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Pécresse a repris sa campagne. Montant à l’assaut de l’Ile-de-France, tout en préparant son (éventuel) poste de Premier Ministre en 2017, elle fait feu de tout bois. Et il faut bien reconnaître qu’en matière de propagande, d’arnaque et de mensonges, le savoir-faire de cette dame est magnifique : n’a-t-elle pas réussi à faire croire à la France entière, pendant des années, que les crédits de l’enseignement supérieur et de la recherche avaient explosé sous son ministère ?

 Et elle continue aujourd’hui sur le même ton : « Depuis 2012, que n’ai-je entendu dans certains cénacles politiques et universitaires sur la réforme que j’ai portée en 2007! L’autonomie serait à l’origine de tous les maux de l’université française, et pire, elle les aurait mises en faillite. Heureusement, cette propagande électorale a été balayée par la Cour des comptes (CC) qui est venue rétablir la vérité : de 2007 à 2012, le financement de l’enseignement supérieur français a rejoint puis dépassé la moyenne des pays de l’OCDE. Quel désaveu pour tous ceux qui ont abondamment critiqué cette loi de libertés et de responsabilités des universités ». (http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1410395-universites-bafouees-jeunesse-sacrifiee-faisons-le-choix-de-l-autonomie-veritable.html).

Pourtant, dans un court (pré) rapport en 2014, la Cour dit tout autre chose. Qu’on en juge !   (http://www.ccomptes.fr/content/download/78881/1977204/version/1/file/20150127-refere-71096-allocation-moyens-etat-universites.pdf)

Il y est d’abord montré que, vu la bureaucratisation et la multiplication des structures inventées par Pécressse, « la Cour a rencontré d’importantes difficultés pour déterminer les montants alloués chaque année par l’État aux universités et pour en apprécier précisément les évolutions sur la période étudiée. (…) Elle souligne également que le découpage par actions est faiblement lisible et peu opérationnel. La répartition des crédits entre les actions, ainsi que l’affectation de la masse salariale entre l’enseignement et la recherche relèvent de méthodes de calcul conventionnelles qui ne correspondent pas à une réalité mesurée [souligné par nous]. En outre, il est impossible, à la seule lecture des documents budgétaires, de déterminer la réalité de certaines dépenses ». Au total, « Les crédits budgétaires ont augmenté de 9,6 % entre 2008 et 2012. Cette hausse de 9,6 % doit être relativisée en raison de l’évolution de la masse salariale, principal poste de dépenses des universités, et du niveau de l’inflation : le salaire net moyen de la fonction publique d’État a augmenté de 11,8 % entre 2007 et 2011, et l’inflation a atteint, entre 2008 et 2012, 8,8 %. » Il ne reste donc rien. Rappelons* que Pécresse avait été critiquée en son temps parce qu’elle sortait, chaque année budgétaire, des chiffres attestant que l’engagement de Sarkozy en faveur de l’ESR avait été tenu (1,8 milliard de plus par an, une paille !), alors que la croissance avait été quasi nulle.

 Un autre rapport tout récent et non rendu public, plus accablant encore, a été résumé par Le Monde du 25/08/2015.

« Les universités ont accompli leur passage à l’autonomie financière, imposée dans la douleur à partir de 2009, au prix d’importants sacrifices et au détriment de la qualité des formations. C’est ce qu’indique un rapport confidentiel de la Cour des comptes, que Le Monde a pu consulter. Un document qui se lit comme un réquisitoire contre l’autonomie, non pas dans son principe, mais telle qu’elle est mise en œuvre aujourd’hui. Les magistrats de la rue Cambon mettent en exergue le fait que le nombre d’enseignants a baissé entre 2008 et 2013, tandis que les effectifs d’étudiants augmentent. ‘’Alors que les effectifs enseignants avaient progressé plus rapidement que les effectifs étudiants de 2001 à 2008, la dynamique s’est inversée depuis 2009’’, regrette la Cour. » Bel hommage !

 Si la Cour des Comptes établit clairement que, comme à son habitude, Pécresse ment, elle en souligne aussi les consequences : « Le rapport de la Cour des comptes montre que, sur le terrain, les conditions d’études se dégradent rapidement. Compte tenu du niveau très élevé de l’échec en licence, ce constat fait l’effet d’une douche froide. Selon les mesures, entre un quart et un tiers des étudiants seulement arrivent à obtenir leur licence en trois ans, de 40 % à 50 % en quatre ans, et un sur cinq abandonne ses études sans diplôme. »

 Beau bilan qui justifie une promotion !!! Elle s’est tant occupée de vous, il est temps de vous occuper d’elle.

 * Références sur ce blog

- Budget de l’enseignement supérieur et de la recherche (suite) : la ministre se trompe . Une excellente note de Terra Nova. 

- Budget : dans sa réponse à Terra Nova, la ministre aggrave son cas

- Après le rapport de « Terra Nova », personne n’aura le droit d’affirmer que le financement de l’ES-R a augmenté d’un seul kopek depuis 2007

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