Blockchain et certification !

Apparu en 2009, Blockchain est le réseau qui permet des échanges sécurisés des bitcoin, la crypto-monnaie. L’ESILV, avec l’aide de la start-up française Paymium, a détourné l’usage traditionnel purement financier de ce réseau pour certifier ses diplômes. Avec Cyril Grunspan, Responsable du département d’Ingénierie Financière de l’ESILV, voyons ce qui se cache derrière cette nouvelle approche.

C Grunspan LetitBe 

Avant de parler de votre projet, rappelez-nous ce qu’est la Blockchain.

Ce réseau fonctionne grâce à une technologie dont l’inventeur reste inconnu. Pour faire simple, il permet le transfert d’argent de pair à pair. Mais ce réseau peut également servir à autre chose qu’à s’envoyer des bitcoins, la monnaie virtuelle. Il permet de certifier autre chose qu’une transaction d’ordre financière. Je pense que nous sommes au début d’une révolution : on pourra certifier désormais un grand nombre de documents ou contrats en toute sécurité.

Soyons concrets : donnons l’exemple de l’ESILV.

Notre enseignement intègre désormais une option entière sur la Blockchain. En ce qui concerne le diplôme, les étudiants pourront désormais donner une preuve infalsifiable qu’ils ont obtenu notre titre d’ingénieur. C’est un élément important pour lutter par exemple contre la fraude, mais c’est aussi une opportunité pour nos établissements de réduire les coûts. Chaque année, cela revient extrêmement cher d’imprimer et de distribuer à chaque élève un diplôme. La Blockchain devient un registre où sont consignés les diplômes des anciens élèves. A terme ils disposeront d’un code qu’ils présenteront aux recruteurs pour justifier de leurs qualifications.

C’est un effet d’image ou cela annonce d’autres transformations?

C’est une révolution dans une discipline comme la finance. La Blockchain, que l’on a qualifié « d’Internet des transactions » a longtemps effrayé les banques. Mais, par peur de se faire ubériser, elles cherchent maintenant avec du retard à adopter cette technologie extrêmement efficace. Avec l’adhésion des plus grandes banques d’investissement mondiales au nouveau consortium R3, c’est à terme la fin du fameux réseau SWIFT pour les transferts d’argent.

Pour revenir à votre expérience, quelle sera la réaction des recruteurs selon vous ?

C’est un atout indéniable et cela témoigne en plus de la pertinence des programmes des écoles d’ingénieurs. La cryptographie se met au service de l’économie collaborative.

 

Un peu d’histoire

La blockchain est le registre public des transactions sécurisées par le protocole Bitcoin.  Ce protocole permet à chacun, sans autorisation ou contrat préalable, de coopérer sur internet avec les autres participants pour stocker et mettre à jour cette base de données, dite Blockchain. Les participants forment ainsi le réseau Bitcoin, qui s’ajoute à d’autres réseaux ouverts sur internet comme le web ou le courrier électronique.

Grâce à la solution développée par Paymium notamment, la Blockchain va pouvoir certifier les diplômes de l’ESILV dès le mois de mars.  A l’instar des scribes de l’égypte antique, ce registre des temps modernes, sera le garant de l’authenticité des diplômes. Particulièrement économique (plus besoin d’impression papier) et infalsifiable, la Blockchain devrait rapidement séduire la plupart des établissements d’enseignement supérieur en France, désireux de fiabiliser la délivrance des diplômes et de permettre leur authentification avec une solution pérenne, fondée sur des logiciels libres.

 

Be Sociable, Share!

This entry was posted on lundi, janvier 18th, 2016 at 9:00 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply