Des étagères numériques, cas d’école… de commerce

L’Esce, la grande école de commerce spécialisée dans le commerce international, a lancé son learning center à l’occasion de son déménagement. Une opportunité pour repenser sa pédagogie autour de nouveaux moyens numériques. Partage d’expérience « TICE » avec Patricia Hart, directeur des relations école-entreprises.

Vous appartenez à Laureate, un grand groupe d’éducation américain. Sommes-nous en retard par rapport à leurs établissements sur le plan numérique ?

Notre groupe dispose d’un centre de services partagés qui permet de mutualiser les ressources numériques, pour les langues ou la pédagogie. Cela permet de faire remonter les meilleures pratiques assurées dans les nombreux établissements du groupe aux USA mais également dans le monde entier. L’avantage est de permettre à tous de profiter des « best practices », de favoriser les négociations pour déployer les solutions et de gagner en expérience. La mutualisation favorise véritablement le développement du numérique dans nos écoles.

D’un point de vue plus concret, vous avez lancé un learning center, qui illustre votre stratégie digitale. Quelles en sont les caractéristiques ?

Nous voulions au départ créer une bibliothèque numérique pour répondre aux besoins pédagogiques des étudiants et des enseignants de l’ESCE. Tout est donc désormais disponible sur une adresse électronique unique. Nous voulions par ailleurs réduire de manière drastique l’utilisation du papier et favoriser l’accès aux ressources pédagogiques, n’importe quand et de n’importe quel endroit dans le monde. C’est une contrainte qui nous a obligés à définir un cahier des charges pointu car nous voulions que nos élèves aient accès à différentes bases de données (articles, littératures, cas, thèses, ebook…) par le biais de thématiques ou de mots clés sans nécessairement s’identifier à chaque base de données.  La seconde contrainte était de rendre ce learning center très attractif et ergonomique.  Cela impose de travailler le design pour faciliter les recherches. Aujourd’hui, nous recensons en moyenne 2500 connexions par mois, ce qui est un véritable succès.

Avec ce nouvel outil, les étudiants suivent-ils des cours à distance ?

Une partie des cours passe par des plateformes collaboratives on-line. Les étudiants ont l’obligation de se connecter pour suivre une partie des cours. Cela fonctionne particulièrement pour les cours de langues, mais aussi pour des cours plus pointus, comme le commerce international par exemple.

Enseignants et étudiants ont suivi sans problème cette nouvelle approche ?

Pour sensibiliser étudiants et enseignants, nous avons développé chaque semaine des ateliers de culture numérique pour l’apprentissage des outils collaboratifs, l’utilisation des outils de mind mapping et du social book marking (pearltree, scoopit..). Nous avons lancé cette initiative sur la base du volontariat. Si les étudiants ont suivi sans problème, les enseignants ont particulièrement adhéré avec 95% de participation. Aujourd’hui, nous avons construit avec ces derniers de véritables « étagères » numériques qu’ils mettent à la disposition des étudiants pour préparer les cours.

L’enjeu pour une grande école c’est donc l’accès aux bases de données ?

Bien sûr. Cela nous est même demandé par nos anciens qui ont besoin parfois de documents. Bâtir une bibliothèque numérique, c’est avant tout avoir accès aux bases de données pédagogiques et de recherches (universités, organismes scientifiques, etc.).

Cela coûte cher ?

La conception et le développement constituent un investissement de départ très lourd. Ensuite, le coût des abonnements aux bases de données représente une dépense significative. C’est certain : le numérique permet d’améliorer le service aux étudiants « anytime, anywhere », pas de réduire les coûts de notre enseignement…

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This entry was posted on lundi, juin 24th, 2013 at 9:00 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

One Response to “Des étagères numériques, cas d’école… de commerce”

  1. A bennani Says:

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    Dr. Prof. Az-Eddine Bennani, HDR, Doctorat, MBA, MSc
    Professeur Habilité à Diriger les Recherches
    az-eddine.bennani@reims-ms.fr

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