« Bullshit jobs », nouveaux métiers du web ?

Posted by Gilbert Azoulay on janvier 29th, 2018 under Non classé  •  No Comments

Voici une tribune publiée dans les Echos par Gaspard Koenig intitulée : Les « bullshit jobs » sont l’avenir du capitalisme. Drôle et iconoclaste, ce papier présente un point de vue nouveau sur la transformation que nous connaissons. 

« Networking enhancement », « innovative strategies », « global innovation insight » : ces nouveaux secteurs d’activité ont donné naissance à des métiers aux intitulés intergalactiques et incompréhensibles. Faut-il en rire ou au contraire s’en réjouir ?

Immobilisé et mis à la diète par une crise de goutte précoce, punition familière des ripailleurs, j’ai pu profiter de cette fin d’année sobre pour faire toutes sortes de choses inutiles, comme d’explorer mon compte LinkedIn. S’il m’est apparu assez naturel de ne pas connaître la plupart de mes 3.500 « contacts », j’ai été davantage surpris de ne pas comprendre l’intitulé de leurs professions. Je pensais que c’était pourtant  l’objet de ce réseau social . Or, voici quelques secteurs d’activité visiblement populaires mais dont je confesse tout ignorer : « networking enhancement », « innovative strategies », « holacracy », « global innovation insight », « transition transformation », « change management », « global strategy », « creativity and innovation », etc. La notion particulièrement impénétrable de « stratégie » revient souvent : d’après une recherche rapide, 150 de mes contacts sont donc stratèges. Mais la palme du mystère revient à « thought leadership ». Serait-ce la fiche de poste de Maître Yoda ?

Les titres de mes contacts ne manquent pas non plus d’exotisme : ils sont experts, conseillers, consultants, senior advisers, business managers et même officers (plus besoin désormais de porter les armes pour devenir officier). Beaucoup se sont directement bombardés patron, CEO, founder, owner, managing partner – c’est-à-dire souvent « patron de moi-même », comme admet l’une honnêtement. Perdue au milieu de ces appellations intergalactiques, seule une minorité se reconnaît un métier à l’ancienne, définissant sobrement une identité professionnelle par-delà les aléas des carrières : architecte, jardinier, banquier, professeur, comptable, pilote d’avion, médecin ou réalisateur…

Le Top 10 des métiers du digital à l’affiche en 2016

Au-delà de la mégalomanie intrinsèque aux réseaux sociaux, cette prolifération de « global strategy CEO » trahit les mutations de l’économie et de la société. Il est tentant d’y voir, comme l’anthropologue et activiste altermondialiste David Graeber, l’avènement des  « bullshit jobs » (que je ne me permettrais pas de traduire). Les bullshit jobs caractérisent la bureaucratie de l’entreprise mondialisée, avec ses ressources humaines, ses relations publiques, ses avocats d’affaires, ses experts en influence, ses myriades de consultants bardés de PowerPoint. Le succès mondial de cette expression, utilisée par Graeber dans un article pour « Strike! Magazine » en 2013 puis développée dans son essai «  The Utopia of Rules  », est en lui-même révélateur. Graeber a entrepris depuis une étude plus empirique, en récoltant des témoignages à l’adresse doihaveabsjoborwhat@gmail.com. Il classe les bullshit jobs en cinq catégories : faire-valoir (pour mettre en valeur un supérieur hiérarchique ou un client), sbires (qu’une entreprise recrute pour la seule raison que ses concurrents le font), sparadraps (dont la mission consiste à résoudre un problème qui n’existe pas), timbres-poste (signalant que l’entreprise se saisit d’un sujet à la mode), contremaîtres (censés superviser des gens qui se débrouillent très bien tout seuls). Il faudrait proposer cette classification à LinkedIn.

 

Graeber interprète les bullshit jobs comme un artifice déployé par le capitalisme pour survivre dans un univers où le travail devient de moins en moins nécessaire : plutôt que de sombrer dans une douce oisiveté, l’élite multiplie les fonctions inutiles pour prouver sa propre légitimité. J’aimerais tenter une explication alternative : les bullshit jobs reflètent plutôt l’impossibilité de nommer des tâches de plus en plus transversales, où l’intelligence se déploie au-delà des compétences techniques. On pourrait rebaptiser mes contacts de manière plus flatteuse, en empruntant au vocabulaire de Montaigne plutôt qu’à celui de Scorsese : « têtes bien faites ». En ce sens, les bullshit jobs participent à un progrès notable du capitalisme, dépassant la spécialisation du travail pour retrouver la valeur d’un être humain plein et entier. Ils ne consistent pas à cacher la machine, mais à la compléter.

Rien ne me pétrifie davantage que de devoir dire « ce que je fais dans la vie ». Mes hésitations attirent immédiatement la suspicion (surtout à la douane). Suivant les circonstances et les interlocuteurs, j’alterne entre écrivain, activiste, prof et humoriste. Mais finalement, peut-être ai-je atterri en plein dans notre modernité : avoir le métier qu’on est, plutôt qu’être le métier qu’on a. N’ayons plus honte de nos bullshit jobs. La prochaine fois qu’on me demande, je vais essayer « thought leadership ».

Cybersécurité, les grandes tendances 2018

Posted by Gilbert Azoulay on janvier 22nd, 2018 under News  •  No Comments

Voici une étude proposée par le cabinet Déloitte et réalisée auprès d’un panel de 403 entreprises au seconde semestre 2017 (20 questions portant sur la maturité de la cybersécurité dans les entreprises).

Quelques chiffres pour commencer : 63% des incidents de sécurité dans l’entreprise sont liés à une action malintentionnée ou à une erreur d’un collaborateur ;  71% des entreprises interrogées affirment que le nombre de cyberattaques à leur encontre est en hausse. Suite aux cyberattaques Wannacry et Petya, 75% des entreprises sondées ont adopté de nouvelles mesures de sécurité. Les nouvelles mesures de sécurité mises en place sont la formation et la sensibilisation des collaborateurs (56%), une nouvelle organisation avec la nomination de responsables (35%), une nouvelle politique de gestion des accès (31%) et le chiffrement des données (16%). Seulement 24% des entreprises interrogées ont souscrit à une assurance en lien avec les risques de cybersécurité. 91% des entreprises interrogées ont initié des actions pour se conformer à la GDPR

Les 5 tendances dans la cybersécurité identifiées (Deloitte)

Après des années où les entreprises se sont posées la question de la pertinence de leurs investissements sur les sujets en lien avec la cybersécurité, l’année 2017 a marqué un tournant. En raison d’attaques mondiales majeures ayant touché un grand nombre d’entreprises et de l’intensification de la réglementation pour la protection des données personnelles, la cybersécurité devient une composante à part entière des organisations, complètement intégrée au métier et au besoin technologique et d’innovation. Dans ce contexte, Deloitte décrypte les 5 tendances qui impactent les entreprises en matière de cybersécurité.

