Ils ont dit en 2016 (Vol1)

Posted by Gilbert Azoulay on juin 27th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Comme à chaque fin d’année, je vous propose une compilation des propos tenus par les experts invités dans ce Blog. Merci encore à eux de proposer de fines analyses…

Emmanuel Carli, DG d’EPITECH, « Vers la fin du diplôme ? »

On parle plutôt de « competencies based learning » ou de « mastery based learning » : on va chercher à certifier le niveau de compétences et pas simplement l’obtention d’une note pour disposer d’un joli parchemin. En clair, on va désormais prendre en compte dans le cursus le rythme d’apprentissage et le temps d’acquisition des compétences. Aux Etats-Unis, des universités se créent autour d’enseignement pratiques, moins centrées sur les ECTS, les grades ou les crédits. Au regard de ce que l’on apprend dans une école et ce qu’on utilise en réalité, on peut se poser la question : faut-il tout savoir ? Ne vaudrait-il mieux pas apprendre à apprendre et acquérir les compétences dont on en a besoin rapidement, tout au long de sa vie .

Cécile Dejoux, CNAM, « Ubériser l’éducation? »

Les enseignants doivent demeurer bien entendu, mais il faut un équilibre entre des moments de présence de grande qualité et des cours à distance. Ce qui est certain, c’est que l’école ne peut être exclusivement virtuelle. Le tout à distance est inefficace. Les stagiaires doivent se rencontrer et partager des moments d’échange. Un coaching avec des regroupements et du travail collaboratif sont indispensables dans une approche digitale. Sinon, le risque est de voir nos enseignements perdre en qualité. On apprend en faisant mais aussi en écoutant, silencieusement un professeur passionnant. Donc l’enseignant de demain qui résistera face au numérique (que ce soit le MOOC ou le robot), sera comme celui d’hier qui était adoré par ses élèves : un professeur qui passionne, qui enchante et dont on garde le souvenir.

Paul Nathan, directeur de l’institut du marketing digital de l’ESSCA, « Avec les élèves, pas contre les élèves »

Il ne faut pas restreindre le digital aux seules méthodes pédagogiques. C’est plutôt un état d’esprit que nous cherchons à diffuser chez nos étudiants en les préparant à l’usage professionnel des technologies digitales dans leur futur rôle de manager.  A l’Essca, nous souhaitons être en phase avec ce monde qui change si rapidement et que nous découvrons jour après jour. Notre challenge est de donner les meilleurs atouts à nos élèves pour s’insérer dans les meilleures conditions sur un marché du travail où il faudra maîtriser la langue digitale pour partager, collaborer, s’informer. Pour revenir à la question, il n’y a pas concurrence véritablement mais plutôt une émulation forte… car le digital est un sujet majeur à la fois en terme de contenus de formation, de pédagogie et d’environnement de travail mis à la disposition des étudiants. Pour notre part, nous continuons de bien avancer sur ces 3 axes.

Enquête réalisée pour le compte de la société « Aerohive Networks, « WIFI, mécontentement général »

51% des responsables informatiques en milieu scolaire estiment qu’un mauvais réseau Wi-Fi impacte la qualité de l’enseignement. Au total, 560 responsables informatiques chargés de la fourniture de services informatiques dans leurs établissements ont été interrogés en décembre 2015. Huit pays ont été concernés par cette enquête (le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les pays scandinaves, l’Australie et la Nouvelle-Zélande), menée au sein d’écoles d’importances, de structures et de budgets différents. Les travaux de recherche ont été réalisés pour le compte d’Aerohive par Loudhouse, un cabinet londonien indépendant. Une enquête réalisée pour le compte de la société « Aerohive Networks® (NYSE : HIVE) ».

Gilles Babinet, Digital Champion, « Les MOOC, l’avenir des facs ? »

« A l’université, les moyens qui sont dévolus aux Mooc restent très faibles et le corps professoral les perçoit plus souvent comme des concurrents que comme des auxiliaires. Plutôt que d’adopter une posture de rejet pour un phénomène dont plus personne ne peut décemment rejeter l’évidence, il serait opportun d’en faire un axe de développement fort : pour accroitre l’efficacité de la formation professionnelle, pour assister l’émergence du monde en développement – et en particulier de la part qui relève de la francophonie, et plus généralement, pour en faire des outils de diffusion du savoir et des compléments éducatifs à tous les niveaux de la vie. »

 

« Le numérique nous redonne le pouvoir »

Posted by Gilbert Azoulay on juin 20th, 2016 under Interview  •  No Comments

Marc Augier, professeur à SKEMA Business School, nous offre un regard transversal sur les mutations que connaît notre société au travers de l’explosion du numérique. Un peu de recul pour voir plus loin et réfléchir… Rencontre à l’occasion de la sortie de son ouvrage « La société numérique ».

 

MarcAugier

Quel est le propos de votre livre ?

