Quand broyer du noir n’est pas forcément synonyme de morosité

Publie par jffiorina le octobre 27th, 2011 dans la categorie Non classé  •  Pas de commentaires

Lundi matin, « gueule de bois » de rigueur… les équipes rassemblées ont donné de la voix, souvent discordantes. Malgré l’étroitesse du score, les deux finalistes se sont séparés dans le respect mutuel, un début de solution à la crise financière européenne est amorcé. Mais laissons ici, ce qui fera, à « coûts » sûrs, l’actualité de ces prochaines semaines pour revenir sur ce dantesque combat en noir et blanc, notre finale de la coupe du monde de rugby.

Et oui, NOTRE finale.
Qui aurait donné la France finaliste après le naufrage tongien ? Quelques irréductibles considérés comme des illuminés par la plupart des Français. Que de complications dans cet hexagone, rien ne semble pouvoir nous rassembler sur un objectif mais quelle énergie pour se surpasser quand tout nous divise ! Que nous ayons un « passif » avec les kiwis qui expliquerait, chez eux, un relatif esprit anti-français, je veux bien, mais comment expliquer un sens critique aussi développé de la part de ses propres concitoyens, une sociologie du conflit aussi développée. Même en finale, l’équipe de France ne ravit pas. Aurions-nous préféré stopper l’aventure après le quart de finale contre l’Angleterre, pour ne pas avoir à s’excuser d’avoir sortis les Gallois ? Aurait-il fallu se prendre cent points au compteur pour calmer les esprits chagrins ?

De vrais « sales gosses ».
Cette expression restera célèbre dans la bouche de l’entraîneur Marc Lièvremont ! Bon reflet du sentiment général dégagé par cette équipe : ils ne nous ont rien épargnés ! Tantôt flamboyants, tantôt transparents, toujours déconcertants mais si attachants au final. Restés soudés dans la tourmente, leur mental a fait la différence. C’est une belle leçon de cohésion, face au Haka, par exemple, un beau plaidoyer pour ce sport auprès des jeunes générations.

Comme vous avez pu le constater, billet un peu différent des autres (quoique car de plus en plus d’entreprises font appel à des entraineurs célèbres de rugby pour des séminaires de cohésion ou de management d’équipes sans compter que le rugby est un sport phare dans les esc, surtout à Grenoble…) mais au vu des lendemains noirs que nous allons devoir affronter, un peu d’accalmie dans une actualité sinistre ne peut pas faire de mal !

Mais que c’est bon, par moment, de broyer du noir !

L’enjeu des compétences métier

Publie par jffiorina le octobre 20th, 2011 dans la categorie Emploi, Enseignement supérieur, Grandes Ecoles Tags: , ,  •  Pas de commentaires

Facteur clé d’une embauche, les compétences métier s’affirment de plus en plus comme LE complément du diplôme. Une mutation dont les conséquences sur les étudiants et les établissements de l’enseignement supérieur doivent être anticipées. Mon point de vue sur ce thème débattu lors du dernier congrès de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), les 6 et 7 octobre à Lyon.

Opérationnel.
C’est la principale qualité que demandent les employeurs aux jeunes diplômés. Pour quelles raisons ? Les entreprises ont d’abord besoin de se rassurer : embaucher un titulaire du TOEIC en anglais ou du certificat Microsoft Excel garantit une compétence pratique et immédiate. Elles ont également besoin de trouver le facteur différenciant du « bon candidat ». Imaginons trois futurs acheteurs en lice pour le même poste, tous issus de filières similaires. La distinction s’opérera sur les capacités réelles et prouvées du candidat, sur ses aptitudes à les mettre en œuvre.

C’est ici qu’intervient le cursus « hors salle de classe » qui valorise les savoir faire et les compétences. L’importance du bon stage, de responsabilités assumées dans le monde associatif, d’une alternance ou de projets ciblés sont autant de marqueurs de différence et de cohérence que remarque le futur employeur.

Avec le numérique, le savoir devient accessible à tous pour peu qu’une certaine curiosité vous anime. C’est le « comprendre » et les savoir faire qui font les compétences d’un individu et marque sa différence par rapport aux autres.

Cette évolution est confirmée par les organismes de certification des écoles (AACSB : RNCP …)
En tant que grande école, il nous est demandé d’orienter nos réflexions en prenant en compte les compétences. Un élément prédominant, certes, mais attention à ne pas tout jeter aux orties !

