Ubériser les MOOC !

Mais pourquoi le MOOC intitulé « Du manager au leader agile » s’est imposé comme le premier toutes catégories confondues ? Eléments de réponse avec Cécile Dejoux, qui l’a conçu au sein du CNAM où elle est professeur et œuvre depuis 15 ans pour la formation à distance. Place à la femme au foulard…

Afficher l'image d'origine

Quels sont les éléments qui font de votre MOOC le numéro 1 ?

Tout d’abord le thème est dans une logique dynamique et pas statique. Les personnes s’interrogent et sont véritablement dans une position de projection. Ensuite, ce MOOC évolue en permanence. Les anciens thèmes deviennent l’année suivante des bonus. Nous sommes « in the Move », devant la vague. C’est comme une série télé. A chaque saison, nous présentons les dernières tendances du management et nous invitons dix nouvelles entreprises pour témoigner. Enfin, depuis cette année, le MOOC est certifiant et équivaut à 2 crédits ECTS. Nous collons donc à la nouvelle loi sur la reconnaissance des formations en ligne. Dernière innovation : le MOOC Tour ! Un véritable tour de France pour rencontrer dans les centres du CNAM les personnes qui suivent le MOOC ainsi que les entreprises.

Un MOOC doit être vivant sinon, c’est la mort ?

Bien sûr. Agilité et transformation sont fondamentales ! Sinon, le MOOC meurt très rapidement. Tous les contenus doivent être revus constamment. Il faut « uberiser » son produit sans cesse… c’est-à-dire imaginer un concurrent qui peut faire mieux ! Je garderai sans doute mon foulard, mais je changerai tout le reste.

Il faut être un peu comédien pour réussir son MOOC ?

Un enseignant qui ne serait pas un peu comédien a raté sa vocation. Mais il est essentiel de maîtriser les fondamentaux de sa discipline. Le fond et la forme sont indispensables… et c’est très nouveau. Avec cette posture, nous pourrons ainsi motiver les élèves, créer des façons originales d’apprendre et transmettre la recherche.

Pour réaliser un MOOC, faut-il investir beaucoup ?

Ce que je sais, c’est qu’on peut faire des MOOCs avec un esprit de frugalité c’est à dire internaliser la production, négocier avec une plateforme et travailler en harmonie avec des enseignants motivés. Au Cnam, les coûts sont maîtrisés et nous visons plus la qualité du contenu que les paillettes.

Vous êtes enseignante dans un établissement public. Avec-vous pour objectif de définir un modèle économique ?

Bien sûr. Il faut créer des MOOC pour les entreprises afin de financer ceux destinés au grand public. Beaucoup d’entreprises se retournent vers les MOOC car cela revient beaucoup moins cher qu’une formation classique sans perdre en qualité, car ce sont les meilleurs experts qui interviennent.

Aujourd’hui, votre activité est rentable ?

Je ne connais pas les éléments financiers globaux mais je sais que le Cnam crée 15 MOOC gratuits par an qui servent à la communauté et supporte son l’image.

Selon vous, jusqu’où va-ton aller dans la dématérialisation des enseignements ?

Les enseignants doivent demeurer bien entendu, mais il faut un équilibre entre des moments de présence de grande qualité et des cours à distance. Ce qui est certain, c’est que l’école ne peut être exclusivement virtuelle. Le tout à distance est inefficace. Les stagiaires doivent se rencontrer et partager des moments d’échange. Un coaching avec des regroupements et du travail collaboratif sont indispensables dans une approche digitale. Sinon, le risque est de voir nos enseignements perdre en qualité. On apprend en faisant mais aussi en écoutant, silencieusement un professeur passionnant. Donc l’enseignant de demain qui résistera face au numérique (que ce soit le MOOC ou le robot), sera comme celui d’hier qui était adoré par ses élèves : un professeur qui passionne, qui enchante et dont on garde le souvenir.

This entry was posted on Lundi, février 8th, 2016 at 9:00 and is filed under Non classé. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply