Pokemon Go, un modèle pour l’enseignement ?

Posted by Gilbert Azoulay on septembre 26th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Une grande école de commerce se lance dans la réalité virtuelle immersive ! KEZAKO ? Très simple : à l’aide d’un casque, les étudiants se retrouvent en situation quasi réelle pour mener à bien une étude de cas par exemple. Récit de cette nouvelle aventure pédagogique avec  Alain Goudey, Professeur de marketing, et Marie-Laure Massué, Directrice du Teaching and Learning Center de Neoma Business School.

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Pouvez-vous nous rappelez le projet ?

Le projet « Exe » (experiential education) est une démarche pédagogique innovante mise en place chez NEOMA business shchool. En l’espèce, il s’agit d’une étude de cas marketing avec une approche  réalité virtuelle immersive, via un casque qui munit d’un téléphone portable  projette des images et des films. Notre constat est évident : chez les étudiants, la motivation est essentielle et nous sommes très clairement dans un cadre « d’edutainement » qui casse le cadre traditionnel. Cela permet de mobiliser plus fortement nos élèves. Par ailleurs, cela favorise les interactions avec différents interlocuteurs au gré de la navigation dans l’étude de cas immersive. L’étudiant pourra constituer une base d’information, réaliser un diagnostic et faire des recommandations. Enfin, cette méthode permet de faire venir l’entreprise de manière virtuelle au cœur de l’école.

Comment avez-vous développé ce projet ?

L’idée est venue d’un constat : les écoles ne sont plus dépositaires du savoir. Il nous faut donc délivrer en complément des expériences et des actions concrètes pour réfléchir sur les multiples situations que nos étudiants rencontrent ou vont rencontrer. Avec une étude de cas, nous nous affranchissons des documents car les jeunes sont en situation réelle. La réalité virtuelle immersive permet enfin d’avoir un engagement plus fort des étudiants. L’effet nouveauté joue à plein et l’expérience vécue par les jeunes est unique.

Avez-vous eu les moyens de développer cette expérience ?

Oui, bien sûr. Nous avons d’abord défini un concept à savoir, développer la pédagogie par l’action avant de préciser les moyens à mettre en œuvre dans une configuration nouvelle. Nous avons fait appel à des diplômés qui ont apporté leur concours technologique.

Quel est l’avenir de cette approche selon vous ?

Pour le moment, le test a porté en juillet  sur 100 étudiants puis dès la rentrée 300 utiliseront l’étude de cas immersive dans l’ensemble de nos programmes. L’outil sera ensuite généralisé et permettra de mettre tous nos etudiants en situation. Après l’enseignant reprendra bien entendu son rôle pour débriefer. Une chose est sûre : nous irons vers encore plus de technologie. Le monde de l’éducation, comme d’autres secteurs, fait face à une vague technologique sans précédent. Pour nous les grandes écoles, c’est une occasion de repenser nos métiers.

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Le virtuel c’est donc bien l’avenir ?

Au niveau de la planète, les investissements portent sur cet univers. Par ailleurs, un fort courant de pensée aux USA poussent dans cette direction. Pour nous enfin, il est clair que nous pouvons concevoir des apprentissages plus intenses, plus efficaces, plus durables et sans aucun doute plus complets. Les boucles de rétroactions sont également plus rapides. En clair, on réfléchit beaucoup plus vite sur une situation vécue. Demain, en plus de films 360°, nous travaillerons sur de la réalité mixte à savoir le mélange de la réalité virtuelle et la réalité augmentée… type Pokemon Go.

Réalité virtuelle immersive dans une business school

Posted by Gilbert Azoulay on septembre 19th, 2016 under News  •  No Comments

Voici une dépêches de News Tank Education qui concerne une innovation ou plutôt une expérimentation intéressante. Neoma Business School propose à quelques étudiants des cours via la réalité virtuelle.

Comment Neoma Business School expérimente la réalité virtuelle immersive
« Cette année, 300 étudiants de Neoma Business School, dont 200 du programme grande école, vont suivre un cours qui intègre de la réalité virtuelle immersive. Cette technologie est déjà utilisée pour des visites de campus ou de manière purement ludique. La nouveauté consiste à s’en servir sur un plan pédagogique dans le cadre d’une étude de cas », déclare Alain Goudey, professeur de marketing à Neoma Business School. Concrètement, les étudiants vont chausser des casques et visiter le magasin de téléphonie d’occasion 6netic (créé par des anciens de Neoma) en réalité virtuelle immersive. Ils pourront explorer le magasin, l’atelier et le back-office « comme s’ils y étaient », observer une scène de vente et écouter les professionnels décrire leur métier au quotidien. L’objectif : s’immerger dans la réalité du petit commerce pour réaliser un diagnostic critique de merchandising.

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Pour mettre en place son projet de réalité virtuelle immersive, Neoma a acheté 50 casques de la marque Homido, dans lesquels les étudiants placent leur smartphone. Au-delà de cette dépense d’environ 200 ou 300 €, l’école ne dévoile pas le montant total investi, indiquant seulement que « dix personnes ont travaillé sur le projet pendant 18 mois, mais pas à temps complet ».
Pour Alain Goudey et Marie-Laure Massué, qui dirigent le Teaching & Learning Center de Neoma, la réalité virtuelle immersive présente un intérêt pédagogique évident : « Il y a une dimension ludique qui crée une attirance de fait. On l’a déjà testé, cela fonctionne à chaque fois ! Une telle approche, qui ressort de la gamification ou de l’edutainment, permet de casser la routine d’apprentissage car l’étudiant ne s’attend pas à se retrouver dans cette situation. » D’autre part, « les études montrent que vivre une expérience en réalité virtuelle immersive s’apparente de très près à la vivre réellement. Cela rejoint la notion d’expérientiel qui est au cœur de la stratégie d’apprentissage développée par Neoma Business School, à travers également des jeux de rôles, des simulations de business games, la gestion de projets d’entreprise réels… »
Enfin, « le projet place l’étudiant en position d’acteur. Or, les recherches en sciences de l’éducation montrent que ce type de pédagogie génère une implication favorable à un meilleur apprentissage ».
Néanmoins, « si la réalité virtuelle immersive est un outil cognitivement plus performant qu’une étude de cas linéaire, il faudra bien sûr évaluer l’impact en matière d’apprentissage », soulignent les enseignants.