Quelles conséquences pour nos établissements ?
Elles sont nombreuses et modifient structurellement nos manières d’enseigner bien que je sois convaincu du point suivant : le diplôme restera un élément cardinal validant un niveau et un potentiel. Les certificats de compétence (une ou deux) l’accompagneront sans le dénaturer.

Mais le manque d’ingénierie de certification est patent.
C’est ici que le bât blesse. Il nous manque une vraie méthodologie. Si la normalisation existe bel et bien dans certaines matières (TOEIC pour l’anglais), les spécialisations sont orphelines. Des organismes transversaux comme la conférence des grandes écoles pourraient nous aider à construire méthodes et référentiels.

Elèves des écoles de management, vétérinaires ou d’ingénieurs, tous ont, par exemple, un tropisme vers l’international. Une certification dans ce domaine me parait essentielle. Elle doit être le fruit d’une collaboration plus étroite entre nos établissements.

Relations étudiants/entreprises : il faut s’attendre à des surprises.

Publie par jffiorina le octobre 13th, 2011 dans la categorie Conjoncture économique, géopolitique Tags: ,  •  Pas de commentaires

Chaque année la motivation des étudiants pour rejoindre telle ou telle entreprise est analysée dans des études* qui portent souvent les mêmes noms - à forte valeur d’image - sur les plus hautes marches du podium : grandes enseignes de luxe, du cosmétique, de l’informatique-médias, de la banque et du conseil, de l’énergie. Des agences de placement voient le jour et notent les entreprises. Mais comment conseillez nos étudiants dans leur choix ? Faut-il coûte que coûte les orienter vers ces entreprises « préférées » ? Tout n’est pas écrit… Quel sera, par exemple, l’impact de la crise bancaire sur leur choix ?

Génération zapping.
Au-delà du déclaratif qui donne toujours une longueur d’avance au plus « belles marques », je pense que plusieurs facteurs vont bousculer l’ordre établi. D’abord générationnels - on a beaucoup parlé de la génération Y** - qui marque une relation plus distante à l’employeur, « L’Oréal, je le vaux bien mais pas toute ma vie ! ». Cette génération « zapping » ne s’impose plus un parcours obligé, la rupture n’est plus taboue. Dans leur cursus à l’école, les choix évoluent au fil du temps. L’entreprise préférée de la première année ne sera pas forcément celle de la 3ème : la vision des grandes entreprises idéales évolue ainsi dans leur manière de les aborder plus que dans les choix annoncés.

Créer sa propre entreprise.
La vague du web 2.0 offre de nouvelles opportunités aux jeunes créateurs. Les risques financiers sont plus limités que dans l’économie traditionnelle et les modèles à inventer. Cette orientation vers la création répond aux exigences d’autonomie, de responsabilité et de réussite d’une bonne partie de nos jeunes.

Vers d’autres horizons.
Je remarque également une évolution vers des entreprises à forte dimension sociale ou éthique que sont les ONG (Organisations non gouvernementales), par exemple. Elles offrent très vite des postes à responsabilité et la possibilité de voyager. D’autres s’orientent vers les collectivités locales, un marché nouveau pour les ESC. Outre le choix de la sécurité, de la qualité de vie, de la proximité ou des avantages qu’ils procurent, ces postes ne sont pas dénués d’intérêt. Les étudiants rapportent des situations complexes où le manager joue pleinement son rôle.

TPE/PME : les grandes perdantes.
Outre-Rhin, c’est la voie royale, l’innovation, l’export, l’emploi… Chez nous, le doute, l’incompréhension réciproque… Du côté de l’entreprise, c’est le risque d’embaucher un « sur diplômé » qui est mis en avant avec son corolaire, le risque de ne pas exploiter ses capacités et de générer de la frustration. De l’autre un déficit d’image, un manque de visibilité et de plan de carrière pour le jeune arrivé. Dommage, car c’est là que se situent les gisements de l’emploi de demain.

Et quid des entreprises étrangères ?
Demain ce seront les entreprises des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui embaucheront nos jeunes diplômés ou les étudiants étrangers que nous aurons formés ! Tout reste à faire pour faire connaître à ces entreprises les qualités des nos jeunes étudiants, et pour les aider à exister auprès d’eux par une politique marque-employeur plus efficace.

