Transformation digitale, quelques idées

Posted by Gilbert Azoulay on juin 26th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Voici un papier pratique intitulé « 3 étapes clés pour réussir sa transformation digitale ». Intéressant pour rafraîchir ses idées. Merci à Alain-Gabriel Gomane, Senior Product Marketing Manager chez MEGA International.

 

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Il y a encore quelques années, digitaliser signifiait transformer des objets en fichiers numériques. Aujourd’hui, ce terme s’applique aux entreprises. Pour preuve, si en 2015, une entreprise sur deux n’avait pas de stratégie digitale, en 2016, elles étaient 60% à en avoir une et ce chiffre devrait encore grimper en 2017. Seulement, même si la ‘transformation digitale’ est sur toutes les lèvres, on est en droit de se demander si ces dernières ont bien pris conscience de son impact sur leur organisation. En effet, certaines entreprises prennent encore le risque de rester figées, quand les autres, digitalisées, deviennent plus agiles, dynamiques et donc compétitives.

Avantage aux entreprises digitales

Les entreprises nées à l’ère digitale ont intégré les nouvelles technologies dans leur ADN. Amazon, Netflix, Uber et consorts offrent des services et des produits totalement digitaux. Le plus de ces entreprises ‘digital natives’ ? Proposer de meilleures expériences clients qui répondent aux nouvelles habitudes de consommation des utilisateurs. En effet, la génération des Millennials[1] est très connectée, elle possède en moyenne 3 devices, passe 6h par jour online dont 42% sur leurs mobiles.

Pour répondre à leurs besoins, les entreprises dites ‘traditionnelles’, doivent obligatoirement se transformer et innover, c’est à dire se digitaliser, pour rester compétitives et ce, quel que soit leur secteur d’activité. Celles qui ne le feront pas risquent bien de mordre la poussière !

Les banques l’ont d’ailleurs bien compris.  A l’ère de la photo papier, elles avaient besoin de plusieurs jours, voire de semaines, pour approuver une demande de crédit. Aujourd’hui, elles peuvent automatiser leurs recherches sur le passé financier et les capacités de remboursement de leurs clients pour débloquer ou non, en quelques minutes, un crédit. De plus, avec la loi Macron sur la mobilité bancaire entrée en vigueur il y a quelques semaines, ils n’hésiteront pas à changer de banque s’ils n’obtiennent pas satisfaction, là aussi en quasi temps réel. Avec des utilisateurs accros à leurs smartphones, la dictature de l’immédiateté prévaut, obligeant les professionnels du secteur à revoir leurs pratiques et surtout réinventer leur métier.

Comment alors ces entreprises peuvent-elles s’en sortir ? Voici 3 étapes, indispensables à la transformation digitale pour éviter de prendre la poussière.

  1. Redéfinir sa stratégie

Tout d’abord, il convient de définir des nouveaux objectifs afin de créer la feuille de route stratégique. Pour ce faire, les entreprises peuvent identifier les facteurs de changements, notamment les nouvelles exigences clients ou encore les évolutions règlementaires afin de définir une vision puis de nouveaux objectifs. Ensuite, ces objectifs peuvent être divisés en étapes intermédiaires pour faciliter la planification des ressources, et ainsi créer sa feuille de route.

  1. Modéliser les processus

Pour modéliser les nouveaux processus, les entreprises doivent avant toute chose définir l’expérience client qu’elles souhaitent mettre en place. Cette expérience peut être modélisée grâce à la cartographie du parcours client et des points de contact entre le client et l’organisation. Le parcours client peut être analysé afin d’identifier les points de contact ayant une faible satisfaction. Puis, en reliant les points de contact aux processus internes, il est possible de modéliser les futurs processus en fonction du parcours d’achat souhaité et de corriger les points de contact problématiques en modifiant les processus actuels. Pour optimiser l’expérience client, il convient de réduire le nombre d’étapes dans le parcours client, automatiser la prise de décision et surtout prendre en compte tous les risques. Cette modélisation étant exhaustive, elle nécessite une collaboration des équipes IT et métiers.

  1. Mettre en place des nouveaux processus

Délicate, cette dernière étape requiert de faire changer des pratiques de travail établies depuis longtemps. Or, tout changement nécessite du temps et de la patience. Prenons l’exemple d’une compagnie d’assurance pour laquelle la digitalisation des services de souscription de contrats pourrait créer un conflit entre les équipes des guichets physiques et celles des guichets virtuels. L’approche idéale pour implémenter de nouveaux processus consisterait alors à réorganiser l’entreprise en créant une nouvelle entité qui deviendra la référence pour l’ensemble du personnel.

En se digitalisant, une entreprise doit avant tout penser à améliorer l’expérience de ses clients et simplifier leur parcours. En effet, ces derniers attendent des réponses exactes à leurs besoins, en quelques clics et en temps réel. En procédant ainsi, c’est-à-dire, en concevant et assurant des parcours clients simples et optimisés, les clients resteront. La question ne se posera plus de savoir si l’entreprise est native ou pas, elle sera digitale !

 

Etre dans le game !

Posted by Gilbert Azoulay on juin 19th, 2017 under Interview  •  No Comments

Glenn O’Farrell est Président du Groupe Média TFO, à Toronto au Canada. De passage à Paris, il parle de la stratégie de diffusion de contenus éducatifs du groupe et de ses récentes innovations en termes de production.

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Que représente le Groupe TFO ?