Le numérique s’impose face au print dans les BU

Posted by Gilbert Azoulay on septembre 5th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Signe des temps, le numérique s’impose aussi dans les lieux traditionnels comme les BU avec des abonnements aux revues scientifiques qui progressent fortement. Ce qui n’est pas sans poser de questions, notamment quant aux modalités de tarification. Dans une dépêche de News Tank Education on peut lire : « Les abonnements aux revues scientifiques représentent une part croissante de la documentation des BU ; et, le numérique étant devenu le support essentiel de la recherche, les dépenses consacrées aux abonnements électroniques dépassent désormais très largement celles des abonnements aux revues imprimées, pouvant aller du double à plus du quintuple dans certains cas », indique Gaëlenn Gouret, conservatrice des bibliothèques, responsable du département numérique de la bibliothèque universitaire de l’UBO. 

Voici ci-dessous les points clés de cette dépêche intéressante.

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La production scientifique est aujourd’hui abondante, et les revues nombreuses. Le marché comporte un effet de longue traîne : un petit nombre d’éditeurs dominent, mais avec des parts de marché limitées ; derrière eux figure une longue traîne de très petits éditeurs. Mais il s’agit en réalité d’une économie d’exploitation de marque. Toutes les revues ne sont pas égales en notoriété : les quatre premiers éditeurs (Elsevier, Wiley-Blackwell, Springer, Taylor & Francis) représentent un quart des titres, mais la moitié de ceux ayant un fort facteur d’impact. Il s’agit, par ailleurs, d’un marché captif : près des trois quarts des revenus de l’édition scientifique viennent des bibliothèques. Il en résulte un marché aux prix inélastiques et à la courbe inflationniste.

Les bibliothèques peuvent faire appel à un intermédiaire qui leur fournit l’accès aux ressources et en assure la gestion (agrégateur ou producteur de bases de données), passer par un groupement de commandes (abonnements négociés par Couperin), ou encore s’abonner directement auprès des éditeurs. Le modèle majoritaire est aujourd’hui celui du bouquet de revues : un package non fragmentable comportant des titres incontournables et d’autres à l’intérêt très variable. L’abonnement à des titres isolés reste possible pour certaines ressources, mais elle n’est pas intéressante financièrement, le prix des abonnements titre à titre étant toujours bien supérieur à celui des mêmes revues intégrées dans un bouquet.  Le système des bouquets est toutefois problématique : les contenus échappent à la sélection du bibliothécaire et ne correspondent pas exactement aux besoins des universitaires ; ils sont les mêmes d’une BU à l’autre. On regrette aussi des redondances, avec parfois les mêmes ressources proposées dans plusieurs bouquets ; et les bouquets eux-mêmes ont tendance à fluctuer : les noms donnés par les éditeurs à leurs « collections » changent régulièrement, des titres sont ajoutés, d’autres retirés.

Les modes d’accès dépendent des contrats passés avec les éditeurs des ressources, qui en autorisent la consultation, sous certaines conditions, à une communauté particulière, définie par des critères disciplinaires ou par l’appartenance à un établissement :

  • en fonction de leur statut, les enseignants-chercheurs n’ont donc pas tous accès aux mêmes ressources, ni aux mêmes plateformes ;
  • en fonction de l’éditeur, les modalités de consultation diffèrent : nombre plafonné d’accès simultanés/accès simultanés illimités, streaming/téléchargement, forfait/paiement à la consultation…

Les BU travaillent à harmoniser les modes d’accès, que ce soit au niveau des établissements ou au niveau des Comue, voire au niveau national avec les licences nationales.

Les coûts de la documentation électronique de niveau recherche concentrent aujourd’hui une grande part du budget documentaire des BU : généralement au moins un tiers, parfois plus de la moitié. Contrairement aux abonnements papier, les prix des abonnements électroniques varient d’un établissement à l’autre. Différentes variables peuvent être prises en compte par les éditeurs : la quantité de ressources acquises (à l’unité, par bouquet…), le nombre de sites géographiques, la nature de l’institution, et surtout les FTE (Full Time Equivalent), c’est-à-dire la population de chercheurs desservie. Indépendamment de ces variables, toutes les ressources n’ont pas non plus le même coût ; il existe notamment une grande différence entre les prix pratiqués par les éditeurs à but lucratif et ceux pratiqués par les éditeurs à but non lucratif, comme les sociétés savantes. Ainsi, la Freedom collection d’Elsevier peut parfois représenter à elle seule la moitié du budget consacré aux ressources électroniques. Bien souvent, les grands éditeurs cumulent plus de 80 % du budget consacré à la documentation électronique.

