Un petit monde

Etat des lieux de l’Université – 1

Tentons de redonner quelque peu vie à ce blog.

Je vais entamer ici un cycle de billets faisant un petit état des lieux de l’Université, notamment en ce qui concerne les populations (étudiants et enseignants) et leur évolution temporelle (j’ignore encore le nombre, je sais juste qu’il y en aura plus d’un: comme cela risque d’être assez long et aride, un seul billet serait simplement illisible).

Il s’agit en quelque sorte de la continuation de questions déjà abordées précédemment: voir ici ou la, ou encore ici.

Ces billets sont le fruit d’un travail fastidieux (et chronophage) de données compilées à partir des rapports annuels RERS dont on peut trouver, en cherchant bien, des éditions remontant jusqu’à 2000 (il existait auparavant des archives pour remonter plus loin mais je n’arrive plus à y accéder).

Dans ce billet, je vais préciser un peu les démarches, hypothèses et approximations éventuelles qui me serviront par la suite.

J’ai collecté sur une période d’une quinzaine d’années l’évolution des effectifs enseignants à l’Université par grandes disciplines, au sens des groupes CNU selon la terminologie en vigueur: droit et économie, lettres et sciences humaines, sciences, et santé (en découplant par catégorie de personnels: PU, MCF, ATER et doctorants avec mission d’enseignement, PRAG et enseignants du secondaire, PH pour la santé). Ces personnels n’incluent pas les vacataires (pour la simple raison que les chiffres ne sont pas disponibles dans les RERS et très difficilement ailleurs, j’y reviendrai plus bas).

J’ai fait la même chose avec les étudiants, en incorporant ceux des IUT (à partir des rapports de 2013, les étudiants des IUT sont incorporés dans le comptage général. Auparavant ils sont comptés à part et j’ai donc du « redispatcher » en fonction des disciplines: ceci sera discuté en détails le moment venu). Je me suis intéressé à l’ensemble des étudiants, mais aussi aux nouveaux entrants, et au nombre de doctorants.

 

Voici maintenant le détail de mes hypothèses de travail: si elles ne sont pas légitimes, je prends toute source me permettant de les modifier (par source j’entends quelque chose de factuel, vérifiable, généralisable et dans la mesure du possible venant d’une source officielle, pas « dans ma sous-discipline et/ou dans mon UFR ça ne se passe pas comme ça »). Le but est d’être transparent.

– la question des STAPS: le CNU range les STAPS dans le groupe pluridisciplinaire, et la section elle-même semble plutôt s’intégrer au groupe lettres et sciences humaines. Néanmoins, le RERS range plutôt les STAPS, quand ce n’est pas à part, dans les sciences. J’ai donc comptabilisé tout ce petit monde (étudiants comme enseignants) dans les sciences (principalement parce que comme c’était le parti pris du RERS, c’était plus simple pour moi). L' »avantage » des STAPS, au niveau de l’étude de ces données, est de fait qu’il s’agit de la seule « matière » où on peut regarder les évolutions à l’échelle d’une section CNU et non d’une grande discipline, j’y reviendrai peut-être.

– le RERS donne les effectifs enseignants mais j’ai voulu essayer de réfléchir en terme d’équivalent temps plein (ETP): soit 192 heures équivalent travaux dirigés (HETD) annuels, le service « normal » d’un enseignant chercheur. Les PRAG ont une charge double, les ATER une charge équivalente, les demi-ATER une charge deux fois plus faible, les doctorants à mission d’enseignement une charge trois fois plus faible, et pour les PH personne ne sait (ils n’ont pas d’obligation particulière de service enseignement, m’a-t-on dit). J’ai donc fait les approximations suivantes: pour la section ATER/doctorants, j’ai compté un facteur 0.5 en ETP. J’ai aussi fait l’hypothèse que ce facteur ne variait pas selon les disciplines (soit une répartition identique entre doctorants, ATER et demi-ATER pour chaque grande discipline) ni selon les années. Ce sont sans doute des hypothèses relativement fortes, mais in fine cela ne modifierait qu’à hauteur de quelques milliers les ETP sur un total d’environ 90000. Cela permet donc néanmoins une comparaison au moins semi-quantitative des données.