Nous sommes un groupe média qui peut se résumer en trois adjectifs : numérique, éducatif et francophone. Nous distribuons des contenus digitaux que nous produisons ou achetons, sur nos plateformes ou sur d’autres déjà existantes. Notre modèle cible le public des 2 à 12 ans et alterne le gratuit et le payant selon les publics et les contenus. Constatant que nos modèles de production classiques en studio ne répondaient plus à nos besoins, nous avons décidé de faire appel aux technologies du secteur du jeu. Pour cela, nous n’avons pas hésité à faire appel à de jeunes start-up offrant des solutions très innovantes. Nous avons ainsi développé le « Laboratoire d’univers virtuel », Le LUV, qui nous permet de produire nos contenus éducatifs à moindre coût avec une forte valeur ajoutée (notamment grâce aux fonds verts).  Le virage entrepreneurial et technologique entrepris il y a six ans a véritablement sauvé notre institution il nous a permis de répondre à l’évolution des modes de consommation. Notre audience étant en déclin et nous nous sommes avons fait le choix de nous adapter aux nouveaux usages. Cela nous a notamment amené à renforcer notre présence sur mobile.

Quel est l’impact de cette « évolution » ?

Nous sommes plus réactifs et faisons des économies significatives. Un décor pouvait coûter jusqu’à 150 000 dollars quand aujourd’hui il n’excède pas 150. L’ensemble de ces économies est consacré aux nouveaux contenus. Ces nouveaux outils technologiques comme le LUV bouleversent nos rythmes de production. Ils demandent une grande préparation en amont et font pratiquement disparaître les étapes de postproduction.

Nous sommes donc parvenus à l’ère de la gamification ?

Absolument. Il faut avoir recours à des contenus riches pour les jeunes, avec de l’engagement et une dynamique plus forte dans l’apprentissage. Ils veulent être acteurs du contenu. Cela exige des enseignants une compréhension plus grande du phénomène « jeu vidéo » afin qu’il puisse l’intégrer dans leurs cours comme complément.  On parle depuis longtemps de la classe inversée, je pense que nous y sommes. Pour permettre l’usage de ces nouveaux outils pédagogiques, l’équipement des établissements reste un enjeu important.

Equipement mais aussi accompagnement ?

Il est effectivement impératif d’accompagner les contenus avec des exercices, mais aussi de socialiser ces contenus en les rapprochant d’un contexte connu. J’ajoute que la communauté créé un dialogue permanent qui enrichit l’ensemble. C’est la communauté qui accompagne l’usager.

Revenons sur votre organisation. Comme institution publique, considérez-vous que l’Etat doit absolument financer le développement du numérique à l’école ?

Le ministère de l’Ontario finance 80% de notre budget avec une mission: renforcer l’apprentissage de la langue française. L’Ontario a développé un modèle relativement unique en finançant un media public à vocation éducative desservant des minorités francophones. La stratégie de notre groupe s’inscrit dans une volonté du gouvernement de la Province de prendre le virage numérique et de propulser l’apprentissage Numérique. Pour le reste de notre financement, nous comptons sur la vente de nos services, nos chaines Youtube, la vente de certains contenus, etc. Je suis convaincu que le rôle de l’Etat est essentiel car la stratégie doit être d’abord fondée sur les intérêts du pays.

Quel est votre regard sur la France ?

La France ressemble au Canada et considère la transformation digitale comme essentielle. Je pense aujourd’hui que nous devrions avoir une stratégie commune en agrégeant l’ensemble des contenus francophones. Nous devons occuper l’espace numérique, c’est notre responsabilité. Notre accord récent avec le groupe Qwant illustre notre volonté de mettre en place des collaborations en France et à l’international autour de la question de l’apprentissage numérique. Le français est dans le Top 5 des langues sur la toile mais loin derrière en matière d’offre éducative. Notre défi est de renforcer fortement notre présence.

 

Groupe TFO

LE GROUPE MÉDIA TFO C’EST :

  • Une entreprise médiatique publique ontarienne de langue française.
  • Un partenaire des milieux éducatifs et scolaires au Canada et à l’international
  • Le plus grand agrégateur et diffuseur de contenus éducatifs pour les 2-12 ans en français en Amérique du Nord.
  • Un joueur de premier plan sur les plateformes numériques à l’échelle internationale.
  • Sa mission : transformer les modes d’apprentissage et de production des contenus et devancer les changements technologiques dans la mouvance du numérique, telle est notre vision.
  • Un chef de file dans le domaine de l’apprentissage, un innovateur dans le monde numérique et un champion de la Francophonie.

Présentation TFO.org – 30” – https://www.youtube.com/watch?v=g8V_SnSEcvc

  • Quelques exemples probants de contenus ou de plateformes du groupe: IDELLO, Boukili, Edululu, le LUV et MaXi.

IDELLO : une référence en apprentissage numérique

  • IDÉLLO.org propose plus de 11 000 contenus éducatifs numériques alignés sur le curriculum des milieux éducatifs. En misant sur le développement de compétences essentielles de l’apprentissage au 21e siècle, comme la collaboration, l’esprit critique, la créativité ou la communication, l’univers IDÉLLO offre des vidéos, applications, sites Web et jeux éducatifs qui stimulent la curiosité et l’intérêt des jeunes pour l’apprentissage en français
  • IDELLO vise à combler les besoins des apprenants, des enseignants et des parents.

Tutoriel sur les principales fonctionnalités de la plateforme: https://youtu.be/ArTRuksUatg

IDELLO Vidéo de présentation – 2’.03: https://www.youtube.com/watch?v=LEpbRWyeC2M

IDELLO – témoignages – 45” – https://www.youtube.com/watch?v=C3Qe2SpI58c

 Boukili: favorise l’apprentissage de la lecture chez les enfants

  • L’objectif de Boukili est d’encourager les enfants à lire et de les aider à progresser dans les différents niveaux de lecture
  • L’application Boukili propose une riche sélection de livres en français illustrés. Elle accompagne les plus jeunes dans leur apprentissage de la lecture et a dépassé les 50 000 téléchargements. Elle est évolutive et nous avons pour ambition d’enrichir la collection des 54 livres déjà disponibles gratuitement.