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Cette explosion des coûts de la documentation électronique de niveau recherche, couplée depuis plusieurs années à une baisse significative des budgets documentaires, met en danger l’équilibre des collections des BU. L’enquête menée par l’ADBU sur la période 2002-2014 évalue l’augmentation des coûts de la documentation électronique à + 457,6 %. Face à un choix impossible, certaines BU décident de désabonner massivement, d’autres se retrouvent dans l’incapacité de renouveler l’offre d’ouvrages destinés aux étudiants. De façon générale, l’ADBU constate une forte baisse des achats d’ouvrages imprimés, qui n’est pas compensée par l’achat d’e-books. Cela signifie que, dans bien des cas, le maintien de la documentation de niveau recherche se fait au détriment des ouvrages de premier cycle, ce qui représente un réel danger pour l’égalité des chances et la réussite des étudiants – une enquête menée à Toulouse en 2010 ayant ainsi démontré le lien corrélatif entre emprunt d’ouvrages et réussite aux examens.

Le modèle dominant « lecteur-payeur » montre ses limites – l’université payant en réalité deux fois les publications de ses chercheurs : lors de l’activité de recherche (salaires des chercheurs) et lors de la publication (abonnement pour avoir accès aux publications… de ses propres chercheurs). La solution pourrait se trouver dans le développement de l’open access. Dans son rapport de 2014, l’Académie des sciences recommande par exemple « que les modalités de diffusion des publications scientifiques soient réorganisées selon deux axes complémentaires comprenant, d’une part, les archives ouvertes, et d’autre part un Open Access institutionnel » et propose la « transformation intégrale des budgets d’abonnements de la Recherche publique en budgets d’aide à la publication dans des revues homologuées ». Le projet de loi pour une République numérique, qui devrait être définitivement adopté par le Sénat en septembre, comporte, dans son article 17, des mesures destinées à favoriser l’open access, en renforçant les droits des chercheurs à diffuser librement leurs travaux financés majoritairement sur fonds publics, notamment au sein d’archives ouvertes.

Enfin, plusieurs interrogations : les résultats de la recherche passent-ils aujourd’hui toujours par les revues ? Si les modes d’évaluation de la recherche incitent encore les chercheurs à publier dans les revues les mieux cotées, le développement rapide des réseaux sociaux de chercheurs fait émerger de nouveaux lieux diffusion, en-dehors des circuits éditoriaux. Concurrence ? Complémentarité ? De nouvelles ressources documentaires à prendre en compte au sein des politiques documentaires ?

 

 

Le numérique à l’école : trois règles pour bien faire

Posted by Gilbert Azoulay on août 29th, 2016 under Non classé  •  1 Comment

Une tribune pour cette rentrée porposée par Par Benoit Mangin, Directeur Commercial Europe du Sud, Aerohive.

Benoit Mangin

Oubliez les tableaux noirs, les piles de livres et les ordinateurs de bureau qui prennent trop de place. De plus en plus d’élèves de tout âge se servent maintenant de tablettes, d’écrans et de tableaux blancs virtuels pour apprendre.

Internet est devenu une plateforme indispensable à l’éducation. Les programmes scolaires et les outils évoluent constamment et permettent désormais aux enseignants de s’adapter comme jamais auparavant aux différents besoins de leurs élèves. Le développement du numérique va continuer de créer de nouvelles opportunités en matière d’éducation, aussi bien pour les élèves que pour les professeurs. Pour éviter que cette évolution ne se transforme en « distraction », des stratégies informatiques claires doivent être définies pour aider à la réussite scolaire.

La gestion centralisée des appareils

La multiplication des dispositifs informatiques, de la mobilité et la montée en popularité du BOYD rendent une bonne gestion de l’expérience digitale quasiment impossible. Un rapport récent d’Aerohive a montré que si 75% des écoles encourageaient le BOYD, seuls 42% des responsables informatiques estiment disposer des moyens de contrôle nécessaire pour gérer cette multitude d’appareils. Cela prouve que la plupart des réseaux scolaires ne sont pas en mesure de fournir aux étudiants la flexibilité et la sécurité dont ils ont besoin pour utiliser leurs appareils efficacement.

Cette situation doit changer. C’est pour cette raison que les solutions alternatives telles que le Wi-Fi basé dans le cloud sont de plus en plus populaires. Pour les départements informatiques, une gestion simplifiée et poussée par la mobilité signifie qu’elle rend accessible de nouvelles possibilités dans la salle de classe.

La flexibilité et la sécurité vont de pair

Le même rapport d’Aerohive dévoile également que 62% des responsables informatique ont des difficultés à trouver l’équilibre entre flexibilité et sécurité. Il est essentiel que cette situation change car ces deux points sont clés dans l’amélioration de l’expérience pédagogique, tant pour les professeurs que pour les élèves.

Les écoles veulent fournir à leurs élèves un apprentissage flexible grâce aux connexions en Wi-Fi et des technologies mobiles qui facilitent l’enseignement. En effet, ce dispositif permet aux enseignants d’enregistrer chaque élève et son appareil mobile en fonction de des programmes qu’il ou elle suit. Cette disposition permet également le partage d’écran, de lui envoyer des informations, la surveillance des activités des élèves etc…

Malheureusement la sécurité est souvent négligée au détriment de la flexibilité alors que cela ne devrait jamais être le cas. Avec les nouvelles méthodes d’authentification comme la PPSK (Private Pre-Shared Key) – qui propose une connectivité sécurisée entre l’utilisateur et son appareil sans passer par une étape de certification – il est aujourd’hui plus simple pour les pôles informatiques de proposer un environnement simple et sécurisé pour les écoles et les appareils personnels.

Servez-vous du réseau et tirez des leçons

Améliorer la gestion du réseau est également un bon moyen de d’augmenter la sécurité tout en conservant une grande flexibilité. La connectivité seule n’est clairement pas suffisante pour les responsables informatiques qui ont besoin d’une visibilité complète sur l’utilisation de chaque appareil. De cette façon, les risques liés à la sécurité, la mauvaise utilisation de la bande passante et le besoin de vigilance constante sont réduits, tandis que le Wi-Fi à disposition servira en priorité l’enseignement, sa tâche essentielle.

