Archaïque la prise de notes !

Les TICE et le numérique changent les mentalités, la pédagogie… et la prise de notes. C’est le constat de Clément Delangue, jeune patron de start-up qui a développé un nouvel outil : UniShared.  Le principe ? « Notre plateforme adapte la prise de note à l’apprentissage d’aujourd’hui en permettant le partage et la collaboration  ». Découvrons concrètement ce que signifie le mode « collaboratif » avec ce diplômé de l’ESCP Europe actuellement hébergé à la Silicon Valley dans le programme « Imagine K12 », ouvert aux jeunes entreprises spécialisées en éducation.  Vous pouvez également entendre Clément sur TedxParisUniversités.

En quoi consiste votre innovation ?

J’étais encore étudiant il y a un an. J’ai eu la chance d’étudier en Inde, en Irlande, en Espagne et à Paris. C’est à cette période que j’ai commencé une expérimentation avec Twitter. Au lieu de prendre des notes sur mon ordinateur, j’ai commencé à partager ce que j’apprenais sur ce site de micro-blogging. Je me suis rapidement rendu compte que de plus en plus de gens ont commencé à me suivre partout dans le monde, à répondre ou à poser des questions. J’ai alors constaté à quel point la  prise de notes était restée archaïque. Avec un ami développeur, Arnaud Breton, nous avons donc commencé à travailler sur le sujet en montant une plateforme (« Unishared ») qui a d’abord pris la forme d’un site web permettant la prise de note collaborative, en temps réel et l’ouverture à tous ceux que le sujet intéresse. Nous nous sommes vite rendus compte que certaines personnes prenaient mieux leurs notes ensemble que d’autres. Nous venons donc par exemple de sortir un algorithme qui aide l’étudiant à trouver les personnes qui pourront l’aider dans sa prise de notes, en fonction de ses préférences. Cela marche aussi bien pour des étudiants qui suivent le même cours en physique mais aussi et surtout en ligne, où la demande d’interactions est forte.

 Vous avez signé un accord avec votre école l’ESCP Europe, qui est la première grande école à expérimenter la plateforme d’apprentissage collaborative alimentée directement par les étudiants et les professeurs. En quoi cela consiste ?

Nous avons construit une plateforme dédiée à ESCP Europe où sont réunies les prises de notes collaboratives des étudiants, en l’occurrence de l’option Innovation. Les étudiants disposent ainsi d’une page aux couleurs de l’école sur laquelle ils peuvent contribuer. Cette page est aussi à la disposition des enseignants qui récoltent ainsi des informations sur la façon dont leurs élèves ont compris le cours et peuvent même interagir par ce biais. Cette plateforme permet enfin de diffuser les cours au monde entier avec un véritable engagement de la communauté, un peu à l’exemple de Wikipedia. C’est une image très positive, ouverte et innovante, de ESCP Europe qui est alors diffusée. Cela colle parfaitement avec les récentes évolutions du monde de l’éducation avec Harvard, Stanford ou le MIT qui mettent en ligne un grand nombre de leurs cours.

Au-delà de la prise de note, vous prévoyez une évolution de l’outil ?

Nous sommes justement en train de nous adapter au développement de l’apprentissage en ligne, qui passe essentiellement par de la vidéo. Nous allons donc lancer une nouvelle application qui permettra de très facilement prendre des notes à partir de vidéos en ayant les deux sur la même page, en synchronisé pour un meilleur apprentissage. Cela permettra donc aux millions d’étudiants en ligne d’utiliser notre plateforme pour eux-aussi changer la manière dont ils prennent des notes.

Comment allez-vous gagnez de l’argent ?

Ce n’est pas aujourd’hui notre priorité. Nous avons eu la chance d’être supporté par le programme « Imagine K12 », aux Etats-Unis, monté par trois pointures de la Silicon Valley afin d’aider les start-up de l’éducation. Au-delà d’un accompagnement sur place nous sommes aussi suivis et coachés par des experts. Notre priorité est d’arriver à la plateforme la plus utile possible au plus grand nombre.

Vous êtes aux Etats-Unis où le numérique est très présent ? Selon-vous la France est en retard ?

Quand on arrive aux Etats-Unis, on est impressionné par les usages chez tous les américains et le recours aux outils collaboratifs y compris chez les tout petits. L’implication du secteur privé dans l’éducation est impressionnante et même si elle doit être examinée attentivement, elle a le mérite en tout cas de faire avancer les choses très rapidement. Cependant, j’estime qu’en France aussi, l’éducation peut s’adapter au numérique. Le soutien de ESCP Europe et d’autres à UniShared prouve une volonté d’avancer. Nous avons par ailleurs en France d’excellents  ingénieurs et des moyens d’innover extraordinaires. Il faut simplement laisser de la place aux nouveautés et aux nouvelles méthodes. C’est par là que passent l’amélioration et l’adaptation de l’éducation aux opportunités.

 

This entry was posted on Lundi, avril 8th, 2013 at 9:00 and is filed under Interview. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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