BOUKILI – Vidéo de présentation – 30” – https://www.youtube.com/watch?v=mpvSkaoWHa8

Edululu: la référence pour les applications éducatives

  • Avec plus de 3 millions d’applications éducatives disponibles, comment s’y retrouver? Edululu est la solution pour les parents soucieux de faire les meilleurs choix pour leurs enfants.
  • Édululu, c’est la référence canadienne en matière d’applications éducatives en français et en anglais pour les 2 à 17 ans.

EDULU – Vidéo de présentation 30” – https://www.youtube.com/watch?v=9KRIf-M4wks

MaXi : une des premières séries enfant éducative en français sur mobile

  • MaXi est une série ludo-écologique et nous emmène à PianoVille, où habitent les siamois Mara et Xilo. Frère et soeur, ces personnages vont nous faire prendre conscience des enjeux écologiques de la planète.
  • Signe des temps et de l’avant-gardisme de TFO, la série rejoindra son jeune public (8-10 ans) en premier lieu sur les plateformes mobiles, via une application dédiée.

Trailer TV : https://youtu.be/cX2fcPzTtZU

Trailer B2B pour l’appli :https://youtu.be/JgHFx7zVAbE

 

 

Numérique toujours porteur

Posted by Gilbert Azoulay on juin 12th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Changer de métier ? La perception des Français. C’est le titre d’un  Sondage Odoxa réalisé pour OpenClassrooms. La plateforme de formations en ligne, a en effet récemment interrogé les Français pour mieux connaître leur perception quant à la reconversion professionnelle. L’étude révèle qu’une très large majorité pense qu’il est bon de changer de métier au moins une fois dans sa carrière et que les métiers du numérique sont les plus porteurs.  Le sondage d’Odoxa, a été réalisé sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus entre le 17 et le 18 mai 2017.

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➢    Pour une large majorité de Français il est bon de changer de métier

Les résultats de cette étude révèlent que 85% des sondés sont favorables à la reconversion professionnelle, quel que soit l’âge ou la catégorie professionnelle interrogée. De plus, le sondage démontre qu’un changement de métier est principalement assimilé à une opportunité et non pas à une contrainte liée au chômage.

➢    L’accès difficile à la formation décourage les Français

Pour 62% des Français interrogés, le frein principal à leur reconversion professionnelle est la difficulté d’accès aux formations efficaces et à prix abordable. Changer de métier reste donc quelque chose de difficile pour 67% des Français.

➢    Les métiers du numérique sont perçus comme les plus attractifs

Quant aux métiers les plus convoités pour une reconversion, les métiers du numérique ressortent largement comme les métiers les plus porteurs (57% des sondés) et vecteurs de croissance pour l’économie française (85% des sondés). Cependant, un Français sur deux ne se sentirait pas capable d’exercer dans le secteur du numérique, notamment car les métiers sont perçus comme trop techniques.

 

OpenClassrooms : Créée en 2013, OpenClassrooms est une plateforme de formation en ligne qui délivre des diplômes reconnu par l’Etat (de niveau bac+2 à +5). OpenClassrooms collabore notamment avec l’Ecole Polytechnique, Sciences Po, CentraleSupélec, Microsoft et Google.

 

 

Tablettes à l’école : où en est-on ?

Posted by Gilbert Azoulay on juin 5th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Voici une tribune d’Emilie Blanchard, professeur d’Histoire-Géographie et cofondatrice de Lelivrescolaire.fr, un éditeur indépendant lancé en septembre 2009 par des professeurs, qui élabore des manuels scolaires collaboratifs, aux formats papier et numérique. Son modèle bouleverse le marché du livre scolaire et impose sans doute une nouvelle approche.

« Mieux préparer les élèves à être acteurs du monde de demain » : c’est l’ambition annoncée du Plan Numérique pour l’éducation, lancé en 2015. Le Ministère vient d’annoncer les départements et collèges retenus dans le cadre du dispositif « Collège numérique et ruralité ». Quelques mois après l’appel à projet « Collèges numériques et innovation pédagogique », c’est une nouvelle phase dans la mise en œuvre du grand Plan Numérique pour l’éducation, lancé pour accélérer l’équipement et l’accès aux ressources numériques des collégiens.

Un équipement massif
Le Plan Numérique a mis sur le devant de la scène un objet qui, après avoir conquis de nombreux foyers, a fait une entrée remarquée dans les salles de classe : la tablette. Quel est l’impact des tablettes sur les apprentissages des élèves ? Quels usages en font principalement les élèves et les enseignants ? Quelles sont les premières recommandations issues de la recherche pour que les enseignants s’approprient mieux cet outil ?
Au regard des effets annoncés du numérique sur les apprentissages, l’Etat et les collectivités ont, en France comme dans de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Brésil, Turquie, Danemark, etc.) investi massivement dans des équipements mobiles. Au total, en France, en 2017, ce sont près de 3000 collèges – soit 51 % des collèges publics – et 3525 écoles qui seront progressivement équipés, soit près de 600 000 élèves équipés. 6 départements ont choisi d’équiper la totalité de leurs collèges, et 30 % des collectivités équipent entre 66 % et 100 % leurs collèges. Au total, cela représente plus d’1 milliard d’euros dépensés sur 3 ans dans le cadre du Plan Numérique, avec l’objectif affiché d’une généralisation des enseignements par le numérique au collège pour 2018/2019.

