Communication : les 10 fautes à ne plus commettre

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Pourquoi ne savez vous pas communiquer ? Pourquoi n’êtes-vous pas entendu ou compris ? C’est un peu de la faute des autres… mais un peu de la votre aussi… mais en évitant les erreurs suivantes, ça ira mieux.

Aussi, concentrez vous sur vous, soyez exemplaire ou à défaut professionnel et ne vous énervez plus sur les autres. Ne passez pas votre temps à vous plaindre des productions réalisées par d’autres services avec des résultats que l’on qualifiera de vexations pour l’esprit par pudeur ou abominables par justesse. Mais réfléchissez également à vos relations avec vos supérieurs, identifiez leurs erreurs et créez un lien constructif.

TOP 10 des fautes des communicants

Présenter 10 erreurs types de dircoms, voilà qui n’est pas difficile, en en ayant fait moi même, la liste serait loin d’être exhaustive.

1. Se présenter comme un prestataire de service…

… vous serez traité comme tel. Vous n’êtes pas là seulement pour réaliser les demandes des autres services ou personnes mais pour donner un sens et une cohérence globale à l’établissement. Alors, si vous dites « oui » une fois, vous serez obligé de recommencer une seconde pour un travail probablement plus chronophage… Quand on dit « oui« , votre interlocuteur doit comprendre en quoi cela participe à une stratégie globale… il comprendra mieux la fois suivante quand on lui dira « non« … vous pouvez aussi dire « non » dès la première demande, soyez solide.

Une solution sémantique me plaît mais je ne l’ai jamais testée… Ne pas se contenter d’être une « direction de la communication » (bannissez le mot service qui ne fait que rabaisser votre travail en laissant toute la marge possible à votre esclavage) mais une « direction de la marque et de la communication », ou à défaut de l’identité et de la communication.

2. Multiplier les messages

Nous avons tellement d’idées à transmettre mais c’est comme les polices, pas plus de trois à la fois, et une c’est beaucoup mieux, même si c’est frustrant… mais ne sommes nous les rois de la synthèse ? Allez… presque.

Lors du changement de logo de l’Université de Poitiers, je voulais qu’il soit à la fois fidèle aux racines en exploitant l’ancestral blason mais aussi moderne dans sa conception graphique. Quelque part je souhaitais retrouver la ville de Poitiers, entre ville médiévale et Futuroscope. C’était un message de trop, j’ai pu corriger in extremis, et faire faire à l’agence un logo fidèle aux racines… dans une charte graphique résolument moderne. C’est celui qui a été retenu par la communauté (vote).

Bref, restez audibles, restez simples.

3. Sauter sur les outils

Mais à quoi peut bien servir de s’ennuyer à construire une stratégie et un plan de com alors que l’on est si vite émerveillé par un beau mag ou une belle appli et que l’on ne pense qu’à une chose : le reproduire (en mieux bien entendu)… mais réveille toi, si tu ne veux pas passer pour un geek émerveillé : donne sens à ton action avant de travailler sur les outils (mais amuse-toi quand même). Le Pourquoi précède le comment.

4. Ne pas se mettre à la place du public cible

Et pourtant, dans nos métiers, nous développons souvent une empathie supérieure à la moyenne… mais entre les commandes idiotes et notre propre propension à nous faire plaisir, on oublie souvent l’essentiel : nous nous adressons à quelqu’un, si celui-ci ne le sent pas, pourquoi perdrait-il son temps à regarder votre com… sauf à en rire… et vous savez quoi, chaque outil ne s’adresse pas à tous les publics… si,si, vous le savez… alors faites attention.

5. Être déraisonnable (ou trop ambitieux)

C’est bien beau d’avoir plein d’idées, une stratégie démentielle et innovante qui va tout casser… mais si vous n’avez pas les moyens humains, financiers et d’accès à l’information, vous risquez d’échouer, de courir de gauche à droite sans rien achever nulle part… et épuiser votre équipe. Là on touche à mon péché mignon… mais je progresse.

