De la démonstration de force à la démonstration de sens

integers

S’il y a bien un exercice que je déteste, c’est bien celui de la carte de voeux. Après en avoir vu et même commis quelques unes, j’ai réalisé que nous avions souvent un réflex idiot, sur les cartes et pire encore sur nos sites ou plaquettes : l’usage abusif et donc absurde du chiffre, du nombre qui est sensé nous définir et donner sens. Essayons d’en sortir.

CaptureDes chiffres ? En voici un wagon !

J’aime les chiffres. Même si en ce moment on a plutôt tendance à détester tous ceux qui forment nos budgets, j’aime les chiffres. Ils nous donnent l’impression d’évaluer. Evaluer une réussite, évaluer une action et évidemment évaluer, voire définir, nos établissements. J’avoue ne pas y avoir pris garde pendant plusieurs années, quitte même à les chercher, les cumuler jusqu’à l’overdose : un dossier éditorial ? Du contenu, Des enjeux, des interviews pour diversifier et/ou légitimer et évidemment le chiffre preuve sensé nous faire dire « ah oui quand même ! » Justement, quelles preuves donnent-ils vraiment ? Utilise-t-on les bons chiffres ?

Chiffres cache misère

Pourquoi utilise-t-on des avalanches de chiffres ? Parce que nous manquons d’idées, parce que nos dirigeants ne sont pas meilleurs que nous, parce qu’ils sont pratiques pour définir notre action quand on en perçoit plus le sens, parce que l’on nous fait croire que big is beautiful. Cependant, quelle est la réalité ?

Harvard : 20 000 étudiants
Stanford : 15 000 étudiants
MIT : 10 000 étudiants

Que notre établissement ait 8 000 ou 80 000 étudiants, cela n’a aucune importance au regard de ces chiffres américains. Aucune force ne peut se dégager d’un chiffre qui n’inclut aucun aspect qualitatif. Quand on me faisait corriger, à un précédent poste, sur une plaquette, que nous avions des partenariats avec plus de 500 universités au lieu de 300, ça veut dire quoi sinon un échec quand seulement 4% de vos étudiants vont à l’étranger ?

Si par contre on dit que 45 prix Nobel sont sortis d’Harvard, on obtient (et utilise) un chiffre qui a du sens. Idem si on dépose 400 brevets par an.

Choisir les bons chiffres et se limiter à eux

Si j’écris que mon établissement enseigne 102 langues et civilisations, cela a du sens car c’est le cœur de nos missions, cela marque évidemment une offre mais bien avant cela un engagement militant : ici, il s’agit d’un patrimoine, de médiation et de connaissance des mondes. Si j’écris que nous avons 1400 étudiants en japonais ou 1200 en arabe, pour prendre des gros effectifs, ou 50 en Ourdou et 27 en tahitien, cela n’aurait aucun intérêt en soi.

Aussi, tous les chiffres décontextualisés : budgets, laboratoires, partenariats signés, HDR, accords cadres, accords Erasmus… on s’en fout, on peut tous en plâtrer nos plaquettes et nos sites, quelle est la valeur ajoutée : le néant… ou presque… où sont nos singularités ?

Travailler la vision

Les chiffres traduisent un autre manque : l’absence de vision. L’erreur fondamentale est invariablement le point de départ.  S’appuyer d’abord sur l’offre plutôt que sur les valeurs, le pourquoi et leur expression, nous condamne à se ressembler tous, comme si nous travaillons sur les outils avant de travailler la stratégie ou tout simplement notre raison d’être.

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2 réflexions au sujet de « De la démonstration de force à la démonstration de sens »

  1. Interestingly, many debtors do not understand that financing debt on a credit card is far less expensive than using a payday loan. Borrowers in focus teams
    often believed that a 15% APR credit card interest rate is identical as $15
    for a $a hundred payday loan (which is 391% APR).

  2. Ping : clock dials

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