Quels effets des tablettes sur les apprentissages ?
Quels sont les effets de ces politiques massives d’équipement ? Si le recul nécessaire manque encore pour avoir des résultats fiables d’enquêtes menées à grande échelle, les premières études sur les tablettes à l’école (Karsenti et Fievez, 2013) ont permis d’apporter un éclairage scientifique sur cet outil et ses usages pédagogiques.
Le premier constat est que, si les freins techniques sont encore nombreux dans une partie des établissements (débit insuffisant, absence d’un dispositif efficace de déploiement et de maintenance, etc.), les avantages des tablettes à l’école l’emportent sur ces freins. A côté des aspects pratiques – sa légèreté (tous ses manuels dans une tablette !), sa maniabilité et de l’accès facilité aux ressources multiples que la tablette offre -, les effets sur la motivation des élèves arrivent en bonne place, ainsi que les compétences liées à la collaboration entre les élèves : interactions entre pairs, apprentissages plus actifs, capacité à réutiliser des connaissances ou des compétences dans des contextes différents, etc. Quelle que soit la matière concernée, la tablette permet de créer, de modifier, de travailler ensemble autour d’un même document avec les élèves ou de faire travailler les élèves en pair à pair. La tablette favorise le partage, l’interaction, de nouvelles modalités de travail plus collaboratives. L’élève n’est plus passif face à l’information ; il devient acteur, producteur, créateur de contenus (recherche d’informations, création de supports, etc.).
Support individuel, la tablette facilite enfin la mise en œuvre de la différenciation pédagogique. L’apprentissage adaptatif, encore balbutiant,  permet de nourrir de grands espoirs quant à un meilleur accompagnement des élèves, en répondant au mieux aux besoins de chacun. Or, si la tablette – et plus largement le numérique – ne sont pas des outils nécessaires à la mise en place de l’individualisation des enseignements, ils la facilitent grandement.

Les tablettes, vecteurs de l’innovation pédagogique ?
Le second point saillant des premières études est que la formation et l’accompagnement des enseignants est une condition nécessaire à une bonne appropriation des supports mobiles. Dans toutes les expérimentations menées, la formation des enseignants est un élément-clé de l’appropriation des outils numériques. Certes, les formations progressent, et de nombreux enseignants se forment actuellement d’eux-mêmes via les réseaux sociaux, les MOOC ou en échangeant sur leurs pratiques pédagogiques avec leurs collègues qui expérimentent eux aussi (Enquête PROFETIC, 2016). Mais il ces pratiques ne concernent encore qu’une minorité d’enseignants. Pour que les tablettes s’installent durablement dans le paysage scolaire, et pour que le potentiel pédagogique des tablettes soit pleinement exploité, il faut du temps. Du temps pour se former aux usages pédagogiques des tablettes, grâce à des formations liant le numérique, la pédagogie et l’enseignement disciplinaire, comme le montre l’étude menée par la DEPP sur les Collèges connectés (2015). Du temps pour tester, explorer, observer, échanger avec des collègues, intégrer à leur pratique ce qu’ils ont appris.

Un outil dont les potentialités pédagogiques sont encore peu explorées
Un dernier constat s’impose : si l’équipement en tablettes est massif, les usages pédagogiques des tablettes sont pour l’instant limités. Si l’on suit le modèle SAMR développé par Ruben Puentedura pour estimer l’impact des technologies numériques dans l’enseignement, on observe que dans la majorité des cas, les enseignants sont dans une utilisation personnelle ou professionnelle de l’outil, mais sans changement dans leur pédagogie (phases dites de substitution ou d’augmentation). La phase d’appropriation des tablettes comme des outils pour permettre la modification ou la réalisation de nouvelles tâches, impossibles avant, ne concerne pour l’instant qu’une minorité d’enseignants. Globalement, les enseignants qui utilisent les tablettes privilégient les fonctionnalités traditionnelles de consultation et non de création ou de collaboration.

La vraie question n’est pas celle de l’outil, mais celle de la pédagogie. Comme pour toutes les autres nouvelles technologies, l’introduction des tablettes à l’école réaffirment la place centrale de l’enseignant dans la classe. Sans changement dans les pratiques pédagogiques, la technologie n’a pas d’impact sur les apprentissages. La tablette en soi ne favorise pas la réussite des élèves ; ce sont les usages pédagogiques qui en sont faits qui font la différence.

Moteur de recherche : le tracking ne permet plus de travailler sereinement

Posted by Gilbert Azoulay on mai 29th, 2017 under Interview  •  No Comments

Un moteur de recherche européen : c’est essentiel pour Éric Léandri, 47 ans, Président et cofondateur de Qwant. Pas seulement pour des raisons de patriotisme, mais plutôt pour des raisons d’éthique, de transparence et d’acquisition des connaissances. Décryptage.

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Un moteur de recherche français : pourquoi est-ce si important ?

Revenons sur les fondamentaux. L’Internet est composé de sites qui ont des choses à raconter. Mais pour les trouver, il faut un moteur de recherche car, on s’en doute, un annuaire papier ne permet pas de couvrir le milliard de sites actuellement référencés. Et c’est important car il ne faudrait pas qu’Internet se résume à un deep Web, un web invisible composé de sites non indexés auxquels peu de monde peut accéder. Disposer d’un moteur de recherche européen est important pour l’indépendance de l’Europe car l’index imaginé par Google ne peut pas être acheté et donc n’est pas la propriété des usagers. Ils peuvent le modifier, en interdire l’accès ou le rendre payant du jour au lendemain. En conséquence, il nous faut un outil local pour la collecte des datas et leur mise à disposition. Un index européen comme le nôtre permet de délivrer des données ou plutôt des index aux entreprises et à toutes les organisations comme les universités ou centres de recherche, à des prix très raisonnables. Et pour être encore plus précis, Google ne donne en réalité de réponses qu’à un nombre défini de requêtes. C’est donc un problème de souveraineté et de liberté. Impossible de créer des services open source par exemple.