 

À propos d’Aerohive Networks
Aerohive (NYSE : HIVE) permet de se connecter à l’information, aux applications et aux éléments qu’ils ont besoin d’utiliser. La plateforme fournit une mobilité sans limitations. Aerohive a été fondée en 2006 et est basée à Sunnyvale, en Californie. Pour plus d’informations : aerohive.com,  Twitter @Aerohive.

L’Europe à l’heure du défi de l’ubérisation

Posted by Gilbert Azoulay on juillet 25th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Par Julien Pérona, PDG d’Addworking, agence d’emploi digitale spécialisée dans le hors salariat. Il évoque la constitution d’un marché unique numérique, facteur de développement économique pour l’Union européenne et de compétitivité pour les économies nationales.

On aurait tort de croire que seule la France est confrontée au défi de l’ubérisation de son économie. Passé le débat sur l’offre concurrentielle en matière de transport à la personne ou d’hébergement qui ont agité l’hexagone, l’Europe tout entière – y compris ses dirigeants – prend la mesure du numérique appliqué au secteur marchand ou de service, avec ses succès et ses échecs.

Ainsi, Uber, plateforme de VTC américaine a quitté la Hongrie la semaine passée ; ce pays membre ayant légiféré pour interdire aux conducteurs hongrois, l’usage de leur véhicule à des fins commerciales.1 De son côté Airbnb, géant de l’hébergement collaboratif a scellé un accord avec Carlson Wagonlit, American Express et BCD afin d’accélérer le développement du voyage d’affaires. 10 millions de voyageurs ont déjà été accueillis en Airbnb en France. On imagine parfaitement que la combinaison de l’espace Shengen et de la monnaie unique ne peuvent qu’être bénéfiques à l’économie collaborative européenne.

ADDWORKING

L’Europe pour un marché numérique communautaire

D’ailleurs, la Conférence franco-allemande sur la transformation numérique des économies, qui s’est tenue au Palais de l’Elysée l’automne dernier l’a confirmé. Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a d’ailleurs affirmé en la matière, que « la seule échelle nationale ne pouvait suffire » et que l’Europe était « l’échelle pertinente »2. Andrus Ansip, Vice-président de la Commission européenne a même été chargé du développement du marché numérique européen.

On aurait donc tort de penser que l’espace communautaire est à l’origine de tous les maux nationaux, ou pire, qu’il ne sert à rien. Car la réflexion menée par ses instances se veut prospective. Elle vise à lever les barrières en direction des entreprises pour qu’elles trouvent, hors des frontières nationales, des compétences afin d’opérer des transitions dans leur pays d’origine. Voire même de garantir aux consommateurs des conditions plus justes d’accès aux produits et services.

Vers un environnement réglementaire ouvert et équitable.

Ce serait sans doute l’occasion d’unifier le marché unique européen encore trop divisé par ses 28 économies nationales et de répondre aux exigences des chefs d’entreprises et investisseurs qui souffrent de petits marchés fragmentés. Bien sûr, ce nouveau cadre exigera d’harmoniser les exigences sociales par le haut, et qui sont pour le moment, trop hétérogènes d’un Etat à l’autre. Donc de mettre fin par la même occasion, aux incertitudes juridiques sur le statut des free-lances en lui donnant une dimension européenne. Le dernier rebondissement dans la re-qualification des salariés de Uber en France en est un bon exemple et devrait encourager le législateur européen.

Le développement d’un marché numérique européen serait en tout cas cohérent avec celui de la e-concurrence, à la condition que les règles du jeu soient parfaitement établies pour les consommateurs et les prestataires ; l’un et l’autre devant être protégés par un environnement réglementaire ouvert et équitable.

Il reste maintenant à encourager les PME françaises dans cette aventure. A positionner la France comme un pays moteur car c’est par le continent européen, avec un avenir numérique commun que nous retrouverons sans doute, une grande partie de notre compétitivité.

 

Ils ont dit en 2016 (Vol2)

Posted by Gilbert Azoulay on juillet 18th, 2016 under News  •  No Comments

Voici la suite de mon best-of de l’année. Une occasion de relire quelques propos des experts qui m’ont fait l’amabilité de venir s’exprimer dans ce blog consacré au digital.

 

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« Les étudiants doivent trouver mieux qu’à la maison », Bernard Belletante, DG EM LYON

Nous sommes dans l’esprit de notre signature : « early makers ». Ces locaux nous permettrons d’aller très vite dans l’expérimentation via des espaces de co-working, d’expérimentation, de travail collaboratif, de co-sharing… Ce sera donc un campus extrêmement moderne parce qu’il est flexible et adapté à l’économie numérique. Aujourd’hui, tout ce qui est connectique n’est pas hors de prix mais le cœur du système d’information doit accepter le foisonnement des initiatives, des idées, des projets, des applications, des solutions, etc. Le partenariat avec IBM porte d’ailleurs sur notre capacité à répondre aux enjeux digitaux. Ce partenariat est fondamental et nous permet d’aller vite. Aujourd’hui, je suis convaincu que nous sommes le premier client dans le secteur éducatif chez IBM. Nous sommes d’ailleurs une unité pilote pour eux.