– de même, j’ai pris un facteur 2/3 pour la conversion des PH en ETP, que j’ai laissé fixe au cours du temps.

 

Voila pour le principal. Je mentionnerai au fil de l’eau les autres éventuelles simplifications ou traitements de données.

Commençons donc par regarder ce qu’il se passe en 2016-2017 (cliquer pour agrandir):

 

répartition enseignants

Figure 1: répartition des enseignants par « corps et grade » en fonction des grandes disciplines

 

 

etudiants répartition

Figure 2: répartition des étudiants par grande discipline et par « niveau » (pour les L1: il s’agit des nouveaux entrants, donc cela exclut les 1ère année IUT – les données pour l’IUT ne sont hélas pas dissociées par année dans les RERS-, et les « redoublants »)

 

 

ratio enseignants etudiants 2017.jpg

Figure 3: « ratio » (nombre d’étudiants par enseignant, soit en nombre total de personnel soit en ETP) par grande discipline

 

 

On verra dans les prochains billets l’évolution de ces chiffres au fil des ans. Il faut noter des différences significatives entre disciplines. Pour déflorer un peu la suite, ces différences évoluent peu au fil du temps, ce qui semble indiquer qu’elles sont « historiques » plus que « systémiques » (qui serait le fruit d’une chute des recrutements plus importante dans telle ou telle discipline, par exemple). Ainsi, pour simplifier, on aurait une « tradition » de cours magistraux d’amphithéâtre en droit (donc relativement peu d’enseignants par rapport au nombre d’étudiants), tandis qu’on a en sciences une forte composante travaux pratiques qui imposent un encadrement plus restreint.

 

Pour conclure sur ce premier billet, je vais montrer quelques données concernant 2013-2014: en effet, pour cette année là, on trouve dans un autre rapport des données concernant les vacataires de l’ESR, la aussi par grande discipline (à ma connaissance, cette étude est unique et on ne trouve pas ces données pour d’autres années).

Les vacataires sont catégorisées de 2 façons hélas peu discriminantes: ceux faisant moins de 96 HETD annuelles, et ceux faisant plus. J’ai donc la aussi fait une hypothèse de calcul, identique quelle que soit la discipline: un service moyen de 24 HETD pour ceux faisant moins de 96 (il y a au niveau master beaucoup de vacataires, par exemple des industriels ou des professions libérales, faisant quelques heures uniquement). Pour ceux faisant plus de 96, j’ai pris une moyenne de 128 HETD. En prenant la répartition des quelques 100000 vacataires répertoriés, cela donne environ 12000 ETP ce qui est plutôt cohérent avec d’autres sources d’estimation du taux de vacations dans l’ESR.

 

enseignants 2013 2014

Figure 4: répartition des enseignants par grande discipline en 2013-2014 en incluant les vacataires (on voit apparaître quelques « assistants », catégorie ayant disparu en 1984 et dont les derniers représentants ont pris leur retraite ces dernières années)

 

On peut noter que la discipline faisant le plus recours aux vacataires est de loin le droit (plus de 20% des ETP, contre moins de 15 et moins de 10 pour les LSHS et les sciences respectivement). Quant à la santé, ils ne semblent quasiment pas faire appel aux vacataires.

Le nombre d’étudiants était un peu plus faible en 2013-2014 qu’en 2016-2017 (1500000 contre un peu plus d’1600000).

Le nombre d’étudiants par enseignants évolue donc ainsi:

 

enseignants étudiants 23 14

Figure 5: nombre d’étudiants par enseignants en prenant en compte les vacataires, par grande discipline, en 2013-2014

 

Voila pour ce premier article, permettant de poser les méthodes et de montrer une première série de données.

Dans la suite, on verra l’évolution de ces chiffres sur une durée d’environ 20 ans, et ce qu’on peut en dire.

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