J’ai essayé de réfléchir aux mouvements profonds. Il y a des implications évidentes type ubérisation des modèles économiques. Mais je voulais aller plus loin en observant les grandes évolutions et notamment le passage de l’informatique au numérique puis l’évolution de l’analogique au digital. Les implications sont conséquentes avec par exemple la capacité de générer des données à partir de toutes nos activités, même les plus banales. Le Big Data en est la conséquence flagrante.  Dans une autre partie, j’évoque également l’interface homme-machine, à savoir comment nous réfléchissons de manière différente et en particulier de manière collaborative, entre nous et aussi avec l’aide des ordinateurs. J’ai le sentiment que les ordinateurs nous redonnent le pouvoir. Et c’est une bonne chose. Il va petit à petit se produire ce que nous avons vu avec le monde des échecs. Au départ les humains étaient supérieurs, puis DeepBlue d’IBM a battu Kaparov en 1997 et on a cru que c’était la fin de l’histoire. Pas du tout car aujourd’hui, c’est le couple humain-ordinateur qui est imbattable.

Qu’est ce qui change sur le plan d’éducation ?

Le livre numérique permet d’aller plus loin en matière d’éducation. Il a perdu ses racines par rapport au support imprimé. Et très franchement, cela apporte un bénéfice énorme à l’apprenant. Le livre est interconnecté et propose systématiquement une vision encyclopédique. Demain, les enseignements se feront sur la base de nouveaux ouvrages qui comprendront des MOOC et divers contenus. Le cours sera un lieu d’échange et de débats. Le seul grand problème demeure la rétribution des auteurs ainsi que le modèle de financement des MOOC.

La France est-elle globalement au niveau ?

Franchement, la France a investi dans les MOOC et se place plutôt bien, parce qu’au delà de notre pays, c’est toute la francophonie qui est en attente de contenus de bon niveau dans notre langue. Mais notre offre me semble encore trop basée sur des effets d’annonces et quelques pépites. Il reste cependant à étoffer notre offre à l’instar des américains qui ont radicalement transformé leurs programmes sur la base de MOOC. Il nous faut sortir de l’effet de mode.

Dans un avenir proche, les grandes écoles et les universités devront-elles investir massivement ?

Oui et cela implique un nouveau modèle économique pour nos établissements. On pourrait par exemple imaginer que les écoles deviennent des lieux de certification avec des cours qui se déroulent ailleurs. Imaginez  une école qui délivre un certificat sur la base de connaissances acquises dans des MOOC d’universités prestigieuses ? Ce n’est pas impossible… Regardez la situation du TOEIC ou du TOEFL ? Ces organismes se sont auto-légitimés comme certificateur incontournable, sans aucune autorité de tutelle, tout en délégant la partie pédagogie à d’autres

La société numérique imposera-t-elle un investissement des familles supplémentaires ?

Oui, ne serait-ce que pour disposer de bonnes connections avec des outils performants. Quant à la certification, elle sera payante. Donc, oui il faudra investir. En revanche, le numérique a réduit les distances et rend accessibles des contenus de grande qualité gratuitement. Je suis convaincu que la fracture numérique se fera plutôt sur notre attitude face aux savoirs : sommes-nous de simples clients ou plutôt des acteurs de la digitalisation ?

Les enseignants ont intégré cette révolution numérique ?

Bien sûr ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder comment on révise le bac aujourd’hui. YOUTUBE est sans aucun doute un des outils le plus utilisé car des confrères y déposent des contenus formidables, de très grande qualité. Tant que ces enseignants prennent du plaisir à diffuser gratuitement leurs cours, nous pourrons compter sur eux. Chez nous à SKEMA, notre système d’évaluation des enseignants prend en compte désormais notre capacité d’innovation. Cela devrait être aussi important que notre production de recherche.

 

Marc Augier, « La société numérique »

L’ouvrage La société numérique vous propose de réfléchir sur cette transformation et ses implications. Comment des machines numériques peuvent s’interfacer avec des humains analogiques, ou est-ce l’inverse ? De façon totalement anodine les téléphones portables ont dépassé la puissance de calcul des ordinateurs du début du siècle et leur simplicité d’utilisation les met à la disposition de tous. Que veulent dire les mots « savoir » ou « apprendre » quand un dispositif pas plus gros que le silex de l’homme de Cro-Magnon peut répondre à toutes nos questions, hier avec un clavier et un écran à lire, de plus en plus aujourd’hui avec la parole ? Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent réfléchir à la confrontation en cours entre l’intelligence humaine et la savoir inscrit sur le Web, augmenté de nombreuses références pour permettre au lecteur averti d’approfondir les sujets abordés.

La société numérique                                                                                

Février 2016, L’Harmattan

Prix : (format papier) : 25,50€

 

Classe inversée, le choix de la Catho

Posted by Gilbert Azoulay on juin 13th, 2016 under News  •  No Comments

Voici un extrait d’une dépêche publiée par News Tank Education au sujet de la stratégie digitale de la Faculté Catholique de Lille. Un exemple en matière politique numérique où l’on devine les enjeux aussi bien organisationnels que pédagogiques.