Les jeunes attendent qu’on leur donne les capacités d’être dans le monde de demain. Nous devons leur propose des usages cohérents avec leur quotidien. Je dirai même que nos étudiants doivent trouver « mieux » que ce qu’ils ont à la maison en matière d’infrastructures, de systèmes d’information et de connexions. C’est indispensable pour eux et pour notre attractivité internationale. Nos principaux concurrents ont d’ailleurs investi massivement dans ce domaine. Aux Etats-Unis, l’intégration du numérique dans l’apprentissage est déjà une réalité.

 

« Il sera nécessaire de faciliter l’usage du numérique dans les pratiques d’enseignement, impliquant des évolutions substantielles », Jean Pisani Ferry, commissaire général de France Stratégie

« La France doit impérativement se fixer, pour les dix prochaines années, des objectifs ambitieux, tant en matière de résultats d’ensemble que de réduction des déterminismes sociaux. L’effort financier de notre pays demeure en dessous des pays les plus performants dans le supérieur. Les enseignements tels qu’ils sont dispensés aujourd’hui préparent mal de nombreux élèves aux études supérieures et à l’insertion professionnelle, et ne contribuent qu’imparfaitement à leur donner les outils nécessaire à l’exercice d’une citoyenneté active…. Le numérique est porteur de transformation profondes du monde de l’éducation, qu’il s’agisse des savoirs, des méthodes d’enseignement ou des organisations. Les innovations qu’il permet doivent faire l’objet d’expérimentations et d’évaluation pour en tirer le meilleure parti. »

 

« Le numérique nous redonne le pouvoir », Marc Augier, professeur à SKEMA Business School

J’ai essayé de réfléchir aux mouvements profonds. Il y a des implications évidentes type ubérisation des modèles économiques. Mais je voulais aller plus loin en observant les grandes évolutions et notamment le passage de l’informatique au numérique puis l’évolution de l’analogique au digital. Les implications sont conséquentes avec par exemple la capacité de générer des données à partir de toutes nos activités, même les plus banales. Le Big Data en est la conséquence flagrante.  Dans une autre partie, j’évoque également l’interface homme-machine, à savoir comment nous réfléchissons de manière différente et en particulier de manière collaborative, entre nous et aussi avec l’aide des ordinateurs. J’ai le sentiment que les ordinateurs nous redonnent le pouvoir. Et c’est une bonne chose. Il va petit à petit se produire ce que nous avons vu avec le monde des échecs. Au départ les humains étaient supérieurs, puis DeepBlue d’IBM a battu Kaparov en 1997 et on a cru que c’était la fin de l’histoire. Pas du tout car aujourd’hui, c’est le couple humain-ordinateur qui est imbattable.

 

Classe inversée, le choix de la Catho

« Nous sommes une faculté privée, de petite taille, sur un marché concurrentiel. Passer à la classe inversée en 2014 nous semblait non seulement très positif sur un plan pédagogique, mais aussi un moyen stratégique de nous différencier. Nous sommes partis de notre point fort depuis toujours, à savoir les petits effectifs qui permettent une plus grande proximité entre étudiants et enseignants, autour du tutorat. Nous avons simplement été plus loin dans cette démarche », déclare Carole Blaringhem, assesseur en charge de l’innovation pédagogique et du numérique à la Faculté de droit de Lille. A la rentrée 2014, cet établissement, membre des facultés de l’Université Catholique de Lille, innovait sur le plan pédagogique en passant l’ensemble des cours fondamentaux de L1 sur le mode de la classe inversée, en s’appuyant sur la plate-forme iCampus développée grâce au logiciel libre Moodle. Le bilan étant jugé positif, la transformation se poursuit à la rentrée 2015 avec les étudiants de L2 et M1, et à la rentrée 2016 avec ceux de L3. « C’est un système qui permet plus d’interactivité en cours, plus de progressivité, les enseignants peuvent ajuster leurs cours en fonction de ce que les étudiants ont compris. Et cela fonctionne : le taux de réussite en première session en fin de L1 est passé à 70 %, alors que nous tournions autour de 55 % et que la moyenne nationale se situe elle à 30 % », assure Carole Blaringhem.

Reste un enjeu important pour cet établissement : pérenniser le modèle économique. « Nous avons bénéficié d’un accompagnement financier de l’université catholique, dans le cadre d’un appel à projets, mais sa durée est de deux ans et nous arrivons au bout ».

 

Twitter dans l’ESR (étude)

Bertrand Mocquet, enseignant-chercheur en sciences de l’information et de la communication et vice-président en charge du numérique à l’Université de Perpignan Via Domitia, vient de publier une étude intitulée « L’usage du micro-blogging Twitter dans l’enseignement supérieur et la recherche ».  Il en ressort qu’en matière de pédagogie ou de recherche, les professionnels de l’ESR utilisent Twitter majoritairement pour « provoquer des échanges avec la communauté » ou « informer la communauté externe à l’université ».

Parmi les usages les plus fréquents : échanger entre pairs (même statut), entre collègues (d’établissements différents) et avec des personnes extérieures à l’enseignement supérieur. « Le type de communication est plus généralement à destination de la communauté à l’extérieur de l’université, finalement peu avec les étudiants, et avec les collègues en interne. Le mode de création est surtout un mode de médiation de son activité, et dans le cadre de la typologie des répondants essentiellement pour la recherche », selon le chercheur. Ainsi les principales activités consistent à republier de messages d’une autre personne, « le retweet », et à valoriser un article web, par le partage.

 

Dématérialisation : faut-il avoir peur ?

Posted by Gilbert Azoulay on juillet 11th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Une contribution encore dans ce blog qui se veut être une véritable plate-forme d’échanges. Voici donc un sujet différent, traité par un expert : Pascal Colin, Managing Director & VP Sales chez DocuSign. Merci à lui.

