Un petit monde

Atlantic rim

Il y a quelques jours, deux sites de grands quotidiens français (1, 2) se sont fait l’écho d’un sondage « démontrant » que les « parents » français sous-estimaient le coût des études à l’étranger:

 

Si les parents français sont 65 % à envisager que leurs enfants étudient à l’étranger, ils semblent peu au courant du coût que cela représente, indique un sondage international de la banque HSBC sur la valeur des études, publié mercredi 9 septembre. Ils évaluent en effet à 20 % le surcoût par rapport à un cursus équivalent réalisé sur le sol national (estimé à 48 500 dollars par an, soit 43 300 euros) alors qu’il faut en réalité compter 241 % de plus, soit un total de 165 000 dollars (soit 147 400 euros) pour suivre l’ensemble d’un premier cycle aux Etats-Unis, en additionnant frais de scolarité et frais de vie.

 

Les deux articles en question sont à mon avis symptomatiques d’une tendance française générale dans l’appréciation des systèmes d’enseignement supérieur/recherche des pays étrangers: focalisation sur les Etats-Unis, et à l’intérieur des Etats-Unis sur certains cas extrêmes. Une simple recherche google « tuition fees » vous permettra de juger sur pièces, je recommande surtout de tester des universités non américaines. Sans compter les programmes d’échanges, voire les diplômes en commun.

Non, « l’étranger » n’est pas cet espèce de monstre vaguement harvardesque fantasmé en France qui, parfois, gouverne les discours et « réformes » sur la recherche.  L’ailleurs est parfois semblable, parfois différent, et je m’efforcerai ici de donner un autre regard, transatlantique mais francophone, forcément un peu biaisé, sur le petit monde universitaire.

Qui suis-je ? Voici mon site pro, et mon compte twitter. Comme Guillaume je suis un pur produit du système français, passé par une prépa, une grande école, une thèse en France et un post-doc aux Etats-Unis, puis divers concours pour tenter de rentrer dans l’enseignement supérieur français. Et puis, changement de cap, hasards de la vie, depuis 5 ans, heureux « assistant professor » dans le département de physique d’une grande université canadienne. McGill, au coeur de Montreal, est la plus grosse université anglophone du Québec, pas trop mal classée en général , et ressemble par ses structures à énormément d’autres universités anglophones au Canada comme en Amérique du Nord. On y fait de la recherche de niveau international, on y écrit des demandes de fonds, les nouveaux bâtiments portent le nom de riches donateurs, il y a un très joli campus, et surtout, on y forme beaucoup d’étudiants d’excellent niveau, qui deviennent Chanteurs légendaires, Capitaine de l’Enterprise ou Prix Nobel

La "McGill beach" et le ciel bleu, le 15 Septembre 2005 à 9h30

La « McGill beach » et le ciel bleu, le 15 Septembre 2015 à 9h30

Je raconterai comment les choses se passent (en gros) depuis cet ailleurs canadien, dialoguerai par billets interposés avec Guillaume, et le cas échéant parlerai un peu d’actualité locale sur la recherche et l’enseignement (exemple: les futures élections canadiennes dans un gros mois). Mes propos n’engagent que moi et en aucune manière mon employeur (gasp!)

 

 

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