« Nous sommes une faculté privée, de petite taille, sur un marché concurrentiel. Passer à la classe inversée en 2014 nous semblait non seulement très positif sur un plan pédagogique, mais aussi un moyen stratégique de nous différencier. Nous sommes partis de notre point fort depuis toujours, à savoir les petits effectifs qui permettent une plus grande proximité entre étudiants et enseignants, autour du tutorat. Nous avons simplement été plus loin dans cette démarche », déclare Carole Blaringhem, assesseur en charge de l’innovation pédagogique et du numérique à la Faculté de droit de Lille. A la rentrée 2014, cet établissement, membre des facultés de l’Université Catholique de Lille, innovait sur le plan pédagogique en passant l’ensemble des cours fondamentaux de L1 sur le mode de la classe inversée, en s’appuyant sur la plate-forme iCampus développée grâce au logiciel libre Moodle. Le bilan étant jugé positif, la transformation se poursuit à la rentrée 2015 avec les étudiants de L2 et M1, et à la rentrée 2016 avec ceux de L3. « C’est un système qui permet plus d’interactivité en cours, plus de progressivité, les enseignants peuvent ajuster leurs cours en fonction de ce que les étudiants ont compris. Et cela fonctionne : le taux de réussite en première session en fin de L1 est passé à 70 %, alors que nous tournions autour de 55 % et que la moyenne nationale se situe elle à 30 % », assure Carole Blaringhem.
Reste un enjeu important pour cet établissement : pérenniser le modèle économique. « Nous avons bénéficié d’un accompagnement financier de l’université catholique, dans le cadre d’un appel à projets, mais sa durée est de deux ans et nous arrivons au bout ».

Le cœur du dispositif repose sur la méthode de la classe inversée

  • « Dans l’amphi, l’enseignant ne fait plus cours de façon descendante, mais explique le cours qui a été auparavant mis en ligne sur la plate-forme iCampus qui repose sur Moodle.»
  • Par ailleurs, « nous avons remplacé les anciens TD par trois heures de travaux encadrés chaque semaine et qui consistent à revenir sur les cours vus pendant la semaine écoulée. Cette pédagogie concerne toutes les matières fondamentales et pour les autres cours, ce sont les enseignants qui décident. »

Avantages de la méthode

  • L’accessibilité : « Tous les cours et documents de toutes les années sont consultables en ligne par l’ensemble des étudiants, ce qui veut dire qu’un étudiant de L2 peut retrouver des cours de L1 ou anticiper sur les années suivantes ».
  • L’interactivité : « Il existe un forum en ligne où les étudiants peuvent poser des questions. Mais on se rend compte que cela ne fonctionne pas très bien car ce n’est pas anonyme. Du coup, certains enseignants permettent les questions par mail, ou sinon dans le cadre des travaux encadrés où ils sont en plus petits groupes et se sentent donc plus en confiance. Sinon, nous allons voir si nous pouvons anonymiser cette partie ».
  • Un ajustement des cours  : « Les étudiants peuvent s’exercer, via des tests et des exercices en ligne. Cela permet aux enseignants de voir ce que les étudiants ont compris ou non du cours, ce qui leur permet d’ajuster ensuite leurs propos ou de revenir sur des points précis ».

Cette nouvelle méthode a conduit aussi à revoir le mode d’évaluation, afin d’éviter la « notation sanction », et d’intégrer davantage de contrôle continu :

  • les travaux de groupe et individuels et la participation orale comptent pour 60 % de la note finale ; les examens finaux pour 40 % ;
  • le nombre de DS et donc d’occasions d’être évalué a été multiplié par deux ;
  • certains enseignants utilisent la plate-forme Moodle pour organiser des tests réguliers et gardent les meilleurs résultats comme notes de contrôle continu ;
  • les examens font l’objet d’une préparation, soit en cours, soit sur la plate-forme Moodle.

Selon Carole Blaringhem, le nouveau système a eu une influence positive sur les résultats aux examens :

  • « En L1, nous avons obtenu plus de 70 % de réussite en première session, alors que l’on tournait autour de 55 à 60 %, et que la moyenne nationale est plutôt de 30 %. Pour les L2 et les M1, nous ferons le bilan dans quelques semaines. ».

L’autre impact positif est celui lié au ressenti des étudiants : « Ils ont largement plébiscité le système. Un certain nombre d’étudiants nous ont même aidés à l’améliorer, en faisant des suggestions. Cela les rend acteurs de leur formation et même de l’enseignement en général, puisqu’ils s’engagent pour les promotions suivantes ».

Améliorer le digital dans les universités, une urgence !

Posted by Gilbert Azoulay on mai 30th, 2016 under Non classé  •  No Comments

La société Unit4, spécialisée dans les ERP dédiés au monde de l’éducation vient de publier les résultats d’une étude mondiale sur l’expérience digitale(*) des étudiants en matière de démarches administratives. Dans cette enquête, « digital » désigne les démarches administratives effectuées via des sites ou applications (et non pas par e-mail) sur smartphone, tablette, PC ou ordinateur portable.