*Palmarès des entreprises préférées 2011 :
Agence Universum (2011) :
1-LVMH
2-L’Oréal
3-Apple
4-Google
5-Canal +
6-BNP Paribas

TNS Sofres 2011 :
Commerciaux :
1- BNP Paribas (+4 places par rapport à 2010-2011)
2- Société générale (+5)
3- KPMG (+4)
3- Deloitte / Deloitte et Touche (+6)
5- Price Waterhouse Coopers (+4)
5- Ernst & Young (+2)
7- Danone (-2)
8- HSBC (+2)
8- Google (+4)
8- Mac Kinsey (+1)
8- Canal Plus (+2)

Ingénieurs :
1- Total (+1)
2- EDF (-7)
2- EADS - EADS/Aérospatiale (+1)
2 - GDF-Suez (-4)
2- BNP Paribas (+4)
6 -Société générale (+3)
7- Areva (-4)
8- PSA Peugeot Citroën (+1)
8- Thalès (-3)
8- Véolia / Véolia environnement (+1)
8- Orange / France Télécom (-1)
8- Google (-1)
8- Nestlé (-1)

** A noter la parution de l’ouvrage de Monique Dagnaud, Génération Y. Les jeunes et les réseaux sociaux, de la dérision à la subversion. Presse de Sciences Po. 2011.

Diversité : peut mieux faire…

Publie par jffiorina le octobre 7th, 2011 dans la categorie Enseignement supérieur, Grandes Ecoles Tags:  •  Pas de commentaires

Mes impressions sur le colloque « Diversité » que nous avons organisé mardi dernier dans nos locaux, en collaboration avec l’AFMD (Association des Managers de la Diversité) et Passerelle : beaucoup d’entreprises présentes, de nombreuses initiatives, de la bonne volonté mais je note un décalage entre les discours affichés et la stratégie des entreprises.

La difficulté majeure est de positionner la dimension diversité au cœur des directions générales et du management des entreprises. Un projet de cette nature ne peut être traité comme une simple politique spécifique.

C’est un élément de stratégie qui nécessite une sensibilisation et une mobilisation transversales de tous les acteurs de l’entreprise. Il faut s’en donner les moyens !

Tablettes or not tablettes ?

Publie par jffiorina le octobre 6th, 2011 dans la categorie Emploi, Enseignement supérieur Tags: , ,  •  1 Commentaire


Alors que Steve Jobs vient de s’éteindre, et avec lui l’un des plus grands visionnaires de notre époque, je souhaite revenir sur l’innovation que pourrait être la tablette dans un cadre pédagogique.

Au-delà de l’Opération « Tablettes à un euro par jour » pour les étudiants de Laurent Wauquiez, quelles sont vraies questions éducatives à se poser ?

Comment seront-elles utiles ?
Dans le cadre de notre “laboratoire d’innovations pédagogiques”, nous avons testé l’iPad sur un panel de 40 étudiants l’an passé et allons continuer à le faire cette année. Même s’il encore trop tôt pour conclure définitivement, voici quelques enseignements. Très efficace pour s’informer, se documenter, interagir ou prendre des notes, l’iPad n’offre cependant pas la possibilité de stocker des informations ou des documents de manière simple. Cette fonctionnalité manquante pose un réel problème puisqu’elle oblige à considérer la tablette comme le complément d’un PC. Et même s’il est plus agréable, pour un professeur, de discuter avec une assistance armée de tablettes plutôt qu’à une forêt de PC, cette multiplication des objets, en y ajoutant le téléphone mobile et le e-book, ne milite pas pour une utilisation systématique. Trop d’outils tuent les outils !

Ce problème ne se pose pas avec la même acuité pour les cadres dirigeants dont l’usage des tablettes s’accorde mieux avec la fonction management qui nécessite de se tenir informer en tel réel, de communiquer et de coordonner. Donc « mention passable » pour les tablettes pour trois raisons :

• leur usage doit être encore expérimenté et optimisé auprès des publics étudiants,
• leurs fonctionnalités améliorées et standardisées par plus de convergence avec le PC dans un seul objectif : rendre un service simplifié et global à l’utilisateur, en évitant la guerre des standards ! Nous avons la conviction à l’Ecole que les modèles hybrides tireront leur épingle du jeu.
• leur prix, gageons que les progrès de la technologie et leur démocratisation les rendront plus accessibles.

Si je vois des limites à sa généralisation dans l’enseignement supérieur, je ne dirais pas la même chose pour les classes primaires et secondaires où l’intelligence numérique des plus jeunes générations serait aiguisée par le côté ludique, graphique et ergonomique de la tablette. Quelle belle entrée dans le monde du numérique qu’une prise en main collective de cet objet autour, par exemple, d’une histoire ou d’un jeu interactif. D’autant que le primaire et le secondaire accumulent des retards dans ces formes d’apprentissage numérique tandis que le supérieur prend plutôt de l’avance.