L’index est donc le sujet central ?

Oui. Prenons l’exemple de BlaBlaCar valorisé aujourd’hui plus d’un milliard d’euros. La base de cette valeur, c’est l’index des personnes qui souhaitent bouger de manière responsable. Aujourd’hui, Google est valorisé de manière astronomique, car il dispose de l’index du Web mais aussi celui des personnes.

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Dans le monde de l’éducation, quel est le rôle d’un moteur de recherche ?

Le rôle est de donner les meilleures réponses aux requêtes. Aujourd’hui, sur un moteur comme Google, les réponses sont essentiellement commerciales, sauf si on utilise des adblockers. Pour le public “enfant”, Internet est certes un moyen d’apprendre mais demeure une zone à risques avec les contenus pour adultes, la violence et la publicité. Donc, aujourd’hui, il convient de proposer un moteur dédié aux juniors et centré exclusivement sur les résultats pertinents de l’Internet. C’est ce que nous avons lancé avec Qwant Junior. Avec edu.qwant.com, nous touchons par ailleurs les collégiens et les lycéens avec, là encore, une veille poussée sur les contenus litigieux. Pour le supérieur, nous travaillons sur un produit qui indexera les établissements du monde entier ainsi que leur offre pédagogique. L’intérêt est de proposer des outils innovants de réflexion ou d’extraction pour travailler sur les sujets les plus variés… pas ceux qui nous sont suggérés par la publicité.

Il faut donc repenser le moteur de recherche et ne plus faire confiance au leader ?

L’environnement n’est pas assez sûr et le tracking publicitaire ne permet plus de travailler sereinement. Il faut revenir à l’essence même d’internet, libre et ouvert. Car, le risque est de ne plus pouvoir former nos étudiants de manière indépendante, neutre et transparente. Le phénomène de main invisible est bien présent avec la société dirigée, orientée et pilotée pour des raisons mercantiles. Il nous faut retrouver un outil d’orientation plus neutre et non mercantile. Qwant gagne bien entendu de l’argent sur des problématiques grand public, identifiées comme commerciales. En revanche, pour l’éducation cela ne doit pas être mercantile.

Cyber Attaque… un éclairage

Posted by Gilbert Azoulay on mai 22nd, 2017 under Non classé  •  No Comments

Voici un point de vue de Steve McGregory, Senior Director, de chez IXIA, une société américaine spécialisée dans la sécurité. Toujours intéressant de disposer d’un regard extérieur. Un peu technique mais utile.

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1. Comment l’attaque s’est-elle propagée si rapidement – environ 200 000 victimes touchées dans 150 pays depuis vendredi.

L’attaque s’est propagée rapidement car une fois qu’une seule machine est infectée dans un réseau, la machine infectée se propage en recherchant des systèmes Windows adjacents vulnérables à SMB (Server Message Block) (MS17-010). Cette vulnérabilité n’a été corrigée par Microsoft qu’en mars 2017 et de nombreux systèmes restent inchangés. Étant donné que cette vulnérabilité est assez nouvelle (publiée par ShadowBrokers le 14 avril 2017), les systèmes ne recevant pas de correctifs de sécurité réguliers ont été exploités et infectés. Cela a été particulièrement pénible pour les organisations utilisant des versions anciennes de Windows telles que Windows XP. Un exemple de ceci est la façon dont le Service national de santé du Royaume-Uni, dont on prévoit que 90% de ses systèmes utilisent toujours Windows XP, constatent une perturbation si pénible de leurs opérations.

2. Quel genre de coûts potentiels les entreprises et les organismes sont-ils concernés? À la fois financiers (si des estimations sont disponibles) et non financiers.

Si l’organisation a mis en place une bonne politique de sauvegarde de données, le coût sera mesuré par les heures consacrées par ses systèmes de reformatage des systèmes informatiques et par la perte de productivité des employés en attente de rétablissement de leurs systèmes. Selon la nature de l’entreprise, ce temps d’arrêt pourrait être extrêmement coûteux et, dans certains cas, dangereux, comme nous l’avons vu avec la NHS au Royaume-Uni.
Cependant, si les données critiques, qui n’étaient pas sauvegardées, résidaient exclusivement sur ces systèmes, les coûts pourraient être considérables, tant sur le plan financier que sur leur réputation. La perte de données sur les clients, la comptabilité ou toute autre donnée irremplaçable pourraient rendre une organisation incapable d’opérer et éventuellement laisser des trous permanents dans la base de données.

3. Est-ce la plus grande cyber-attaque jamais réalisée?

Tout à fait, c’est l’attaque la plus importante et la plus coûteuse jamais perpétrée. Puisque la rançon est payée en bitcoins, tout le monde peut voir l’enregistrement de la transaction sur les portefeuilles bitcoin connus des auteurs. Ainsi, jusqu’à présent, la somme totale extraite est d’environ 30 000 $ USD. Certes, cela n’indique pas le coût de la perturbation, mais d’autres attaques ont entraîné des dégâts dans les milliards de dollars, comme les 2000 DDoS sur Amazon, eBay, CNN, Yahoo et de nombreux autres sites, Michal Calce (alias MafiaBoy). Ou le pirate informatique basé à Miami, Albert Gonzalez, qui a réussi à voler 10 millions de millions de cartes de crédit. Ou les comptes Yahoo ont été volés. L’un des hacks les plus notoires était le Parti national démocratique l’année dernière où les conséquences pourraient avoir coûté la présidence américaine à Hillary Clinton. Cela étant dit, nous sommes encore aux premiers stades de la découverte de cet événement. Dans un mois, les dégâts pourraient très bien éclipser les événements susmentionnés.

