CDO : Chief Data Officer !

Posted by Gilbert Azoulay on juin 18th, 2018 under Non classé  •  No Comments

Avec La transformation digitale, les entreprises ont dû s’adapter et trouver de nouvelles ressources pour gérer un Big Data toujours plus important mais crucial pour leurs activités.  De nouveaux métiers émergent comme le Chief Data Officer. Encore peu nombreux, DataGalaxy, (plateforme de cartographie des données) a réalisé une enquête auprès d’eux pour tenter de comprendre qui sont ces CDO, leurs cursus, leurs missions, les freins à leur développement, etc.  Mais aussi : que pensent-ils de l’arrivée de l’Intelligence artificielle dans leur travail ?

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CDO : des cursus variés et sur-diplômés

Les CDO ne viennent pas tous de filières informatiques ou scientifiques.

– 50 % ont suivi des études dans les filières de commerce/marketing ou management/gestion.

– 31 % ont fait une école d’ingénieurs (11,5 % généraliste et 19,2 % informatique)

Près de 85% des CDO ont un Bac+4 et plus. S’ils sont une majorité (42 %) à percevoir un salaire inférieur à 50 000 €, et presque autant (40 %) dans une fourchette allant de 50 000 à 100 000 €.

Plus de 42 % d’entre eux travaillent dans entreprises de plus de 1000 personnes mais ils sont quand même près de 31% dans des entreprises de moins de 250 employés.

Une fonction nouvelle, un recrutement interne, une expertise projet.

Près de 54% des CDO ont été nommés depuis moins d’1 an et 30% depuis 2 à 3 ans.

Le recrutement se fait majoritairement à l’interne (à 54%).

La proportion entre ceux venant des DSI et des directions métier est parfaitement égale à 26,9 % pour chacune. On peut en déduire que les entreprises recherchent des profils avec une expertise projet, une vision transverse, une capacité de pilotage. D’ailleurs on constate que le 2ème de vivier de recrutement est la SSII (11,5%). La maîtrise de la data est de plus en plus primordiale pour les entreprises expliquant le fait que 50 % des CDO sont rattachés à la Direction Générale.

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Les missions d’un CDO : qualité et fiabilité de la data avant tout

Comme dans tous les postes émergents et très récents, les missions ne sont pas figées et peuvent varier d’un CDO à l’autre. Mais il ressort clairement que le CDO est garant de la qualité et de la fiabilité de la data, de ses usages et de la stratégie de sa collecte.

Nous avons demandé aux CDO d’estimer l’importance de leurs missions au quotidien. Pour chacune d’elles nous avons proposé une échelle allant de 1 à 5 (1 étant la moins importante et 5 la plus importante). En cumulant les 2 plus hautes valeurs, il en ressort le top 6 ci-dessous :

–       81 % : assurer la qualité et la fiabilité des données

–       76 % : piloter l’usage de la donnée au quotidien

–       62 % : organiser la stratégie de collecte des données

–       60 % : assurer la conformité réglementaire liée aux données

–       58 % : assurer et organiser l’accès aux données

–       54 % : cartographier la donnée

Objectifs des missions des CDO : gouvernance des données et culture data en priorité

L’animation et la stratégie de gouvernance des données sont primordiales pour les CDO. Le classement par ordre d’importance des objectifs de CDO est le suivant :

–       Animer la gouvernance et la culture data : 79 %

–       Déployer une stratégie de gouvernance des données : 72 %

–       Accompagner la transformation digitale de l’entreprise : 71 %

–       Trouver de nouveaux usages aux données de l’entreprise : 63 %

–       Redonner confiance aux utilisateurs internes dans les données de l’entreprise : 59 %

Quels sont les freins des CDO dans l’accomplissement de leurs misions ?

Le principal frein est lié à un manque de culture data et une résistance au changement ainsi qu’à une méconnaissance du potentiel de la data.

On constate également que les CDO souhaiteraient être plus soutenus par leur hiérarchie. L’absence de moyens pour investir dans les outils n’est ressentie que par 19% des répondants.

Top 3 des freins :

–       Le manque de culture data dans l’entreprise et la résistance au changement : 68%

–       Une connaissance insuffisante des utilisateurs internes du potentiel des nouveaux usages liés à la donnée : 63 %

–       Le manque de soutien de la hiérarchie : 59 %

Les CDO et l’Intelligence Artificielle : pour quels usages ?

L’IA est bien accueillie par les CDO qui sont près de 54 % à estimer qu’elle facilitera beaucoup leur travail. L’IA va effectivement devenir incontournable avec un peu plus d’1/4 qui l’utilise déjà moyennement à fortement et 75% qui envisagent de l’utiliser prochainement.

L’IA : plébiscitée pour les analyses et la personnalisation

L’IA est plébiscitée dans le cadre des analyses prédictives. Sur une échelle de 1 à 5 dans leur utilisation ou intentions d’utiliser l’IA, le cumul des 2 plus fortes valeurs donnent les résultats suivants :

–          Analyses prédictives : 65 %

–          Personnalisation des offres et parcours clients : 46 %

–          Analyse de la qualité des données : 31 %

–          Automatisation de la gestion de la relation client : 31 %

Numérique, les idées reçues

Posted by Gilbert Azoulay on juin 4th, 2018 under News  •  No Comments

Les quatre idées reçues qui freinent la révolution numérique, Par Perry Krug, Principal Architect chez Couchbase.

La plupart des entreprises accordent désormais la priorité aux projets de transition numérique : une étude récente de Forrester laisse entendre que 85 % d’entre elles investiront cette année dans ce domaine. Toutefois, bien que cette transition soit très prometteuse, elle n’est pas toujours simple. En effet, la confusion et la désinformation qui entourent les projets numériques risquent de faire obstacle à la révolution numérique qui s’amorce.

