet d’interagir de manière pluridisciplinaire.

Il y a un décentrement de l’enseignant par rapport à sa pratique pour laisser sa place à l’enfant pour qu’il s’épanouisse dans un univers participatif.

  • Comment certifier les compétences fondamentales ?

Il n’y pas de notes dans la majorité des écoles cependant le système est ciblé sur les compétences. Les élèves se constituent un portfolio où ils compilent les compétences qu’ils ont acquises – on parle « évaluation formative ».

  • Quelles sont les trajectoires d’études lorsqu’ils reviennent dans le « système traditionnel » ? 

Il n’y a pas de profil type, on retrouve les élèves dans différentes filières éducatives : sciences techniques, sciences sociales. Certaine philosophie comme celle de Steiner Waldorf amènent plus vers des domaines artistiques.

  • Comment préparer les élèves à ces pédagogies alternatives ?

Tout est mis en œuvre pour rendre l’accès le plus facile possible à cette nouvelle forme d’enseignement. À l’arrivée en classe, avant de commencer une activité, il y toujours un échange entre les enseignants et les élèves. Chacun peut exprimer ses émotions, ses difficultés, son état d’esprit. Tout est mis en œuvre pour faciliter l’accès à la connaissance des élèves.

  • Et les enseignants  » alternatifs  » ?

Il s’agit d’équipes d’enseignants qui échangent beaucoup entre eux, sur les pratiques, les retours d’expérience, les leçons à tirer. C’est une vision très horizontale du partage de responsabilités. Ils sont très ouverts aux pratiques pluridisciplinaires et à la transversalité des connaissances. Ils se forment sur le tas, s’adaptent. Il y a un vrai besoin de formation aux pédagogies alternatives.

  • Comment intégrer ce modèle alternatif dans l’enseignement supérieur ?

C’est une des aspirations de cette étude : comme, par exemple, créer en collaboration avec une université alternative. Mais aussi développer au sein d’établissements du supérieur des pratiques qui peuvent s’inspirer de pratiques alternatives : classes inversées, cours à la maison, devoirs en classe…

  • Les critiques sur le livre ?

Deux principales critiques sont émises :

  • l’homogénéité du milieu social d’origine des élèves.
  • Et le fait qu’on n’apprenne pas les fondamentaux.

Ces critiques sont désamorcées par les enquêtes de terrain. Elles prouvent à la fois la diversité des milieux sociaux (mise en place d’aides, de cagnottes…) mais également l’apprentissage transversal des fondamentaux s’effectue en parallèle des compétences « alternatives ».

  • La Question de l’invité 

Quel lien, voyez-vous entre les pédagogies alternatives et les écoles de mangement ? Quels enseignements des écoles alternatives pourraient être adaptés dans les écoles de management ?

Comment apprendre à apprendre. Les étudiants viennent du monde entier, ils ont connu systèmes scolaires avec des logiques, des méthodes de préparation aux concours différentes. Donc malgré ces différences comment les préparer à bien apprendre, capitaliser sur ce qu’ils ont fait, à prendre des décisions, les aider et les accompagne dans le métier d’étudiant ?

On assiste à une transformation de programmes basée sur des connaissances avec une progression linéaire (année par année) vers des compétences encadrées par des référentiels via des agences d’accréditation. Les programmes d’enseignement du futur seront des certifications de compétences articulées sur la base d’un référentiel dans un logique métier particulière

Donc comment peut-on personnaliser les parcours d’étudiants très divers tout en gardant un excellent niveau académique et comment transformer l’expérience hors salle de classe en compétences ?

Mon dernier billet :

« Nuit de Chine » : réflexions sur l’enseignement supérieur chinois

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