Une rupture.
C’est certain, au fil du temps, le métier d’enseignant et d’étudiant va muter pour s’adapter à ces nouvelles technos. Pour le professeur, terminé le cours linéaire et « rationnel », vive la scénarisation et l’animation pédagogiques ! Une petite révolution est en cours. Exigeante tant pour les profs que pour leurs étudiants. Ces derniers devront se concentrer encore plus sérieusement sur les fondamentaux que sont la lecture, la culture générale ou l’esprit critique pour ne pas rester à la surface des choses ou se noyer dans les flux d’informations. Profs et étudiants deviendront les véritables acteurs de leur cours. J’imagine réaliser en direct mes cartes de géopolitique dans ces nouvelles salles de cours « intelligentes ».

Le mouvement est lancé !
Pour moi qui aime aussi flâner dans les librairies, peut-être que mes enfants et petits-enfants ne reproduiront plus ces comportements submergés par une nouvelle « mère » numérique dans laquelle ils seront nés.

Diversité ? Oui mais deux coups de gueule quand même !

Publie par jffiorina le septembre 29th, 2011 dans la categorie diversité Tags:  •  Pas de commentaires

Sciences Po Paris qui fête le dixième anniversaire de son dispositif « diversité » (les Conventions éducation prioritaire), le “Davos de la diversité” qui se tient à Corte jusqu’à demain, la publication régulière de baromètres de la discrimination : l’actualité montre que la thématique mobilise les esprits. C’est tant mieux. Il y a presque deux ans, je l’abordais dans ce blog. Aujourd’hui, j’ai souhaité réaffirmer mes convictions tout en relevant les limites de l’exercice.

Une nécessité.
Diversité et méritocratie doivent se conjuguer intimement, c’est le bon mélange. Nous parlons plus volontiers à l’ESC Grenoble, d’ascension sociale liée à l’effort que d’ascenseur social « automatique ». La diversité est une nécessité car les entreprises nous le demandent, au-delà des approches réglementaires qui l’imposent ou plus théoriques qui expliquent que la confrontation des idées créée nécessairement de l’innovation et de la valeur ajoutée.

Les entreprises ne souhaitent pas que les étudiants sortent tous d’un « moule universel ». Leurs demandes sont de trois ordres : double compétence que nous développons, par exemple, avec les doubles-diplômes Universités de Grenoble/ESC Grenoble, diversité sociale et réponse aux exigences légales concernant le handicap, par exemple, qui met les DRH sous pression.

Les choses évoluent dans le bon sens mais nous manquons d’indicateurs simples et pratiques pour évaluer, tant dans les écoles que dans les entreprises, l’efficacité et la visibilité de nos actions. Une solution serait de mieux valoriser les responsables diversité dans les entreprises.

S’ouvrir à la diversité est donc, à la fois, une nécessité et une obligation. Nous la développons, certes, mais dans la mesure où sa crédibilité, par une sélection adaptée, offre à chacun, dans les classes, la possibilité de soutenir le regard de l’autre.

Deux coups de gueule !
C’est la grande pagaille, paradoxalement, le trop plein d’actions non coordonnées, superposées, concurrentes ou même « cannibalisantes », freinent le développement d’une ouverture sereine à la diversité. Côté grand public, comment s’y retrouver ? Le système manque de lisibilité et de visibilité y compris pour les bénéficiaires ! Chacun tente d’attirer les candidatures à coups de bourses, d’aides à la création d’entreprises en zones franches… Je vais moi-même exposer nos dispositifs dans les lycées, en voyant bien que je suis le énième à venir en parler ! Il y a une véritable urgence à disposer d’indicateurs susceptibles d’évaluer et d’organiser l’ensemble de ces dispositifs sur le plan qualitatif et financier.

Les finances.
Parlons-en ! Cette année notre école ne reconduit pas l’une de ses actions diversité, « FACE à l’avenir », en direction des lycéens. Notre partenaire qui a, certes, déjà beaucoup donné se désengage. Le financement de la 1ère année en ESC est, dans ce cas de figure, très délicat. Il devient de plus difficile de trouver des formules pour passer ce cap. Dommage, car « FACE à l’avenir » a permis l’accès à une école de commerce française à 100 % des étudiants qui ont suivi cet accompagnement et passé le concours (20 en tout).