Les entreprises incapables de se tourner vers le numérique de façon efficace se retrouvent à la traîne face à la concurrence. Dans une étude réalisée en 2017, les DSI britanniques accordent aux retardataires une durée de vie légèrement supérieure à cinq ans, avant de cesser leurs activités ou d’être absorbés par la concurrence, victimes de la dégradation du service client, d’une clientèle en baisse, de la chute de leurs recettes et de la diminution de leurs ressources. La disparition récente de Toys “R” Us et de Maplin sont de parfaits exemples de grandes marques ayant payé le prix fort de leur manque d’évolutivité.

En matière de prévention de la fracture numérique, grandes et petites entreprises doivent en tirer une leçon : aucune entreprise ne saurait échapper à la révolution numérique. En guise de démonstration, réfutons quatre idées reçues courantes sur la transition numérique :

Idée reçue n° 1 : « Le numérique exige des investissements considérables. »

IDC estime que les entreprises consacreront plus de 2 000 milliards de dollars à la transition numérique en 2019. A priori, les petites entreprises ne peuvent rivaliser avec une telle capacité financière, mais l’argent n’est pas toujours synonyme de succès. En effet, les DSI interrogés admettent que 84 % de leurs projets de transition numérique ont été annulés, retardés ou revus à la baisse. Il est clair qu’investir aveuglément dans la révolution numérique ne suffit pas : les entreprises doivent se concentrer sur leur façon de dépenser, pas seulement sur les montants. L’innovation numérique s’est largement démocratisée au cours de la dernière décennie. La généralisation des formules d’abonnement et des technologies en Cloud permettent même aux microentreprises de se doter des outils adéquats. En matière d’outils et de technologies, les petits investissements sont parfois très rentables.

Idée reçue n° 2 : « Nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour entreprendre une transition numérique. »

D’après ce sondage réalisé en 2017 auprès de responsables informatiques, le manque de ressources, y compris de personnel qualifié pour mettre en œuvre et gérer le processus, constitue le principal obstacle à la réussite de la transition numérique. Cela étant, les entreprises qui déclarent disposer de « ressources limitées » sont généralement assez flexibles : elles subissent moins que les groupes internationaux les contraintes inhérentes à des procédures internes et à de grandes infrastructures technologiques existantes. Ceci leur permet de réagir plus rapidement face aux transformations du marché, de déployer de nouvelles technologies plus facilement ou de remplacer les anciennes.

Idée reçue n° 3 : « Notre clientèle s’accommode de la situation et ne s’intéresse pas au numérique. »

C’était peut-être le cas auparavant, mais plus aujourd’hui ! Les consommateurs actuels s’attendent à recevoir le même service personnalisé et permanent de la part de toutes les entreprises avec lesquelles ils traitent. Qu’il s’agisse de vendre aux consommateurs, à une petite ou à une grande entreprise, la montée en puissance des géants d’Internet et l’évolution du marketing numérique ont habitué les utilisateurs finaux à un dialogue multicanal, c’est-à-dire à la possibilité d’interagir avec leurs fournisseurs comme bon leur semble.

Si un client ne peut interagir avec vous comme il l’entend, il est fort probable qu’il ira tout simplement voir ailleurs : que vous soyez en concurrence avec des entreprises internationales, nationales ou locales, l’engagement du client est un élément clé pour se distinguer de la concurrence, et le numérique, un facteur de distinction considérable.

Idée reçue n° 4 : « Nous n’aurons jamais assez de clients pour justifier un passage au numérique. »

N’oubliez pas que la majorité des plus grandes entreprises du secteur numérique ont été fondées il y a 10 à 15 ans. Celles-ci ont connu une montée en flèche du volume des interactions avec leurs clients dans un laps de temps relativement court. Naturellement, la plupart des entreprises ne connaîtront pas le succès fulgurant de Pokémon GO, mais il est toujours utile de se pencher sur deux éléments clés de la transition numérique : l’évolutivité et la fiabilité. Les entreprises doivent pouvoir évoluer rapidement pour faire face à toute hausse imprévue de la demande. Il importe également de s’assurer que l’entreprise peut continuer à fonctionner sans heurts dans d’autres circonstances, par exemple si les salariés doivent soudainement travailler à distance, si les locaux sont victimes d’un sinistre ou si les fichiers de l’entreprise sont infectés par un logiciel rançonneur.

En conclusion

Dans le cadre de la transition numérique, de nombreuses entreprises doivent adopter une nouvelle approche : envisager la technologie comme un catalyseur, et non comme une simple entrée du tableau des dépenses. Quelle que soit la taille de l’entreprise, il n’a jamais été aussi facile de tirer parti de la technologie, afin de susciter chez les salariés et les utilisateurs finaux ce sentiment de transparence indispensable à la réussite de toute transition numérique. Petites et grandes entreprises sont particulièrement bien placées pour bouleverser leur marché en accomplissant leur révolution numérique : il leur suffit de demeurer à l’écoute de leur clientèle et de proposer le meilleur service possible, via des plateformes numériques adaptées.

Infos : www.couchbase.com

 

Vous avez dit « IA sceptique »?

