Les doubles diplômes entre les écoles de commerce et d’ingénieurs sont à la mode et mettent en avant l’ingénieur-manager. Le dernier accord en date a été conclu entre HEC et les Mines de Paris. Une tendance qui m’interroge du côté des écoles d’ingénieurs. Je croyais qu’elles comptaient déjà 20% d’enseignement en sciences humaines et sociales et que 40% des ingénieurs diplômés évoluaient vers des fonctions managériales au cours de leur carrière (enquête CNISF 2009).

Plus globalement, à force de vouloir ressembler aux écoles de commerce, les écoles d’ingénieurs ne vont-elles pas perdre ce qui fait leur spécificité ? Ne devraient-elles pas axer toute leur stratégie sur la science, la technologie et l’innovation ? Et conclure des accords avec des écoles de design, d’architecture  ou des facs de médecine (certaines le font déjà) ?

Je vous laisse sur ces questions sans réponses (à chaque école d’y répondre finalement et de « colorer » ses formations). Rendez-vous à la rentrée pour de nouveaux débats.

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This entry was posted on jeudi, juillet 22nd, 2010 at 11:29 and is filed under Tendances. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.

5 Responses to “Ingénieur-manager, pour quoi faire ?”

  1. Manuel on août 9th, 2010 at 15:18

    Conclure des accords avec d’autres disciplines branchées « innovation » ? Cela devrait être une stratégie d’autant plus facile à mettre en oeuvre pour les écoles d’ingénieurs au sein des universités non ? Une excellente idée…

  2. minimal on août 24th, 2010 at 11:30

    Tres bonne analyse !

    Nous perdons peu a peu notre bonne reputation technique et matheuse en donnant un diplome d’ingenieur a des personnes qui sont passees par une prepa eco ou litteraire ….

    Je trouve cela limite scandaleux quand on sait que l’avenir est plutot a la science qu’au management …

    Donner un diplome d’ESC a un ingenieur a du sens mais l’inverse est vraiment absurde …

    J’attends de voir ces futurs ingenieurs sortant d’ESC dans des cours de mecanique des fluides ou de machines electriques.

    Ce n’est pas avec cela que notre reconnaissance internationale va se faire.

  3. laurent-carraro on septembre 29th, 2010 at 22:28

    Je vous invite à suivre l’actualité. Robert Chabbal, bien connu dans le milieu des écoles d’ingénieurs, mène un travail sur les cursus d’ingénierie. La notion de spécialité y est centrale.
    Ceci étant, il me semble qu’il ne faut pas se tromper d’objectif. Il est essentiel que les ingénieurs apprennent à travailler avec les commerciaux, les designers, les médecins… Ce qui ne veut pas dire qu’ils doivent leur ressembler.

  4. ingenews on septembre 30th, 2010 at 9:41

    je suis au courant des travaux de M. Chabbal et je suis d’accord avec vous sur la nécessité pour les ingénieurs de travailler avec commerciaux, designers… N’empêche, les doubles diplômes écoles d’ingé -écoles de commerce fleurissent plus que les coopérations entre écoles d’ingé et écoles de design, ou fac de médecine !
    Merci pour ces échanges !

  5. Alain Goudey on décembre 5th, 2010 at 23:12

    Bonjour,

    La transversalité et l’ouverture d’esprit de l’ingénieur aux règles de marché est toutefois une tendance de fond et est très impactante pour nos entreprises ! Que ceux-ci arrêtent de regarder la technologie pour la beauté de la prouesse technique mais incorporent davantage des inputs marché… C’est dans cette logique que j’ai co-écrit Marketing pour Ingénieurs (Dunod) qui ne devrait plus aujourd’hui être une association paradoxale en France.

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