Pourquoi Claude Allègre, probable ministre de l’ES-R en cas de victoire de Sarkozy, déteste-t-il François Hollande ?

C’est Noël ! Ultimes efforts pour colmater les brèches, Nicolas Sarkozy distribue les petits pains. Non que cela soit nouveau : plusieurs ouvrages expliquent comment les recteurs et les préfets ont valsé et été remplacés par « des gens sûrs », comment des organismes, haut-conseils ou comités fantoches, inutiles mais coûteux ont été créés pour recaser les copains, comment aussi on achète les silences, les désistements, les ralliements…

Christine Boutin, Hervé Morin et Jean-Louis Borloo ont chacun négocié le prix de leur retrait. On est même allé rechercher Dati dans la poubelle où on l’avait mise. Mais le problème d’Allègre est plus complexe. Pour Sarkozy, son ralliement est un « plus » car Allègre rompt avec la médiocre grisaille des Douillet, Chatel, Lefèvre, Pécresse pour la version chic et com’, Morano pour la version trash.

Allègre, lui, veut revenir au pouvoir, retrouver « son » ministère, élargi si possible. Cela fait trois fois que Sarkozy le lui promet … et que ça lui passe sous le nez. Mais en même temps, il est réellement ébloui par le culot, l’aplomb de Sarkozy. Il admire surtout sa capacité à dire tout et son contraire, sans sourciller, comme si c’était tout naturel. Ils ont aussi en commun cette capacité à développer des haines vis-à-vis de ce qui leur résiste et d’utiliser leur pouvoir pour les assouvir. Ils ont en commun l’utilisation des chiffres comme simples décors d’un discours, sans le moindre souci de leur véracité. Ils ont en commun un ego surdimensionné.

Mai au-delà de son ego ou de son ambition, les déclarations de Claude Allègre témoignent d’une haine pour le PS, et tout particulièrement pour François Hollande. Pourquoi ? Simplement parce qu’en 1998/1999, quand les choses se gâtaient fortement avec les enseignants du secondaire, mais aussi avec les gens travaillant dans la recherche publique, François Hollande, alors Premier secrétaire du PS, a tout fait pour renvoyer Allègre à ses chères études, alors que celui-ci gardait le soutien de Lionel Jospin.

Pour ce qui concerne l’ES-R, l’auteur a été « témoin syndical invité » (bien sûr à titre personnel) lors de la réunion de la commission recherche du PS, présidée par François Hollande, qui a décidé qu’il fallait suspendre les réformes afin que la communauté scientifique puisse s’exprimer. A cette fin, Hollande a annoncé qu’il proposerait une mission parlementaire chargée de reprendre contact avec le monde scientifique. Ce fut la mission « Cohen-Le Déaut » qui organisa cette consultation, mais déjà Claude Allègre était condamné. D’où sa rancune visiblement toujours inassouvie pour François Hollande.

One Response to “Pourquoi Claude Allègre, probable ministre de l’ES-R en cas de victoire de Sarkozy, déteste-t-il François Hollande ?”

  1. François Says:

    Chassé-croisé Allègre-Descoings.
    LEMONDE | 10.03.12 | 10h44
    Richard Descoings, incontournable expert

    En 2009, c’est au directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP), Richard Descoings, que Nicolas Sarkozy avait fait appel pour sauver la réforme du lycée, passablement mal engagée par le ministre de l’éducation nationale de l’époque, Xavier Darcos.
    Aujourd’hui, c’est auprès de François Hollande que M. Descoings reprend, en tant qu’expert, du service.
    C’est à ce titre qu’il participe aux travaux d’une commission créée par l’entourage du candidat socialiste pour travailler sur les discriminations.
    Fait-il partie de l’équipe de campagne de M.Hollande ? “L’organigramme de l’équipe a été publié ; il n’a pas bougé depuis. Mais nous écoutons tous ceux qui ont de l’expérience. M. Descoings vient en tant qu’expert”, explique Faouzi Lamdaoui, chef de cabinet du candidat, qui anime le groupe de travail.
    Mais le directeur de l’IEP a aussi fait parler de lui pour des motifs plus polémiques. La révélation, fin 2011, de sa rémunération continue de faire des vagues. “Sa présence m’inquiète s’agissant des experts qui gravitent autour du candidat, confie un universitaire socialiste qui souhaite rester anonyme. L’entourage de M. Hollande n’a donc pas compris que M. Descoings était contesté au sein de la communauté universitaire ?”

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