Posted by Gilbert Azoulay on mai 28th, 2018 under Interview  •  No Comments

J’ai eu le plaisir d’animer un débat sur l’IA dans le sup lors des assises du CSIER qui se tiennent cette semaine. Ont participé à cette table ronde Younès BENNANI (Vice-Président Transformation Numérique Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité), Nadia JACOBY (Association VP-NUM) et Yann BERGHEAUD (Responsable du Pôle d’Accompagnement à la Pédagogie Numérique de la Direction du Numérique de l’université Lyon 3 Jean-Moulin, VP de l’Association nationale des services Tice et audiovisuels. Du chemin reste à parcourir en ce qui concerne les usages de l’intelligence artificielle par la communauté universitaire. Durant cette conférence nous avons d’ailleurs effectué un sondage en live en demandant qui a recours à l’IA dans l’assistance. Trois mains se sont levés pour nous raconter leur expérience.  J’ai été plus loin avec Yann Bergheaud qui a accepté de répondre à mes questions, notamment sur les limites de l’IA dans le supérieur.

Les limites de l’IA ?

L’information des usagers ciblés par l’IA doit être complète et ne pas se limiter de CGU (conditions générales d’utilisation). Il faut connaître les solutions techniques et les datas utilisées. A l’avenir le grand défi sera donc d’informer la masse sur la technologie utilisée. Sauf que l’IA se base sur un algorithme compliqué dont la valeur ajoutée réside justement dans sa complexité. C’est un point à éclaircir face à des personnes sceptiques. Le rapport de Cédric Villani préconise d’ailleurs la création d’un comité d’éthique. Pour ma part, je ne suis pas sur que ce soit la bonne solution. Cela doit passer essentiellement par la formation et l’information. Je rappelle que le RGPD prévoit que l’on permette à un étudiant soumis à un dispositif d’IA de s’y opposer.

Manque de compétences dans les universités ?

Ce qui nous manque dans les universités ce sont essentiellement les profils métiers : ingénieurs cogniticiens, datas scientist pour les modèles prédictifs, intégrateurs… Sans ces profils nous ne pourrons pas développer l’IA dans nos établissements. D’autant que nous sommes incapables de nous aligner en termes de rémunération. Il faut en prendre conscience.

On en est où à Lyon 3 ?

Nous avons misé sur le big datas, pour disposer de cartographies d’usages de la plate-forme pédagogiques et des services de l’universités . On fait de l’analyse et pas de prédictif. Mais cette première brique nous amènera bientôt vers l’IA sous réserve d’une stratégie nationale ou locale. On pourrait imaginer que les établissements locaux se regroupent pour avoir une politique commune.

Peut-on être « IA sceptique » aujourd’hui ?

Le scepticisme accompagne toutes les innovations. On ne pas prendre une innovation en se focalisant exclusivement sur les aspects positifs. Un certain recul est nécessaire pour éviter le risque de détournement contre l’humain. Dans l’éducation, il ne faudrait pas que l’IA impose des dispositifs de sélection, de discrimination ou une information tronquée. Nous devons y aller mais je ne sais pas encore comment réagiront les enseignants, les étudiants ou les personnels ? Quels seront les efforts à déployer en matière de formation ? Quelle technologie choisir au moment où elle change à grande vitesse ? Ce sont des questions centrales qui aboutissent en réalité à remettre au centre l’enseignement.

 

 

 

En Mode Projet

Posted by Gilbert Azoulay on mai 14th, 2018 under Non classé  •  No Comments

A quelques jours du colloque organisé par le CSIER (Comité des services informatiques de l’enseignement supérieur et de la recherche), son Président affiche les ambitions de cette organisation et revient  sur les défis auxquels sont confrontées les universités. Le numérique n’est à l’évidence pas une affaire d’argent mais bien de conduite du changement. L’organisation classique en silos a fait son temps, et c’est en mode projet que tout doit être désormais pensé. Une évidence à l’heure où la transformation digitale impose cette nouvelle approche. Une approche qui évitera des ratés, des dépenses inutiles et un retard irrattrapable sur le plan de la pédagogie. Le DSI à l’ancienne n’est plus un profil d’avenir. C’est bien un animateur du numérique qui devra être en place dans les établissements pour que tout le monde travaille ensemble à l’avenir.

CSIESR 2.0

Priorités. Il faut est de parvenir à construire une approche projet numérique dans l’ensemble des universités françaises. Nous ne pouvons plus réfléchir en silos et en structuration hiérarchiques rigides et peu agiles, avec d’un côté la technique, de l’autre les usages. « Le poste de DSI va évoluer pour laisser la place à des directions du numérique qui rassemble toutes les compétences, afin de ne pas travailler chacun dans son coin« , indique Yves Condemine, le Président du CSIER, par ailleurs VP de Lyon 3. « Le numérique doit être organisé en grands pôles de compétences complémentaires, sans recouvrement, mais s’ajustant parfaitement : infrastructures matérielles, systèmes d’information logiciels, support matériel aux utilisateurs, accompagnement à la pédagogie numérique, audiovisuel, avec des chefs de projet transverses animant des structures projets éphémères (de quelques semaines à quelques années pour les grands projets) et primant sur les hiérarchies administratives classiques« .

Gestion intégrée. Même si tous les acteurs agissent dans le bon sens, une trop grande hétérogénéité demeure . Et ce même si tout le monde ressent le besoin d’évoluer vers un nouveau mode de gestion plus intégré. Le COMUE sont une opportunité pour construire un nouveau modèle. La hiérarchie doit dans ce cadre nettement évoluer. Il faudrait par exemple pour chaque sujet clé des chefs de projet transverses animant les projets éphémères, en capacité de décider, au-delà des hiérarchies administratives classiques. Au niveau des universités, il est ainsi fondamental de réduire la profondeur hiérarchique our aller vite, être agile, réactif, répondre au mieux aux attentes de nos usagers, anticiper la transformation numérique, monter rapidement les réponses aux appels à projets et appels à manifestation d’intérêt…

Anticipation. La transformation numérique de nos organisation n’est pas une affaire exclusivement de gros sous, mais plutôt de posture. Ainsi anticiper, c’est se donner la capacité de ne plus subir celle-ci mais d’en être un acteur.  Les universités doivent être à l’écoute des innovations, de l’actualité des start-up, des bonnes pratiques, etc. Si l’on prend l’exemple de l’intelligence artificielle : a nous d’envisager dès à présent les scenarii et pas de se précipiter les yeux fermés. Quels en seront les apports dans nos usages au sein de l’écosystème ESR ? Nous devons répondre à cette question dans la mesure du possible.

