Terrorisme : et si nous allions plus loin que le partage des savoirs

medium_6908738930Diffuser les savoirs : est-ce suffisant contre le terrorisme ?

Le sujet ici n’est pas de parler des formes immédiates de lutte contre le terrorisme. La question initiale résidait dans le soft power qui peut émaner des universités et écoles afin de changer socialement et lentement la perception des citoyens. Après Charlie, puis après le Bataclan, j’avais pris ici la parole comme beaucoup d’autres ailleurs. Je ne l’ai pas fait pour Bruxelles, je ne le ferai pas non plus après le prochain attentat en occident qui ne manquera pas d’arriver. Je ne l’avais pas fait non plus après les attentats qui émaillent bien plus souvent l’Afrique et le moyen orient (jusqu’en Afghanistan et au Pakistan). Au delà du mort kilométrique (ou du « projecteurs sur la Corrèze plutôt que le Zambèze« ), je m’interrogeais sur notre pouvoir sur la pensée occidentale. Je pensais et pense toujours que nous tenons un rôle, universitaire, dans la diffusion des savoirs comme moyen de curiosité et d’ouverture pour lutter contre l’ignorance, la peur et la haine.

Aller plus loin ?

Il faut déjà le faire, j’aurais l’occasion de vous montrer dans un prochain post ce que nous faisons à l’Inalco dans ce sens. Rien que ça, systématisé, serait incroyable de pouvoir d’influence… bref au boulot.

Cependant, ce n’est pas assez car le contexte politique et la surenchère de nos chers élus me fait terriblement peur. Le but du terrorisme n’est pas d’assassiner aveuglement. Les attentats ne sont qu’un moyen. Un moyen pour diviser la société, le peuple français, les peuples occidentaux mais également orientaux en Lybie, en Syrie, en Tunisie, en Irak, au Liban, au Nigéria, en Afghanistan et au Pakistan… parmi d’autres pays martyrisés. Diviser pour rendre faible… et ils y arrivent. Je ne nie pas l’importance des marches unitaires de solidarité, j’en ai faites. Cependant, trop de politiques font contre-poids, par populisme, en surfant sur la peur et le désir de vengeance (peine de mort, refus d’accueillir les migrants, couler leurs bateaux, protéger les traditions contre le multiculturalisme…). Ils ne seront évidemment jamais les complices ou les alliés des terroristes mais se faisant, en diffusant des discours encourageant à la méfiance, au rejet, à la peur de l’autre et au repli, ils font ce que les terroristes attendent de nous : nous diviser. Contre ces politiques, le softpower est sans effet. Ils ne sont intéressés que par le court terme, par la prochaine élection.

Que faire ?

Je n’en sais rien et c’est bien le problème.

Des pétitions, je n’y crois pas.
Des appels signés par d’éminents pontes de ceci ou cela, j’y crois peu.
Tout cela ne sert qu’à nous faire plaisir. A nous convaincre vainement que nous avons fait le job et nous dédouaner, mais c’est du vent.
Les opérations coup de poing ne correspondent pas à notre milieu et risqueraient d’atténuer la force du propos, alors quoi ?
Des rapports, des livres blancs, du fact checking ? Oui, si c’est structuré, systématique, accessible et collé à l’actualité, et donc un minimum organisé, dans un style ni trop intello, ni trop facile.

Et vous ? Vous faites quoi ?

Une réflexion au sujet de « Terrorisme : et si nous allions plus loin que le partage des savoirs »

  1. « Eveiller les consciences », voilà ce que je crois important de continuer à privilégier dans notre enseignement, même si il est difficile d’aller contrer ce à quoi croient nos étudiants, leur lecture de sites manipulateurs, leur empathie pour des témoignages sortis de leur contexte,..
    Susciter des rencontres, continuer de proposer des informations de qualité, faire venir quelques intellectuels encore prêts à faire partager leur savoir, donner aussi à nos étudiants l’envie d’en savoir plus en contextualisant..
    Il nous faut plus d’outils à mettre à la portée de tous, que ce soit par la bande dessinée, par un document engagé à la manière de M.Moore; sortons l’histoire et la science-politique et essayons de partager nos savoirs!

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