Des étudiants au régime tablette

L’EM Normandie vient de décider d’équiper tous ses étudiants de 3e année d’une tablette numérique, soit 510 personnes concernées. L’enjeu ? Offrir aux élèves un outil moderne, léger et performant pour mettre en place une nouvelle pédagogie autour des TICE. Jean-Guy Bernard, DG de l’école de commerce, revient sur cette initiative.

Vous avez décidé de donner à tous les étudiants de L3 une tablette. Quel est l’objectif de cette initiative ?

Cette tablette sera l’outil de base pour notre concept de Smart Ecole. Dès la prochaine rentrée, nos salles de cours seront aménagées pour travailler avec des outils digitaux afin de faire place à la créativité, l’audace et bien entendu le travail collaboratif. Nous pourrons ainsi véritablement profiter de toutes les innovations que nous avons lancées. Nos étudiants pourront enrichir les cours en direct, communiquer avec les enseignants, avoir accès à des documents et surtout travailler ensemble véritablement. Pour favoriser tout cela, nous avons choisi un outil léger, transportable et plus convivial qu’un poste fixe, devenu la référence en matière d’usage. Ce qui n’empêche pas de disposer un parc informatique plus classique, ouvert à tous.

Comment avez-vous procédé pour le choix du matériel ?

Très simplement. Nous avons lancé un appel d’offre auprès des différents industriels et revendeurs avec un cahier des charges très précis. Cela fait longtemps que nous travaillons sur le e-learning et l’enseignement à distance. Ce qui favorise un certain recul. Tout a donc été précisé, dans la mesure du possible : quantité, maintenance, prix, autonomie, softs, remplacement des matériels, SAV, etc. Le succès d’une politique numérique, c’est de définir un scénario le plus large possible. D’autant qu’il s’agit d’un marché récurrent : tous les étudiants qui entreront en L3 disposeront désormais d’une tablette. C’est dire si l’enjeu est important.

Le prix de la tablette est-il un élément décisif ?

En réalité, le prix est un élément sur lequel nous avons assez peu de prise. En raison de la concurrence forte entre les fabricants, les prix sont tirés au maximum. En revanche, nous avons une vraie marge de manœuvre en ce qui concerne les services associés. C’est d’ailleurs l’enjeu quand il s’agit d’équipement numérique. Acheter un matériel sans avoir l’assurance de le voir fonctionner ou remplacer n’a aucun intérêt.

Pourquoi ne pas avoir commencé dès la première année ?

L3, c’est l’année où tout le monde se retrouve quelle que soit son origine et son concours d’entrée. Il nous a semblé pertinent de donner un signal de départ au moment où les effectifs sont consolidés dans une année pleine. Nous aurions pu faire un autre choix.

Comment être sûr que cette initiative ne s’apparente pas à un gadget ?

Cette tablette illustre de ce qui va se passer à l’avenir. La dimension technologique et ergonomique rejoint parfaitement la préoccupation pédagogique que nous avons en mise en place avec la Smart Ecole. Les cours sont repensés autour du multimédia et totalement scénarisés. A ce jour, la tablette est le support le plus pratique.

Cette initiative est-elle dupliquable dans les autres grandes écoles et universités ?

Tout d’abord, nous avons associé les enseignants. Ce sont les premiers concernés, car ce sont des facilitateurs. Trois ingrédients sont également indispensables : les compétences en interne, une volonté politique et des moyens financiers. Nous avons tout de même décidé d’investir 900 000 euros sur trois ans pour mettre en place de nouveaux processus et une nouvelle pédagogie (hors achat des tablettes). Le changement coûte cher et remet profondément en cause notre organisation, mais nous sommes convaincus que cela est indispensable pour une institution moderne comme la nôtre qui souhaite rester dans la course. Le but n’est pas de faire du tout numérique mais de profiter des évolutions qu’il permet et d’optimiser les pratiques de nos étudiants, qui, de toute façon, baignent dans cet univers. Nous leur apprenons simplement à mieux travailler, à exploiter toute la richesse et la diversité des connaissances disponibles. Ce n’est donc pas un effet de mode, ni une volonté de faire des économies.

This entry was posted on lundi, juillet 8th, 2013 at 9:00 and is filed under Interview. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

3 Responses to “Des étudiants au régime tablette”

  1. Pierre Dubois Says:

    Excellente interview. Les écarts vont se creuser davantage entre les 1ers cycles (licences d’un côté, prépas intégrées de l’autre – dans les universités et dans les Ecoles).

    Un détail non négligeable mais non signalé : montant des frais de scolarité en L3 à l’EM de Normandie ? Est-ce plus cher qu’à l’EM Strasbourg ?

  2. Grover Marske Says:

    Je suis alle sur ce site web et I penser vous avez beaucoup de bon informations , enregistre aux favoris ( : .

  3. assurances Says:

    C’est vraiment un bonheur de lire tes billets ! Pourvu que ça dure !

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