  1. La généralisation des cyberattaques

71% des entreprises interrogées confirment la hausse du nombre de cyberattaques dont elles font l’objet. Il a fallu cependant des attaques mondiales comme Wannacry ou Petya pour qu’elles réagissent : 75% d’entre elles affirment avoir pris des mesures de sécurité supplémentaires pour renforcer leurs systèmes d’information suite à ces événements.

Les 4 grandes mesures prises par les organisations sont la formation et la sensibilisation des employés (56%), l’instauration d’une nouvelle organisation avec la nomination de responsables (35%) tels qu’un RSSI (Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information), un CIL (Correspondant Informatique et Liberté) ou un DPO (Délégué à la Protection Données), la mise en place d’une nouvelle politique de gestion des habilitations et des accès (31%), et le chiffrement des données (16%).

  1. Les cyberassurances contre les cybermenaces

La généralisation des cyberattaques suppose désormais d’appréhender la cybersécurité sous un nouvel angle. Le risque zéro n’existant pas, les répercussions d’une cyberattaque doivent être traitées sous deux aspects : l’organisation doit envisager une réponse à incident à court, moyen et long terme pour un rétablissement durable de l’activité et elle doit prévoir les assurances à souscrire pour couvrir les éventuels dommages.

Or aujourd’hui, seulement 24% des entreprises sondées ont souscrit à une assurance en lien avec les risques de cybersécurité.

« Souscrire à une cyberassurance permet de minimiser l’impact financier suite à un incident mais également d’effectuer une évaluation préalable du niveau de risque de sécurité pour ainsi connaître le niveau de maturité de son système d’information et ses différentes vulnérabilités. Cette évaluation, pleinement partagée avec le métier, permettra d’appréhender l’écosystème informatique d’un point vue cybersécurité (données personnelles, réglementation, accès, etc.) et de bénéficier ainsi d’une meilleure assurance. » estime Michael Bittan, Associé responsable des activités cybersécurité chez Deloitte.

Lorsqu’une assurance est souscrite, les options de couverture des risques concernent la perte de données personnelles (42%), la protection de la propriété intellectuelle (32%), les virus et ransomwares (24%), l’image de marque de l’entreprise (20%) et l’incident de sécurité (15%).

  1. L’humain au cœur de la cybersécurité

63% des incidents de sécurité proviennent d’un collaborateur actif au sein des effectifs. En effet, le système informatique hautement sécurisé d’une entreprise peut être mis à mal très rapidement par une action malintentionnée ou une erreur de la part d’un employé.

Il est donc primordial de s’assurer que chaque collaborateur ne possède pas de droit d’accès étendu non nécessaire, mais aussi d’évaluer les actifs informationnels les plus critiques pour mieux les sécuriser. En outre, il est nécessaire de disposer d’experts en cybersécurité qui seront à même de conduire les programmes de sécurité au sein même de l’entreprise (politique, procédure, outils, sensibilisation, etc.).

Le recrutement, la formation et la rétention des talents sont, certes, une problématique d’actualité chez les entreprises mais elle est d’autant plus accentuée lorsqu’il s’agit de la cybersécurité pour les deux aspects suivants : la faible disponibilité des experts en cybersécurité au regard de la forte demande des entreprises souhaitant recruter et se renforcer massivement sur ce secteur; la formation sur la nature des nouvelles cybermenaces et donc la rétention constante de ces experts, une fois recrutés.

Une bonne politique de gestion de la cybersécurité pour une entreprise reposera sur l’implication du management pour définir les rôles et responsabilités adéquats mais aussi pour initier les programmes de sensibilisation et formation des collaborateurs. Plus spécifiquement, les actions suivantes peuvent être mises en œuvre : la création d’une fonction de type « RSSI » transverse à l’ensemble de l’organisation qui sera responsable des programmes en lien avec la sécurité (81% des entreprises interrogées) et l’adoption d’un dispositif de gestion du risque cyber par l’intermédiaire d’un cadre de type ISO 27001 (59%).

  1. Les technologies au service de la cybersécurité

A l’heure où les menaces de cyberattaques sont de plus en plus présentes avec des typologies d’attaques en constante évolution, les entreprises doivent dorénavant repenser leur outillage et introduire des fonctionnalités nouvelles et à la pointe de la technologie.

Ainsi, les services de sécurité sur la base de solutions Cloud et en mode SaaS sont utilisés par 62% des entreprises interrogées. Les fournisseurs Cloud proposent de plus en plus de garantie en termes de sécurité et de protection des données. L’utilisation d’une architecture Cloud permet également des capacités de stockage et de traitement de données très importantes et nécessaires pour la gestion des événements de sécurité.

Encore faiblement utilisée par les entreprises (41%), la Data peut être intéressante pour la prédiction de cyberattaques, notamment pour le monitoring des menaces et la prédiction des attaques, mais aussi pour la réponse à un incident avec l’analyse et l’audit des logs. Les entreprises et éditeurs de logiciels pensent aussi à utiliser l’Intelligence Artificielle pour rendre la prédiction de cyberattaques plus efficace et introduire des actions de remédiation en temps réel pour stopper l’incident.

Enfin, le mot de passe seul n’étant plus une solution, des moyens alternatifs pour se connecter aux applications et données critiques sont à l’ordre du jour. L’utilisation, par 31% des entreprises interrogées, d’un deuxième facteur d’authentification (sms, biométrie, etc.) pour la connexion des employés ou tiers (fournisseurs, clients) permettra de réduire significativement le risque de fraude tout en améliorant l’expérience utilisateur.

  1. Les nouvelles règles face aux nouveaux risques

Le renforcement significatif des contraintes réglementaires est fortement lié à la généralisation des cyberattaques et fuites de données au sein des entreprises.

Parmi les principales réglementations :

Le RGPD (Règlement général sur la protection des données), qui entrera en vigueur en 2018, oblige les organisations à s’assurer du consentement explicite des individus quant à l’utilisation qui sera faite de leurs données. Ce sont déjà 91% des entreprises interrogées qui ont initié des actions pour se conformer au RGPD.