Unit4

Cette enquête avait pour objectif de déterminer si la qualité de l’expérience digitale proposée aux étudiants pouvait donner un avantage concurrentiel aux établissements. L’analyse a donc principalement porté sur la manière dont les étudiants percevaient l’offre digitale administrative proposée par leurs universités respectives. L’étude a été réalisée par DJS Research entre mars et avril 2016 auprès de plus de 2 000 étudiants à temps plein ou partiel dans des établissements situés aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, au Benelux, à Singapour, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Dans l’ensemble, les étudiants souhaitent que leurs établissements consacrent plus d’efforts à l’amélioration de la stratégie digitale, aussi bien en termes d’administration que de collaboration. Au total, 44 % des interrogés ont indiqué que l’administration de leur université était « peu ou pas du tout » gérée de manière digitale, avec plus d’un tiers (36 %) déclarant que la complexité des démarches administratives empiétait sur le temps consacré à leurs études.

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L’enquête a également révélé que le manque cruel de solutions digitales modernisées détériore sensiblement l’opinion des étudiants envers les universités. 41 % des participants ont en effet déclaré que leur expérience pourrait être améliorée avec davantage d’interactions numériques et qu’ils recommanderaient leur établissement à des tiers si l’expérience digitale était améliorée. Un quart des répondants n’ont pas de sentiments favorables envers leur université en raison du manque de qualité des systèmes informatiques.

Un tiers des étudiants trouve qu’il y a trop de démarches administratives à effectuer et sont souvent frustrés par la complexité en découlant. Les trois principales sources de mécontentement pour les étudiants sont la gestion des aides financières, les changements de cours ou de cursus et la communication avec le personnel de l’université. La gestion de la progression académique et des devoirs ainsi que le paiement des frais de scolarité et autres dépenses similaires figurent également parmi les éléments à améliorer.

En Bref

  • 73 % des étudiants recommandent à leur université de repenser sa stratégie digitale
  • 79 % des consommateurs de la génération Z éprouvent un sentiment de détresse lorsqu’ils n’ont pas accès à leurs appareils électroniques.          79 %
  • 36 %  des participants consacrent moins de temps à leurs études en raison de la complexité administrative
  • 47 % des étudiants estiment que l’administration devrait être plus facile à gérer compte tenu des frais de scolarité élevés dont ils doivent s’acquitter
  • 41%  des interrogés pensent que leur expérience universitaire pourrait être améliorée avec davantage d’interactions numériques

Vivre de véritables expériences

Posted by Gilbert Azoulay on mai 23rd, 2016 under Non classé  •  No Comments

Kedge Business School mise sur la pédagogie par l’action et accorde une grande liberté à ses étudiants pour organiser leur cursus. Le digital y joue un rôle important pour fluidifier le parcours des élèves et changer l’organisation. A l’occasion de la réforme du programme de la grande école, Nathalie Hector, la directrice, revient sur les grands enjeux.

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 Quelle est la place du numérique chez Kedge?

Les cours à distance existent depuis plusieurs années et tous les enseignements fondamentaux se font dans ce cadre. Avec ce dispositif, nos étudiants peuvent se consacrer à leurs projets. En M2, nous leur proposons par exemple une série d’électifs à distance pour s’organiser de manière plus facile pour débuter un stage ou partir à l’étranger.

Comment assurez-vous la validation des connaissances ?

Nous avons beaucoup de manières pour assurer un contrôle continu : quizz, vidéo, QCM, travail de groupe, entretiens, etc. Avec le recul, nous avons constaté qu’il est possible d’évaluer nos étudiants de manière extrêmement fine. Les nouvelles méthodes sont très efficaces et il est finalement très compliqué de tricher. Nous souhaitons maintenant mesurer la capacité à réfléchir plutôt que l’accumulation des connaissances. Nous sommes au début d’une transformation numérique importante et l’évaluation illustre bien les grands chantiers auxquels nous sommes confrontés. Il est d’ailleurs probable que la notation ne sera plus la norme prochainement.

Dans les grandes écoles, les investissements doivent-ils porter sur la capacité à innover en matière de pédagogie ?

Je suis convaincu que les candidats viendront chercher des compétences spécifiques dans les écoles, pas des cours génériques. Donc, nous devrons investir dans des plates formes, mais la qualité d’une école passera aussi par l’engagement des enseignants pour accompagner les jeunes. A lui d’assurer un véritable engouement pour ses cours, en se rendant un peu plus disponible et en entretenant un dialogue permanent.

A vous écouter, on a aussi l’impression que nos grandes écoles n’auront plus besoin de campus géants. Est-ce une fausse impression ?

