Le dernier plan gouvernemental pour l’innovation

Nous ne voulons pas, sans le recul du temps, porter ici une appréciation globale sur le plan « innovation » du gouvernement, en date du 5 novembre dernier. Toutefois, ce plan a une connotation fortement idéologique avec laquelle nous sommes en profond désaccord. Le postulat est qu’en mobilisant, sans la développer, toute la recherche en amont de l’innovation, on améliorera cette dernière. Or, c’est précisément ce que nous critiquions dans le dernier article de ce blog.

On a la désagréable impression qu’une fois des milliards (CIR, CICE) dispensés aux entreprises, sous couvert de redresser notre potentiel industriel, quelques personnes – qui, elles, connaissent le sujet – se sont enfin penchées sur l’innovation. Mais dans le panier, des belles cerises à distribuer il ne restait plus que les queues.

En effet, ce plan est financièrement modeste, même si on y ajoute le Crédit d’impôt innovation (CII) créé il y a peu (voir la fin du précédent article de ce blog). Il est principalement constitué de « prêts » de la Banque publique d’investissements (BPI-OSEO) et de quelques aides modestes provenant des PIA2 et gérées par la BPI.

Un nouveau fonds de capital-risque. Les 500 millions d’euros (total des opérations pluriannuelles) du nouveau fonds de capital-risque « large venture » concernent « des opérations à partir de 10 millions d’euros » pour accompagner « les entreprises à fort besoin capitalistique des secteurs prioritaires de la santé, du numérique et de l’environnement ».

L’investissement dans les thématiques d’avenir. Création du « fonds multisectoriel de 600 millions d’euros » (total pluriannuel) dans le cadre du PIA2 pour financer notamment « de nouveaux fonds d’investissements afin d’investir sur des thématiques d’avenir » comme le « cloud » ou le « big data ».

Des prêts pour aider toutes les étapes de l’innovation. De nouveaux outils seront aussi lancés début 2014 pour les « besoins non encore traités » : « un nouveau prêt pour l’amorçage », le « prêt pour l’industrialisation des pôles de compétitivité », un « prêt robotisation » et un nouveau « prêt numérique ». Dans le cadre du programme « quartiers numériques », la BPI « investira dès 2014 dans une dizaine de structures d’accélération de l’innovation », avec un relais de « 200 millions d’euros » venant du PIA2 à partir de 2015

L’innovation non technologique : « usages, design, business model, etc. ». « Les moyens pour le soutien des projets innovants en région seront accrus de près de 100 millions d’euros pour mieux intégrer l’innovation non technologique ».

 

Alors, je propose un moyen mnémotechnique pour retenir tout cela :

– Quand les donations de l’Etat-providence aux entreprises ne servent à rien, on parle en milliards (CIR), voire dizaines de milliards (CICE) par an.

– Quand il s’agit d’aides ayant potentiellement une utilité pour l’innovation, on parle en dizaines de millions, très rarement en centaines de millions sur 5 ans, avec, bien sûr, remboursement à la clef !

 

 

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