La LPM (Loi de Programmation Militaire), entrée en vigueur en juillet 2016, concerne 200 entreprises classées « Opérateurs d’Importance Vitale » (OIV) qui sont tenues de renforcer leur niveau de sécurité (contrôles réguliers, détection des événements, alerte suite à un incident) sous peine de dispositions pénales.

La DSP 2 (Directive sur les services de paiement 2), entrée en vigueur en janvier 2018, définit les règles concernant les nouveaux acteurs sur le marché des paiements (FinTechs). Les services d’agrégation d’information et d’initiation de paiement sont dorénavant encadrés et des mesures de sécurité exigées (sécurisation des API, authentification forte, etc.).

Le programme sécurité de SWIFT prévoit un ensemble de standards de sécurité qui deviendra obligatoire dès janvier 2018. Chaque membre SWIFT sera tenu de publier une auto-attestation annuelle faisant état du respect des points de contrôle obligatoires (sécurisation de l’environnement, contrôle et limite des accès, détecter et répondre).

 

Méthodologie

Réalisée auprès d’un panel de 403 entreprises au cours du deuxième semestre de 2017, sur des responsables métiers, IT et Cyber, cette enquête repose sur 20 questions portant sur la maturité de la cybersécurité dans les entreprises.

 

IT : ce qui arrive en 2018

Posted by Gilbert Azoulay on janvier 15th, 2018 under Non classé  •  No Comments

Nouvelles technologies, cloud, intelligence artificielle, objets connectés, budgets de l’IT et sécurité informatique… Dans sa tribune, William Culbert, directeur commercial Europe du Sud de Bomgar, éditeur spécialiste des accès sécurisés aux systèmes IT des entreprises, répond aux questions qui préoccupent les DSI pour leur stratégie de 2018. (Bomgar propose des(solutions d’Accès Sécurisés dédiées aux entreprises).

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Quelles sont les principales menaces pour leur sécurité auxquelles les entreprises seront confrontées en 2018 : piratage, pénurie de talents spécialistes de la cybersécurité ou comportement négligent d’utilisateurs créant des brèches de sécurité ? Qu’est-ce qui rend cette menace si sérieuse ?

Les professionnels de la sécurité tendent à se focaliser sur ce qui fait la une ou sur la prochaine grande innovation, telle que la façon dont l’IA sera le prochain outil de sécurité, par exemple. Mais les hackers font tomber les barrières de protection avec des moyens simples. Les attaques n’atteignent que rarement le niveau de sophistication que l’on imagine. Les entreprises peinent à instaurer des mesures de sécurité utiles qui aident les gens à faire leur travail, tout en se préservant des mauvais comportements des utilisateurs. La pénurie de talents spécialistes de la cybersécurité devient également une vraie problématique, sans qu’aucune réponse simple ne puisse être trouvée sinon de compter davantage sur les logiciels de sécurité.

L’Internet des objets devient-il plus ou moins sûr au gré de l’augmentation de la taille du marché et de sa portée ? Les entreprises prennent-elles les mesures nécessaires pour sécuriser les accès ?
L’IoT va demeurer problématique à mesure que les menaces s’étendent et se multiplient. Même si les personnes sont de plus en plus sensibilisées aux risques de sécurité et que les développeurs s’efforcent de sécuriser les connexions, dans de nombreux cas, la sécurité est négligée ou ajoutée à la dernière minute. Quand un botnet survient, comme le botnet Reaper, on n’a aucune idée de sa taille, de ses motivations, ou de ce qui sera affecté. Les objets tels que les jouets connectés et la toute dernière innovation à la mode rendent ce scénario encore plus compliqué.

A quels services ou technologies de sécurité doit-on donner la priorité dans les budgets IT en 2018 ?
Vous ne pouvez évoquer les priorités qu’après avoir effectué une évaluation des risques, des brèches et des vecteurs d’attaque potentiels. Plutôt que de courir après la dernière nouveauté, les entreprises devraient se focaliser sur les bonnes pratiques liées aux identifiants et aux contrôles d’accès.

Pouvez-vous nous citer une technologie trop jeune qui ne mérite pas l’attention ?
L’IA a sa place dans l’exploration des données, pour faire du sens des faux positifs, et pour faire émerger à la surface des alertes signifiantes encourageant à agir. Je pense que l’IA comptera à l’avenir, mais ce peut être une distraction. D’autres technologies prédominent sur l’IA pour m’aider à étoffer ma connaissance des menaces.

L’adoption du cloud est-elle encore pénalisée par les préoccupations de sécurité ? Pourquoi ou pourquoi pas ?
La croissance du cloud dépend du type de système présent dans le cloud. De nombreuses entreprises rechignent à placer leurs mots de passe et identifiants dans le cloud, mais de nombreux autres services de sécurité mobilisant des données moins stratégiques migrent dans le cloud. Nous avons encore du temps devant nous avant que tout ne soit migré dans le cloud.

Qu’est-ce que les avancées technologiques signifient pour l’avenir du travail et l’avenir des opérations IT ?
Nous allons assister à une évolution du fournisseur vers un prestataire de services de gestion de la sécurité. De plus en plus d’entreprises cherchent à externaliser leurs procédures d’acquisition et de gestion des solutions de sécurité, et ces prestataires peuvent veiller à ce que les bons outils et technologies soient en place pour diminuer les menaces internes, contrôler les accès et réduire les vecteurs de menaces externes.

Un diplôme en « blockchain »

Posted by Gilbert Azoulay on janvier 8th, 2018 under News  •  No Comments

La technologie blockchain a un énorme potentiel et les possibilités sont importantes. Nous en avions déjà parlé dans ce blog avec l’expérimentation menée au Pôle Léonard de Vinci avec notamment Cyril Grunspan, Responsable du département d’Ingénierie Financière de l’ESILV. Selon lui : « Notre enseignement intègre désormais une option entière sur la Blockchain. En ce qui concerne le diplôme, les étudiants pourront désormais donner une preuve infalsifiable qu’ils ont obtenu notre titre d’ingénieur. C’est un élément important pour lutter par exemple contre la fraude, mais c’est aussi une opportunité pour nos établissements de réduire les coûts. Chaque année, cela revient extrêmement cher d’imprimer et de distribuer à chaque élève un diplôme. La Blockchain devient un registre où sont consignés les diplômes des anciens élèves. A terme ils disposeront d’un code qu’ils présenteront aux recruteurs pour justifier de leurs qualifications ».