Colloque du CSIERLes assises de l’association se tiendront du 22 au 25/05/2018 à Opio (Alpes-Maritimes). Thèmes abordés cette année :

  • Système d’information, architecture et Urbanisation, référentiels
  • Sécurité des Systèmes d’Information
  • Organisation de la DSI et Gestion des ressources humaines
  • Méthodes agiles et devops
  • Transformation digitale

RGPD : 4 lettres… pas mieux

Posted by Gilbert Azoulay on mai 7th, 2018 under News  •  No Comments

Dans une tribune publiée la semaine dernière, Xavier Leclerc, CEO de DPMS revient sur le RGPD en 4 lettres. Ainsi se résument les nouveautés de cette réglementation. Alors voici un ultime rappel pour celles et ceux qui auraient raté les épisodes précédents. Dernier point : c’est le 25 mai que la nouvelle réglementation entre en vigueur !

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R Comme Registre

Avec la mise en place du RGPD, de nombreuses pratiques des entreprises en matière de protection des données vont être modifiées. L’un des points les plus importants de cette réforme réside dans l’obligation pour chaque entreprise de tenir un registre de traitements des données et ce, même en l’absence d’un DPO. Celui-ci pourra avoir deux niveaux de lecture dans le cas où il serait traité par un sous-traitant, dont le rôle sera de tenir un registre par catégorie de traitements. En parallèle, certaines mesures seront allégées : les responsables ne seront plus contraints de déclarer leurs traitements auprès de la CNIL (hormis pour des autorisations particulières). En résumé, les entreprises devront donc attester de leur conformité grâce à leur registre de traitements qui sera systématiquement réclamé par la CNIL durant les contrôles.

G Comme Gouvernance

Autre enjeu de taille dans cette nouvelle réglementation : la gouvernance, qui désigne ici un ensemble de procédures internes et de bonnes pratiques organisationnelles. Avec l’entrée en vigueur du RGPD, la responsabilisation des entreprises face à la protection des données personnelles sera accrue, et affectera en profondeur leurs process de conception et de traitement. En imposant le respect du « Privacy by Design » (prise en considération de la protection de la vie privée dès la conception) et du « Privacy by Default » (garantie du plus haut niveau de protection possible), le RGPD contraint chaque organisme à prouver qu’un projet, depuis sa conception à son application, a pris en compte le respect et la protection de la vie privée à chaque étape. Les entreprises devront également traiter dans un délai d’un mois, et non plus deux, les demandes de réclamations. Cette nouvelle forme de gouvernance n’est en fait l’expression de la notion d’accountability établie par le RGPD. Si l’entreprise constate une violation de données, elle dispose de pour le notifier à la CNIL. Elle peut également envisager la réalisation d’Etudes d’Impact Vie Privée (ou PIA) pour les traitements dits « sensibles ».

P comme Preuve

Pour prouver facilement leur conformité avec le RGPD, les entreprises vont devoir mettre en place différents process. Plusieurs dispositifs s’ouvrent à eux : par exemple, pour prouver le respect du Privacy by Design, les entreprises peuvent procéder à l’horodatage d’un élément nécessaire à la conception du projet (document portant sur les droits des personnes) ou à la tenue d’un « clausier » contenant toutes les informations sur les sous-traitants afin de prouver facilement la présence de clauses portant sur la protection des données dans les contrats. Avec le passage du RGPD, la preuve est élargie et comprend toutes les notions relatives à la protection des données pour permettre aux entreprises deprouver plus facilement la véracité des informations délivrées aux personnes, la légalité du processus d’obtention des données personnelles sensibles (conscience, consentement libre et éclairé…) et le respect des droits des personnes (en particulier le droit à la vie privée).

D comme DPO

Au cœur de l’inventaire des traitements de l’organisme, fortement recommandé et dans certains cas obligatoires, le DPO (délégué à la protection des données) supervisera et assurera le respect de la conformité de son entreprise au RGPD. Il se verra conférer des missions plus larges que celle de l’actuel CIL. Tout comme le CIL, le DPO n’aura pas d’engagement de responsabilité par principe, sauf en cas de complicité active avec le responsable du traitement ou s’il accomplit mal des tâches en dehors du cadre de ses missions.

Fondateur et Président de l’Union des Data Protection Officer (UDPO), Xavier Leclerc a lancé DPMS en 2016. 

 

Blockchain et Sup

Posted by Gilbert Azoulay on avril 30th, 2018 under News  •  No Comments

Quels sont les impacts de la technologie blockchain dans l’ESR ?  Le dernier séminaire « Blockchain4Edu » du CRI (Centre de recherches interdisciplinaires) a permis d’entrevoir les première pistes et une autre approche de certains sujets. Mais aussi d’y voir plus clair sur ce qu’est réellement la blockchain. Quels seront les modes de gouvernance  ? Quels seront les nouvelles pratiques de l’ESR avec la Blockchain? Voici un décryptage ci-dessous. (*)

A noter : ce papier fait écho à un entretien que j’avais mené  dans ce même blog avec Cyril Grunspan, Responsable du département d’Ingénierie Financière de l’ESILV, en janvier 2016 et qui préfigurait ce qui suit. Voici un extrait de son interview : « Notre enseignement intègre désormais une option entière sur la Blockchain. En ce qui concerne le diplôme, les étudiants pourront désormais donner une preuve infalsifiable qu’ils ont obtenu notre titre d’ingénieur. C’est un élément important pour lutter par exemple contre la fraude, mais c’est aussi une opportunité pour nos établissements de réduire les coûts. Chaque année, cela revient extrêmement cher d’imprimer et de distribuer à chaque élève un diplôme. La Blockchain devient un registre où sont consignés les diplômes des anciens élèves. A terme ils disposeront d’un code qu’ils présenteront aux recruteurs pour justifier de leurs qualifications« .

