Des salariés à l’aise avec le numérique, des étudiants qui apprennent

Le HRM Digital Lab de Télécom Ecole de Management a dévoilé les résultats de son année de recherche sur les salariés français à l’ère de la transformation digitale. Un livre blanc qui synthétise les études réalisées avec Kantar TNS (ex TNS Sofres) et OpenSourcing  a d’ailleurs été publié, avec le soutien du CFA EVE et de l’ANDRH Essonne.  Emmanuel Baudoin, le Directeur du HRM Digital Lab revient sur les résultats saillants.

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Quel est le principal résultat issu de vos études ?

L’impact du numérique sur les métiers et les compétences est massif. 88% des salariés interrogés déclarent en effet que le numérique a impacté leur métier, selon le baromètre conduit avec Kantar TNS et soutenu par le CFA EVE. Ce baromètre s’appuie sur un échantillon représentatif de 1 000 salariés français. En clair, ceux qui ne travaillent pas dans le secteur du numérique bien entendu, ont vu leurs pratiques de travail changer, notamment en matière de rapidité d’action, de travail collaboratif, de quantité de données à traiter. La communication comme le  traitement de la data sont beaucoup plus denses dans beaucoup de secteurs.

Autre chiffre intéressant : 65% déclarent « avoir une bonne maîtrise du numérique ». C’est un bon score ?

Contrairement aux idées reçues, et d’après ce chiffre, les salariés se déclarent plutôt à l’aise avec le numérique. Ils sont également confiants quant aux évolutions à venir. 74% d’entre eux considèrent en effet que le numérique va modifier fortement leur métier et le rendre plus intéressant, ou ne pas avoir d’impact majeur. C’est un signe plutôt positif pour la transformation digitale en cours.

40% des salariés considèrent que le numérique va modifier leur métier et le rendre plus intéressant dans les années à venir…

Je pense qu’ils voient dans la transformation digitale la possibilité de rendre leurs missions plus intéressantes. Selon moi, des tâches répétitives vont à l’évidence disparaître au profit de missions à plus fortes valeurs ajoutées. C’est pour cette raison que la formation et l’économie de la connaissance sont deux enjeux majeurs.

Dans votre étude, vous avez introduit les notions de « Self RH » et de « marque employé » : de quoi s’agit-il ?

Le salarié « Self RH » renvoie au salarié qui, grâce au  numérique, met en œuvre ses propres pratiques RH de développement et de revente de ses compétences. Aujourd’hui, 52% des salariés déclarent avoir des pratiques informelles d’apprentissage grâce et par le numérique. Par exemple, ce salarié profitera de son temps de transport pour travailler son anglais sur une application de son téléphone mobile. Ou encore, il suivra un tutoriel sur Internet afin d’acquérir les compétences nécessaires à l’accomplissement d’une tâche à son travail. En clair, il trouve les ressources lui permettant de progresser professionnellement par lui-même.  La notion de « marque employé », autre aspect du salarié « Self RH » renvoie à l’utilisation faite par le salarié du numérique pour faire connaître et revendre ses compétences. L’enjeu est là de travailler sa réputation numérique.

Le concept de marque employé devient donc essentiel aujourd’hui pour se vendre ?

Oui, aux yeux des salariés, et deux chiffres le démontrent. 43% d’entre eux déclarent qu’il est important de gérer sa réputation numérique professionnelle et 47% déclarent être à l’aise dans la gestion de leur réputation numérique professionnelle. Ils veulent maîtriser leur réputation et leur marque employé, à l’instar de la marque employeur dans les entreprises. Quand on regarde néanmoins l’utilisation déclarée de réseaux sociaux comme linkedin, viadéo ou twitter, on ne retrouve plus que 20% des salariés. D’après le baromètre, il existe donc un écart entre l’importance perçue de la gestion de la marque employée et les pratiques réelles déclarées.

Pour l’enseignement supérieur, quelles conclusions en tirez-vous ?

Il me semble y avoir plusieurs enjeux autours du numérique à proprement parler en termes de formation pour renforcer :

  1. la capacité de nos étudiants à utiliser des logiciels/médias numériques généraux et spécifiques à leur futur métier,
  2. leur capacité à trouver, traiter, qualifier et utiliser l’information pertinente via les médias numériques,
  3. leur capacité à communiquer via les différents médias numériques. La communication sur des réseaux sociaux n’est pas la même que par les e-mails ou encore que l’animation de son propre blog,
  4. leur capacité à générer et traiter des données,
  5. leur capacité à prendre du recul sur leurs usages du numérique.

 

Téléchargement du livre blanc :« Les salariés français à l’ère de la transformation digitale »

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This entry was posted on lundi, janvier 30th, 2017 at 9:00 and is filed under Interview. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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