4. D’autres points à ajouter?

Cette attaque, fondée à 100% sur les utilisateurs de Microsoft Windows, aurait pu être évitée en éduquant les employés sur les dangers du phishing. Le mécanisme où Wana se propage après l’infection, la vulnérabilité de Microsoft Server Message Blocks (SMBv1) décrite dans la mise à jour de sécurité Microsoft MS17-010, peut être évitée en mettant en œuvre la mise à jour de sécurité. Il est très rare que la communication SMB soit utilisée dans l’espace Internet public, car elle est largement utilisée pour le partage de fichiers dans un sous-réseau. En conséquence, la seule manière réelle dans laquelle Wana, dans toutes ses variantes, entre dans un réseau est en ouvrant des pièces jointes malveillantes. Enfin, les dommages causés par ransomware peuvent absolument être minimisés en disposant d’un système de sauvegarde sécurisé et diligent pour toutes les données critiques en place. Une organisation devrait s’engager contre la perte catastrophique de données, de Ransomware ou de toute autre avenue potentielle, afin d’assurer l’intégrité de ses données.

Edutainment, new way of learning ?

Posted by Gilbert Azoulay on mai 15th, 2017 under Non classé  •  No Comments

À l’occasion de l’accord entre le moteur de recherche français Qwant et le groupe de média public canadien TFO, une conférence était organisée avec plusieurs acteurs du numérique éducatif. Parmi les échanges, on retient notamment l’intervention de Glenn O’Farrell, Président de TFO, qui a expliqué sa stratégie de développement pour faciliter un accès aux contenus éducatifs au plus grand nombre.

Dans un monde saturé d’images et d’informations, l’essentiel est de faire émerger les contenus et de donner l’envie aux usagers de revenir. « Car, en bout de piste, seule compte l’expérience utilisateur. Il est essentiel qu’ils reviennent sur nos plateformes », a insisté Glenn O’Farrell, Président de GroupeMédia TFO. « Nos services sont évalués à la lumière de la consommation de nos produits et de la réaction des usagers. C’est notre véritable baromètre ».

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Depuis quelques mois, TFO a donc changé sa méthode de production en s’inspirant des jeux vidéo. « Les studios traditionnels sont chers et finalement compliqués à faire évoluer. Nous avons donc opté pour des fonds verts avec de nouveaux algorithmes et des logiciels dynamiques ». De plusieurs dizaines de milliers de dollars pour produire un contenu, « nous sommes passés à quelques centaines dollars », raconte encore Glenn O’Farrell.

Divertissement intelligent

Une approche qualifiée d’edutainment qui incarne l’avenir selon les intervenants de cette table ronde qui s’est tenue le jeudi 11 mai, au Centre culturel canadien. Les contenus doivent être beaucoup plus riches et significativement plus engageants. Le mouvement était amorcé avec une plus grande gamification des apprentissages, via notamment les business games. « On parle désormais de divertissement intelligent », a commenté la représentante de l’Afinef.

Glenn O’Farrell considère en outre qu’aucune réponse n’est définitive dans l’offre de contenus. « Les disrupteurs seront disruptés », s’amuse-t-il. En clair, parler d’agilité dans l’offre est essentiel et obligation est faite de se réinventer très régulièrement.

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Le service qui l’emporte sur le contenu 

Autre point évoqué lors de cette table ronde : le modèle économique. Nicolas Turcat, du Groupe Caisse des Dépôts a apporté un éclairage particulièrement intéressant. « Il est devenu très compliqué de valoriser les contenus. Les investisseurs eux-mêmes considèrent qu’il est difficile de disposer d’une valorisation claire si l’on doit se placer dans une optique de revente. Aujourd’hui, c’est bien le service qui l’emporte sur le contenu » explique-t-il. Et de partager les observations tirées de l’observatoire des EdTech lancé par le groupe Caisse des Dépôts. « Sur les 242 projets [d’entreprise], 50 % concernent la production de contenus, le reste étant plutôt basé sur une approche de plateformisation. En clair, renforcer le service pour améliorer l’expérience client ». C’est bien cette notion de service payant qui assurera un modèle économique aux multiples projets qui émergent.

Aujourd’hui, TFO renforce son implantation avec l’accord stratégie signé avec Qwant Junior, qui favorise la diffusion de contenus éducatifs francophones.

Cybersécurité : on manque de talents !

Posted by Gilbert Azoulay on mai 10th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Kaspersky Lab, a réalisé une étude sur les compétences des jeunes dans l’informatique. L’objectif est de « mettre en avant les paradoxes d’aujourd’hui dans le recrutement dans la cybersécurité ». Si les professionnels s’accordent en majorité à dire que les jeunes disposent des qualités requises pour travailler dans la cybersécurité, ils continuent de favoriser l’expérience de terrain – qui pénalise les jeunes et la profession. L’intérêt des jeunes pour l’informatique étant alors mis à profit des cyberattaques, et non de la sécurité.

« L’incapacité à susciter de l’enthousiasme chez cette génération pour une carrière dans ce secteur pourrait avoir des conséquences extrêmement coûteuses. Il existe une réserve limitée de compétences en sécurité qui est aujourd’hui en voie d’épuisement, les entreprises préférant les débaucher chez leurs concurrents au lieu de cultiver de nouveaux talents. C’est pourquoi une combinaison de jeunesse et d’expérience est nécessaire pour combler cette lacune. Compte tenu de l’étendue et de l’ampleur des cybermenaces qui évoluent au jour le jour, la victoire dans cette guerre nécessite une approche collaborative et une équipe composée d’experts du secteur. Notre propre équipe internationale de recherche et d’analyse (GReAT) apporte la preuve qu’il est possible de réunir des gens aux bagages différents et de tous âges pour constituer une formidable force dans la lutte contre la cybercriminalité », selon Tanguy de Coatpont, Directeur Général, Kaspersky Lab.