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Les points soulevés par la Commission européenne

  • La fin du système basé sur le papier pour les certificats : tous les certificats, diplômes et actes délivrés par l’ESR pourront être délivrés de manière permanente et sécurisée par la blockchain. La technologie permettrait d’aller plus loin en intégrant des reconnaissances, les crédits d’enseignement, et d’avoir un enregistrement des apprentissages formels et non formels tout au long de la vie.
  • La technologie blockchain permet d’automatiser la validation des diplômes sans avoir à contacter l’institution émettrice du diplôme. Cette capacité d’authentification peut s’appliquer à d’autres champs que celui du diplôme, notamment dans l’attribution des ressources éducatives libres ou celui de l’application de la propriété intellectuelle.
  • Réduire la concentration des données hébergées, c’est un des avantages d’utiliser une architecture de données distribuée, basée sur la blockchain.

Les six atouts pointés par la Commission européenne 

  • La souveraineté individuelle : pour les utilisateurs, elle permet de s’identifier par eux-mêmes tout en gardant le contrôle sur le stockage et la gestion de leurs données personnelles.
  • La confiance  : pour une infrastructure technique, elle donne aux personnes suffisamment confiance dans ses opérations pour prendre en charge des transactions ou le fait de délivrer des certificats.
  • La transparence et la provenance  : pour les utilisateurs, elle permet de réaliser des transactions en sachant que chaque membre a la capacité de rentrer dans cette transaction.
  • L’immuabilité : pour les enregistrements, la possibilité d’être écrits et stockés de manière permanente, sans possibilité de modification.
  • La désintermédiation  : la suppression du besoin d’une autorité centrale de contrôle pour gérer les transactions et garder les enregistrements.
  • La collaboration  : la possibilité pour les parties d’effectuer une transaction directement sans un tiers de confiance.

Blockchain, Malte le futur cœur de la machine ?

Dans le genre innovation, L’île de Malte se positionne désormais pour devenir « l’île blockchain ». Le 23/03/2018, le leader mondial de l’échange de cryptomonnaies, Binance, annonce investir à Malte pour développer ses activités en raison « d’une législation pro-blockchain et la stabilité qu’elle offre aux entreprises de technologie financière à travers son cadre réglementaire. »  Le pays est en réflexion pour constituer un texte de loi sur la monnaie virtuelle et le gouvernement est très favorable au développement des cryptomonnaies, qui reposent sur la blockchain.

(*) : source NT HER

RGPD, les points clés

Posted by Gilbert Azoulay on avril 9th, 2018 under News  •  No Comments

Nous sommes à quelques semaines de la mise en place du RGPD et il est toujours utile de rappeler en quelques points clés et les éléments fondamentaux. Nous nous appuyons sur un document publié par la société NIBELIS, spécialisée dans les SIRH. Son document intitulé « Comment transformer la contraintes réglementaire en opportunité pour l’entreprise » (note de synthèse, mars 2018) est assez pertinent pour permettre de bien comprendre les enjeux.

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Tout d’abord du côté des salariés, le RGPD va leur permettre de reprendre la main sur la nature des données qui sont collectées et conservées. En conséquence :

  • Ils ont un droit d’accès et de rectification des données personnelles
  • Ils disposent d’un droit à l’oubli (en cas de départ)
  • Droit à la limitation (collecté de données nécessaires)
  • Droit de ne pas faire l’objet de décisions individuelles automatisées (profilage)
  • Droit d’introduire un recours ou une plainte devant la CNIL

Rappelons que l’article 30 du RGPD énonce l’obligation de tenir un registre interne des traitements de données personnelles, complet et actualisé. Il doit être mis à disposition de la CNIL en cas de contrôle. Cette obligation ne s’applique qu’aux entreprises ou administrations de 250 employés et plus. Attention : certaines organisations dont l’effectif n’atteint pas ce seuil devront aussi se plier à l’exercice, si elles effectuent des traitements sensibles :

  • De façon régulière.
  • Qui concernent certaines catégories de personnes ou des données relatives à des condamnations pénales et à des infractions.

D’ici le 25 mai, les organisations doivent donc respecter le principe d’accountability, un principe fondateur de la loi. Elles doivent donc pouvoir présenter une documentation en cas de contrôle, prouvant que des processus ont bien été pensés pour la mise en conformité avec les exigences contractuelles et organisationnelles.

L’autre point clé est l’apparition d’un personnage clé : le DPO (Data Protection Officer).  Avant le 25 mai 2018, toute entreprise effectuant des traitements de données à grande échelle, ou de datas sensibles et ce de façon régulière devra être accompagnée par ce spécialiste, interne ou externe, qui sera le garant du respect de la réglementation au sein de l’organisation.

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La CNIL va mener des audits dès le 25 mai 2018 pour montrer l’exemple, probablement auprès de grandes organisations. Les vérifications porteront sur 4 piliers. »

1.Est-ce qu’un DPO a bien été nommé ?

2.Est-ce qu’un effort a été produit pour mettre en place une cartographie des données personnelles ?

