Il n’y a pas d’argent pour l’enseignement supérieur et la recherche, MAIS … 8 – L’évasion fiscale « des prolétaires de la richesse » via HSBC

Parmi les canaux qui assèchent l’impôt et donc le financement de l’ES-R, on a parlé jusqu’ici des coffres suisses légaux, mais dont plusieurs dépassent les 5 milliards. On a aussi évoqué des planques en Belgique pour ne pas payer l’ISF ou minimiser l’impôt sur les sociétés. Aujourd’hui voici un autre chapitre. C’est l’histoire de 5 milliards d’euros qui auraient transité de la France vers la Suisse via la seule banque HSBC (Hong Kong & Shanghai Banking Corporation), pour ensuite être cachés dans des sociétés-écrans sises dans des paradis fiscaux. 5 milliards d’euros pour 3 000 tricheurs. Même pas 2 millions d’euros par personne : des prolétaires de la richesse.

 5 milliards c’est beaucoup. Cela permettrait de payer pendant des années des milliers de ces jeunes docteurs qu’on a formés et qu’avec un grand coup de pied on envoie ensuite à l’étranger ou au chômage. C’est aussi beaucoup car des dizaines de banques se livrent à ce sale travail et il ne s’agit pas que des banques suisses, dont d’ailleurs plusieurs sont inculpées. C’est enfin beaucoup parce que c’est de l’argent sale.

 Pour en revenir à  la HSBC Suisse, d’après Le Monde du 27/01/2014, « de grands noms, avocats, hommes d’affaires, vedettes du show-biz, sont cachés dans cette liste d’évadés fiscaux potentiels, titulaires d’un compte chez la filiale suisse de la banque britannique HSBC à Genève.

Depuis que l’informaticien Hervé Falciani a fourni au fisc français, en plein cœur de l’hiver 2008, les données permettant d’identifier des fraudeurs français, mais aussi étrangers, tous détenteurs de comptes chez HSBC, la Suisse et la France se livrent une guerre souterraine sans merci. »

 Pour RTS Info (05/11/2014), « L’enquête contre la filiale suisse de HSBC progresse en France. HSBC est soupçonnée d’avoir effectué, entre 2006 et 2007, du « démarchage bancaire illicite » ainsi que du « blanchiment de fraude fiscale ». Les deux juges en charge du dossier auraient obtenu de nouveaux éléments permettant de démontrer que des employés de HSBC ont « très fréquemment » traversé la frontière franco-suisse pour permettre à leurs clients français de contourner le fisc, notamment grâce à des montages offshore. »

 Cette démocratisation du truandage à l’impôt en quelque sorte, cette  tricherie de masse, ce travail de fourmis sont l’œuvre de gens dont la plupart s’offusquent de payer trop d’impôts…

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