Au MIT, suite au programme lancé à l’été 2017, une centaine de diplômés ont désormais la possibilité de disposer de leur diplôme sur leur smartphone en complément du diplôme habituel. Avec l’utilisation de la techno blockchain du bitcoin, le MIT est devenu l’un des premiers établissements à délivrer des diplômes virtuels qui sont la propriété de leurs bénéficiaires. « Blockcerts Wallet » est donc l’application qui permet aux étudiants d’obtenir rapidement et facilement une version vérifiable et inviolable de leur diplôme qu’ils peuvent partager avec les employeurs, les écoles, la famille et les amis, selon le MIT. Pour assurer la sécurité du diplôme, le pilote utilise la même technologie blockchain que pour la monnaie numérique bitcoin.

Certes cette nouvelle approche n’est pas nouvelle dans la mesure où des  universités et entreprises ont déjà recours à cette technologie, mais le MIT souligne que chaque étudiant pourra gérer son dossier de manière autonome. C’est ce qui est inédit pour l’établissement américain. En effet, les personnes peuvent posséder et disposer de leurs documents officiels, selon les porteurs du projet.

« L’une des applications possibles sera de créer des certificats superposables sur la blockchain, ce qui permettra à chacun de créer un lien entre les diplômes provenant de différents établissements – par exemple, un diplôme de premier cycle d’une université, un diplôme de deuxième ou de troisième cycle d’une autre université et une certification professionnelle. Selon Chris Jagers, il sera bientôt possible d’intégrer des liens ou des identifiants d’autres documents numériques préexistants dans un nouveau méta-enregistrement », précise l’établissement.

QWANT face aux GAFAN

Posted by Gilbert Azoulay on décembre 11th, 2017 under Interview  •  No Comments

QWANT , le moteur de recherche français gagne en notoriété avec une approche « éthique et européenne », selon son co-fondateur Eric Léandri. Quelle est sa vision sur les sujets clés que sont l’intelligence artificielle et l’arrivée du RGPD ? Ses réponses.

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L’intelligence artificielle représente un danger que l’on peut maîtriser. Comment ?

Tout d’abord, il nous faut nos propres technologies, c’est à dire européennes face aux américains et aux chinois. Cette technologie doit impérativement « anonymiser » les données afin de faire de l’intelligence artificielle sans être intrusif. Merci donc à la RGPD de renforcer cet aspect. Imaginez ce qu’il adviendra si les données de la sécurité sociale étaient utilisées à des fins commerciales, au profit exclusif des assurances et les vendeurs de datas !

Les datas, c’est l’enjeu clé de demain ?

Avec le RGPD, il est possible de faire de l’intelligence artificielle éthique, sans donner les informations aux acteurs du web qui en ont un usage exclusivement commercial. On doit pouvoir aider les internautes sans les dépouiller de leurs données personnelles. Les datas sont à l’origine de calculs complexes et créent de la valeur. Cette valeur doit être redistribuée à la collectivité. C’est du moins notre position. Garder les datas, c’est généralement pour développer des produits ou des services marchands voire orienter les décisions. L’enjeu c’est au final démocratie.

Qwant-logo

GAFAN = danger selon vous donc ?

La puissance économique de ces acteurs leur permettra récupérer nos talents ainsi que nos idées.  Je préconise d’ailleurs un « european act » pour soutenir les sociétés du digital, BtoB et BtoC ainsi que les plate-formes éthique et concernées par la protection des informations. Google pille nos savoirs et notre intelligence gratuitement pour les revendre.

Offrez-vous des garanties supplémentaires de votre côté ?

Les conditions générales d’utilisation sont transparentes et nous sommes sous le contrôle des CNIL européennes. Notre ambition est de proposer un acteur européen du web aux usagers. Et sur le plan éthique, il faudra réfléchir à la réglementation car préserver la vie privée est dans la charte des droits de l’homme.

 

« Coursera… c’est comme RB&B »

Posted by Gilbert Azoulay on décembre 4th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Jeff Maggioncalda, le nouveau patron de COURSERA était de passage à Paris. Où en est la plate-forme mondiale en matière d’usage et d’équilibre financier ? Eléments de réponse avec le CEO.

Coursera en 2017 représente quoi ?

Depuis 2012 à Standford nous avons progressivement agrégé d’autres établissements dans le monde. Nous représentons à ce jour 150 institutions, dont 10 en France. 29 millions de personnes nous utilisent Coursera (450 000 en France). Ici, nous travaillons essentiellement avec  HEC, Essec, Polytechniques, Escp-Europe ou encore Sciences-Po. 40% de leurs contenus sont en français, le reste en anglais. 2400 cours sont également en ligne. Le modèle a évolué récemment avec des certificats payants, autour de 50 dollars/mois, généralement sur une durée de 3 ou 4 mois. Nous avons doublé les usagers payants et cette offre va aller vers des spécialisations plus larges, à des prix plus élevés. L’année dernière nous avons créé quatre masters, autour de 20 000 €/an.

Votre offre de formation continue s’élargie aussi ?

Coursera for business vient d’être inauguré et vise à soutenir les entreprises qui ont des enjeux de transformations. Nos prix sont compétitifs et note plateforme simple d’usage. Aujourd’hui, 600 entreprises nous ont déjà fait confiance tandis que 90 partenaires industriels (dont Google, CISCO, PWC) nous produisent des contenus plus appliqués. Nous faisons vraiment la jonction entre l’académique et le pratique.

Vous visez le marché français déjà très concurrentiel ?

Nous sommes un diffuseur. Universités et grandes écoles fournissent les contenus. Nous serions plus proches de RB&B en partageant les revenus de manière équilibrée et en créant de la croissance pour les établissements.

Quels sont les résultats de votre collaboration poussée avec HEC ?

Nous travaillons avec eux et nous sommes très satisfaits. Le marché africain démarre très bien car HEC est une vraie référence. Au final, je considère que l’image de l’enseignement supérieur français est porté dans le monde, ce qui est très bon pour sa réputation.

L’apprentissage à distance est-il en train d’accélérer dans les usages ?

Surtout chez les jeunes générations qui vivent depuis leur naissance avec les usages on-line. Mais l’outil que nous proposons à base d’images, de QCM, de collaboratifs, d’échanges favorisent l’appropriation des enseignements et la mise en œuvre pour toutes les générations.

Coursera est une institution qui gagne de l’argent ?

Notre système est extrêmement positif car les deux parties s’enrichissent simultanément. Notre objectif n’est pas de gagner de l’argent forcément mais d’assurer la diffusion du savoir tout en finançant nos charges et notre structure composée d’une centaine de personnes.