3.Existe-il un listing des sous-traitants et la régularisation des contrats en cours a-t-elle été amorcée (signature d’avenants contenant des clauses dites obligatoires sur la protection des données)

4.Les collaborateurs ont-ils été informés ?

Et la loi se veut efficace et rapide. Le RGPD impose une auto-évaluation permanente. Au-delà des garanties de la protection de la vie privée de ses salariés (nouvelles applications développées en conformité avec le principe du « privacy by design »), les Services RH devront par exemple être en capacité de notifier la CNIL en cas de violation des données personnelles sous 72h et prévenir les personnes concernées.

Nous ne pouvons que nous réjouir de cette réglementation qui va enfin permette d’apporter de la régulation à un marché de la data complètement débridé, ne répondant à aucun code éthique. Les dernières révélations sur des acteurs majeurs des réseaux sociaux démontrent la pertinence de disposer d’un cadre législatif pour protéger le citoyen.

 

Do you speak digital ?

Posted by Gilbert Azoulay on avril 3rd, 2018 under Non classé  •  No Comments

Nous allons enfin parler français quand nous parlerons de numérique. Le BO vient de publier l’équivalent  français de termes que nous utilisons au quotidien (adaptive learning, impact factor, Cooc …). Cette démarche n’est pas anodine et témoigne au fond de notre capacité à digérer les évolutions technologiques et de les mettre à la disposition du plus grand nombre, en gardant notre identité. La Commission d’enrichissement de la langue française recommande toutefois d’utiliser les mots/expressions, « en fonction du contexte et des réalités désignées, soit des termes déjà disponibles tels que bibliothèque, médiathèque, centre de ressources, soit des expressions plus originales, par exemple forum des savoirs ».

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Traductions au BO du 22/03/2018

Terme étranger  Domaine/sous-domaine Équivalent français 
adaptive learning. Éducation-Formation. apprentissage adaptatif.
benchmark (to). Tous domaines. référencer, v., parangonner, v.
benchmarking. Tous domaines. référenciation, n.f., parangonnage, n.m.
corporate open online course (COOC). Formation-Économie et gestion d’entreprise. cours en ligne d’entreprise (CLE).
curricular. Éducation-Formation. curriculaire, adj.
curriculum. Éducation-Formation. curriculum, n.m.
home school, home schooling. Éducation. instruction à domicile.
immersive classroom. Éducation. classe d’immersion numérique, classe immersive.
impact factor (IF). Recherche. indice de citations, facteur d’impact (FI) (langage professionnel).
inclusive education. Éducation. inclusion scolaire.

L’école face ou avec au numérique ?

Posted by Gilbert Azoulay on mars 26th, 2018 under Interview  •  No Comments

Voici un entretien avec Jean Marc Monteil, chargé d’une mission sur le numérique dans l’Éducation nationale,  publié dans le n°78 de la revue Hermès du CNRS intitulée « Quand le numérique s’invite à l’école… ». Le regard de cet homme d’expérience est important et particulièrement quand il s’agit de numérique. Quelques points clés de cet entretien :

  • Dans l’univers numérique où la profusion d’informations confine à l’obésité nous n’avons jamais eu autant besoin du professeur
  • La capacité du numérique à favoriser et à organiser le stockage de l’information et la rapidité de son rappel installe en quelque sorte l’externalisation des mémoires.
  • La question majeure n’est donc probablement pas celle de la mutation des apprentissages mais celle de l’adossement des pratiques d’enseignement et d’apprentissage aux produits de la recherche.
  • Nous avons un système éducatif trop vertical par rapport à l’étendue et aux caractéristiques de son champ d’application.
  • Promouvoir « le numérique » comme discipline ce serait l’installer dans une verticalité académique que par ailleurs sa pratique même remet en cause.

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En quoi les techniques et les contenus numériques ont-ils modifié le rapport aux savoirs et aux apprentissages ?

En prenant en compte certaines conséquences liées au développement du numérique, il est possible de soulever quelques points cruciaux relativement aux savoirs et au couple enseigner et apprendre. C’est ainsi que l’accès immédiat à des contenus étendus, et au développement exponentiel, permet de considérer qu’il n’y a plus aujourd’hui, du moins en apparence, de questions sans réponses. En effet, à toute question correspond un « clic » susceptible de lever l’interrogation. Mais la réponse obtenue est elle pour autant pertinente ? Sauf à disposer d’une capacité à hiérarchiser, trier et contextualiser l’information proposée, rien ne permet de l’assurer. C’est pourquoi une première « leçon » s’impose : dans l’univers numérique où la profusion d’informations confine à l’obésité nous n’avons jamais eu autant besoin du professeur. Au-delà de cette nouvelle réalité, la capacité du numérique à favoriser et à organiser le stockage de l’information et la rapidité de son rappel installe en quelque sorte l’externalisation des mémoires. Dans le cadre de nos activités cognitives d’enseignement ou d’apprentissage, cette externalisation des mémoires libère de l’espace mental et rend disponible une plus grande part de nos ressources attentionnelles, dont on sait, par ailleurs, l’importance pour le traitement de l’information et la résolution de problèmes. Dès lors, comment mobiliser et à quelles fins cet espace potentiellement disponible ?

On peut enfin, pour poursuivre ce bref survol, et continuer dans la même veine, évoquer l’apport éventuel du numérique pour promouvoir des situations plus favorables au traitement de l’information dans le cadre des apprentissages à l’école. Les possibilités offertes par les technologies numériques, qui permettent de présenter sous des formes variées les informations ou les problèmes à résoudre, constituent autant d’opportunités pour rendre équiprobable l’accès à leur traitement.

