Réduction du nombre de ministres : danger pour l’ES-R ?

C’est lancé comme un slogan publicitaire : « moins de ministres, c’est plus efficace et moins cher ». De quoi rassurer les beaufs qui ne veulent pas payer d’impôts, même si l’incidence de la taille d’un gouvernement sur les impôts est « peanuts ». Mais à part ça, ce slogan ne tient pas la route.

D’abord parce que moins de ministres, c’est plus de poids donnés à de hauts fonctionnaires qui sont tantôt à droite, tantôt (trop souvent) imbibés des thèmes de celle-ci, à force d’avoir eu à la servir, et en tout cas c’est plus de poids à la technocratie.

 Il y a aussi danger parce que, vu de loin et par temps de brouillard et en réduisant l’ES-R à l’enseignement, certains pourraient se demander : pourquoi ne pas réintégrer l’ES-R dans l’Education nationale?. Or depuis plusieurs décennies, l’ES-R s’affirme partout dans le monde comme un secteur autonome dont la « formation » n’est qu’une composante, au demeurant dépendante pour les E-C de la composante recherche. Cette dernière va bien au-delà de l’enseignement supérieur, qu’il s’agisse de la recherche publique de base ou des recherches finalisées (EPST et EPIC notamment), a fortiori des recherches industrielles.

 Mais le pire des dangers serait qu’au nom d’une conception utilitariste de la recherche, ou comme sous-produit des négociations menées avec tels ou tels, le pire serait donc que l’actuel ministère  – le MESR – soit séparé en deux : d’un coté l’enseignement supérieur rattaché à l’Education nationale ; de l’autre la recherche rejoignant l’industrie. Cela s’est déjà produit et le risque de se produire encore n’est pas exclu, même si le pire n’est pas toujours certain. Aussi, mieux vaut-il prévenir…

 

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