Un TOEIC pour le numérique

Voici l’histoire d’ISOGRAD, une jeune société française partie pour conquérir le monde du numérique. L’idée ? Proposer une certification inédite justifiant un niveau de compétences informatiques, le TOSA, sur le même principe que le TOEIC pour l’anglais. Matthieu Lattes, 31 ans, président d’ISOGRAD, nous fait partager cette nouvelle aventure made in France.

D’où vient l’idée de lancer une certification mondiale (le TOSA) pour le numérique, calquée sur le TOEIC ?

Nous sommes partis du constat que les compétences numériques sont devenues essentielles. Or, il n’existe pas d’échelle standard comme pour l’anglais, simple et compréhensible par tous. D’où l’idée du TOSA qui mesure par un score de 1 à 1000 les compétences sur les principaux outils informatiques. Chez les recruteurs, nous avons constaté qu’il y avait une demande forte de marqueurs pour objectiver les compétences. Ils se plaignent en effet d’être inondés d’informations peu lisibles. Le TOSA répond à cette attente.

Est-ce difficile d’imposer cet outil ?

Nous avons l’ambition d’établir un format mondial. Pour ce faire, nous avons opté d’abord pour une méthode d’évaluation reconnue : la méthode adaptative : le niveau des questions évolue tout au long du test en fonction des réponses du candidat pour préciser peu à peu l’estimation de son niveau. Nous nous sommes également entourés d’experts internationaux reconnus dans leur spécialité (logiciels ou langages de programmation). Nous nous sommes entourés d’un comité stratégique regroupant des dirigeants de haut niveau comme Jean-Jacques Guiony (Directeur Financier d’LVMH), Patrick Werner (ancien patron de La Banque Postale), Jean d’Arthuys (Directeur du FSI, Président des Diplômés d’HEC)… Enfin, nous avons eu le soutien de partenaires comme Deloitte, HEC qui ont adopté le TOSA. Du point de vue des sujets testés, pour toucher le plus grand nombre, nous avons commencé par la bureautique : Word, Excel, PowerPoint (ou équivalents), puis les langages de programmation.

Selon vous, l’omniprésence du numérique nécessite la mise en place d’une certification « élémentaire » ?

Absolument. Nous avons fait faire une étude par le CSA. Elle démontre que deux tiers des Français utilisent les outils bureautiques au quotidien. Autre chiffre : un cadre sur deux passe chaque jour plus de quatre heures sur ces outils. Enfin, 63% des personnes déclarent perdre du temps du fait d’un manque de connaissances sur des outils informatiques. Il y a donc une grande disparité de niveaux et donc d’efficacité au travail. D’où l’utilité de la certification. Dans des organisations totalement digitalisées, il ne suffira plus de déclarer maîtriser les outils. Il faudra le démontrer.

Cette certification va-t-elle développer le numérique ?

Cela peut d’abord valoriser les compétences acquises et ensuite démontrer la nécessité de former à des outils clés de l’employabilité.

Il y a tout de même beaucoup de sujets de certification. Cela ne risque-t-il pas d’être très compliqué à mettre en œuvre ?

Pour chaque métier, on constate que les candidats visent en priorité une, deux, parfois trois compétence(s) clé(s) en matière de numérique, soit 3x45mn de tests TOSA au maximum. Je rappelle à titre de comparaison que passer le TOEIC dure approximativement 2h30. J’ajouterais qu’aujourd’hui, on remarque que chez les institutions éducatives qui le mettent en place, des BTS aux grandes écoles en passant par les universités, la bureautique représente un socle incontournable qui répond aux demandes des employeurs.

À combien se sont montés vos investissements pour développer ISOGRAD ?

Nous avons commencé avec 100 000 euros puis 400 000 euros supplémentaires, au travers d’apports de business angels.

Quel est le modèle économique du TOSA ?

Il est calqué sur le modèle des grandes certifications comme le TOEIC, c’est-à-dire un prix par étudiant. Un particulier l’achètera 79 euros. Mais le prix diminue rapidement s’il est proposé par un établissement qui l’achète pour ses étudiants.

Vous venez d’une banque d’affaire et vous êtes adossés sur des business angels. La certification est-elle un marché porteur ?

Oui. Il y a cinq millions de TOEIC passés dans le monde chaque année. Et cela augmente régulièrement. En ce qui concerne les outils bureautiques de base, on dénombre à ce jour 500 millions d’utilisateurs. Dans un autre registre, nous sommes convaincus qu’une demande importante de certifications pour les langages de programmation existe. Plus généralement, le monde du numérique est en quête de repères et de valorisation des compétences.

Comment mettre en place le TOSA avec l’enseignement supérieur ?

Le TOSA se décompose en deux parties. Un test d’évaluation en début de cursus qui permet de connaître le niveau et d’évaluer les besoins de formation des élèves. La seconde partie se déroule dans des conditions d’examens dans un établissement agréé, souvent la salle informatique de l’école elle-même. C’est dans ce lieu que se déroule la certification. Comme pour le TOEIC, les étudiants demeurent sur le lieu d’études pour passer l’examen.

Depuis son lancement, le TOSA a déjà fait ses preuves auprès d’écoles de commerce (HEC, INSEEC, Audencia, EM Grenoble…) ou d’ingénieur, des IAE, des IUT, des Académies, des Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI)… La prochaine étape est le déploiement du TOSA à l’international, avec notamment les universités américaines en ligne de mire dès 2013.

Le TOSA peut se passer dans 42 centres agréés répartis sur tout le territoire ou au sein de l’entreprise qui devra au préalable avoir souscrit un abonnement.

Renseignements et inscriptions sur www.isograd.com ou au 01 42 66 28 88

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This entry was posted on lundi, janvier 14th, 2013 at 12:00 and is filed under Interview. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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