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Lorsque l’on parle de digitalisation en France, on évoque toujours la French Tech, véritable vitrine 2.0 de l’économie française. On en oublierait presque la dimension globale de la transition numérique, qui concerne tous les domaines de notre économie. Au-delà de la multiplication des informations et du développement de systèmes matériels complexes pour les traiter, la révolution numérique ne repose-t-elle pas avant tout sur une réorganisation des rapports entre les êtres humains?

Il faut en priorité repenser la structure de développement et de traitement de l’information, et changer nos façons de travailler et d’interagir en entreprise comme en dehors. Nous faisons indéniablement face à l’une des évolutions technologiques majeures de notre Histoire, et celles-ci ont toujours impliqué des adaptations. Des transformations profondes sont à attendre pour nos économies, nos modes de vie et d’organisation, nos systèmes de communication et notre rapport à l’autre. Prenons ici  l’exemple de la fiche de paie.

Faut-il se méfier du numérique ?

Cette transition numérique, qui se révèle aussi nécessaire dans son fondement qu’elle peut paraître brutale dans sa forme, ne suscite pas un engouement général en France. En juillet 2015 paraissait un rapport transmis au gouvernement pour la clarification du bulletin de paie et la lecture des annexes de ce rapport est édifiante quant à la réticence et la résistance aux changements technologiques. Ainsi, la CFDT, si elle ne se dit pas à opposée à la dématérialisation, invoque l’expérience de la Société Générale en la matière pour affirmer qu’il ne s’agit pas d’une priorité économique :

Il s’avère en définitive que la dématérialisation neutralise les coûts de l’édition et de l’envoi d’un bulletin de paie papier classique. La dématérialisation ne constitue pas un gisement d’économie. […] Outre cet aspect économiquement neutre, la dématérialisation pose des problèmes relatifs à la sécurisation des données stockées

Une telle prudence peut se justifier par le manque d’information sur le domaine, mais se révèle problématique quand un des principaux représentants des TPE/PME – soit deux tiers de nos entreprises nationales – évoque sa réticence :

La CGPME tient à réaffirmer qu’à propos de cette thématique, la question du coût est incontournable : la dématérialisation, si elle était mise en place, ne devrait pas générer de coût supplémentaire pour les TPE/PME. Or, tel n’est pas le cas : les solutions de « coffres forts » électroniques présentent un coût qui est loin d’être anodin et qui augmente en fonction de la durée de conservation des documents… 

On retrouve dans ce type de discours de nombreuses simplifications et contradictions, fondées sur la peur d’une fracture numérique ou d’une dépossession du pouvoir du dirigeant. Mais les offres et opportunités sont de plus en plus nombreuses dans le domaine de la sécurité numérique, appelé à remplacer le format papier.

La transformation numérique : une évolution globale et progressive

Tout le monde n’est pas issu de la « génération digitale », et pour beaucoup les fiches de paie s’accumulent année après année, certaines se perdant occasionnellement dans l’archivage ou lors de déménagements. L’alternative dématérialisée permet d’éviter ces pertes d’espace et de temps en concentrant les bulletins de paie dans un coffre fort électronique.

La sécurité y est également mise en avant : les fiches de paie signées électroniquement ne peuvent pas être modifiées sans laisser de trace. A l’ouverture du PDF, toute altération serait notifiée. De plus, on peut imiter une signature manuscrite sans que personne ne s’en rende compte, mais pas une signature électronique.

L’argument final est celui de la transmission des documents : copier une fiche de paie électronique est plus rapide, facile et propre. En plus de l’intégrité du document original, elle conserve les éléments sur le signataire, le prestataire, l’heure, la date, l’autorité de confiance. La compatibilité avec d’autre services numériques, comme la lettre recommandée électronique, permet ensuite aux documents d’évoluer librement dans un système entièrement dématérialisé.

La transformation numérique est donc un processus de grande échelle qui touche globalement toutes les dimensions de la vie d’entreprise, et qu’il convient d’anticiper pour ne pas s’y heurter.

Pascal Colin a acquis une solide expérience dans le domaine de la sécurité des systèmes d’information et des services numériques de confiance au cours des 25 dernières années, en tant que PDG d’OpenTrust et de Keynectis, et avant cela, grâce à des postes de direction au sein de groupes internationaux comme Thalès, Morpho, Safran et Airbus. En Novembre 2015, après l’acquisition des activités de Trusted Document & Transactions d’OpenTrust par DocuSign, Pascal Colin est devenu Directeur Générale et Vice-Président des ventes de DocuSign France

Emploi dans le numérique

Posted by Gilbert Azoulay on juillet 4th, 2016 under News  •  No Comments

Où sont les jobs et pour quelle rémunération ?

 

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Voici une étude publiée par Adzuna, le moteur de recherche d’offres d’emploi en ligne, sur la base des 719 455 offres d’emploi dédupliquées disponibles en juin 2016 sur site, portant sur l’emploi dans le numérique. Adzuna.fr regroupait à cette période près de 105 000 offres d’emploi et de stage à pourvoir dans le secteur du numérique et de l’informatique, soit environ 15% du total des offres disponibles sur le site.  Le premier enseignement : le marché de l’emploi numérique se situe principalement en Ile de France. Un tel dynamisme s’explique notamment par le fait que 40% des établissements du numérique y sont installés, représentant 50% de l’effectif national de l’économie numérique . L’Auvergne-Rhône-Alpes arrive en deuxième position avec 12,5% des offres, largement portée par l’ancienne région Rhône-Alpes qui regroupe à elle seule 88% des offres de la Grande région. Vient ensuite le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, avec 8% des offres.