 

  • 29 million registered learners to date
  • 2,000 active courses, over 180 Specializations, and 4 degrees
  • 150 university and education institution partners
  • 600+ employers and governments use our enterprise product
  • Paid learners growing at the rate of 70% YoY
  • 2017 Learner Outcomes Survey
  • 84% of career builders report benefits
  • 93% of education seekers report benefits
  • Career builders and education seekers are MORE likely to report tangible benefits if they are from developing countries, of low socioeconomic status, or do not have a bachelor’s degree
  • 72% of all course completers report gaining confidence

 

 

Universités : les challenges du digital

Posted by Gilbert Azoulay on novembre 27th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Voici une tribune intitulée « 3 challenges pour l’avenir des universités françaisesréalisée par Béatrice D’Olier, Consultante en transformation digitale éducation chez Unit4 sur les défis auxquels doivent faire face nos universités.

 BDR

A l’occasion du salon de l’éducation qui vient de s’achever force est de constater que la digitalisation des Universités sera au cœur des débats. Elles ont toujours été dans le paysage de l’Enseignement supérieur français le 1er choix d’orientation des étudiants (plus de 60% des étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur en 2014/2015). En France, nous avons la chance d’avoir des universités qui proposent des formations très diversifiées à des coûts extrêmement faibles et quasiment sans conditions de sélection. Cette exception française a entretenu pendant des années un sous-investissement qui pénalise aujourd’hui l’image de nos campus, avec notamment des services administratifs devenus trop complexes à l’ère digitale.

Sans compter que les universités françaises ont souvent privilégié la diversité pédagogique avant de travailler leur communication et les partenariats avec les entreprises comme peuvent le faire les établissements étrangers.

L’arrivée de la génération Z sur les bancs de nos universités vient bousculer cette situation car l’importance donnée à l’expérience digitale par ces « digital natives » ne cesse d’augmenter. La récente étude réalisée par DJS Research   confirme que plus de 7 étudiants sur 10 estiment que leur établissement devrait repenser sa stratégie digitale.

En France, la loi du 22 juillet 2013 relative au numérique dans l’enseignement supérieur et la recherche a initié des investissements conséquents pour améliorer la réussite étudiante et les niveaux de qualification en formation initiale comme en formation continue.  Si la loi du numérique dans l’enseignement supérieur (22 juillet 2013) a déjà initié certains investissements, le digital doit continuer à progresser et à transformer nos universités françaises. Aujourd’hui elles sont face à 3 challenges forts :

Challenge 1 : libérer la croissance 
La révolution numérique gagne effectivement nos campus et l’on a vu apparaître des FabLabs à l’Université Cergy-Pontoise ou des formations sur simulateurs informatiques à la Faculté de Médecine Paris-Descartes. Pourtant, il ne faut pas voir le digital uniquement sous l’angle de l’innovation technologique permettant d’apporter une nouvelle vision pédagogique mais aussi comme une capacité à répondre globalement à toutes les nouvelles attentes des étudiants et apprenants.

En effet, le digital facilite les liens entre apprentissage présentiel et connecté, et encore plus dans un contexte de programmes partagés entre plusieurs établissements voire avec des entreprises. C’est un enjeu fort de croissance pour les Universités qui auraient ainsi l’opportunité de reprendre des parts de marché dans la formation continue et de renforcer leurs relations avec les entreprises.

Challenge 2 : soutenir la réussite des étudiants

C’est une priorité forte de la loi du 22 juillet 2013 et les universités ont pour cela mis en œuvre de nombreuses initiatives de pédagogie 3.0 plus innovantes et plus collaboratives. Cela répond clairement aux nouvelles attentes des étudiants : une pédagogie moins magistrale mais plus interactive, centrée sur le partage et les échanges avec un accompagnement qui améliore l’expérience étudiante.

Challenge 3 : améliorer l’efficacité administrative

En France, nous avons souvent critiqué la lourdeur administrative des universités. Presque 3 ans après la loi du 22 juillet 2013 qui avait « inscrit le numérique au service d’une université en mouvement », il est important de rappeler que, selon l’étude réalisée par DJS Research (*), 1 étudiant sur 3 considère toujours que la complexité administrative empiète sur son temps consacré à étudier. Trop de démarches et de procédures encore totalement manuelles ainsi que des déconnexions parfois totales entre les services administratifs et pédagogiques creusent l’écart entre l’expérience digitale d’un étudiant en université et celui d’une école ayant investi dans l’amélioration de ses processus internes grâce au digital.

Or, cette expérience étudiante insuffisamment digitalisée pour les aspects administratifs peut réellement être contre-productive pour recruter des étudiants dans l’environnement concurrentiel d’aujourd’hui.

Il faut donc considérer les investissements dans l’efficacité administrative et la digitalisation des échanges administratifs avec les étudiants comme aussi importants que ceux pour la pédagogie 3.0.

Les choses ont évolué et si les universités veulent rester dans la course concurrentielle, elles doivent accélérer leur transformation et proposer une expérience étudiante à la fois digitale et innovante, tant sur les services administratifs que pédagogiques. Elles pourront ainsi se différencier et renforcer leur compétitivité.

 

Blockchain : c’est quoi ce truc ?

Posted by Gilbert Azoulay on novembre 20th, 2017 under Non classé  •  No Comments

C’est le sujet dont tout le monde parle mais c’est également un sujet complexe dont tout le monde ne perçoit pas encore tout le potentiel, les possibilités mais aussi les éventuelles problématiques qui émergent. Une chose est certaine : ce nouveau dispositif de « confiance partagée » rebat les cartes du pouvoir sur Internet, selonMickaël Réault, dirigeant fondateur de Sindup, qui nous propose cette tribune.

Mickaël Réault - Copie

Dans un contexte économique favorisant les grands monopoles et le chacun pour soi, la Blockchain a de grandes chances d’inverser radicalement la tendance et nous faire basculer dans l’ère de l’intelligence collective. 

