La recherche et l’enseignement supérieur bénéficieront du « choc de simplification »

A suivre les médias, on pourrait croire qu’en matière de simplification administrative, comme pour les financements, le gouvernement ne s’intéresse qu’aux entreprises. Ainsi, comme le titre la Voix du Nord : « Le gouvernement lance 50 nouvelles simplifications de la vie des entreprises ».

Est-ce à dire que le secteur public, notamment l’ES-R, serait ignoré et qu’aucune mesure ne serait envisagée ? Au secrétariat d’Etat à l’ES-R, on est ravi de communiquer, mais on conteste cette interprétation qualifiée de « trop pessimiste ». La responsable du dossier fait profil bas : «Non nous ne pourrons pas tout faire à la fois », mais il nous a été demandé de proposer une première étape dans le cadre des engagements pris par le Président de la République qui, dans son discours de Nancy (05/03/2012), affirmait :  « Il va nous falloir aussi simplifier le paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche devenu illisible par l’accumulation de nouvelles structures. Les chercheurs doivent se consacrer à leurs recherches plutôt qu’à rechercher des financements. »

Devant notre légitime curiosité et notre insistance pour connaître le contenu de cette « première étape », notre interlocutrice précise à contre cœur qu’il n’y aura que 3 mesures. Nous avons fait remarquer que c’était peu à comparer aux 50 dont bénéficieront les entreprises. La première mesure consiste à limiter le rôle de l’ANR à des opérations ponctuelles du type « Le Concours national d’aide à la création d’entreprises innovantes ». Ses crédits d’appel d’offre seront transférés aux organismes de recherche pour qu’ils organisent ensemble des actions coopératives pluridisciplinaires. La deuxième mesure de simplification conduirait à banaliser les crédits des « investissements d’avenir » (PIA1 : Idex, Labex, IRT, etc.) en les faisant gérer par le secrétariat d’Etat. Il existe par contre un flou certain sur les PIA2, flou que nous ne sommes pas parvenus à éclaircir. La troisième mesure serait l’interdiction faite à l’AERES d’évaluer elle-même des formations de recherche. Le but serait, pour évaluer les UMR, d’habiliter les instances d’organismes et, pour les équipes d’accueil, de mettre sur pied une coopération entre ces dernières et le CNU.

Bien malgré nous, notre satisfaction a été perçue par notre interlocutrice, A. Hènère, qui s’est employée à modérer notre enthousiasme : « Il faudra encore du temps pour achever le projet, en discuter et négocier, gagner l’arbitrage interministériel, avoir l’avis du Conseil d’Etat. Au mieux, ce projet sortira le 1er avril de l’an prochain. Et si on n’est pas prêts à cette date, il faudra attendre le 1er avril de l’année suivante !!!

 

Be Sociable, Share!

Leave a Reply