Nous reparlerons de ces sujets passionnants lors de notre colloque diversité le 4 octobre prochain à l’ESC Grenoble, en présence de Yazid Sabeg, Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances. Partenaires de l’opération : l’association Passerelle et l’association française des managers de la diversité (AFMD).

Télé-licenciement : Yahoo ! se positionne

Publie par jffiorina le septembre 20th, 2011 dans la categorie Conjoncture économique Tags: ,  •  Pas de commentaires

Après l’annonce de son licenciement par téléphone, Carol Bartz, la patronne de Yahoo ! a sobrement envoyé un email à ses employés titré « Goodbye ». Elle déclarait en substance : « J’ai été heureuse de travailler avec vous, bonne chance pour la suite ».

Mais combien ça rapporte ?
Beaucoup puisque le cours de l’action Yahoo !, à l’annonce de cette décision éclair, a bondi de 6 %. Dommage qu’il n’y ait qu’un seul patron à virer ! Après un rapide calcul, le coup de fil sibyllin aura rapporté un bon milliard de dollars à la firme… Comment doit-on interpréter cette fluctuation ? A quoi tient une carrière ? La technologie a-t-elle pris le pas sur l’humain ? En tout cas le cours de bourse, lui, n’a pas hésité. Je vous laisse juge…

Rembourser la dette.
L’idée m’est venue d’indexer ce type de licenciement sur l’évolution du cours de bourse qu’il génère. Avec, en cas de bonus, une lourde taxe dite de « remboursement de la dette ». Et, en cas de malus, la démission du Conseil d’administration ! Alors êtes-vous bien ou mal payé ? A l’approche de la présidentielle, voilà matière à réflexion.

Autre idée, la création d’entreprises spécialisées dans le licenciement à distance, avec au choix, le téléphone, le mail ou le SMS. Il existe bien des services de textos alibis pour situations compromettantes… Quel avenir radieux pour ce nouveau management électronique des ressources humaines !
Double peine
Cette annonce a plombé l’ambiance mais la très sérieuse étude* citée dans la presse, la même semaine, a enfoncé le clou. Elle nous plonge dans un complet désarroi : ce sont les salariés les moins sympathiques qui gagneraient le plus d’argent reléguant les bien élevés au rang de sous doués de la carrière. Vous m’avez compris ce n’était pas une bonne semaine…

*Etude présentée au mois d’août lors du Congrès de l’Academy of Management à San Antonio sous le titre : « Les hommes et les femmes sympathiques finissent-ils vraiment derniers ? ». Il révèle un écart de rémunération entre un salarié masculin aimable et un grincheux de 18% ! Soit une différence de 7000 € en moyenne. Une attitude moins rémunératrice chez les femmes qui ne toucheraient que 1300 € supplémentaires…

L’invité du blog. Jean-Charles Guibert, directeur de MINATEC

Publie par jffiorina le septembre 9th, 2011 dans la categorie Enseignement supérieur, Grandes Ecoles, diversité Tags: , , ,  •  Pas de commentaires

Jean-Charles Guibert, directeur de MINATEC , campus grenoblois d’innovation en micro et nano technologies nous explique sa mission : produire de l’innovation industrielle à partir de la recherche en favorisant le transfert technologique et les partenariats.

Comment fonctionne un écosystème d’innovation technologique ?
Nous sommes partis du principe qu’il faut mélanger plusieurs composantes pour réussir un écosystème performant dans ce domaine. Ces composantes sont les suivantes : l’éducatif, la recherche fondamentale et appliquée, l’industrie avec ses start-up. C’est le cas de Minatec avec la présence d’une école d’ingénieur de Grenoble INP qui a installé géographiquement PHELMA (l’école nationale supérieure de physique, électronique, matériaux), dédiée aux nouveaux matériaux, de laboratoires de recherche implantés de longue date (CEA-LETI…), d’une quinzaine de start-up et de laboratoires R&D d’industriels d’envergure mondiale. La proximité d’une école de commerce comme Grenoble Ecole de Management également s’est révélée un atout pour le développement de MINATEC.

Cette proximité géographique facilite les choses. C’est très important de sortir de son bureau et de savoir que 5 mn plus tard, je serai dans les locaux de GEM ou d’un autre partenaire. Les rencontres à différents niveaux (professeurs, chercheurs, étudiants, entreprises…) sont rendues possibles par l’effet de proximité. C’est aussi cela un écosystème performant.

