A propos des chercheurs : une agression médiatique

Lors de l’émission « C dans l’air » de France5, portant notamment sur les fonctionnaires, une « journaliste » s’est lancée dans une agression gratuite, infondée et donc scandaleuse contre les chercheurs en alléguant son témoignage : « Moi qui suis grenobloise, il y a des centres de recherche énormes à Grenoble, avec des gens qui étaient nommés à vie – comment voulez-vous qu’on cherche et surtout qu’on trouve pendant toute une vie ? Quand ils arrivent à 25 ans, 28 ans, ils sont pleins d’ardeur puis après ils vont sur les pistes de ski et dans les clubs de tennis, à Grenoble c’était comme ça, c’était tous les chercheurs qui étaient là, bien évidemment ! Ils sont nommés à vie c’est terrible, ça n’a pas de sens ! Donc il y a vraiment des domaines où on peut envisager des réformes ».

 Cette « journaliste », Hélène Pilichowski, a accompli une majeure partie sa carrière – 33 ans déjà – au Dauphiné libéré. Elle intervient aussi à La Chaîne Parlementaire, LCI, France Info… Auteur, elle a écrit un livre intitulé « Sarkozy et la presse : histoire d’un désamour ». Toutes choses qui ne lui donnent, on en conviendra, aucune connaissance et aucune compétence pour parler des chercheurs, sauf qu’elle sait les identifier sur les pistes de ski parmi tous les skieurs grenoblois, diable ! Ce qui sème – soit dit en passant – quelques doutes sur son sérieux lorsqu’elle aborde d’autres sujets et sur le sérieux des émissions qui la mettent à l’antenne….

 Mais revenons au sujet principal. Cette « journaliste » ne sait visiblement pas qu’on est recruté comme chercheur public, actuellement, à 33/34 ans et non comme elle a l’affirme à 25 ou 28 ans. C’est pas comme les journalistes….

 « Comment voulez-vous qu’on cherche et surtout qu’on trouve pendant toute une vie ? » interroge-t-elle ? Tout comme on peut rester enseignant, commerçant, notaire ou plombier, toute une vie ! Etre chercheur scientifique, c’est un métier, à ne pas confondre avec par exemple chercheur d’or ! Même si une partie des chercheurs change de métier, même si les modes d’intervention dans la recherche évoluent avec l’âge, nombreux sont ceux qui bien qu’à la retraite demandent à  devenir « émérites » pour continuer dans leurs laboratoires, mais gratuitement. Tas de fainéants !!!!.

 Pour qui veut connaitre (avant d’en parler) la situation des universités de Grenoble, sachez qu’elle est plus qu’honorable. « Pour la quatrième fois en cinq ans, Grenoble l’Institut national polytechnique (INP) arrive en tête du classement des établissements les plus actifs en matière d’innovation et de recherche du magazine Industrie & Technologies » ;  « Les entreprises plébiscitent les activités des laboratoires des écoles d’ingénieurs. Reconnues pour leur excellence académique, les écoles d’ingénieurs sont aussi des partenaires de choix en matière d’innovation. Leurs doctorants et leurs enseignants-chercheurs travaillent avec les entreprises, déposent des brevets, voire créent des start-up. », « Les écoles de Grenoble INP progressent encore au classement de L’Etudiant », « Grenoble INP arrive, pour la 2ème année consécutive, 2ème au classement général de l’Usine Nouvelle, juste derrière Polytechnique, et conserve sa 1ère place pour la recherche. C’est la troisième fois que le groupe occupe cette seconde place des écoles françaises d’ingénieurs sur le podium de l’Usine Nouvelle. » Voilà ce qu’on peut lire sur Grenoble INP, bien que fonctionnant avec des chercheurs à vie … Les SHS ne sont pas en reste :  « S’intéressant à l’insertion professionnelle des diplômés de master, Le Monde a classé l’université Stendhal en première position des 10 meilleures universités françaises en sciences humaines et sociales et l’Université Pierre-Mendès-France en 6e position dans les domaines du droit, de l’économie et de la gestion. » Pour les autres disciplines, l’’Université Joseph Fourier se distingue dans plusieurs classements thématiques : groupe des 51-100ème meilleures universités mondiales en Earth and Marine sciences (2ème université française) et groupe des 101-150ème meilleures universités mondiales en Environmental sciences (1ère université française), en Materials science (3ème université française) et en Physics and Astronomy. »

 Voilà chers amis. Ce texte va être envoyé à France5 pour demander réparation et aux autres chaines où cette « journaliste » intervient. Vu son incompétence, gageons que les français se diront, un de ces jours, en l’entendant : est-ce que journaliste c’est un métier qu’on peut exercer toute une vie?

Leave a Reply