« MOOC : 14% de taux de transformation… c’est trop peu ! »

France Business School poursuit son chemin aux côtés de grandes écoles de commerce. Et pour afficher encore un peu plus sa différence, elle lance un MOOC sur la « pensée design ». Le but ? Démontrer sa singularité et assurer sa promotion. Gratuit, accessible et certifiant, ce module suit une progression pédagogique de cinq semaines. Rencontre avec Fabrice Mauléon, professeur à FBS et responsable du New Learning Hub.

Un MOOC chez France Business School : c’est une occasion de se démarquer encore un peu plus des autres écoles de commerce ?

Tout d’abord, nous ne voulions pas être étrangers à cette révolution, qui bouleverse la pédagogie. Le MOOC c’est d’abord le mariage entre le e-learning et les réseaux sociaux. Ce qui modifie la chaine de valeur de l’éducation.  Les MOOC permettent aussi et surtout de détecter les talents au-delà des concours traditionnels. Nous sommes vraiment dans une logique de talent hunting et nous voulons avoir un taux de transformation fort.

Qu’entendez-vous par taux de transformation ?

C’est un indicateur très important. Ce taux indique le nombre d’étudiants qui va au bout du module pour bénéficier du certificat par rapport aux inscrits au départ. La statistique communément admise est de 14% ! C’est très peu et particulièrement décevant, sachant que notre objectif avec un MOOC  est de faire aussi bien voire mieux qu’un cours traditionnel.

Alors, que faudrait-il faire pour que les MOOC soient vraiment attractifs ?

En ce qui nous concerne, nous nous inspirons de la scénarisation vécue dans la salle de classe. Tout ce que le professeur apporte vraiment n’est pas pris en compte dans les MOOC de première génération. Le « sous-titrage pédagogique » doit être naturel ! Les étudiants doivent comprendre clairement l’objectif de chaque exercice dans le cheminement global du cours parce que nous sommes en distantiel. Selon nous, la scénarisation passe par encore plus d’interactivité avec les apprenants, et sans doute par une plus grande décontraction. La plupart des MOOC sont encore trop figés.

Vous avez fait le choix d’un MOOC loin de votre cœur de métier, à savoir le management. Pourquoi ?

Nous affirmons ainsi notre différence en matière de formation des futurs managers. En termes de communication, c’est un atout indéniable vis-à-vis de nos cibles. Avec notre  MOOC, on comprend rapidement l’ADN de l’école et nos critères distinctifs : former des managers agiles, créatifs et innovants. Ce MOOC est donc un message identitaire, un credo en faveur de plus d’innovation et de créativité.

Y-a-t-il un modèle économique derrière tout cela ?

Nous ne sommes pas obsédés par ce point pour le moment : la certification est gratuite. Pour nous, il s’agit d’abord d’améliorer encore et toujours les programmes de formation continue et la socialisation dans nos produits. L’innovation est un investissement qui de demande pas de gagner de l’argent à très court terme. Mais très franchement, le financement de cette opération est d’autant plus facile que nous avons intégré le collaboratif et le peer to peer – que l’on retrouve dans nos MOOC – dans la conception de tous nos cours dans nos programmes sur les campus.

D’autres MOOC sont prévus ?

Oui, avec cette fois-ci, d’autres business models possibles. Nous savons bien que ce qui est gratuit n’a pas de valeur à la longue. D’ailleurs, tous les établissements qui produisent des MOOC sont confrontés à cette problématique. Et si gratuité il y a, cela veut dire que quelqu’un finance. C’est le cas de FUN qui mutualise en réalité les dépenses des universités sur fonds publics.

Comment vos MOOC sont-ils produits ?

Nous développons nos modules  avec une start-up spécialisée sur les MOOC (UNOW) et nous produisons en interne des supports avec une équipe dédiée. Nous avons en effet décidé d’investir dans une équipe de deux personnes à temps plein pour scénariser et réaliser ces cours de nouvelle génération.

Vous avez l’impression d’être en avance ?

Après les effets d’annonce de l’année dernière, je pensais que beaucoup plus d’écoles de commerce feraient des MOOC. Cela veut sans doute dire qu’avant de se lancer, il est indispensable de mener une réflexion de fond. Il semble que nos grandes écoles de commerce soient en réalité tout juste au début de cette révolution.

 

This entry was posted on Lundi, février 3rd, 2014 at 8:00 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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