Cracking the management code

Archive mensuelles: mars 2018

Classement des business schools, effet Matthieu et big data 

Tout le monde connait l’effet Matthieu au moins dans ses effets. Rappelons-nous : l’effet Mathieu a été mis en évidence par Robert Merton en 1968, quand il a observé que les travaux des scientifiques prestigieux sont mieux reconnus que ceux de chercheurs moins connus même s’il s’agit de travaux similaires. Comme il est dit dans l’évangile selon Saint Matthieu (Matthieu 13 :10-17) : « On donnera à celui qui a et il sera dans l’abondance, mais celui qui n’a pas, on lui ôtera même ce qu’il a. ». Ce que dit autrement le dicton populaire : « On ne prête qu’aux riches … » ou encore l « L’argent va à l’argent ». L’effet Matthieu dans les Business Schools Or, il apparaît de plus en plus que cet effet Matthieu fonctionne à plein dans les classements des business schools, avec trois déclinaisons : 1/ L’ « effet de halo » : ce que font les écoles les mieux classées est toujours mieux perçu, ainsi, une innovation portée par une école bien classée est appréciée comme plus crédible, instaurant un effet leader et un effet suiveurs qui « collent » au classement, 2/ L’ « auto-prophétie » : le classement jouant à plein dans le choix des étudiants et des prescripteurs (professeurs de lycée, de classe prépa, familles ..). Il y a un effet auto-prophétique qui renchérit les effets de classements : les meilleurs élèves vont dans les meilleures écoles, et les meilleures écoles attirent les meilleurs élèves … et ainsi de suite 3/ L’effet leader (ou « the winner takes it all ») : toute publicité déclenchée et donc financée par une école moins classée va être automatiquement attribuée à une école mieux classée. Bref, on ne prête qu’aux écoles bien classées et on ôte à celles qui sont en bas de tableau. C’est bien l’effet Matthieu. Il est très difficile de sortir de cet effet Matthieu, surtout à un moment où les… Savoir plus >

Parcoursup, combien de lutins ?

Il y a quelques années, j’aidais mes enfants à écrire leur lettre au Père Noël, maintenant, j’accompagne la rédaction de leur lettre de motivation pour ParcourSup. En effet, le nouveau dispositif Parcoursup d’orientation vers l’enseignement supérieur demande aux candidats de communiquer leurs motivations pour chacune des formations qu’ils visent, et il est bien précisé que sont attendues une lettre et des motivations spécifiques pour chacune des formations Le format est libre mais très, très réduit (1500 caractères soit une demie-page) . C’est là où je pose la question : Parcoursup : combien de lutins ? Parcoursup : combien de lutins ? En effet, une fois la lettre au Père Noël rédigée avec sa longue liste de cadeaux tant espérés, il y a toujours un enfant qui pose la question d’un air très inquiet : « Mais il fait comment le Père Noël pour lire toutes ces lettres ? Pour ne pas se tromper de cadeaux ? Pour ne pas échanger les cheminées ? » La réponse des parents est imperturbablement : « Il a beaucoup de lutins qui l’aident, à lire les courriers, à fabriquer les jouets, à les répartir pour la tournée, pour indiquer les bonnes adresses etc etc etc… ». La vraie force du Père Noël, ce sont ses lutins, leur nombre, leur engagement, et leur compétence d’organisation. Revenons à Parcoursup : si mon fils ou ma fille me demande : « Comment les professeurs vont-ils prendre connaissance de toutes ces lettres de motivation ? Comment vont-ils les prendre en compte dans la sélection l’intégration ? Dans quelle mesure la teneur d’une lettre, ou sa présentation peut-elle infléchir le classement basé sur les notes ? etc etc etc .. » Je suis bien en peine de lui répondre. Des hypothèses Si je m’en fie à mon expérience d’  « avant APB », en tant que chef de département dans un IUT, je me souviens du temps passé par toute l’équipe pédagogique à… Savoir plus >

Les leçons du Professeur Wauquiez : ni conscience ni confiance !

L’ « affaire » Laurent Wauquiez a fait couler beaucoup de salive et d’encre. Elle a été  l’occasion de faire de la publicité aux uns et aux autres, et de régler des comptes, ce qui a éludé une réflexion de fond. En effet, ce « mini drame » pédagogico-politico-médiatique pose la question du « colloque singulier » entre un professeur (du maître d’école à l’intervenant professionnel) et sa « classe » (de l’élève, à l’étudiant et même à l’apprenant), qui nous concerne tous. Qu’est-ce que le colloque singulier ? Dans sa définition stricte, c’est la relation bilatérale et protégée du médecin et de son patient. C’est « la rencontre d’une confiance et d’une conscience » (Louis Portes). Je trouve qu’elle définit parfaitement ce qui se passe dans une salle de cours, même si les élèves/étudiants sont un groupe. Et c’est là que le bât peut blesser : que se passe-t-il si la conscience n’est pas présente ? Il y a alors abus de confiance. Et, en miroir, que se passe-t-il s’il n’y a pas confiance ? L’acte d’enseignement n’est plus possible. Ni les enseignants/intervenants, ni les élèves/étudiants ne sont des saints et on ne leur demande pas cela, mais il serait intéressant de les amener à réfléchir à leurs rôles respectifs. Est-ce que j’enseigne en conscience ? Est-ce que je peux faire confiance à ce professeur ? Puis-je avoir confiance en mes élèves ? Il semblerait sans revenir outre mesure sur le cas du Professeur Wauquiez, et sur la foi des déclarations que le contrat ait été doublement rompu : ni conscience, ni confiance ! Mais que se passe-t-il exactement dans une salle de classe ? Cette question concerne tout le monde : les élèves, les étudiants, les parents, la communauté enseignante, les intervenants professionnels …   Que se passe-t-il dans une salle de classe ? Quelles questions se posent ? Comme choisit-on les intervenants (du professeur à l’intervenant occasionnel) qui vont enseigner ? Que… Savoir plus >