« L’éducatif à but lucratif »

Les  universités et les grandes écoles sont riches… mais ne le savent pas ! C’est l’avis de Karim Amellal, co-fondateur de sam-network, une plate-forme qui propose des contenus vidéo venant des établissements du monde entier. Avec une technologie simple, cette start-up made in France espère valoriser ce patrimoine qui dort souvent au fond de placards ou dans des disques durs. Entretien.

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Quelles sont les ambitions de votre start-up ?

Nous avons conçu une plate-forme de contenus vidéo, en partenariat avec les acteurs de l’éducation (universités, grandes écoles, ministères…) du monde entier. Nous avons opté pour le français et l’anglais. Le but est simple : valoriser l’existant, c’est-à-dire le stock de vidéos des établissements et les rendre plus exploitables par les usagers (enseignants, étudiants, professionnels, particuliers…). Bien entendu, nous avons également comme préoccupation de rendre ces contenus monétisables pour les institutions qui fournissent les videos.

Il y a tant de contenus que cela disponibles ?

Tous les acteurs du monde académique possèdent de l’or en stock. Cela fait des années qu’elles filment leurs cours, les conférences, les colloques, les événements, les séminaires, les entretiens, etc. Tout cela constitue une richesse incroyable. Le problème, c’est que ces contenus sont inexploitables en l’état. Il faut donc les retraiter pour leur redonner une vraie valeur de sorte qu’elles puissent être réutilisables par des tiers.

Etes-vous convaincu que tout a de la valeur ?

Bien sûr, mais les institutions, elles, ne savent pas comment faire pour rendre toutes ces vidéos exploitables en termes pédagogiques et sur le plan économique. Comme pour l’édition, ces vidéos peuvent constituer une source de revenus substantielle.

Peut-on vraiment gagner de l’argent ?

Oui, grâce notamment au marché de la formation continue. Les vidéos retraités par nos soins ou par les établissements directement sont séquencées en petits modules et enrichies avec des ressources synchronisées. En gros, nos briques sont donc de véritables séquences pédagogiques qui peuvent intéresser des professionnels (formation continue, universités internes d’entreprises).

Vous avez développé un outil spécifique : c’est la clé du succès ?

Nous permettons aux établissements de faire eux-mêmes le travail d’enrichissement et de découpe, notamment à travers un process pédagogique impliquant enseignants et étudiants. La solution technique est évidemment importante, comme tout ce qui concerne le monde digital. Ils peuvent exploiter simplement des modules et les commercialiser à travers leur offre de formation continue ou encore grâce à notre plate-forme.

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A combien estimez-vous le stock de vidéos en France ?

C’est gigantesque ! Toutes les universités ou grandes écoles qui ont un lien avec le secteur marchand dispose d’un patrimoine unique. C’est moins vrai pour les disciplines humanistes, type philosophie, même si à terme nous sommes convaincus que la culture générale fera partie de l’offre en matière de formation à distance.

Sommes-nous matures en France pour cette nouvelle approche ?

Le patrimoine français est dense… on n’en pas assez conscience. Nous sommes donc en retard sur le plan de l’exploitation de ces ressources. En même temps, c’est pareil dans tous les pays, y compris dans les plus prestigieuses universités qui n’y ont pas encore pensé.

Mais il y a déjà les MOOC ?

Ce sont de systèmes pour apprendre en ligne. Nous, nous proposons de valoriser ce qui existe et de monétiser ce patrimoine. Nous ne voulons pas faire apprendre en ligne, mais rendre exploitable ce qui existe et développer un modèle économique vertueux pour tout le monde.

Cela peut représenter quelle part des ressources des universités par exemple ?

Difficile à quantifier, mais compte tenu du stock de vidéos et de la taille du marché, les revenus peuvent être significatifs.

Votre plateforme s’est lancée il y a 6 mois. Etes-vous déjà rentable ?

Nous sommes encore en mode start-up avec une technologie évolutive et un fort besoin en capital. Mais nous gagnons déjà de l’argent. Nous devons impérativement garder une longueur d’avance.

 

Participez aux Trophées des technologies éducatives 2015 ! 

Forts du succès des éditions précédentes, les Trophées des Technologies Éducatives sont organisés dans le cadre du Salon Educatec-Educatice 2015 à Paris. Une occasion unique pour les collectivités (conseils régionaux, conseils généraux, mairies) et les établissements d’enseignement supérieur (grandes écoles, universités) de présenter leurs projets TICE les plus innovants en matière d’éducation. Que vous soyez une mairie, un département, une région ou que vous soyez une université, une école de commerce, d’ingénieurs, un Institut d’Études Politiques, ces Trophées vous concernent !

Objectif : Valoriser et récompenser les initiatives TICE les plus audacieuses et novatrices.

Organisés dans le cadre du Salon Educatec-Educatice, qui se tiendra du 18 au 20 novembre 2015, ces Trophées sont mis en place en partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale. Ces trophées ont pour ambition de valoriser et distinguer les initiatives portées par les collectivités – régions, conseils généraux, villes, etc. – et les établissements d’enseignement supérieur en matière de TICE. Un jury composé d’experts de professionnels des TICE évaluera les projets et décernera des prix dans les catégories suivantes :

  • Catégorie COLLECTIVITES VILLES / MAIRIES : Enrichir l’environnement éducatif dans une logique de valorisation du territoire.
  • Catégorie COLLECTIVITES REGIONS : Enrichir l’environnement éducatif dans une logique de valorisation du territoire.
  • Catégorie COLLECTIVITES CONSEILS GENERAUX : Enrichir l’environnement éducatif dans une logique de valorisation du territoire.
  • Catégorie ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : Apporter de nouveaux services aux étudiants en phase avec leurs pratiques quotidiennes.

La remise des prix se tiendra le jeudi 19 novembre 2015, dans le cadre du salon EDUCATEC-EDUCATICE.

Contact : claire.dannet@newstank.fr

 

 

 

 

 

This entry was posted on Lundi, octobre 5th, 2015 at 9:00 and is filed under Interview. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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