Un petit monde

Etat des lieux à l’Université – 2 – Compléments.

On m’a reproché à quelques reprises de raisonner en « équivalent temps plein », je pense sans avoir pris bien le temps de lire les avertissements à ce sujet donné dans le 1er article de la série (voir ici). Je rappelle donc qu’il s’agit effectivement d’une « approximation » prenant en compte les différents services enseignement des différentes catégories de personnel, faite justement pour pouvoir raisonner à service enseignement constant, en prenant comme référence celui des enseignants-chercheurs, soit 192 hed (heure équivalent TD). Je maintiens que malgré ces approximations, elle présente un véritable intérêt au niveau de la compréhension (toute proportion gardée, je recommande la lecture de cette page pour ceux qui ne seraient pas familiers avec ce type d’exercices, courants en physique).

Mais soit.

Voyons voir ce que donne l’évolution du nombre d’étudiants, non pas rapporté au nombre d’ETP, mais au nombre de personnels enseignants tout court (enseignants-chercheurs, professeurs du secondaire, contractuels).

On obtient ceci (cliquer sur le graphe pour agrandir):

 

 

ratio étudiants enseignants

 

A moins d’aimer couper les cheveux en quatre, la différence avec le graphe présenté dans l’article précédent n’est, vous me l’accorderez peut-être, pas saisissante. A l’ordre 0, on peut conclure à l’identique: ça ne bouge pas beaucoup (à part en santé) en quasiment 20 ans. A l’ordre 1, je continue à penser que les légères évolutions sont plus faciles à discuter en raisonnant en ETP, puisque dans le graphe ci-dessus sont agrégés des personnels avec 64 hed de service annuel et des personnes avec 384. Pour la santé, l’analyse est de toute façon complexe, puisque les PH n’ont pas d’obligation de service définie par un volume horaire (voir discussion dans le 1er volet).

 

On m’a aussi dit que les contractuels listés ici (ATER ou 1/2 ATER, doctorants chargés de mission d’enseignement) ne prenaient pas en compte les vacataires, ce qui est vrai mais est un point que j’ai également largement discuté dans le 1er volet de cette série. Rappelons que l’évolution du nombre de vacataires n’existe pas (à ma connaissance) et que seules les données pour 2013-2014 sont accessibles. Rappelons aussi que ces données ne sont pas communiquées en volume horaire (mais en nombre de personnes effectuant soit plus de 96 hed, soit moins de 96 hed) et qu’il faut donc la aussi faire des approximations si l’on veut raisonner en nombre d’heures face à élèves.

Néanmoins, si on pense que rajouter aux personnels les contractuels sans les vacataires n’a pas de sens, on peut toujours regarder le ratio étudiants / enseignants permanents (enseignants-chercheurs donc, ainsi que professeurs du secondaire et PU-PH pour la santé). Voila le résultat.

 

 

ratio étudiants enseignants permanents

 

Encore ici, à part une translation verticale (puisqu’on enlève une catégorie de personnels, on diminue le dénominateur), les allures elles-mêmes ne sont pas modifiées.

Pour reparler des vacataires, voici le ratio vacataires (comptabilisés, cette fois, en ETP- voir détail de l’hypothèse de calcul dans le volet 1- / ETP par grandes disciplines) en 2013-2014, seule année où ces données sont disponibles:

 

vacataires ETP 2

 

Le droit est la discipline qui y fait le plus grandement appel (plus de 20% des heures sont effectuées par des vacataires, probablement souvent des juristes eux-mêmes), la ou la santé n’y a quasiment pas recours. Les intégrer reviendrait à baisser le ratio étudiants / ETP (de 34 à 28 environ, par exemple, pour le droit, en 2014). Malheureusement, je le répète, on ne peut pas faire ce travail année par année pour suivre une évolution. Si l’on en croit les on-dit, le recours aux vacataires devrait plutôt avoir augmenté que diminué ces dernières années, et la baisse induite sur le ratio étudiants / ETP devrait donc être plus marquée au cours du temps.

 

Enfin, on a tenté de m’expliquer que les sources RERS n’étaient sans doute pas bonnes, m’en soumettant d’autres, sans filtre. Je les ai choisies notamment pour la continuité permettant un suivi pluriannuel avec, a priori, des méthodes de collecte pas trop différentes d’une année sur l’autre. J’ai pris le soin de vérifier que c’était bien le cas et ajusté si besoin. En cas de données absentes, je ne les ai pas compilées (d’où les années manquantes dans les graphes).

On m’a donc suggéré de me référer aux bilans sociaux. J’avoue ne pas avoir le temps ni l’envie de tout refaire, mais si je compare en 2011 les données du RERS concernant les enseignants-chercheurs (MCF + EC) à celles du bilan social, je trouve 55153 personnes contre 55766, soit une différence de 1%, autant dire que ça ne vas pas changer grand chose. Il semble que cette différence soit plus importante certaines années mais comme je le disais, je laisse le soin à quelqu’un d’autre de prendre le temps de compiler les données si ça l’amuse (et surtout de faire le travail de correspondance entre les deux jeux de données, fastidieux autant que nécessaire), je maintiens que ça ne modifiera pas vraiment le fond du propos. Je rappelle encore une fois qu’il est très dangereux de comparer différents jeux de données ministériels, surtout si l’on cherche à raisonner « finement ». De fait, il peut même être dangereux de comparer des données issues de la même série de rapports sur plusieurs années, car la méthode de compilation ou de comptabilisation peut avoir changer: toujours regarder ce qui est indiqué en petit caractère! (ce qui rend la compilation encore plus fastidieuse). Ainsi, dans le cas du bilan social, je vois qu’en 2009 sont listés 45000 EC contre 58000 en 2008 et 56000 en 2007. Je crains que cela ne soit pas crédible et reflète une différence subtile de comptabilité que je n’ai pas le temps d’aller éplucher.

 

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