Il est évident que  les prochains locaux des Grandes Ecoles ne ressembleront plus à ceux que nous avons connus. Il nous faudra des espaces pour le travail en groupe. Elle est ici la véritable révolution. Nos sites devront être modulables et connectés. Pour l’ensemble des écoles, on en est loin encore et une partie de nos investissements devront porter là-dessus. Tout cela renforcera le rôle du prof qui du coup est associé à chaque étape de l’apprentissage. Je le vois d’ailleurs plus comme un coach qui apprend à progresser que comme un enseignant.

La concurrence entre écoles sera-t-elle basée sur ce point à l’avenir ?

La concurrence se fera sur la capacité à être totalement digitale tout en proposant une pédagogie moderne avec de l’action, du collaboratif, des échanges… Mais ceci est aussi vrai pour l’université. La nouvelle génération d’étudiants a besoin de comprendre l’intérêt de l’investissement qu’elle met dans son apprentissage. Donc, si elle s’engage il est impératif que l’environnement académique soit très performant… La nouvelle génération veut pouvoir choisir de vivre de véritables expériences. La concurrence nous pousse à innover sur le plan pédagogique. Ce n’est pas qu’une histoire d’argent mais bien d’état d’esprit.

 

Virage numérique : priorités éducative

Posted by Gilbert Azoulay on mai 17th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Lors du Congrès de la CGE, le 12 mai dernier, Jean Pisani Ferry, commissaire général de France Stratégie, a fait une intervention sur le thème : « Quelles priorités éducatives« . Une contribution intéressantes qui revient sur les grands enjeux auxquels nous sommes confrontés. Voici quelques extraits.

 

France Stratégie - Commissariat à la stratégie et à la prospective

 

« La France doit impérativement se fixer, pour les dix prochaines années, des objectifs ambitieux, tant en matière de résultats d’ensemble que de réduction des déterminismes sociaux. L’effort financier de notre pays demeure en dessous des pays les plus performants dans le supérieur. Les enseignements tels qu’ils sont dispensés aujourd’hui préparent mal de nombreux élèves aux études supérieures et à l’insertion professionnelle, et ne contribuent qu’imparfaitement à leur donner les outils nécessaire à l’exercice d’une citoyenneté active…. Le numérique est porteur de transformation profondes du monde de l’éducation, qu’il s’agisse des savoirs, des méthodes d’enseignement ou des organisations. Les innovations qu’il permet doivent faire l’objet d’expérimentations et d’évaluation pour en tirer le meilleure parti. »

Comment réussir le virage du numérique ?

  • Pour tirer le meilleur parti des outils numériques, tant pour développer les savoirs et compétences numériques des jeunes que pour la pédagogie et l’organisation de l’école, il sera nécessaire de faciliter l’usage du numérique dans les pratiques d’enseignement, impliquant des évolutions substantielles.
  • Comment prendre appui sur le numérique pour améliorer les pédagogies ? pour optimiser le temps de travail et de présence des enseignants ?
  • Sur quels niveaux d’enseignement faire porter en priorité les investissements en matière de numérique ?
  • Faut-il privilégier l’équipement des élèves et des étudiants, des établissements ou des enseignants ? Quelles collectivités devront assumer la charge de ces financements ?
  • Ou bien faudrait-il développer d’abord la production de contenu pédagogique numérique ?

Un besoin d’investissement significatif, nécessitant plusieurs arbitrages

Si l’on somme les montants évoqués pour chacun des différents niveaux, l’effort à consentir par la nation pour égaler les pays les plus performants pourrait représenter jusqu’à 1,4 point de PIB (soit environ 30 milliards d’euros).

  • Un effort substantiel en faveur de l’éducation suppose que nous soyons capables de procéder collectivement à plusieurs types d’arbitrages :
    • entre investissement et consommation : quel engagement supplémentaire la nation est-elle disposée à consentir en faveur de l’éducation, sachant que les évaluations économiques indiquent qu’un tel investissement se traduit à terme par une augmentation du PIB et du niveau de vie ?
    • au sein de la dépense publique totale : consacrer un effort public supplémentaire significatif à l’éducation nécessite que nous acceptions de réduire des dépenses consacrées à des politiques jugées moins stratégiques
    • au sein de la dépense publique d’éducation : il s’agit à la fois de définir les secteurs prioritaires pour un effort supplémentaire et ceux dans lesquels il est possible de réduire les dépenses afin de financer une partie de l’effort par redéploiement ; c’est vrai entre niveaux d’éducation (de combien peut-on réduire la dépense par élève au lycée pour accroître les moyens dans le préprimaire et le primaire ?) comme au sein de chacun d’entre eux (concentrer les moyens sur les élèves ou les établissements qui en ont le plus besoin suppose de réduire la dépense pour les autres) ;
    • entre financeurs de l’éducation, qu’ils soient publics (quelle répartition d’un effort supplémentaire entre État et collectivités ?) ou privés ; en particulier, en matière de prise en charge des frais de scolarité dans l’enseignement supérieur, faut-il différencier entre les cycles de formation (Licence-Master- Doctorat), entre les filières de formation, entre les disciplines, etc. ? Quelles formations devraient continuer à relever d’un financement essentiellement public et pour les quelles une contribution plus substantielle pourrait être attendue des familles ?
    • faut-il développer d’autres sources de financement de l’enseignement supérieur (formation continue, MOOC diplômants, frais d’inscriptions différenciées pour les étudiants étrangers, collectivités ter- ritoriales, etc.) ?

