Le Forum de Toulouse, le PS et la recherche.

1- Principes et méthode

Lors du Forum qu’il a organisé à Toulouse le 18 mai dernier, le PS a précisé ses positions en matière d’enseignement supérieur et de recherche.

Comme le programme de François Hollande est celui du PS, même si – et c’est bien normal – il se réserve d’en hiérarchiser les priorités, il nous parait utile de se le remettre en mémoire. Dans ce but, nous en donnons ici un résumé, qui concerne la seule recherche. Tous les textes cités ci-dessous émanent du document issu du Forum, sauf les titres et sous-titres ainsi que les rares commentaires entre crochets, qui sont de la main de l’auteur.

Les principes qui président à la recherche publique

En 2012, les socialistes placeront la recherche et l’enseignement supérieur au cœur du changement. De la connaissance dépend notre capacité à relever les formidables défis que doivent affronter nos sociétés, à l’échelle nationale comme internationale, pour retrouver le chemin de l’égalité, renouer avec un développement durable, en finir avec le sous- emploi, réduire la crise énergétique et des ressources naturelles, améliorer la santé et mieux accompagner le grand âge, prévenir les désastres environnementaux, rendre les procédés industriels plus innovants tout en réduisant leur impact sur l’environnement… autant d’enjeux auxquels la progression des connaissances peut apporter une contribution déterminante, à condition que la recherche et l’élévation du niveau de formation redeviennent des objectifs politiques prioritaires.

Le Parlement, le gouvernement et le ministère ont la responsabilité de fixer, après débat, les grands objectifs de la nation en matière d’enseignement supérieur et de recherche (…). Il leur revient également de déterminer la part et le montant des financements. Mais si le pouvoir politique a toute légitimité pour intervenir dans la recherche orientée pour satisfaire les demandes de la société (…), les choix en matière de recherche fondamentale pour le progrès des connaissances doivent rester de la stricte compétence des chercheurs et des instances collectives d’évaluation.

Les universitaires et les chercheurs eux-mêmes doivent pouvoir définir collégialement la politique scientifique et pédagogique de leurs institutions de rattachement, dans le respect des finalités académiques premières de l’enseignement supérieur et des missions des organismes de recherche, des priorités nationales et du caractère national des diplômes. (…)

La compétition est un des moteurs de la recherche. Mais l’exacerber, comme le fait le gouvernement, est contre-productif. En lieu et place de la mise en concurrence systématique et permanente actuelle qui est imposée (…), l’accent sera mis sur leur coopération qui est la seule pratique qui favorise l’émulation intellectuelle indispensable à leurs projets de recherche et à leurs expériences pédagogiques.

La méthode

Le bilan de la droite est un échec, car toutes ses décisions ont été prises sans concertation préalable avec l’ensemble des acteurs de l’ESR. (…) Nous organiserons, dès 2012, des assises de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Nous souhaitons élaborer une loi de programmation pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, qui sera préparée avec l’ensemble des acteurs et des représentants du milieu scientifique, universitaire et étudiant ainsi qu’avec des représentants de la société dans son ensemble. Cette loi de programmation définira le cadre, les orientations et les moyens de l’ESR. Ce processus permettra notamment la remise à plat de l’ensemble des textes contestés depuis plusieurs années de gouvernement de droite.

Nous nous engageons à garantir en particulier une véritable autonomie aux acteurs et aux institutions de l’ESR, fondée sur un rapport de confiance entre l’État et les scientifiques, la liberté académique des acteurs dans le respect des règles d’éthique, la représentativité et l’équilibre des instances dirigeantes dans les institutions, la collégialité de prises de décision, la coopération plutôt que la concurrence, la contractualisation des établissements avec les pouvoirs publics et une vision pluriannuelle des moyens attribués. Nous voulons également que de nouveaux liens se tissent avec la société. Nous prendrons le temps de la concertation, de l’expérimentation et de l’évaluation (…): l’enseignement supérieur et la recherche ont été trop déstabilisés ces dernières années par les effets de communication et l’accumulation de réformes permanentes pour supporter encore la précipitation et les politiques de table rase. Ce que nous voulons profondément, c’est retisser un rapport de confiance entre l’exécutif politique, les citoyens et le système universitaire et scientifique.


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One Response to “Le Forum de Toulouse, le PS et la recherche.”

  1. PR27 Says:

    Très judicieux rappel ! Il est fort utile que de remettre ce texte sous les yeux des chefs de l’équipe Hollande et sous les yeux des militants. Je n’ai pu y lire des références à ce texte que trop rarement, depuis mai dernier – non pas à l’extérieur du parti, mais à l’intérieur (et ça n’est pas faute d’avoir guetté et sollicité !).

    Et effectivement, « le programme de François Hollande est celui du PS, même si – et c’est bien normal – il se réserve d’en hiérarchiser les priorités ». La preuve : les responsables de l’équipe Hollande n’ont pas écrit beaucoup plus que quelques lignes depuis sur le sujet, c’est bien la démonstration qu’ils se satisfaisaient du texte toulousain.

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