A n’en plus douter la Blockchain va marquer un tournant profond dans notre économie. Bien au-delà des considérations technologiques qu’on lui porte a priori, elle incarne avant tout un renouveau : celui d’un virage à 180° vers un monde entièrement collaboratif où l’information sera désormais vérifiable par tous. Pour la première fois depuis l’arrivée d’Internet, la technologie va à nouveau faire évoluer les mentalités. La Blockchain pose aujourd’hui la première pierre de la mise en place d’un dispositif généralisé de confiance partagée. Un véritable raz-de-marée de désintermédiation et d’automatisation à grande échelle qui va tout balayer sur son passage et faire sauter un nombre monumental de contraintes pour repousser les limites. Derrière, ce sont les fondements même de notre économie et de notre société qui vont basculer : contrats (création d’entreprise ou d’association, embauche, vente, etc.), votes (décisions d’associés, groupe de travail, démocratie), données personnelles, droits de propriété (artistes, architectes, graphistes, presse, etc.), comptes bancaires, transferts d’argent, paiements en ligne, réseaux sociaux (Facebook, Linkedin, Twitter, Airbnb, Uber…), avis consommateurs, etc. En tête de file, les réseaux sociaux ont généré, depuis leur arrivée, un bouleversement colossal dans les rapports entre les particuliers, les entreprises, les collaborateurs et les clients. La Blockchain arrive pour amplifier ce phénomène en y associant les fondements de notre économie (transactions et contrats). Bref, une numérisation totale du fond et de la forme accompagnée d’une fluidification de transactions, de transparence, de sécurité et de pérennité de l’information.

Seuls les plus adaptés survivront

Conçue en 2008 dans l’unique but de gérer les transactions de crypto-monnaies (au départ, le bitcoin), la technologie de transmission d’informations, aussi appelée registre électronique, a clairement fait un sacré bout de chemin ! Fonctionnant sans organe central, elle a tout d’abord, de par ses origines, retenu l’attention du monde de la finance et de l’assurance pour conquérir ensuite ceux de la santé, des transports ou du juridique. Ces derniers travaillent d’ailleurs ardemment à l’identification d’implémentations. Récemment, ce sont les droits d’auteurs, ou plutôt leur gestion, qui intégraient la longue liste des projets. La plateforme de streaming audio Spotify a racheté Mediachain pour gérer les ayant droits et la plateforme Civil levait 5 millions d’euros pour mettre en place un service de presse basé sur la Blockchain où le journaliste est en direct avec son lecteur. Mais le secteur privé n’est pas le seul concerné : en Estonie, 99% des services administratifs sont en effet accessibles en ligne grâce… à la Blockchain. Et le Premier Ministre Edouard Philippe y voit même un exemple à suivre pour relever le défi lancé par le Président Emmanuel Macron, à savoir une dématérialisation totale des services hexagonaux d’ici 2022. Lentement mais sûrement donc, le registre prend place et va, à terme, bouleverser l’univers de l’entreprise.  En ce sens, les dirigeants doivent songer à se faire accompagner dès maintenant et repenser leur modèle d’affaire en tenant compte de cette nouvelle composante. Il faut s’adapter, d’abord intellectuellement, à ces concepts et modèles pour ne pas se faire exclure du marché et s’ajouter à liste des clients des cabinets de restructuring.

Vers la fin des monstres sacrés ?

Cette ère de l’intelligence collective aura, en plus d’une meilleure utilisation de la donnée et de l’accélération du collaboratif, une troisième conséquence, à savoir une très probable destitution des géants de l’économie moderne : Gafa, Batx ou Natu. En effet ces derniers tardent à respecter pleinement les données personnelles en captant toute la création de valeur générée par leurs utilisateurs. Alors même que les « Paradise Papers » relancent le débat autour de la fiscalité de ces acteurs, l’accélération de l’automatisation par l’intelligence artificielle et la robotique accentue l’aspiration à de nouveaux systèmes de redistribution de la valeur générée par les données et les usages collaboratifs via les plateformes d’intermédiation. Un état de fait qui rend ces monstres sacrés de plus en plus incompatibles avec les enjeux de notre époque. Difficile de dire s’ils vont mourir ou réussir à s’adapter à coup d’acquisitions… Ce qui est certain, c’est que les services vont être remplacés par de nouvelles infrastructures et modèles économiques, probablement moins avantageux pour les nouveaux géants mais plus équilibrés et pérennes. Tout ceci advient au moment de l’entrée en vigueur de la General Data Protection Regulation (GDPR) programmée pour mai 2018. Autant dire qu’il y a là un « time to market » des plus opportuns !

 

La Blockchain, c’est quoi ce truc ?

Imaginons un groupe, témoin d’une transaction entre deux personnes et dont le contenu peut être visible ou totalement secret. Une fois cette transaction terminée, les informations relatives à cette dernière (date, heure, etc.) resteront connues de chaque individu. Plus tard, si une partie de ces personnes venait à disparaître, la mémoire de cette transaction, elle, sera non seulement connue des membres restant mais également communicables à de nouveaux venus. Voilà concrètement ce que propose la Blockchain, une pérennité et une confiance qui se renforce au fur et à mesure que le groupe s’agrandit.

Confidentialité des données

Posted by Gilbert Azoulay on novembre 13th, 2017 under Non classé  •  No Comments

RGPD : un acronyme qui annonce une évolution notable dans les organisations. La protection des données personnelles est un sujet central qui prendra une importance considérable à l’avenir. Philippe Decherat, Directeur Technique chez Commvault revient sur le sujet avec cet article intitulé « Confidentialité des données : L’Europe et les Etats-Unis dans des directions opposées ».

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Depuis l’élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, la confidentialité des données personnelles est au cœur des préoccupations des deux côtés de l’Atlantique. Et il semble que les États-Unis et l’Union Européenne aient des idées divergentes sur la direction à suivre.

Nous utilisons tous des outils numériques au quotidien. Souvent, sans même nous en rendre compte, nous échangeons nos données personnelles contre la gratuité des services. En effet, l’ensemble de nos activités sur le web et même l’utilisation d’objets connectés génèrent des données que collectent et monétisent de grandes entreprises. Lorsqu’il s’agit de simples recherches sur le Web ou de la visite de sites et réseaux sociaux, il est rare de se soucier des traces que nous laissons. Mais qu’en est-il lorsqu’il est question de dossiers médicaux, juridiques, ou financiers ? Ceux-ci relèvent non seulement de la vie privée mais plus encore, de l’intimité des individus. Le problème est que la frontière entre ce qui est public et ce qui doit rester privé est relativement flou.

Alors les dispositions mises en place favorisent-elles trop souvent les entreprises ? Les citoyens doivent-ils reprendre la main sur l’exploitation de leurs données ? Jusqu’où les entreprises peuvent-elles utiliser nos données ? Autant de question à soulever et que l’on retrouve en Europe comme aux USA. C’est l’UE qui a choisi de légiférer afin de protéger ses citoyens avec l’entrée en vigueur en mai prochain du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), mais pas seulement. Un autre règlement de l’UE destiné à protéger les données personnelles lors de communications électroniques va s’appliquer.