Quelles évolutions de l’enseignement et du métier d’enseignant ?

  • Comment s’assurer que l’École enseigne les compétences dont le pays a et va avoir besoin ?
  • Faut-il approfondir la logique du collège unique et du socle commun pour permettre à tous les élèves de poursuivre leurs études ? Faut-il privilégier l’orientation précoce vers des filières professionnelles et l’acquisition des compétences spécialisées permettant aux élèves les plus en difficulté de s’insérer sur le marché du travail ?
  • Quelle stratégie vis-à-vis des différentes filières au lycée ? Et comment prendre en compte l’hétérogénéité des bacheliers dans l’enseignement supérieur ?
  • Quelle place accorder aux compétences numériques dans les programmes ?
  • Faire évoluer les contenus et les méthodes de l’enseignement exige de faire évoluer de manière conjointe les métiers et les carrières des enseignants.
  • Pour attirer les meilleurs étudiants vers l’enseigne- ment, faut-il augmenter les rémunérations ? Ouvrir des possibilités d’évolution professionnelle ? Faire évoluer leur temps de travail ?
  • Faut-il revoir les modalités de recrutement des enseignants ? Comment améliorer le suivi et l’évaluation de leur travail ?
  • Pour faciliter les transitions entre cycles de formation, faudrait-il développer la polyvalence ? voire envisager des corps enseignants communs pour l’école et le collège d’une part et pour le lycée et le premier cycle du supérieur d’autre part (BAC-3/BAC+3)

 

 

Twitter dans l’ESR…

Posted by Gilbert Azoulay on mai 9th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Bertrand Mocquet, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication et vice-président en charge du numérique à l’Université de Perpignan Via Domitia, vient de publier une étude intitulée « L’usage du micro-blogging Twitter dans l’enseignement supérieur et la recherche ».  Il en ressort qu’en matière de pédagogie ou de recherche, les professionnels de l’ESR utilisent Twitter majoritairement pour « provoquer des échanges avec la communauté » ou « informer la communauté externe à l’université ».

 

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Parmi les usages les plus fréquents : échanger entre pairs (même statut), entre collègues (d’établissements différents) et avec des personnes extérieures à l’enseignement supérieur. « Le type de communication est plus généralement à destination de la communauté à l’extérieur de l’université, finalement peu avec les étudiants, et avec les collègues en interne. Le mode de création est surtout un mode de médiation de son activité, et dans le cadre de la typologie des répondants essentiellement pour la recherche », selon le chercheur. Ainsi les principales activités consistent à republier de messages d’une autre personne, « le retweet », et à valoriser un article web, par le partage.

Parmi les répondants :

Une majorité se considère comme des personnes innovantes et possédant un bon usage du numérique et sont entrés en premier lieu dans un usage personnel avant un usage professionnel.

Parmi les répondants, 57,1 % possèdent un seul compte Twitter :

  • 48,9 % l’utilisent pour un usage double : personnel et professionnel ;
  • 33,7 % limitent à un usage professionnel ;
  • 17,4 % se restreignent à un usage personnel ;
  • 48,7 % postent des informations tantôt personnelles tantôt professionnelles.

Pour ceux qui ont plusieurs comptes Twitter, la raison :

  • 50 % car ils ont plusieurs comptes professionnels ;
  • 36,8 % car ils souhaitent séparer vie privée et vie professionnelle ;
  • 8,8 % ont une raison autre, qui concerne des données privées au sens de la CNIL (religion, partie politique) ou vie associative.

 

« Les étudiants doivent trouver mieux qu’à la maison »

Posted by Gilbert Azoulay on mai 2nd, 2016 under Interview  •  No Comments

L’EM Lyon investit plus de 4 millions d’euros dans de nouveaux locaux parisiens avec une ambition : préparer ses étudiants au monde connecté de demain. Mais comment s’y prendre quand on ne sait finalement pas grande chose de ce que sera… demain. Eléments de réponse avec Bernard Belletante, le directeur général de cette grande école de commerce.

BBelletante

Vous avez annoncé votre installation à Paris dans des locaux ultra modernes. Quel est justement la nature de ces locaux ?

Nous sommes dans l’esprit de notre signature : « early makers ». Ces locaux nous permettrons d’aller très vite dans l’expérimentation via des espaces de co-working, d’expérimentation, de travail collaboratif, de co-sharing… Ce sera donc un campus extrêmement moderne parce qu’il est flexible et adapté à l’économie numérique. Aujourd’hui, tout ce qui est connectique n’est pas hors de prix mais le cœur du système d’information doit accepter le foisonnement des initiatives, des idées, des projets, des applications, des solutions, etc. Le partenariat avec IBM porte d’ailleurs sur notre capacité à répondre aux enjeux digitaux. Ce partenariat est fondamental et nous permet d’aller vite. Aujourd’hui, je suis convaincu que nous sommes le premier client dans le secteur éducatif chez IBM. Nous sommes d’ailleurs une unité pilote pour eux.