6. Ne pas évaluer

Ah oui, vous êtes contents de votre travail… remarquez ça peut être un bon commencement… mais les autres ils en pensent quoi ? Je ne parle pas des autres services qui ne vous remercient jamais quand ça va bien mais qui n’hésitent pas à tout vous mettre sur le dos quand l’une de leurs actions (ou toutes) se plante. Le public visé, lui, il en pense quoi, vos objectifs sont-ils atteints, avez-vous des retours, mieux, organisez-les vous ? Et les stats, ça vous parle ? Qu’est-ce que c’est chiant… mais pro ou pas pro ?

7. Compter sur un changement de culture rapide

Vous êtes enthousiaste, c’est un bon début. Vous voulez bouger les lignes, c’est sain, surtout si vous êtes dans la bonne direction (faites gaffe quand même). Cependant, ne sous-estimez pas la culture de l’établissement ni sa capacité réactionnaire… une fois encore, vous n’aurez pas raison contre tout le monde : la culture reste le pilier le plus long à faire évoluer… alors bougez doucement les murs plutôt que de foncer dedans. Vous vous prendriez alors beaucoup de monde sur le dos, dont de possibles alliés qui n’auront pas saisi votre démarche… courage, c’est passionnant.

8. Ignorer les réseaux pro

Et oui… vous êtes certainement très bon, peut-être le meilleur, mais ce que vous avez fait, d’autres le font depuis un moment. Alors pour faire mieux, réinventer, enrichir et même trouver quelques oreilles compatissantes (et ne pas s’isoler et se demander pourquoi tous les problèmes n’arrivent qu’à vous), il n’y a pas beaucoup mieux que ces réseaux, Arces, Amue/Cpu et Cap’Com en tête. Ajouter les formations et vous ferez le plein.

9. Faire tout, tout seul

Mais enfin malheureux, quelle idée suicidaire. Nous avons changé de siècle, aujourd’hui nous co-construisons la communication ou en tout cas la partie la plus importante : le contenu.Vous ne pouvez définir seul ce que sera votre établissement, la façon dont il sera vu, vécu et recommandé… n’hésitez pas à faire par d’autres, on appelle ça du partage, ce que votre équipe n’a pas le temps ou les moyens de faire toute seule.

10. Se comporter comme un élu

Oui, vous êtes le pro, vous aurez raison dans 80% des cas (parfois plus) mais vous n’êtes pas LE boss, même s’il peut vous énerver. Vous êtes son allié, Vous allez traduire en stratégie et plan de com la confusion qui règne dans son esprit. S’il s’agit d’un intermédiaire, vice-président à la com, soyez malin et n’essayez pas de le mettre de côté en prenant sa place. Il s’en rendrait compte, et n’apprécierait pas que vous rencontriez d’autres élus derrière son dos et ça vous retombera dessus. Mettez vous un instant à sa place, il a pris un des postes les plus difficiles car transversal, il doit être capable d’avoir une vue d’ensemble de l’institution, de ce qu’elle est et où elle va… ce dont il ne devait même pas se rendre compte en arrivant attiré comme une mouche (ou comme les communicants) pour les outils qui brillent.

Bien sûr, certains élus seront persuadés de tout maîtriser et se passeront de vos avis éclairés… dans ce cas, vous avez déjà perdu, car sachez le, en cas de conflit, c’est toujours l’élu qui a raison… fuyez.