Vous êtes à la tête de l’appel à projets eFran. Quelles sont vos intentions par cet appel à projets, les types de projets retenus, quels résultats visés ?

L’appel à projets e-Fran conduit à expérimenter de nouvelles manières d’enseigner et d’apprendre, à partir de dispositifs pédagogiques et numériques innovants dans un cadre scientifique rigoureux. L’objectif affiché s’inscrit dans  un enrichissement du clavier de réponses de l’enseignant pour augmenter sa liberté de praticien. 22 projets lauréats bénéficient, au terme de deux vagues de sélection, d’un soutien financier du programme d’enrichissement d’avenir (PIA) de 20M€. Déployés dans plus de 300 écoles, collèges et lycées, ces projets mobilisent 25 établissements d’enseignement supérieur, 58 unités de recherche, 20 entreprises, 12 associations et 24 collectivités territoriales. Trente doctorants seront formés dans ce cadre et viendront renforcer le potentiel scientifique en matière de numérique éducatif et alimenter la formation initiale et continue des maitres à travers les 10 Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE) impliquées dans le processus.

Enseigner la pensée informatique en relation avec les mathématiques, diversifier les contextes d’apprentissage dans un système de tutorat intelligent, promouvoir l’apprentissage collaboratif grâce aux interfaces tangibles et augmentées, expérimenter l’approche par projet via la conception 3D, développer et tester un logiciel open source pour l’apprentissage ludique des fondamentaux en maternelle, tels sont quelques projets qui illustrent le champ couvert par l’expérimentation. Les résultats, et les processus de leur obtention, seront évidemment inscrits dans une innovation ouverte à l’ensemble du système éducatif. Un comité de suivi s’attache, par ailleurs, à promouvoir les échanges entres les différents partenaires pour consolider et ouvrir à l’espace international une communauté scientifique, technologique et pédagogique dans le domaine du numérique éducatif.

A travers les équipes constituées à l’occasion de cet appel à projets, la perspective adoptée a clairement pour ambition de promouvoir les démarches scientifiques qui sont à la base de la production des connaissances. Il s’agit donc de s’attacher à saisir la façon dont s’élabore le savoir pour en interroger la pertinence et développer ainsi un esprit critique, trop peu présent dans la « verticalité académique » habituelle de la diffusion des connaissances.

En tant que scientifique, quelles sont les dernières recherches nationales ou internationales qui vous ont marqué en termes de mutation éventuelle des apprentissages ?

Je ne crois pas qu’à propos des apprentissages avec ou par le numérique on puisse parler de mutation. L’Etat de la science permet aujourd’hui de maitriser un ensemble de connaissances sur les apprentissages, notamment sur les apprentissages fondamentaux liés à la lecture, au dénombrement ou encore à l’écriture, en mesure de nourrir efficacement les pratiques pédagogiques. Par ailleurs, les travaux sur les conditions susceptibles de favoriser et d’améliorer les performances scolaires ne manquent pas. Dès lors, les évolutions qui peuvent être liées au numérique relèvent moins d’une mutation que de la capacité à l’asservir comme moyen à des fins d’apprentissage et d’enseignement, par ailleurs nourries par des connaissances scientifiques. La question majeure n’est donc probablement pas celle de la mutation des apprentissages mais celle de l’adossement des pratiques d’enseignement et d’apprentissage aux produits de la recherche. C’est probablement là que se situe l’enjeu majeur de la formation initiale et continue des professeurs et plus largement de l’ensemble des professionnels de l’éducation. Cette question réclame au moins deux conditions liées. D’abord, celle d’assurer la formation des personnels de l’éducation pour les doter d’un « équipement » méthodologique nourri par la démarche scientifique. Ensuite, celle de pouvoir choisir parmi les connaissances scientifiques proposées celles dont la validité est assurée et la pertinence avérée pour informer les démarches pédagogiques dans lesquelles ils s’inscrivent où dont ils se réclament.

Le système éducatif français a-t-il manqué une étape ou des étapes par rapport à d’autres systèmes éducatifs européens ou de pays à économie forte ?

Nous avons un système éducatif trop vertical par rapport à l’étendue et aux caractéristiques de son champ d’application. Il conviendrait de s’ouvrir beaucoup plus largement que nous le faisons à l’expérimentation. En effet, il existe nombre de démarches innovantes, mais qui trop souvent relèvent davantage d’une militance éclairée que d’un engagement institutionnel concerté. Le numérique, en favorisant notamment le travail collaboratif, les organisations réticulaires et les démarches plus horizontales, à travers des plateformes distribuées, représente un outil particulièrement adapté pour offrir à des expérimentations jusqu’alors locales un espace de partage et d’échange qui fournirait, par ailleurs, l’assurance d’évaluations continues dans un cadre d’empan national. L’expérimentation aurait alors, outre celle d’innover qu’on lui connaît, la vertu de donner aux acteurs de l’éducation une responsabilité « augmentée », charpentée par une solide formation initiale et continue renouvelée.

Selon vous, faut-il créer une discipline centrée sur le numérique ou plutôt disséminer le numérique dans toutes les disciplines et dispositifs d’enseignement ?

