Compliqué de reformer le web

A l’heure où le Parlement européen a voté la proposition sur la directive sur la réforme du droit d’auteur soumise par Bruxelles, en vue des négociations à venir pour conclure un accord final avec les États membres de l’Union, nous ne pouvons que nous réjouir de cette initiative qui vise à protéger les auteurs ou éditeurs de presse pillés ou plutôt rackettés par les géants du web. Ne nous y trompons pas : sans réactions de ce genre de la parte de l’Europe, seule organisation à pouvoir agir, nous aurions laissé un monstre à plusieurs têtes grandir. Je ne sais pas si nous pouvons encore nous réjouir tant le pouvoir des GAFAN est grand, mais l’idée de dire NON à un moment rassure … ou au moins fait du bien.

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Soyons clairs et simples : sans réglementation minimum, ce sont les gros opérateurs du web qui remportent la mise sur notre dos. Évoquer la liberté pour critiquer ce texte est « idiot » puisque ne pas encadrer ces opérateurs… c’est justement réduire notre liberté de penser, d’acheter, de produire et même de partager, puisqu’on le sait bien : leurs algorithmes orientent nos actions. N’en déplaise à Lionel Maurel qui, dans une tribune surréaliste dans Libération, prône une liberté digitale qui ne sert en réalité que les opérateurs bien installés et multimilliardaires. Reconnaissons à nos confrères une grande ouverture d’esprit en publiant l’interview de Jean Marie Cavada, l’euro député, ou la réponse qu’avait faite David El Sayegh, secrétaire général de la Sacem.

Ils avancent comme argument la gratuité, la liberté et la liberté d’expression, mais c’est très cynique de dire que nous serions des censeurs en défendant nos droits, Emily Loizeau, France Info

Donc, soyons heureux de cette situation et profitons-en pour rappeler que nous avons également des acteurs pour organiser une façon de surfer. Face à Google qui ne laisse rien ou le moteur chinois qui restreint tout, nous disposons d’un moteur français – européen devrais-je dire  : Qwant. Un moteur performant qui propose des fonctionnalités intéressantes et éthiques. Profitons en pour changer nos habitudes en utilisant par exemple ce moteur de recherche à l’ouverture de notre ordinateur.

 

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En même temps, je reconnais que le temps d’Internet est compliqué à gérer face à la durée de rédaction des lois. A peine le vote achevé, le monde de la recherche était en émoi. Ainsi on peut lire dans l’agence de presse spécialisée News Tank HER : « Si les débats se sont principalement concentrés sur les différences entre les éditeurs de presse et les plateformes comme Google, pour la recherche, le principal enjeu était l’encadrement du TDM (Text and data mining), soit la fouille automatisée des données et des textes. Concrètement, le texte voté par les députés autorise les organismes et laboratoires travaillant sur le patrimoine historique à utiliser le TDM dans leurs travaux.  Les organismes de recherche pouvaient déjà, de manière très restreinte, utiliser le TDM dans la proposition initiale de directive de la Commission européenne présentée en 2016″.
« Mais cette autorisation des eurodéputés préconise des limitations dans le temps, dans l’utilisation des données et leur reproduction ; elle est ainsi jugée trop restrictive par le monde de la recherche. En outre, selon le texte voté, les États pourront aussi imposer des restrictions supplémentaires au TDM, avec pour effet de limiter l’exécution des travaux de recherche, ces derniers devenant trop onéreux à cause des droits d’auteur à reverser aux éditeurs de revues scientifiques ».

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L’EUA (European University Association) regrette que les eurodéputés n’aient pas « enrichi les positions trop limitées de la Commission européenne pour le Text and data mining ». « Cela crée un système qui peut être très inégalitaire entre les universités », déclare également Lidia Borrell-Damian, directrice pour la recherche et l’innovation de l’EUA, à News Tank. En outre, selon le texte voté, les États pourront aussi imposer des restrictions supplémentaires au TDM, avec pour effet de limiter l’exécution des travaux de recherche, ces derniers devenant trop onéreux à cause des droits d’auteur à reverser aux éditeurs de revues scientifiques.

Alors bien sûr, le texte n’est pas parfait et des zones d’ombres demeurent. Elles demeurent parce que la technologie va vite et que les usages sont rarement connus et anticipés. Du reste l’exercice serait quasi impossible.

Soyons donc vigilants, défendons nos intérêts à chaque instant pour préserver un contre pouvoir au bloc américain et à la Chine qui eux ne se posent qu’une seule question : qu’est ce qui est bon nous ?

Faisons comme eux : pensons à nous !

 

 

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This entry was posted on mercredi, septembre 19th, 2018 at 9:00 and is filed under News. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

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