Ce projet de loi est à l’opposé de l’ordonnance du président américain qui vient supprimer la nouvelle loi de protection des données privées qui devait s’appliquer d’ici la fin de l’année. Promulguée sous le mandat Obama, elle aurait obligé les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) à recueillir clairement le consentement des utilisateurs pour partager des données personnelles. Cela concernait les informations telles que la géolocalisation, les informations financières, de santé, sur les enfants, les numéros de sécurité sociale, l’historique de navigation Web, de l’utilisation d’une application et le contenu des communications. En outre, les FAI se seraient vu contraints de permettre à leurs clients de refuser le partage d’informations moins sensibles, comme une adresse électronique par exemple.

Mais les conflits entre les États-Unis et l’UE portant sur la protection des données, ne reposent pas seulement sur cette ordonnance. Les actualités récentes autour de l’immigration ont quelque peu masqué une autre législation qui remet en cause l’avenir du Privacy Shield. Remplaçant de l’accord « Safe Harbor », Privacy Shields a été imaginé avec le RGPD à l’esprit, ce qui signifie que l’application de l’un sans l’autre rend illégal le traitement de données issues d’entreprises européennes par des entreprises américaines… avec par conséquent un impact important sur les services cloud.

Pour le Royaume-Uni, la situation se compliquera aussi en 2019 car, en quittant l’Union Européenne, il quittera également le Privacy Shield.

La protection de la vie privée est donc intrinsèquement liée aux données et les prestataires doivent pouvoir offrir des garanties à leurs clients. Le Privacy Shield par exemple, permet de chiffrer facilement et de déplacer les données et les charges de travail entre les fournisseurs de cloud. Cela donne une assurance face aux incertitudes actuelles qui touchent les entreprises de l’UE et des États-Unis. Dans le même temps, des acteurs comme Microsoft ou Amazon renforcent leurs capacités de stockage de données en Europe, pour faire face aux demandes éventuelles d’entreprises européennes à déplacer leurs données sur le Vieux Continent au cas où les choses resteraient floues ou empireraient.

Les informations personnelles font partie intégrante de l’activité moderne et l’on ne peut pas ignorer ce fait. Le RGPD va être le nouveau point de référence pour leur protection et le conflit entre ceux qui voudront protéger les données privées et les autres souhaitant les exploiter est bien parti pour durer !

A propos de Commvault                                                                 

Fondée en 1996, Commvault, le spécialiste de la protection des données et de la gestion de l’information via sa plateforme Commvault. Les solutions équipent des entreprises comme Sanofi, La RATP, Essilor, l’APHM, etc. Cotée en bourse (NASDAQ : CVLT) et basé à Tinton Falls, New Jersey. La société compte 2000 employés et réalise un chiffre d’affaires de 595,1 millions de dollars.

 

Transformation digitale again

Posted by Gilbert Azoulay on novembre 6th, 2017 under Non classé  •  No Comments

Voici une keynote sur la transformation digitale que j’ai proposée à 200 personnes lors d’une journée de colloque organisée par la société UNIT4 à Paris, le 19 octobre dernier. J’ai conclu mon intervention par un selfie géant que j’ai diffusé sur les réseaux sociaux, histoire d’illustrer la digitalisation… Basique ! J’en profite pour remercier ceux qui étaient à mes côtés : Stéphane Amiard, Vice-Président Numérique & Patrimoine Université d’Angers, ainsi que Houzefa Aladine, Associate Director au sein du cabinet de conseil et d’études Gartner.

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Transformation, agilité, collaboratif, échange, dialogue, service, interactivité, réactivité, disruption… Mais aussi accélération, démultiplication, Infobésité ! Tout cela c’est la transformation. Cette transformation que nous connaissons et qui nous fait parler. Cette transformation qui nous impose une nouvelle vision des choses, en bien comme en moins bien. Aujourd’hui, nous devons bouger – ou plutôt nous transformer -, car si nous restons sur place, nous sommes morts… si nous bougeons, nous avons une chance de survie !

Une remarque qui fait écho à cette phrase de Paul Vérillo, un urbaniste qui résume assez bien « Notre » situation. : Le 19e siècle a été le siècle de la vitesse, le 20e celui de l’accélération, le 21e est sans nul doute celui de l’instantanéité… mais pour qu’il se termine « bien » j’ajouterai, il devra être celui de la décélération.

J’en profite donc rappelle quelques, éléments qui posent question :

  • On estime, 46% des emplois pourront être digitalisés d’ici 2025… mais ce serait plutôt 13%.
  • La plus grande société de vente au détail n’a aucun magasin, C’est AMAZONE.
  • Un des plus grands transporteurs n’a aucun véhicule, c’est UBER
  • Le plus média du monde ne produit aucun contenu, c’est FACE BOOK.

Tout cela c’est la révolution digitale que nous connaissons. Tout cela ce sont des phénomènes qu’il faut rappeler ! D’autant que selon une dernière étude de la BPI, 61% des patrons de PME n’ont pas établi de feuille de route pour la transformation numérique ! Et si près de 90% des grands groupes déclarent mettre au cœur de leur stratégie le numérique, seuls 26% ont adopté un plan chiffré !

Alors je ne vais pas faire un exposé sur les travers de la transformation digitale que nous connaissons et la numérisation à outrance que nous vivons… voire que nous subissons. C’est aujourd’hui une donnée, un paramètre une contrainte ! De même que je ne parlerai pas technologie, car je ne suis pas expert et au fond, ce n’est pas le problème central ! CMS, LMS, SI, DATA… en vrac quelques verbatim qui incarnent les mouvements technologiques… mais ce ne sont que des outils.

La transformation véhicule des idées reçues qu’il convient de battre en brèche pour les évacuer :

  • Digital First ? Encore aujourd’hui, bon nombre d’entreprises investissent massivement dans des systèmes d’informations et le digital plus largement en imaginant moderniser leur organisation. Or, trop souvent il y a une grande confusion entre automatisation et transformation. Si l’automatisation s’inscrit dans une vision de court terme, la transformation vise une performance durable. Rappelons que le digital n’est qu’un outil au service de la transformation. Tout change avec l’outil, par exemple, le management.
  • Autre idée reçue : Jeune = transformation ? Il s’avère que la situation est nettement plus contrastée. Penser que recruter des « digital native» est LA solution, c’est simplement faux. La réussite de la transformation consisterait plutôt de faire vivre ensemble toutes les générations présentes dans l’entreprise. C’est la première fois que 4 ou 5 générations cohabitent dans les organisations… c’est très nouveau. Les jeunes sont plus experts que nous c’est une certitude, mais rien ne nous imposent de fonctionner comme une start avec des gamins. L’expérience, le recul, l’expertise… sont très importants.
  • Le pendant de tout cela, c’est une autre idée reçue qui tendrait à penser que « Tout change… sauf l’organisation ? » Penser que la transformation n’entrainera pas une modification de l’organisation constitue un risque. En effet, la transformation impose un changement profond dans le partage de l’information, des circuits hiérarchiques plus courts et des modes de fonctionnement nettement plus agiles. L’organisation sera amenée à changer naturellement vers des formes nouvelles, en rupture par rapport aux structures actuelles. Et d’ailleurs, cette nouvelle organisation c’est elle qui garantira un vivre ensemble de qualité entre les digital natives et les autres !

