Qu’est-ce que la formation continue peut apporter à la formation initiale ? (Acte 2)

Pourquoi ne pas créer à l’image des CHU (centres hospitaliers universitaires) des CBU (centres business universitaires) ? Cette idée géniale m’a été soufflée par mon collègue Fabien de Geuser, professeur à ESCP Europe. Le principe serait de révolutionner les fameuses études de cas et travailler avec de « vrais » professionnels venant présenter devant les étudiants leurs problèmes concrets. Une telle approche clinique serait particulièrement heuristique : à l’image d’un malade à la recherche d’un remède pour son mal, l’entreprise n’aurait aucun intérêt à falsifier le problème et serait pleinement engagée dans la recherche de solutions.

Il s’agirait donc de construire une vraie tripartite entre les managers évoquant des cas rencontrés dans le quotidien de leur entreprise et les étudiants essayant de les problématiser et de les modéliser sous l’égide des enseignants. La confrontation avec le monde réel permettrait de bousculer le monde académique encore trop souvent enfermé dans des cases disciplinaires. Or, quand le manager est confronté à une difficulté, la réponse est souvent à rechercher au croisement de plusieurs disciplines, comme le contrôle de gestion, le management, le droit, etc.

Ce type de dispositif permettrait aussi l’émergence d’un processus de défi-médiation pour reprendre les termes de René Barbier (L’Approche Transversale, l’écoute sensible en sciences humaines, édition Anthropos, 1997), la modélisation des chercheurs/étudiants venant mettre les praticiens au défi et réciproquement. Alors que Malinowski présentait son étude sur les Trobriandais à des érudits parisiens, notre objectif serait ainsi de travailler sur nos managers-Trobriandais, mais dans le même mouvement, d’interroger avec eux les modèles élaborés.

Dans  ce modèle de co-construction, l’objectif est que le manager et l’étudiant (qui est un futur manager) apprennent à devenir autodidactes. Il s’agit ainsi de leur donner les moyens de se sentir en capacité de penser, de transformer la réalité, et de mettre en œuvre des solutions innovantes (un nouvel outil de gestion, une méthodologie de réunion, etc.) La confrontation perpétuelle à la modélisation permet une forme d’évaluation in vivo. Aussitôt la solution envisagée, elle est ainsi évaluée à la fois en termes d’impact économique, social (cohésion de l’équipe, envie des personnes à travailler ensemble), environnemental. Les CBU, une solution pour faire évoluer nos écoles et nos entreprises ? Chiche ! Je suis sûr que cette idée existe déjà quelque part sur la planète, peut être pas si loin que ça de chez nous.

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