Comment ensuite favoriser le travail en commun et produire de l’innovation ?
Notre objectif est de favoriser la rencontre et l’échange sur le site entre toutes les composantes. Nous avons mis à disposition des outils qui favorisent des rendez-vous réguliers comme les « Midis Minatec », des conférences organisées par un chercheur, un professeur, un chef d’entreprise créateur de start-up. Autant d’opportunités de rencontres avec un public très divers puisque ces conférences sont ouvertes à nos partenaires privés et publics. L’accès aux étudiants de GEM qui travaillent en suivant le modèle d’une pédagogie par projet favorise également les rencontres mais sans les rendre « obligatoires ».

Minatec, vu de l’extérieur, peut apparaître comme seulement un centre de recherche, c’est beaucoup plus que cela. Nous avons mis en place toute la chaîne de la création à la réalisation de projets en passant par leur valorisation. Des professionnels de la création d’entreprise, un investisseur, des spécialistes du marketing sont présents sur le site en permanence. L’idée est d’offrir à toutes des composantes et aux porteurs de projet, de nombreux espaces de rencontres et de travail, des services « clés en main » pour gagner du temps et donc limiter les coûts. Nous disposons d’un showroom technologique dédié aux PME, de Minatec Ideas lab*, d’une antenne de l’ENSCI (Ecole nationale de création industrielle)

L’industrie high tech pour se développer a besoin d’un flux permanent d’informations et de recherche amont, notre écosystème génère ces flux.

Grenoble fait-elle toujours figure de pionnière en la matière ?
à ce niveau de développement, oui, c’est unique en France. Grenoble est n° 2 de la recherche en France après Paris, en nombre de brevets déposés aussi. Même vis-à-vis des très grands pôles technologiques comme Chicago ou Taïwan, nous commençons à être connus. Nous recevrons bientôt le vice-président de Sony, le patron de la recherche de Singapour nous a rendu visite cet été. Les « pointures » internationales en matière d’innovation et de technologie ont intégré Grenoble dans leur circuit. Ils font deux stops, dans une très grande ville internationale et à Grenoble. C’est un signal positif pour nous, le signe que nous comptons au niveau mondial.

Comment créez-vous de la valeur ?
Il faut d’abord construire des offres de services. Si je prends l’exemple du partenariat avec Grenoble Ecole de Management, nous avons, par exemple, intégré les étudiants dans une offre spécifique vers les PME. L’idée est d’avoir un étudiant en stage qui travaille avec un binôme chercheur/professeur sur un projet de transfert de technologie. L’objectif est de proposer une action court-terme avec un coût réduit. Il faut trouver des projets qui rentrent dans ce cadre. C’est ce que nous demandent les entreprises.

Les étudiants de GEM peuvent également intervenir sur les aspects marketing amont ou sur la stratégie de développement de la visibilité de MINATEC. Le service de la valorisation du CEA Grenoble que je dirige produit 6 à 7 études par mois dans les secteurs de l’énergie, des biotechnologies et des technologies de l’information. Nous intégrons régulièrement des stagiaires d’écoles de commerce. Le dernier dossier traité concernait le marché des éclairages LED dont la segmentation a nécessité un vrai travail, au-delà des aspects techniques. Les étudiants de GEM se retrouvent très bien dans ce domaine et peuvent apporter une vraie valeur ajoutée. Ils considèrent encore souvent que le milieu de la recherche leur est fermé mais nous mettons en place les outils pour éviter cela en leur montrant que nous avons besoin de leurs compétences.

La finalité avec les étudiants, c’est qu’ils participent à notre logique : donner des réponses aux entreprises, aux chercheurs, aux créateurs d’entreprise sans être figé dans une quelconque logique académique ou calendaire, du genre « nous sommes en stage en février-mars, c’est le moment d’être créatifs après ce sera trop tard ! ». Non le processus doit rester souple et ouvert.

La logique « projets » implique une logique de marché. Nous sommes déjà à moins d’un 1/3 de subventions publiques pour le financement des projets. Même sur des appels d’offres européens, il nous est demandé de répondre à un besoin précis. C’est une tendance lourde.