Parlons de l’enseignement supérieur, un milieu intéressant car, les « clients » sont des usagers forcenés et ils ne comprennent pas, par exemple, qu’un fossé demeure encore entre leur vie quotidienne hyper connectée à la maison et leur école ou université. Ce syndrome de déception est fréquent en entreprise aussi. Ça ne va pas assez vite selon eux !

Les jeunes ne comprennent pas de ne pas disposer du Wifi, des cours en ligne, du e-mail de l’enseignant, d’une plate-forme collaborative pour travailler sur des projets et ou procéder à de l’auto-évaluation, voire de disposer d’écran dans la salle de cours. Dans sa vie quotidienne aussi, tous les services doivent être dématérialisés et sécurisés, mais aussi évolutif en fonction du cursus, du statut ou encore de leur situation (en échange à l’étranger par exemple).

Tout cela c’est l’illustration de transformation. Il y a bien un diplôme, des évaluations, un enseignant qui demeure le sachant, n’empêche que le système n’a plus rien à voir avec l’université ou les grandes écoles d’avant.

Evidemment, la transformation que nous appelons de nos vœux  est sans doute plus compliquée à mettre en œuvre qu’à la maison, pourtant, toutes les organisations investissent massivement. Ce qui n’empêche pas de nous plaindre que cela ne marche pas, que les process sont longs, les solutions peu agiles etc. Alors même que ces mêmes organisations dépensent des sommes folles et recrutent des spécialistes.

La raison : les organisations font face à des injonctions contradictoires, à savoir se protéger et disposer d’outils durables, tout en étant ouvertes, voire très ouvertes au monde, aux idées, aux interactions, etc… Donc en ne fermant pas la clé. Une entreprise qui ne dialoguerait pas serait tout de suite rangée dans la famille des marques ringardes.

transformation digitale salariés

Alors dialoguer, c’est en interne d’abord mais aussi avec l’extérieur. Cela demande de changer de posture, de mentalité, bref se réiventer !

  • C’est donc par exemple repositionner l’humain en imposant une approche véritablement Human « centric»
    • La dimension humaine doit s’imposer dans une stratégie d’entreprise moderne. Par exemple, dans l’entreprise, le couple « collaborateur-client» doit prendre une place centrale pour réussir la transformation. Tout le monde est en contact avec l’extérieur et une intimité se créé forcément.
    • En effet, la relation de service, c’est avant tout une relation entre le client et le collaborateur. Dès lors, tout baser sur le client est aujourd’hui insuffisant. Le collaborateur doit être managé de manière radicalement différente. Je dirai même, manager de manière « attentionnée ». C’est ce qui déterminera la qualité du service apporté au client.
  • Dans la foulée, se transformer c’est aussi, être orienté « Service ».
    • Il faut Insuffler la culture du service au sein de son organisation… sans devenir esclave. Ce qui impose de rendre plus autonome les personnes, en les rendant véritablement créateurs de valeur. Car la vraie valeur aujourd’hui : c’est proposer et créer des relations. Des relations qui facilitent la vie entre les collaborateurs et les clients.
  • Se tranformer c’est imposer ce que j’appelle le Making « makers»
    • En écho à ce que je disais, la notion de « collaboratif» impacte désormais considérablement les organisations. Clients et collaborateurs sont engagés dans la co-création et la transformation ne passera que par l’intégration de ces pratiques dans sa propre organisation. L’intégration dans l’entreprise des réseaux sociaux internes et externes devient par exemple indispensable pour innover, dialoguer, échanger… et donc accélérer la transformation.

Autre illustration qui incarne la transformation et qui caractérise la communication des organisations. Alors que cette communication était vérouillée et peu diversifiée… désormais, c’est un festival ! Chacun devient un ambassadeur ; vis à vis des clients bien entendu et créé des interactions nouvelles en internes. Mais également des ambassadeur vis-à-vis de l’extérieur. On peut tout dire !!

C’est tout de même une révolution sans précédent. Chaque collaborateur peut s’exprimer sur tout avec une liberté presque totale. Les outils de communication à leur disposition leur permet de prendre des positions « visibles » de manière extrêmement facile.

Comment gérer ce changement essentiel ? Tout simplement en considérant que l’entreprise est un média ouvert avec des interactions avec l’extérieur de plus en plus forte.

On peut parler désormais d’ambassadeurs digitaux pour les salariés. Aux entreprises de créer les conditions pour gérer cette nouvelle communication qui leur échappe mais qu’elles peuvent/doivent accompagner pour autant que faire se peut avoir un regard pour ne pas parler de contrôle.

Alors il ne faut pas trop en faire car bien entendu cela signifierait que la direction veut museler l’expression, mais il faut s’assurer que tout ne parte pas dans toutes les directions : d’où un besoin de formation, de décryptage et de proposition – par exemple – d‘un code de bonne conduite digitale.

C’est un exemple !

Au final et pour résumer

  1. La Transformation digitale, ce n’est pas exclusivement la technologie. Et pour cause : il n’y a pas de recettes miracles. Il y a de bonnes solutions mais personne ne peut proposer une solution idéale.
  2. Cela impose en revanche un vrai bouleversement organisationnel, psychologique et managérial.
  3. Enfin, toutes les entreprises qui ne prendraient pas le temps de rédiger une feuille de route, de définir un cahier des charges collaboratifs, de réfléchir à la solution la plus évolutive et pas la solution la moins chère… sont destinées à investir de travers avec des dégâts collatéraux considérables.

Attention du coup à ne pas rester sans rien faire, sans faire un pas de côté de pour bousculer ses habitudes… la nouvelle génération qui arrive attend de nous cela et cela avec d’autant plus d’insistance qu’ils sont plus calés que nous !!