Aujourd’hui, les jeunes doués en informatique ne sont pas forcément au courant qu’il existe des diplômes en cybersécurité (plus de 71%). Ce manque d’évangélisation sur ces formations cause une lacune dans le recrutement des jeunes, pourtant jugés détenteurs des principales compétences pour réussir dans la cybersécurité.

L’enquête indique que les professionnels informatiques considèrent les capacités à sortir des sentiers battus (44 %) et d’évoluer en dehors des environnements habituels (39 %) et des structures formelles (38 %). Plus d’un tiers (35 %) reconnaissent en outre l’importance de faire preuve d’une curiosité naturelle quant au fonctionnement des choses, comme les plus importantes pour travailler dans la sécurité informatique, Compétences majoritairement détenues par les jeunes et pourtant sous-estimées dans les recrutements.

 « En oubliant les jeunes, le secteur se prive d’une précieuse ressource montante. Comme le montre notre enquête, cette situation est paradoxale car les jeunes sont largement considérés comme possédant les qualités précisément jugées importantes par les professionnels. Il est temps de s’attaquer aux obstacles culturels qui freinent le recrutement dans la cybersécurité avant qu’il ne soit trop tard. » conclut Tanguy de Coatpont.

 

 

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Culture digitale… encore du travail

Posted by Gilbert Azoulay on mai 2nd, 2017 under Non classé  •  No Comments

Jean-Michel Blanquer, DG de l’Essec et grand spécialiste du monde de l’édcuation, est très actif sur les réseaux sociaux. Sa contribution à notre réflexion est souvent pertinente. Voici un article intitulé  « Insuffler la culture digitale, un défi commun pour les entreprises et les universités » et co-écrit avec Pierre Nanterme, PDG d’Accenture, ancien élève de l’ESSEC, Membre de l’Advisory Board du Programme MBA de l’ESSEC) et publiée sur Linkedin. Ici, le point intéressant est la mise en perspective que proposent les auteurs qui révèlent en même temps le chemin à parcourir pour saisir toutes les opportunités qu’offrent le digital.

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Nous sommes au cœur d’une révolution inédite qui bouleverse l’économie et le management à une vitesse foudroyante. Aujourd’hui, dans toutes les entreprises, le défi majeur est celui de la transformation digitale. Les mutations en cours sont radicales, profondes et rapides.

On n’assiste pas seulement à une révolution digitale mais à des révolutions digitales au fur et à mesure que les technologies arrivent à maturité (marketing interactif, Big data, cloud, 3D, intelligence artificielle, blockchain…). D’autres apparaîtront, c’est certain. Ce n’est pas l’affaire de quelques spécialistes, mais de tous, car tous les secteurs, toutes les activités, toutes les fonctions de l’entreprise et donc tous les métiers sont concernés. Cela est vrai non seulement pour les entreprises mais aussi pour la société toute entière. C’est pourquoi nous avons qualifié ces révolutions digitales de 4ème révolution industrielle lors du Forum économique mondial de Davos l’année dernière.

La première révolution digitale a été celle du eCommerce et de l’expérience client : design thinking, marketing interactif, solutions mobiles et analyse de données permettent une relation client multicanale de plus en plus personnalisée. La deuxième vague est celle de la digitalisation des fonctions de l’entreprise pour une meilleure efficacité opérationnelle et variabilité des coûts : gestion de l’IT sur le cloud, automatisation des processus… La vague à venir, la plus transformative, sera celle de la digitalisation des opérations : l’internet des objets, l’intelligence artificielle, blockchain permettront de nouveaux gains de productivité (maintenance prédictive des machines grâce à l’analyse des données embarquées sur les machines, support des techniciens par la réalité augmentée…) tout en créant de nouveaux services (voiture autonome, cités connectées…) .

Au cœur de ces transformations, de nouveaux métiers (autour de l’analyse des données, la cyber sécurité, l’expérience client…) émergent et surtout, de nouvelles façons de travailler et d’interagir, de nouveaux modèles économiques et organisationnels, et de nouveaux leviers d’innovation sont en train de se créer. Dans un monde à la fois ouvert, complexe et incertain, le défi majeur des entreprises est de comprendre toutes les implications, notamment managériales, de ces révolutions digitales. La responsabilité des managers est donc de faire émerger, de structurer et de diffuser au sein des équipes une culture digitale, qui devra être un élément fédérateur et l’un des socles de l’entreprise de demain, au même titre que sa mission et ses valeurs.

Pour les entreprises, cela implique de savoir écouter et comprendre les préoccupations et les attentes des plus jeunes, et s’adapter en conséquence pour qu’ils puissent exprimer leurs talents, créativité et créer de la valeur.

L’essor actuel des « EdTech » doit ainsi beaucoup à des jeunes à peine sortis du système scolaire ou universitaire.

Ces révolutions numériques ouvrent aussi de nouveaux horizons en matière de formation. Les jeunes qui entrent aujourd’hui dans l’enseignement supérieur doivent ainsi se préparer à devenir ces acteurs de la transformation au sein de l’entreprise. Désormais, l’acquisition d’une culture digitale doit être inscrite au cœur de toutes les formations, qu’il s’agisse de l’ingénierie, du management, de la médecine ou encore des disciplines artistiques, voire même des sciences humaines et sociales, tant les implications sociétales des mutations en cours sont considérables. Cela vaut également pour les formations techniques et professionnelles.

