La France malade des corporatismes. 1- L’Ecotaxe et la collusion des nuisibles

L’Ecotaxe et la collusion des nuisibles

 De nombreux aspects de la politique du gouvernement doivent être critiqués et mis en cause, et nous avons malheureusement à le faire concernant l’ES-R. Mais, jour après jour, il s’avère que réduire les injustices, surtout quand il s’agit de créer une moindre inégalité via l’impôt, est mission difficile sinon impossible, tant les tendances poujadistes sont fortes.

La grande coalition contre l’écotaxe est bien là pour l’illustrer, ce qui ne veut pas dire que la majorité des Bretons suive ce mouvement.

La première composante en est les camionneurs, du moins des gros camionneurs transcontinentaux. Pour l’auteur, cette corporation témoigne de la force bornée, capable avec son outil de travail de bloquer un pays entier et qui le sait : qui ne se souvient du Chili ? Voilà une taxe vertueuse, l’Ecotaxe, visant à limiter les transports nationaux et internationaux polluants afin de financer les transports par le rail, voire par canaux. Peut-être fallait-il ne l’appliquer, comme en Allemagne, qu’aux gros camions de façon à laisser tranquille celui qui amène ses choux-fleurs au marché, de façon à en faire clairement un outil favorisant la production locale, voire nationale. Mais tout cela se négocie et ce n’est sûrement pas la préoccupation de l’OTRE (Organisation des transporteurs routiers européens), qui a bloqué les routes il y a peu.

La deuxième composante, ce sont les patrons de l’agro-alimentaire mais pas seulement, qui par incompétence ou par faute d’investissements ont envoyé leurs entreprises dans le mur, entraînant leurs salariés. Pour se dédouaner et pour que l’Etat leur sauve la mise, ils crient très fort contre l’impôt et la bureaucratie. Et, avec eux, la main dans la main, les syndicalistes agricoles, cultivateurs et éleveurs de la FDSEA, qui depuis des décennies ont encouragé un élevage et une agriculture intensifs, avec le désastre écologique que l’on sait.

Enfin, pour donner une apparence de rassemblement et rallier les victimes des composantes précédentes, les régionalistes, avec tout le folklore des bonnets rouges et du drapeau breton. Qu’on aime sa région, que les Conseils régionaux jouent pleinement leur rôle, que les appels au secours soient entendus, quoi de plus naturel ? L’Etat a-t-il rempli son rôle en Bretagne ? Vu la marginalité de la Bretagne au regard des circuits européens, tous les gouvernements, de gauche ou de droite, ont depuis trente ans, à juste titre, fait de grands investissements pour désenclaver la Bretagne. S’il faut éventuellement faire de nouveaux efforts de solidarité, je fais confiance au gouvernement pour les négocier. Mais que cessent ces démagogies, blocages et graves déprédations qui ne font qu’augmenter la note et vont finir par faire que les Bretons, même si la grande majorité d’entre eux n’y peut rien, seront bientôt être aussi impopulaires que les Corses.

Et dans tout cela, un mot d’ordre pourtant porteur d’avenir, puisqu’il viserait à donner à la Bretagne toute sa place pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, est totalement oublié. Le gouvernement Jospin avait jadis lancé un processus, notamment autour des télécommunications, que 10 ans d’incurie de la droite a tué dans l’œuf. Un plan pour l’avenir de la Bretagne devrait à nouveau relancer cet enjeu majeur.

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