Là encore c’est un sujet de débat intéressant qui se nourrit de points de vue parfois très contrastés. Pour ma part je crois que s’il s’agissait de créer, dès aujourd’hui, une nouvelle discipline à enseigner et à apprendre ce serait une erreur de le faire. En effet, promouvoir « le numérique » comme discipline ce serait l’installer dans une verticalité académique que par ailleurs sa pratique même remet en cause. En revanche, sa dissémination dans l’ensemble des disciplines et des dispositifs est déjà une quasi réalité et deviendra très vite une évidence institutionnelle. C’est pourquoi, il convient de s’attacher à en apprécier l’intérêt et les limites, les conséquences positives et négatives et d’en définir les conditions les plus pertinentes pour l’efficacité de son utilisation. En quelque sorte ce que l’appel à projet e-Fran se donne comme objectif de mettre au jour. Mais on ne saurait injurier l’avenir. Si les développements futurs conduisent à réclamer, au-delà même de l’enseignement de l’informatique (à laquelle le numérique ne se réduit pas), et de l’évolution de l’intelligence artificielle (qui alimente l’univers digital), l’identification d’un corpus intégré de « savoirs numériques » sans doute faudra-t-il traiter le sujet. Lequel sujet constituera un problème à la fois redoutable et particulièrement stimulant en raison du caractère multidimensionnel de la discipline à créer.

Compétences Numériques : d’une logique de stock à celle de flux

Posted by Gilbert Azoulay on mars 19th, 2018 under Non classé  •  No Comments

Le numérique ne cesse de bouleverser notre écosystème et particulièrement celui de l’enseignement. Dans ses pratiques et usages bien entendu mais également dans sa conception même. De nombreux établissements sont apparus et occupent désormais une place significative sur le marché. Leur essor devrait encore continuer. A l’instar de WEBFORCE3, jeune institution lancée par Alain Assouline, il y a tout juste 3 ans, tout va très vite. Ce jeune groupe d’enseignement indépendant en est déjà à sa deuxième levée de fonds et prévoit l’ouverture d’une cinquantaines d’écoles. Rencontre avec le fondateur.

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Quelle est l’histoire de Web Force 3

L’idée de créer cette formation est venue alors que je dirigeais une agence web et que nous avions beaucoup de mal à recruter des développeurs. J’ai pensé spontanément aux étudiants décrocheurs pour les remettre dans l’emploi. En 2014, nous avons donc créé une première école qui a accueilli des profils très variés, jeunes et séniors, expérimentés ou non. Cette première expérience a suscité des appels et nous avons été pris comme une des références au moment de la création de la Grande École du Numérique. En 2018, nous en sommes à une trentaine d’écoles ouvertes en France dont une au Luxembourg. 2000 personnes ont été formées, dont 850 en 2017. Nous visons 2000 étudiants par an et 50 écoles en France ainsi qu’un certain nombre d’ouvertures en Europe et en Afrique à horizon 5 ans.

Votre point de départ c’est le codage qui souffre d’une certaine pénurie en France ?

Oui, car les ingénieurs ne veulent plus coder au bout d’un certain temps. Ceux qui acceptent de continuer à coder sont souvent des autodidactes qui se forment de manière autonome, sur le terrain. Créatifs, malins, capables de se mettre à jour en compétences, mais souvent plutôt de « bidouilleurs ». Ma réflexion a été de les accompagner pour les aider à acquérir des bases plus solides. Pour être efficaces, nous avons conçu un parcours équivalent à une année en nombre d’heures mais proposé en 3 mois, basé sur la pratique et avec des professionnels comme formateurs.

Quelle est la gouvernance de votre groupe ?

Ma première démarche pour déployer le réseau d’écoles a été de créer une franchise à partir du premier établissement parisien. Pour cela, nous avons effectué une première levée de fonds de 400 000 € avec Impact Partner, un fond d’investissement, spécialisée dans les projets à fort impact social. Puis nous avons également ouvert des écoles en propres dans des grandes villes. Nous venons tout juste de clore une seconde levée de fonds à hauteur de 2,5 M€. Odysée Venture, une autre institution, est entrée également dans le capital.

Quel est votre modèle économique ?

Nous nous appuyons sur les financements de droit commun de la formation professionnelle pour les salariés ou demandeurs d’emplois. Les jeunes et les familles peuvent aussi financer la scolarité qui s’élève à 4000 €. En 2017, nous avons réalisé un chiffres d’affaires de près de 2 M€.

Trois mois de formation, est-ce vraiment assez ?

Je ne prétends pas former pas des ingénieurs mais des gens capables d’occuper un poste de codeur qui évolueront ensuite tout au long de leur parcours professionnel. Nos chiffres d’insertion démontrent la pertinence du modèle : 60% trouve un job aussitôt, 15% sont indépendant ou ont lancé leur boite et le reste est en stage ou en poursuite d’études. Nos certifications d’intégrateur web et développeur web correspondent au niveau III (bac+2). Nous savions bien que proposer des filières en 3 mois ferait débat et pouvait remettre en cause les parcours classiques. Mais la preuve est faite maintenant sur 2000 personnes que notre approche basée sur un volume de 490h équivaut à une formation complète. La différence est le rythme d’apprentissage. C’est une posture disruptive.

Est-ce la fin des formations traditionnelles ?

Faut-il absolument faire 5 ans d’études après le Bac pour travailler dans le numérique, sachant que les savoirs changent à très grande vitesse ? Ne vaudrait-il pas mieux suivre des cursus courts et accompagner les personnes tout au long de leur parcours pour s’adapter. C’est le grand défi de l’éducation. La formation n’est plus un stock que l’on garde tout au long de la vie mais un flux de compétences à acquérir. C’est d’ailleurs pour cela que nous développons toute une série de sessions pointues courtes pour les personnes dans l’emploi.

Web, digital, numérique… ce secteur est porteur : mais jusqu’à quand ?

Le Web a permis au numérique d’entrer partout et de faire un bond en matière d’intelligence artificielle qui remplacera peut-être un jour les opérateurs de saisie ou même les développeurs. Le secteur du digital ne cessera de créer de nouveaux métiers et exiger de nouvelles compétences. C’est pour cela qu’il faudra se former en permanence. Le gisement d’emplois est selon moi encore très important.