Quels retours concrets ?
Les projets de start up marchent bien et nous souhaitons développer des couples scientifique/école de commerce. L’équipe d’Ethera, start-up spécialisée dans la commercialisation de kit de diagnostic de la pollution de l’air intérieur, comprend un ex-chercheur CEA et un spécialiste du marketing. Les idées foisonnent mais il faut les trier et les tester. C’est le plus que ces rencontres peuvent apporter : vérifier le bien fondé d’une idée avant de la déployer. Même si elle est abandonnée, cela évitera les frustrations ultérieures… Pour les étudiant de GEM, ce sont des missions très concrètes, une capacité d’expérimenter pour devenir plus tard peut-être les associés d’une start-up.

Quelles marges de progression ?
L’accueil des étudiants fonctionne bien mais le potentiel de développement est bien supérieur aux réalités actuelles. Il faut systématiser les rencontres et les partenariats. Ce n’est pas toujours simple pour un étudiant de GEM de se plonger dans le bain de l’innovation et de la technologie. Nous ne travaillons pas sur des produits finis mais sur un potentiel de produits. C’est peut être un peu abstrait pour des étudiants. Par contre, dès qu’ils ont fait l’effort de comprendre ce nouvel environnement, nous observons que l’alchimie fonctionne très bien dans notre bureau d’études marketing.

Certains vont privilégier un stage chez un « grand » de la cosmétique plutôt que dans un laboratoire ou une start-up aux contours moins cadrés alors que le potentiel de croissance est peut-être justement là. Dans l’innovation, le chercheur est encore au centre du jeu, cela demande une capacité d’adaptation pour vivre dans un environnement créatif, très enrichissant mais plus flou que dans celui d’une entreprise plus classique.

Quelle sera l’étape suivante ?
Nous avons testé le concept de campus de l’innovation avec Minatec, nous le démultiplierons avec GIANT, le futur campus grenoblois de l’innovation où GEM disposera de locaux. Il se construit sur trois pôles centrés sur trois besoins essentiels des citoyens : l’information, l’énergie et la santé. Nous disposons déjà des ingrédients de la réussite : la recherche en amont, les grands instruments scientifiques (Synchrotron, ILL – réacteur à neutrons, CEA…) et le management de l’innovation avec Grenoble Ecole de Management. Ce sont les mêmes éléments qui ont fait la force du M.I.T. aux Etats-Unis (Massachussets Institute of Technology). Mais nous en reparlerons prochainement…

* Crée en 2001 par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), France Telecom, STMicroelectronics et Hewlett Packard, Minatec Ideas laboratory a pour objectif de concevoir les futures applications des nouvelles technologies en basant son efficacité sur l’association de designers, d’industriels et de chercheurs en sciences humaines et sociales.

Défier 2012

Publie par jffiorina le septembre 9th, 2011 dans la categorie Non classé  •  1 Commentaire

Quatre mois pour boucler une année 2011 chaotique et incertaine, avant d’entamer le cru 2012 que d’aucuns espèrent porteur de nouvelles dynamiques. Quels sont les enjeux de ce nouveau cycle pour l’enseignement supérieur en France ?

Electorale ou électoraliste ?
C’est la question que je me pose toujours en vue d’échéances citoyennes majeures. Le trio sénatoriales-présidentielle-législatives va rythmer le pouls de la Nation jusqu’au seuil de l’été prochain. Et déjà sur le terrain de l’enseignement supérieur, les avis sont tranchés. Eva Joly, la candidate verte, se prononce, dès l’été, pour la suppression des grandes écoles tout comme le MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes). Contredits en partie par Terra Nova, la boîte à idées du Parti Socialiste, qui propose le retour à une certaine forme de sélection… Les idées fusent déjà sans tenir compte de la dynamique de réforme entreprise par Valérie Pécresse. Je prendrais le temps de considérer soigneusement le travail accompli par la précédente ministre de l’Enseignement supérieur avant de prôner une énième réforme « radicale ». A lire la presse ou à écouter les commentaires, l’enseignement supérieur, les universités et la Recherche, ne se porteraient pas plus mal, au contraire, ils auraient repris des couleurs. Alors, ouvrons le débat, certes, mais sans le limiter aux joutes idéologiques « court-termistes » dont nous sommes les champions.

