Technologies pédagogiques à l’université… Où, quand, quoi, comment ?

Voici une tribune de Nicolas Albouze, directeur général France de Blackboard, un éditeur américain de logiciels destinés aux structures de l’enseignement. Avant de rejoindre Blackboard, il était Channel Manager South Europe chez Oracle en charge du développement du réseau de partenaire Formation ainsi que du programme Oracle Academy. Il a démarré sa carrière en tant que International Account Manager pour ASAP software, groupe Dell. Nicolas Albouze est membre de la Chartered Management Institute de Londres en Angleterre.

Son analyse rappelle les éléments essentiels de la mutation que nous connaissons et des virages que doivent opérer nos universités comme nos grandes écoles pour faire face à la concurrence et aux attentes des usagers, voire des clients.

 

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Les universités, ces lieux de découverte et de développement personnel, ont toujours été particulièrement concernées par les transformations et nouvelles façon d’apprendre. Avec les nouvelles technologies, ces établissements d’enseignements supérieurs sont au cœur la révolution numérique. L’adoption d’environnement d’apprentissage virtuel, la communication mobile et la formation à distance ont même permis de montrer ce qu’il est possible de faire.

La plupart des universités visent les mêmes objectifs : offrir aux étudiants une expérience innovante et intéressante, enrichie, et de pouvoir progresser tant au niveau personnel que professionnel. Cette approche est principalement centrée axée sur l’apprenant et tire parti des avantages des technologies, ce pour répondre aux besoins et aux attentes toujours plus élevées des étudiants. Son succès est fortement lié à la capacité de l’établissement à changer profondément la culture et les comportements souvent bien ancrés dans les habitudes d’un établissement universitaire.
L’équipe de direction joue un rôle fondamental et doit s’impliquer pour assurer la réussite du changement. Elle doit pouvoir s’appuyer sur les avantages concrets des nouvelles technologies d’apprentissage, et porter véritablement le projet. De nombreux directeurs chevronnés se sont déjà investis personnellement pour mener à bien cette révolution numérique, et ainsi développer une stratégie gagnante basée sur la technologie.

Bien entendu, la mise en œuvre des technologies pédagogiques ne se fait pas du jour au lendemain. Elle exige un investissement qui n’est pas uniquement financier, la gestion du changement, l’assistance et la communication font également partie des investissements à faire.
La technologie doit être fiable. Les étudiants et le personnel veulent que les technologies d’apprentissage soient toujours disponibles. Les problèmes de stabilité vont avoir une incidence négative sur l’adoption de la technologie. Personne ne fait confiance à une plate-forme susceptible de tomber en panne à un moment crucial, par exemple en plein milieu d’un cours ou lors de la tentative d’envoi en ligne d’un devoir. Tels que par exemple : les principes fondamentaux doivent être définis dès le début. La technologie d’apprentissage est-elle disponible 24 h/24 ? Sa performance est-elle satisfaisante pour les utilisateurs ? Est-elle accessible sur toutes les plates-formes et les appareils…

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Avec les nouvelles technologies, pour bon nombre de membres du personnel universitaire, l’évolution des méthodes d’apprentissage représente encore un bouleversement de leurs habitudes. L’université se doit les aider en dispensant des formations, une assistance technique et en guidant leur parcours. Les membres du personnel doivent pouvoir obtenir de l’aide, que ce soit par téléphone, sur le chat, par e-mail ou en face à face, s’ils ont des questions ou si le système ne fonctionne pas correctement. Il est également essentiel de dispenser des formations sur la nouvelle technologie et d’expliquer les fonctionnalités techniques, ainsi que les meilleures pratiques pédagogiques à adopter.

Des étudiants et des stagiaires peuvent assurer la fonction d’assistance, et les adopteurs précoces doivent être encouragés à assurer un rôle de mentor auprès des enseignants qui commencent tout juste à utiliser les technologies d’apprentissage

La technologie est un outil important que les enseignants peuvent utiliser pour améliorer leurs cours, il est donc essentiel de ne pas les jeter dans l’arène en attendant d’eux qu’ils adoptent le nouvel environnement immédiatement. Les universités doivent pouvoir les épauler à travers différentes offres de services, les encourager à s’approprier la technologie.  Cette assistance peut prendre plusieurs formes, par exemple le partage de liens vers des chaînes YouTube utiles, la résolution rapide de problèmes et de questions techniques, ou la mise en disposition de cours de formation officiels dans le cadre du développement professionnel continu du corps enseignant.
Pour les universités des pays développés, la mise en œuvre d’une technologie d’apprentissage pour les étudiants est devenue la nouvelle norme. Cependant, son potentiel n’est pas toujours exploité au maximum. Les enseignants doivent être convaincus que la technologie peut rendre leur enseignement plus intéressant, plus facile, plus motivant et, surtout, qu’elle peut améliorer les résultats des étudiants.
Evidemment personne n’aime être forcé à changer ses méthodes ; néanmoins, en partageant des success story et des bonnes pratiques, les universités peuvent fédérer et être un moteur du changement et de l’adoption. De plus, l’utilisation de la technologie pour impliquer les étudiants, de la candidature à l’évaluation finale, peut fournir des données essentielles que l’université peut ensuite utiliser pour définir sa stratégie à court et à long terme.
Impossible de faire marche arrière aujourd’hui, il est impensable pour une université en 2016 de ne pas vouloir interagir avec ses étudiants, proposer des cours à distance aux apprenants ou suivre leur progression et leur réussite grâce à la technologie. Dans les années à venir, les technologies vont continuer à impacter les processus universitaires, et vont pouvoir garantir aux établissements une expérience d’apprentissage personnalisée et unique, plus rapide et plus pertinente, qu’ils vont pouvoir proposer au plus grand nombre.
La réussite d’une technologie dépend de ses utilisateurs. Les universités doivent porter ses projets, et être acteur de la révolution numérique qui est en marche.

Nicolas Albouze

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This entry was posted on lundi, décembre 14th, 2015 at 11:00 and is filed under News. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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