Qu’attend de vous la nouvelle génération digitale qui rentre à l’EM Lyon ?

Ils attendent qu’on leur donne les capacités d’être dans le monde de demain. Nous devons leur propose des usages cohérents avec leur quotidien. Je dirai même que nos étudiants doivent trouver « mieux » que ce qu’ils ont à la maison en matière d’infrastructures, de systèmes d’information et de connexions. C’est indispensable pour eux et pour notre attractivité internationale. Nos principaux concurrents ont d’ailleurs investi massivement dans ce domaine. Aux Etats-Unis, l’intégration du numérique dans l’apprentissage est déjà une réalité.

Selon vous, nous sommes en retard en France ?

Bien sûr. On s’en rend vite compte quand nous accueillons des étudiants étrangers. Je suis content de voir que ça bouge et cela s’accélère dans nos grandes écoles. Paradoxalement, cela bouge plus vite dans des écoles de milieu de tableau qui mènent des initiatives très innovantes. La concurrence va se densifier car les  nouvelles méthodes vont créer de nouveaux challengers et c’est une bonne chose. Hors de France, quand je vois les investissements réalisés à Singapour, qui a investi massivement, il y de quoi s’inspirer.

Vous bousculez les habitudes et notamment celles des enseignants. Comment réagissent-ils ?

On assiste aujourd’hui à l’émergence d’une plus grande diversité de profils d’enseignants. Il y a les enseignants classiques et ceux plutôt branchés sur l’action learning. Il faut garder ces profils dans nos écoles, sachant que personne ne s’oppose véritablement aux changements. Les seules questions portent sur le rythme et notre capacité à valoriser les initiatives des enseignants. Cela doit-être donc être pris en compte. Et puis savez, le changement est naturel car il vient des étudiants eux-mêmes qui sont aussi de formidables boosters d’innovation.

 

« Le nouvel alphabet, c’est le code »

Posted by Gilbert Azoulay on avril 18th, 2016 under Interview  •  No Comments

Décidément, le numérique bouleverse les habitudes. Le groupe Ionis vient de lancer la « Coding Academy by Epitech » pour les actifs en reconversion. Le principe est simple : on ne règle sa formation qu’une fois en emploi ! Explications avec Sophie Viger, directrice de de ce programme.

Logo CODING ACADEMY

On rappelle comment fonctionne votre programme ?

Nous proposons à des bacs+2 de se reconvertir dans la programmation, quelle que soit leur formation d’origine. C’est une grosse piscine qui dure 5 mois avec une formation très intensive. On y apprend le langage ainsi que toutes les technologies web.  L’intérêt est de permettre de s’intéresser à toutes les nouvelles technologies sans appréhension, ce qui est très important lorsque l’on souhaite travailler dans le digital.

C’est donc réservé aux scientifiques ?

Pas du tout. Nous accueillons même des littéraires. Cela veut dire que tout le monde peut réussir. Il est simplement nécessaire d’aimer le codage, qui est en fait une discipline assez ludique. Des candidats sans le bac peuvent eux-aussi réussir. C’est d’ailleurs la caractéristique du numérique : le diplôme n’est plus aussi important.

Dans cette filière, le candidat ne paye qu’à partir du moment où il a trouvé un emploi. Pourquoi ?

L’apprenant peut en effet rentrer dans la formation sans financement et dispose d’une année pour rembourser. Nous les aidons d’ailleurs à trouver un emploi. Nous prenons un risque mais le secteur recrute de manière importante et continuera dans les années à  venir. Les établissements comme les nôtres doivent s’engager de manière innovante. Avec ce dispositif, nous nous sommes placés dans une obligation de résultat. Ce qui est très nouveau dans l’univers de l’éducation qui ne se fixe généralement qu’une obligation de moyen.

Le codage, c’est la discipline qui monte ?

C’est essentiel car le monde devient numérique et le nouvel alphabet c’est le code. Il ne s’agit pas de devenir tous des spécialistes mais au moins de comprendre les fondamentaux. Maîtriser cela, c’est éviter de nouvelles fractures. Le code à l’école est essentiel mais plus encore, c’est la littératie numérique que nous devons enseigner. C’est-à-dire la culture numérique dans son ensemble : enjeu, éthique, technique, innovation, etc. Dans ce domaine, nos universités comme nos grandes écoles sont encore en retard. Mais cela avance relativement rapidement et la France est plutôt bien positionnée dans le mouvement de transformation numérique.

Faudrait-il encore plus de formations au numérique ?