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Bon, en fait, ce n’est que la moitié de l’article… voici l’autre moitié du chemin…

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TOP 10 des fautes des dirigeants

Pour entamer une vraie discussion avec votre propre hiérarchie, vous devez identifier également leurs manquements et grossières erreurs (vous verrez, certaines peuvent aussi s’appliquer aux communicants, si si, encore). Bon d’accord, en tout ça fait 20 fautes… mais si je vous avais lancé le nombre dès le titre, seriez-vous parvenus jusqu’ici… (moi non)

1. Ne pas faire de stratégie, ne pas travailler son identité

Je commence facile car cela s’applique aussi bien aux dirigeants qu’aux dircoms eux-mêmes. Si je vous demande de qualifier votre établissement et que vous me répondez qu’il est innovant, tourné vers l’excellence et reconnu internationalement… je peux vous le dire sans aucun doute : vous n’avez pas d’identité, c’est un peu quand 5000 communes en France vendent l’unicité de « la ville à la campagne« . Alors, ne vous défendez pas, n’ajoutez pas le développement durable, l’insertion professionnelle, la pluridisciplinarité ou n’importe quelle autre tarte à la crème… non, vous n’avez pas d’identité… du coup tout paraît plus dur… alors cessez d’informer au fil de l’eau sans cohérence et mettez vous au travail… C’est votre responsabilité de mettre les élus sur la bonne voie… enjoy.

2. Dissocier la communication interne et externe

Le chemin à ne jamais négliger est qu’une bonne com externe passe d’abord par une mobilisation en interne… Il faut toujours privilégier ce sens, commencer au centre avant d’aller à l’extérieur. Les collègues et les étudiants sont les premiers ambassadeurs… imaginez qu’ils soient informés sur leur institution par l’extérieur !

Cela suppose évidemment que la com interne soit confiée à la com… mais, ça c’est une autre histoire.

3. Jouer les contremaîtres et décourager la créativité

Ce bon plan, l’élu l’appelle aussi : « c’est moi le dircom« … nous, les vrais dircom sommes alors perçus comme la personne opérationnelle et encore je viens d’entendre que l’on pouvait s’en passer. Donc non seulement vous ne devez pas vous soumettre au contremaître, mais encore moins le devenir. Il ne s’agit pas de laisser contrôler vos ouailles dévouées par l’élu, ni les laisser accaparer par des comptes rendus allant jusqu’au contrôle d’agenda , et tant pis si je décourage tout le monde, le dircom : c’est moi… même si la com c’est tous les collègues.

Dans le même ordre d’idée, n’embarquez plus les élus pour choisir les couleurs. C’est le métier de la com, ils ont mieux à faire et les élus encore plus.

4. Ne pas associer les pros de la com aux projets

Refuser le dircom dans les réunions de direction (avec le président, le cabinet, les élus, le DG…) est sans doute la pire des façons d’être traité mais surtout la meilleure pour être inefficace car hors du coup et en incapacité de contribuer sur votre domaine pro. Vous avez une expertise, clamez la ! La com, ça commence par du conseil.

5. Demander des délais impossibles… et changer d’avis

Il s’agit ici de soulever la question du management… La communication fait partie de ces métiers (il y en a d’autres) où l’engagement revêt une influence déterminante sur la productivité. Si les élus/supérieurs vous soumettent à une masse impossible à ingurgiter, vous ne ferez jamais proprement votre travail. Le pire est évidemment d’avoir tout mis en plan pour une commande urgente… qui se révèle ni urgente, ni finalement utile.

6. Ne pas respecter les lignes éditoriales… ou pire, ne pas en faire

Mais si, mais si… c’est encore courant ! Le meilleur exemple reste le magazine qui sert en interne, en externe, auprès des partenaires et du grand public et qui ne fait que parler de l’institution. Vous le savez, votre élu non, il croit bien faire mais ce n’est pas le cas, expliquez lui.

7. Ne pas autoriser les commentaires sur facebook

Alors vous riez jaune ou à gorge déployée… dans le premier cas, ça vous est déjà arrivé… comme à moi… et c’est navrant, dans le second, c’est drôle quand ça arrive aux autres. Un élu, surtout s’il exerce des activités politiques extérieures, sera obnubilé par le contrôle… mais aujourd’hui, pour percer dans un monde d’infobésité, pas le choix, il faut compter sur tout le monde et si de temps en temps, ce qui apparaît ne plaît pas, tant pis, ça fait partie du jeu.