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Cette situation géographique tire le salaire moyen national vers le haut. Le salaire en Ile de France est de près de 10% plus élevé que la moyenne nationale. Avec un salaire moyen en CDI de 38 881€, seule l’Ile-de-France affiche des rémunérations supérieures au salaire moyen national en CDI dans le secteur du numérique. A 35 646€, celui-ci reste toutefois 4% supérieure au salaire moyen national tous secteurs confondus.

Connaître un langage de programmation peut également booster jusqu’à +50% le salaire.  Adzuna s’est par ailleurs intéressé aux principaux langages de programmation2 actuels, afin de déterminer l’impact de leur maîtrise sur le salaire. Le nombre d’offres en requérant les compétences était de 17 985 en juin 2016, soit 17,2% des offres du secteur du numérique sur Adzuna.fr. Si Java arrive en tête des compétences les plus recherchées par les recruteurs en matière de langage informatique, avec près de 2 offres d’emploi sur 5 en requérant les compétences (38,9%), suivi de PHP (32,3%) et SQL (31,2%), ces langages ne sont pour autant pas les mieux rémunérés. A ce titre, ce sont les compétences en Scala qui arrivent en tête, avec un salaire mensuel moyen s’élevant à 53 473€, soit 50% de plus que le salaire moyen dans le secteur du numérique. Il est toutefois important de noter qu’avec 133 offres en France (dont 58,6% en Ile-de-France), celles-ci ne représentent que 0,7% des offres d’emplois requérant des compétences en langages informatiques en juin 2016 sur le site Adzuna.fr. Avec un salaire moyen de respectivement 42 476€ et 41 428€, Python et Matlab sont les deux langages de programmation les plus valorisés ensuite.

 

 

Ils ont dit en 2016 (Vol1)

Posted by Gilbert Azoulay on juin 27th, 2016 under Non classé  •  No Comments

Comme à chaque fin d’année, je vous propose une compilation des propos tenus par les experts invités dans ce Blog. Merci encore à eux de proposer de fines analyses…

Emmanuel Carli, DG d’EPITECH, « Vers la fin du diplôme ? »

On parle plutôt de « competencies based learning » ou de « mastery based learning » : on va chercher à certifier le niveau de compétences et pas simplement l’obtention d’une note pour disposer d’un joli parchemin. En clair, on va désormais prendre en compte dans le cursus le rythme d’apprentissage et le temps d’acquisition des compétences. Aux Etats-Unis, des universités se créent autour d’enseignement pratiques, moins centrées sur les ECTS, les grades ou les crédits. Au regard de ce que l’on apprend dans une école et ce qu’on utilise en réalité, on peut se poser la question : faut-il tout savoir ? Ne vaudrait-il mieux pas apprendre à apprendre et acquérir les compétences dont on en a besoin rapidement, tout au long de sa vie .

Cécile Dejoux, CNAM, « Ubériser l’éducation? »

Les enseignants doivent demeurer bien entendu, mais il faut un équilibre entre des moments de présence de grande qualité et des cours à distance. Ce qui est certain, c’est que l’école ne peut être exclusivement virtuelle. Le tout à distance est inefficace. Les stagiaires doivent se rencontrer et partager des moments d’échange. Un coaching avec des regroupements et du travail collaboratif sont indispensables dans une approche digitale. Sinon, le risque est de voir nos enseignements perdre en qualité. On apprend en faisant mais aussi en écoutant, silencieusement un professeur passionnant. Donc l’enseignant de demain qui résistera face au numérique (que ce soit le MOOC ou le robot), sera comme celui d’hier qui était adoré par ses élèves : un professeur qui passionne, qui enchante et dont on garde le souvenir.

Paul Nathan, directeur de l’institut du marketing digital de l’ESSCA, « Avec les élèves, pas contre les élèves »

Il ne faut pas restreindre le digital aux seules méthodes pédagogiques. C’est plutôt un état d’esprit que nous cherchons à diffuser chez nos étudiants en les préparant à l’usage professionnel des technologies digitales dans leur futur rôle de manager.  A l’Essca, nous souhaitons être en phase avec ce monde qui change si rapidement et que nous découvrons jour après jour. Notre challenge est de donner les meilleurs atouts à nos élèves pour s’insérer dans les meilleures conditions sur un marché du travail où il faudra maîtriser la langue digitale pour partager, collaborer, s’informer. Pour revenir à la question, il n’y a pas concurrence véritablement mais plutôt une émulation forte… car le digital est un sujet majeur à la fois en terme de contenus de formation, de pédagogie et d’environnement de travail mis à la disposition des étudiants. Pour notre part, nous continuons de bien avancer sur ces 3 axes.

Enquête réalisée pour le compte de la société « Aerohive Networks, « WIFI, mécontentement général »

51% des responsables informatiques en milieu scolaire estiment qu’un mauvais réseau Wi-Fi impacte la qualité de l’enseignement. Au total, 560 responsables informatiques chargés de la fourniture de services informatiques dans leurs établissements ont été interrogés en décembre 2015. Huit pays ont été concernés par cette enquête (le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les pays scandinaves, l’Australie et la Nouvelle-Zélande), menée au sein d’écoles d’importances, de structures et de budgets différents. Les travaux de recherche ont été réalisés pour le compte d’Aerohive par Loudhouse, un cabinet londonien indépendant. Une enquête réalisée pour le compte de la société « Aerohive Networks® (NYSE : HIVE) ».

