Sélection à l’entrée de l’université. 1- Merci Bertrand, merci Sophie.

Dans un entretien avec Educpros, intitulé « Pourquoi la sélection n’est pas la solution », Bertrand Monthubert et Sophie Béjean (BM-SB), tous deux Présidents d’université, dépassent enfin les visions binaires attachées au concept de sélection, en distinguant clairement ce dernier du concept d’orientation (www.letudiant.fr/…/pourquoi-la-selection-a-l-universite-n-est-pas-la-solution. html?).

 Orientation ou sélection ?

Pourquoi être contre toute sélection à l’entrée de la licence ? ». La réponse, de BM-SB donne le ton : « Le problème est trop souvent posé à l’envers. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la sélection, mais de trouver comment donner à tous les bacheliers un véritable accès à l’enseignement supérieur. Il faut adapter le système en commençant par sortir de l’hypocrisie actuelle : certaines filières publiques peuvent refuser des bacheliers, tandis que d’autres assument seules ce droit d’accès au supérieur, en l’occurrence les universités ».

 Des « conseils d’orientation »

« La responsabilité de faire réussir les étudiants doit être partagée par tous les acteurs publics, c’est-à-dire les universités, mais aussi les STS, les IUT (…), les CPGE, les formations professionnelles… ».  En effet, « un étudiant qui va être refusé en BTS, ou en DUT, se retrouvera à l’université, alors qu’il ne sera probablement pas en capacité de mieux y réussir. (…) Il doit donc y avoir un travail commun, en amont, entre les établissements publics pour trouver la meilleure solution pour chaque lycéen. Nous proposons un dispositif global. Cela devrait commencer dès la première, puis en terminale, avec la mise en place d’un conseil d’orientation. »

 « Ne pas enfermer les bacs pro dans des silos »

« Si des bacheliers professionnels veulent faire des études académiques classiques, il faut réunir les conditions pour qu’ils y parviennent. Il faut les y aider dès le lycée, en renforçant les acquis fondamentaux dans certaines filières de bacs pro. Nous proposons de développer les CPES [Classes préparatoires à l’enseignement supérieur] dans les lycées et les universités. Les universités doivent aussi leur proposer des filières adaptées, dans les licences générales, afin qu’ils puissent étaler leur formation sur quatre ans, et bénéficier d’un renforcement pour obtenir in fine le même diplôme. »

 « Pour un éventail de parcours à l’université »

« Il faut travailler sur un éventail de parcours à l’université et en finir avec la rigidité du système français linéaire. » Ainsi, « À Toulouse 3, nous venons d’ouvrir un parcours de licence en quatre ans en sciences, pour ceux qui ont un bagage trop juste. Il y a 220 inscrits, soit 10% de nos étudiants de L1 sciences ! (…) Nous avons conscience que cette problématique peut exister, c’est pour cela qu’il est très important que ces parcours mènent au même diplôme en mixant progressivement les publics issus des différents parcours et filières. »

« Nous changeons les pédagogies pour répondre aux besoins des étudiants »

Nous venions d’achever cet article (et le suivant) quand nous avons découvert que Bertrand Monthubert avait frappé à nouveau dans un entretien avec Olivier Rollot dans Le Monde du 20 novembre 2014. Nous reviendrons sur cet article important, mais nous en citons ici deux passages qui développent l’idée de la pluralité des pédagogies à mettre en œuvre : « Progressivement, les 1000 étudiants de première année de nos licences du domaine des sciences fondamentales et appliquées vont bénéficier de pratiques innovantes : « pédagogie inversée » [on leur demande de lire leurs cours avant de venir à l’université, le temps avec l’enseignant étant alors consacré à leur approfondissement en groupes], cours dynamiques avec l’utilisation de boîtiers interactifs ou de smartphones. »

 A la question de savoir comment attirer aussi les meilleurs, BM précise au journaliste : « Nous avons constaté une augmentation importante du nombre d’étudiants titulaires de bacs S avec des mentions B et TB ayant mis l’université en « vœux 1 » sur admission-postbac ces deux dernières années. Ils sont aujourd’hui près de 30% dans certaines de nos licences, soit une augmentation de 79% entre les rentrées 2011 et 2014. À eux, comme à tous, nous voulons transmettre notre passion de la recherche. Nous proposons donc des « parcours spéciaux » aux plus motivés qui cherchent un contact plus précoce avec la recherche. »

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