8. Traiter une direction de la com comme un prestataire individuel de services… et ne pas en parler aux autres élus

Cela va au-delà du renoncement à la stratégie, il s’agit ici de recevoir des commandes de tout le monde, services et élus… c’est la cacophonie générale… mettez de l’ordre, organisez un réseau com et quelques procédures… ça ne suffira pas, mais ça deviendra supportable.

9. Supprimer sans concertation ce qui a été mis en place parce que vous n’aimez pas l’élu (ou les élus) qui ont précédé.

Ils arrivent, tous frais, tous beaux et surtout avec plein d’idées… sachez le, c’est une aubaine pour la communication, plus il y a de fous, plus il y a d’idées.. mais pas trop fou quand même, car ceux là ont tendance à penser que tout ce qui les a précédé est bon à jeter à la poubelle.

Alors un premier effort, rendez les curieux de la stratégie, des lignes éditoriales puis enfin des outils.

Pour finir, dites leur bien que deux ou trois destructions agressives, non argumentées, et non concertées suffisent à flinguer une équipe pourtant compétente et motivée, alors pensez toujours à ce bon vieux proverbe chinois « ce qu’il faut mille jours à construire, un jour suffit amplement à le détruire« , une personne aussi… veillez au grain, vous avez la responsabilité d’une équipe.

10. Rester dogmatique

Un élu viendra avec ses idées, et c’est très légitime. A vous de le rendre souple. Si son hobbie est d’internaliser, montrez lui, preuve à l’appui les conséquences : « Désormais, nous allons imprimer en interne, ça fera des économies« . Et bien non

Exemple :

– L’impression des cartes de voeux va coûter 550 euros chez l’imprimeur
– Ah, et bien calculez le coût en interne, on imprimera à la repro, vous me direz combien j’ai économisé

– En interne, ça coûte 1200 euros, tout compris, ce sera moins rapide, moins beau et moins bien façonné.
– Ah… on imprime quand même en interne

Bon, là ça n’a pas marché mais comme pour les points précédents… vous ne pouvez pas toujours gagner. Faites le bilan, persévérez ou partez… il y a tant d’aventures qui ne demandent qu’à être vécues.

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6 réflexions au sujet de « Communication : les 10 fautes à ne plus commettre »

  1. Très bon argumentaire pour défendre un projet de livre du type « Recettes (de cuisine ?) pour bien communiquer » auprès d’un éditeur commercial. Succès (presque) garanti auprès les cadres dynamiques et très pressés pour une lecture rapide dans les halls d’aéroports et de gares TGV.

    Mais à proscrire des enseignements universitaires en communication. Motif : s’il suffisait de quelques pincées de ci, quelques pincées de ça et d’un doigt de pour « bien » communiquer, cela se saurait. Au fait, de quoi « bien communiquer » est-il le nom ?

  2. mais nous sommes bien d’accord… ici, c’est un blog, pour l’enseignement universitaire c’est au second semestre, je peux vous prendre dans mon cours de communication de marque avec mes M2.

  3. Votre blog est super sympa et très instructif je dirai. j’ai une question, étant un enseignant de l’université. Qu’est-ce que vous en pensez de la communication moderne? Avec cette évolution à grande vitesse de la technologie, les outils de communication sont devenus aussi modernes!

  4. Merci pour toutes ces instructions enrichissantes. Le monde ne peut pas vivre sans la communication. La communication est un excellent moyen de s’informer et favorise une nouvelle forme de commerce et autres.

  5. 10 fautes, c’est assez lourdes. Si on devait noter on n’aura que la moitié de la note s’il était sur vingt. Bref, C’est pour dire qu’il faut faire très attention car des fautes de ces genres ne sont plus tolérables. Et surtout il faut toujours penser que des millions de personnes vont lire votre article ou texte, donc il est préférable de respecter toutes les règles.

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