C’est pour répondre à ce défi que l’ESSEC Business School a choisi de transformer son offre : création de formations spécialisées telles la chaire Accenture Strategic Business Analytics, ou encore évolution de son programme MBA. Ce nouveau programme de très haut niveau, proposé en France et à Singapour, est résolument tourné vers les enjeux de la transformation des entreprises, avec un choix de six majeurs correspondants à de grands champs d’activité : finance, stratégie et management, entrepreneuriat et innovation, management des marques de luxe, management hôtelier et business digital. Il s’agit en fait de permettre à de jeunes professionnels d’acquérir une forte culture digitale et surtout de la marier avec leurs compétences professionnelles pour se tourner vers l’avenir. Aujourd’hui, c’est ce mariage qui constitue la clé de la création de valeur pour les entreprises, la clé aussi d’une carrière réussie.

Concevoir un diplôme et une formation pour répondre aux questions les plus importantes de notre temps, c’est au fond la tâche la plus fondamentale d’une institution d’enseignement et de recherche.

 

Blockchain.. l’exemple de la musique

Posted by Gilbert Azoulay on avril 24th, 2017 under Non classé  •  No Comments

On évoque souvent la Blockhain pour le monde de l’éducation. En janvier 2016, nous avions publié un entretien avec Cyril Grunspan, Responsable du département d’Ingénierie Financière de l’ESILV, qui a détourné l’usage traditionnel purement financier de ce réseau pour certifier ses diplômes.  Apparu en 2009, Blockchain est le réseau qui permet des échanges sécurisés des bitcoin, la crypto-monnaie. Aujourd’hui, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) a annoncé une alliance avec ses homologues américains et britanniques pour mettre au point un système commun d’identification des œuvres utilisant la technologie blockchain. Elles se sont associées avec le géant informatique américain IBM.

Voici le décryptage de Clément Jeanneau, co-fondateur de Blockchain France, une startup spécialisée dans le conseil en blockchain publié la semaine dernière sur le challenges.fr.

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La musique a-t-elle vraiment besoin de la blockchain ?

Cela peut surprendre car cette technologie, historiquement, a d’abord été expérimentée dans la finance, la banque et l’assurance. Au cours des derniers mois, elle a gagné deux autres secteurs, l’énergie et la « supply chain ». C’est la première fois qu’elle touche l’industrie musicale. En réalité, la Sacem y réfléchissait depuis plus d’un an. Longtemps, l’industrie musicale a été réticente vis-à-vis des technologies numériques, de l’internet et des infinies possibilités de copier des titres. Cette fois-ci, elle est plutôt en pointe dans l’utilisation de la technologie. Au lieu de tenter d’y faire obstacle, elle entend l’utiliser.

Comment l’industrie musicale va-t-elle s’y prendre ?

Il faut d’abord rappeler que le streaming est devenu la première ressource financière de la musique. Le téléchargement, historiquement la bête noire des auteurs, n’est plus une source de problème. L’industrie musicale ne va donc pas reproduire l’expérience désastreuse des DRM, ces systèmes censés empêcher les copies illégales, en utilisant la blockchain pour identifier et pourchasser des fraudeurs. L’objectif sera probablement de simplifier la gestion des droits d’auteurs. La blockchain permet d’enregistrer le droit d’auteur de chaque titre de façon inviolable. Chaque morceau aura un seul hash qui contiendra les éléments du droit d’auteur. Ce système n’empêche pas la copie mais tout morceau pourra être identifié.

Quelle est l’avantage de la blockchain ?

La Sacem et ses homologues américains et britanniques ont choisi la technologie hyperledger d’IBM. Il s’agit d’une technologie blockchain privée, à la différente du bitcoin, par exemple, qui est publique. Les blocs sont gérés par un petit nombre d’organisations qui n’ont pas l’intention de partager, à la différence du bitcoin qui est partagé entre tous les acteurs. Là, ce sera une chaîne privée avec très peu d’acteurs. La blockchain va obliger les éditeurs à davantage de transparence. L’industrie musicale est assez opaque et une partie des droits d’auteur n’est pas versée aux bons ayants droit. En mesurant les flux de streaming, par exemple, la blockchain permettrait de vérifier que les auteurs touchent la rémunération à laquelle ils ont droit. L’enregistrement des données du droit d’auteur sur les hash insérés dans chaque titre pourrait permettre la création d’une base de données mondiale des droits d’auteurs. Ensuite, des smart contracts permettraient le versement immédiat des droits aux auteurs.

Tous les auteurs n’ont pas la même politique concernant l’utilisation de leur musique…

Justement, les smart contracts autorisent l’ajout de conditions spécifiques à chaque auteur et à chaque utilisateur. Un artiste peut demander une rémunération pour une diffusion de sa musique à la radio et ne pas en demander aux boîtes de nuit et demander un prix moins élevé aux particuliers. Il pourrait aussi ne pas faire payer des sites de streaming qui ont une approche éthique. Enfin, la blockchain et les smart contracts permettent de différencier la répartition des droits : 5% à tel musicien, 2% à tel autre…

Et pour les autres acteurs de l’industrie musicale ?

La blockchain peut s’appliquer à la vente ou à la revente des billets de concert. Il est possible de fixer un plafond de prix de revente qui par exemple n’excèdera pas 20% de plus sur le prix facial. Il est également possible d’interdire la revente d’un billet sur un site ou une plateforme non-agréée. En fait, l’industrie musicale en est encore au stade de l’expérimentation. Elle va multiplier les expériences et retiendra celles qui seront positives. C’est une démarche très saine.