Gilles Babinet, Digital Champion, « Les MOOC, l’avenir des facs ? »

« A l’université, les moyens qui sont dévolus aux Mooc restent très faibles et le corps professoral les perçoit plus souvent comme des concurrents que comme des auxiliaires. Plutôt que d’adopter une posture de rejet pour un phénomène dont plus personne ne peut décemment rejeter l’évidence, il serait opportun d’en faire un axe de développement fort : pour accroitre l’efficacité de la formation professionnelle, pour assister l’émergence du monde en développement – et en particulier de la part qui relève de la francophonie, et plus généralement, pour en faire des outils de diffusion du savoir et des compléments éducatifs à tous les niveaux de la vie. »

 

« Le numérique nous redonne le pouvoir »

Posted by Gilbert Azoulay on juin 20th, 2016 under Interview  •  No Comments

Marc Augier, professeur à SKEMA Business School, nous offre un regard transversal sur les mutations que connaît notre société au travers de l’explosion du numérique. Un peu de recul pour voir plus loin et réfléchir… Rencontre à l’occasion de la sortie de son ouvrage « La société numérique ».

 

MarcAugier

Quel est le propos de votre livre ?

J’ai essayé de réfléchir aux mouvements profonds. Il y a des implications évidentes type ubérisation des modèles économiques. Mais je voulais aller plus loin en observant les grandes évolutions et notamment le passage de l’informatique au numérique puis l’évolution de l’analogique au digital. Les implications sont conséquentes avec par exemple la capacité de générer des données à partir de toutes nos activités, même les plus banales. Le Big Data en est la conséquence flagrante.  Dans une autre partie, j’évoque également l’interface homme-machine, à savoir comment nous réfléchissons de manière différente et en particulier de manière collaborative, entre nous et aussi avec l’aide des ordinateurs. J’ai le sentiment que les ordinateurs nous redonnent le pouvoir. Et c’est une bonne chose. Il va petit à petit se produire ce que nous avons vu avec le monde des échecs. Au départ les humains étaient supérieurs, puis DeepBlue d’IBM a battu Kaparov en 1997 et on a cru que c’était la fin de l’histoire. Pas du tout car aujourd’hui, c’est le couple humain-ordinateur qui est imbattable.

Qu’est ce qui change sur le plan d’éducation ?

Le livre numérique permet d’aller plus loin en matière d’éducation. Il a perdu ses racines par rapport au support imprimé. Et très franchement, cela apporte un bénéfice énorme à l’apprenant. Le livre est interconnecté et propose systématiquement une vision encyclopédique. Demain, les enseignements se feront sur la base de nouveaux ouvrages qui comprendront des MOOC et divers contenus. Le cours sera un lieu d’échange et de débats. Le seul grand problème demeure la rétribution des auteurs ainsi que le modèle de financement des MOOC.

La France est-elle globalement au niveau ?

Franchement, la France a investi dans les MOOC et se place plutôt bien, parce qu’au delà de notre pays, c’est toute la francophonie qui est en attente de contenus de bon niveau dans notre langue. Mais notre offre me semble encore trop basée sur des effets d’annonces et quelques pépites. Il reste cependant à étoffer notre offre à l’instar des américains qui ont radicalement transformé leurs programmes sur la base de MOOC. Il nous faut sortir de l’effet de mode.

Dans un avenir proche, les grandes écoles et les universités devront-elles investir massivement ?

Oui et cela implique un nouveau modèle économique pour nos établissements. On pourrait par exemple imaginer que les écoles deviennent des lieux de certification avec des cours qui se déroulent ailleurs. Imaginez  une école qui délivre un certificat sur la base de connaissances acquises dans des MOOC d’universités prestigieuses ? Ce n’est pas impossible… Regardez la situation du TOEIC ou du TOEFL ? Ces organismes se sont auto-légitimés comme certificateur incontournable, sans aucune autorité de tutelle, tout en délégant la partie pédagogie à d’autres

La société numérique imposera-t-elle un investissement des familles supplémentaires ?

Oui, ne serait-ce que pour disposer de bonnes connections avec des outils performants. Quant à la certification, elle sera payante. Donc, oui il faudra investir. En revanche, le numérique a réduit les distances et rend accessibles des contenus de grande qualité gratuitement. Je suis convaincu que la fracture numérique se fera plutôt sur notre attitude face aux savoirs : sommes-nous de simples clients ou plutôt des acteurs de la digitalisation ?

Les enseignants ont intégré cette révolution numérique ?

Bien sûr ! Il suffit pour s’en convaincre de regarder comment on révise le bac aujourd’hui. YOUTUBE est sans aucun doute un des outils le plus utilisé car des confrères y déposent des contenus formidables, de très grande qualité. Tant que ces enseignants prennent du plaisir à diffuser gratuitement leurs cours, nous pourrons compter sur eux. Chez nous à SKEMA, notre système d’évaluation des enseignants prend en compte désormais notre capacité d’innovation. Cela devrait être aussi important que notre production de recherche.

 

Marc Augier, « La société numérique »

L’ouvrage La société numérique vous propose de réfléchir sur cette transformation et ses implications. Comment des machines numériques peuvent s’interfacer avec des humains analogiques, ou est-ce l’inverse ? De façon totalement anodine les téléphones portables ont dépassé la puissance de calcul des ordinateurs du début du siècle et leur simplicité d’utilisation les met à la disposition de tous. Que veulent dire les mots « savoir » ou « apprendre » quand un dispositif pas plus gros que le silex de l’homme de Cro-Magnon peut répondre à toutes nos questions, hier avec un clavier et un écran à lire, de plus en plus aujourd’hui avec la parole ? Un ouvrage incontournable pour ceux qui veulent réfléchir à la confrontation en cours entre l’intelligence humaine et la savoir inscrit sur le Web, augmenté de nombreuses références pour permettre au lecteur averti d’approfondir les sujets abordés.

La société numérique                                                                                

Février 2016, L’Harmattan

Prix : (format papier) : 25,50€