Les bourses de docteurs ingénieurs (BDI) tombent en pécressitude !

Un courrier du CNRS annonce : « En 2011 le CNRS ne peut pas, en raison de pressions budgétaires, lancer sa campagne de recrutement de doctorants (BDI) ». Autrement dit, les BDI vont être supprimées, au moins pour cette année. Tantôt par des réformes de structures, tantôt par les restrictions de crédits, le gouvernement oblige le CNRS à abandonner toujours davantage son rôle.

Réservées aux ingénieurs (d’une liste d’écoles précise), ces allocations de thèses venaient en plus des allocations banalisées de doctorat ou des CIFRE. Elles étaient cofinancées par le CNRS et un partenaire (entreprise ou région). Dans un contexte où le nombre de docteurs stagne en France autour de dix à onze milles par an (Grande-Bretagne : 15000 ; Allemagne : 25000), c’est un nouveau coup porté au doctorat, sur lequel Madame Pécresse ne tarit pourtant pas de louanges, du moins devant les médias.

Ces allocations donnaient aux ingénieurs, notamment en Chimie et dans les « Sciences de l’ingénieur », une formation par la recherche et étaient donc un pont entre les écoles, les organismes et, au travers des UMR, les universités. Double langage gouvernemental qui, reprenant verbalement les propositions de syndicats ou de partis de gauche sur le rapprochement entre écoles et universités, a une pratique exactement inverse : regroupement des douze écoles les plus connues dans le PRES ParisTech pour les isoler de toute contamination universitaire, alignement prévu du programme des khâgnes sur celui des prépas aux écoles de commerce, et maintenant les BDI !

Double discours encore quand le gouvernement parle d’innovation, de recherche industrielle, de brevets, de secteurs de pointe. En fait, il s’agit seulement d’un prétexte pour donner toujours plus de subventions de l’Etat-providence aux grands groupes (40 milliards de profits pour ceux du CAC40 en 2010), notamment au travers du Crédit d’impôt recherche, sans effets sur le potentiel de recherche. Car tous les rapports qui ont abordé ces questions soulignent l’importance cruciale du nombre de chercheurs, de docteurs ET de docteurs ingénieurs pour mener à bien les objectifs que prétend avoir le pouvoir actuel.

Chers ingénieurs, les banques se portent mieux qu’avant la crise, ayant repassé leurs dettes aux Etats, les traders vont mieux que jamais, les salaires cinq fois supérieurs à celui d’un professeur d’université ne manquent pas ; alors n’hésitez pas, vous gagnerez beaucoup plus sans travailler plus ! Pour ceux d’entre vous qui aviez l’ambition mal placée de servir le pays, de mettre à profit votre formation pour le développement durable, pour la santé, pour l’urbanisme, pour les technologies d’avant-garde, allez vous faire voir !

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