Economie de crise.
Nous, les grandes écoles serions le refuge idéal, le « parapluie anti-crise ». Pas si simple. Car la crise nous touche également. D’abord, les familles qui déboursent d’importantes sommes en frais de scolarité pour l’éducation de leurs enfants. Nous devons, sans cesse, proposer de nouveaux programmes et de nouvelles perspectives d’emploi et d’activité. Pour un coût de plus en plus élevé ce qui raidit nos finances.
Les entreprises, elles aussi touchées, limitent leur budget formation continue. Fortement investies dans ce secteur au début de la crise, elles en limitent maintenant le périmètre. Terminés les licenciements accompagnés de formation diplômante, nouvelle « chance » donnée aux salariés, ils ne sont plus d’actualité, tout comme la mise en formation « obligatoire » pour perfectionnement, le temps d’amortir la baisse des carnets de commande. Il faut donc s’adapter et INNOVER. Ceci est d’autant plus vrai que les seules entreprises pour qui la crise n’a eu que peu d’effet sur leur activité sont bien celles qui innovent. Une règle qui s’applique aussi aux écoles…

Changer de logiciel.
Nos devons aujourd’hui, intégrer la rapidité des changements, l’accélération du temps, tout en conservant un enseignement à forte valeur ajoutée. Les exigences de qualité augmentent tant du côté de l’enseignant que du chercheur. Nos équipes de recherche doivent travailler encore plus vite pour trouver de nouvelles solutions de croissance car nous sommes bien aux limites de notre modèle. Pas de solution miracle, nous naviguons à vue, aux instruments. Toutes les pistes de changement doivent être explorées d’urgence. Que ce soit dans le domaine des nouvelles technologies, du développement durable, de l’international ou de la création d’intra et d’entrepreneurs, de nouveaux gisements de valeur et d’emploi existent. Pour les atteindre, il faut changer nos manières de penser, changer de logiciel ! Dans cette perspective, nos poursuivrons nos grands chantiers : GIANT, campus grenoblois de l’innovation dont nous sommes l’un des membres fondateurs et qui constitue un très bon modèle stratégique ; la diversification des publics dans notre recrutement qui reste un fondamental ; le festival de géopolitique (du 8 au 11 mars 2012) dont l’actualité nous rappelle la pertinence ; un grand projet international dont nous dévoilerons les contours au mois de novembre…

Cette année sera également riche en émotions et en événements à propos desquels nous échangerons : coupe du monde de rugby jusqu’en octobre, sommet du G20 en novembre, sommet de la terre à Rio en juin, championnat d’Europe de foot en Pologne /Ukraine en juin, JO de Londres en juillet/août, …

J’assume un « Vive la rentrée ! »

Publie par jffiorina le septembre 1st, 2011 dans la categorie Enseignement supérieur, géopolitique Tags: , ,  •  2 Commentaires

J’ai décidé de reprendre le cours de mon blog sur un ton volontairement positif. J’espère que vos vacances ont été meilleures que l’actualité économique estivale… Les marchés financiers ont imposé une fois de plus leur loi aux économies occidentales en s’appuyant sur des informations médiatiques à fiabilité variable ! Et la première puissance mondiale - à la merci de la dégradation de sa note de solvabilité - nous a donné le spectacle d’un colosse aux pieds d’argile.

Des moments particuliers.
Comme directeur d’école, je savoure cependant cette période de rentrée. A la fois rythmée par ses rituels et ponctuée de moments de discussion plus détendue, c’est une parenthèse avant le rush. Des moments sympathiques où se calent les derniers détails des programmes, où les derniers coups de pinceaux sont donnés. Beaucoup d’étudiants étrangers découvrent l’école, comme les Français qui présentent à leurs parents les lieux de leurs futures études, entre deux visites de logement.

Une rentrée par vagues successives.
Jusqu’en octobre vont se succéder les rentrées. Les 2èmes années en admission parallèle ouvrent le bal, cette semaine, avec le séminaire d’intégration. C’est également le cas des étudiants dont le choix s’est porté sur le parcours associatif. En septembre - le 5 et le 12 - les 1ères, 2èmes et 3èmes années entreront à l’école. Tout le monde aura pris pied sur le navire, fin octobre, avec l’arrivée des étudiants en programmes de formation continue diplômante.

Les nouveautés.
Deux nouveaux partenariats se mettent en place avec l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques de Pascal Boniface et l’Institut Bioforce, spécialisé dans la formation et l’accompagnement des personnels des ONG humanitaires. Dans le tronc commun de 1ère année, nous lançons un nouveau cours de Gestion de l’information stratégique. L’innovation pédagogique est aussi au rendez-vous. Les nouvelles manières d’enseigner disposent désormais de leurs outils (tableaux intelligents) et d’une salle spécialement équipée pour les visioconférences (cf notre partenariat avec l’université japonaise de Tsukuba). La semaine prochaine, je reviendrai sur les enjeux de cette prochaine année. Nous rentrerons dans le « dur » !

 

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