Sans doute, mais il faut surtout des formations qui répondent aux nouveaux besoins du marché. On manque aujourd’hui de « bons » développeurs. Ce qui veut dire qu’il y a un risque de produire des professionnels peu adaptables et qui n’ont finalement pas assez de potentiel. Le plus important chez un développeur c’est de pouvoir apprendre sans cesse car tout change très vite. Et le grand problème, c’est que pour progresser, l’enseignant n’est plus indispensable ! Notre enjeu sera à l’avenir de former les jeunes ou les salariés qui pourront évoluer par eux-mêmes, avec les outils disponibles sur le web notamment.

 

Génération appli !

Posted by Gilbert Azoulay on avril 4th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Fuze publie les résultats d’une grande étude européenne portant sur les technologies au travail et les attentes des salariés. En voici les principaux résultats.

 

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Les technologies en entreprise sont en retard sur les technologies grand public, pour 60 % des salariés français
Les technologies au travail doivent refaire leur retard sur celles que nous employons dans notre vie personnelle. Tel est l’avis de 60 % des salariés français, comme le révèle une nouvelle enquête réalisée par Fuze, fournisseur de solutions de communications professionnelles. Cette étude reflète les attitudes et attentes de 5000 salariés et 2500 adolescents européens concernant les méthodes de travail et les moments et les lieux où ils souhaitent travailler.
L’étude, menée à l’échelle européenne, révèle que les entreprises sont mal équipées pour la nouvelle génération de salariés :
– 48 % des salariés français jugent les technologies fournies par leur employeur inadaptées à un travail efficace
– Seuls 2 % des ados français préfèrent se servir d’un téléphone fixe ; pourtant le téléphone de bureau reste prédominant en entreprise
– 76 % des ados considèrent les technologies dernier cri comme un critère important dans le choix d’un employeur

L’étude intitulée « La génération appli » : comment les nouveaux salariés modifient nos habitudes de travail » s’intéresse à l’impact sur les entreprises de la génération actuelle des 15-18 ans. Elle fait apparaître un fossé entre les attentes de ces jeunes et les réalités auxquelles ils seront confrontés au travail. Alors qu’aujourd’hui les salariés considèrent les téléphones de bureau, les fax, les imprimantes et le papier comme des outils essentiels sur le lieu de travail, les adolescents pensent tout autrement :

– Les ados sont 25 % plus nombreux que les actifs à voir dans le smartphone un outil de travail essentiel.
– 76 % des ados français jugent important d’utiliser des technologies dernier cri au travail.
– A peine 2 % des ados français se servent d’un téléphone fixe, les autres préférant communiquer via les réseaux sociaux, par textos et par la vidéo.

 

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L’étude met également en lumière la frustration des salariés français, dont près de la moitié (48 %) jugent les technologies employées dans leur entreprise inadaptées à un travail efficace.

Cela engendre l’existence d’une « informatique parallèle » : 36 % des salariés français utilisent ainsi leur propre téléphone mobile au travail. Ils sont également nombreux à faire appel à des logiciels qui échappent au contrôle du service informatique, notamment des outils tels que Google Docs et Office (33 %) ou encore des applications de messagerie mobile (30 %).

Les résultats de l’étude sont également en lien étroit avec l’essor du télétravail et laissent augurer une poursuite de cette tendance : en effet, 85 % des salariés français voient des avantages à pouvoir travailler ailleurs qu’au bureau. En outre, 71 % sont d’avis qu’ils pourraient travailler efficacement depuis chez eux à condition de disposer des technologies appropriées, une proportion supérieure à la moyenne européenne (65 %) et nettement plus élevée qu’aux Pays-Bas (57 %).

En outre, l’étude prévoit l’évolution des technologies de communications, 59 % des salariés pensant que la vidéo finira par supplanter la voix. Cette statistique se reflète à travers l’Europe dans le comportement des adolescents, dont 8 % préfèrent communiquer avec leurs amis par vidéo, soit moins qu’en face à face ou par textos, mais autant que par mobile.

« La génération appli a grandi avec le mobile comme appareil par défaut. Son smartphone lui sert à tout, en particulier à communiquer, et l’environnement technologique actuel des entreprises n’y est pas préparé, loin de là » commente Luca Lazzaron, SVP Opérations internationales de Fuze.

« Les entreprises ont aujourd’hui une vision traditionnelle du lieu de travail et de la nature du travail, et leurs technologies sont à l’avenant : des téléphone fixes, des ordinateurs de bureaux, voire des fax ! Les jeunes ne savent pas comment s’y prendre avec ces technologies obsolètes. Leur approche flexible, où tout passe par des applications mobiles, dénote une façon de travailler bien plus efficace et notre étude révèle que les jeunes ne sont pas les seuls à juger inadaptées les technologies en entreprise. C’est pourquoi les entreprises doivent agir dès à présent, non seulement afin de se prémunir pour l’avenir, mais aussi pour fournir à leurs employés les outils dont ceux-ci ont aujourd’hui besoin pour travailler avec un maximum d’efficacité. »

L’étude « La génération appli : comment les nouveaux salariés modifient nos habitudes de travail » est disponible sur demande ou en téléchargement sur www.fuze.com