Cracking the management code

Comment je ne serai pas la directrice d’une « business couille » !

Mercredi matin, j’écoutais comme à mon habitude France Inter. Arrive la chronique de Nicole Ferroni. que l’on range par facilité dans la catégorie des humoristes mais qui, à mon sens, est plus que cela. Elle chahutait Parcoursup, et je souriais, quand, tout à coup, elle interpelle les « business couilles » !!!

Dur à entendre …. Passée la première réaction : « Elle y va fort, c’est de l’humour, on peut rire de tout », la deuxième : « Elle y va fort, c’est de l’humour, mais se trompe parce que …parce que …. », je me pose la question : « Et si il n’y avait pas quelque chose à creuser à partir de cette interpellation un peu sommaire ? »

Suis-je la directrice, ai-je été la directrice d’une « business couille » ? Est-ce que j’ai envie d’assumer cela le cas échéant ?

Un peu de méthode : tout d’abord comment pouvons-nous définir une « business couille » ?

Notre autrice rattache cela au coût de la scolarité :je cite « car t’inscrire dans une business couille t’en coûtera au moins une paire !». Pas faux ! Les  frais de scolarité n’ont pas arrêtés d’être à la hausse ces dernières années, avec toujours la question du ROI … J’entends régulièrement l’interpellation de parents s’étant saignés aux quatre veines pour leur enfant et qui me disent : « tout ça pour ça » en évoquant leur déception quant à l’écart entre ce à quoi ils aspiraient professionnellement pour leur enfant et la réalité du premier emploi à la sortie.

La deuxième idée qui peut venir à l’esprit rejoint ce que nous renvoient beaucoup d’étudiants en business school : le sentiment d’un manque d’exigence terrible : on leur vend de la marque, du réseau (les fameux alumni), des associations, des stages, des séjours à l’étranger, mais beaucoup ont soif de connaissances, vénèrent les professeurs exigeants, attendent une transmission de savoir, qu’ils vont de plus en plus chercher ailleurs en parallèle.

Un troisième pilier de la « couillitude » pourrait être la conception même du business : est-ce que derrière les grands mots d’éthique, de responsabilité, de responsabilité sociale, les enseignement et la conception même de ceux et celles qui les transmettent ne rejoignent pas plutôt une forme de pragmatisme où la fin justifie les moyens, où la performance reste malgré tout reine et financière (« se faire des couilles en or ») ? Où il faut savoir saisir la bonne affaire pour faire du bon business ?

Une autre piste (je continue mes élucubrations) pourrait être aussi une forme de déception sur les offres de cursus elles-mêmes : qu’y a-t-il véritablement derrière les concepts d’ »expérience étudiant », de « classe inversée », de « réalité immersive », de « distantiel » … ?

A l’heure où je pilote avec un collège d’experts et toutes les équipes de l’INSEEC BS un nouveau projet pour cette école, je me pose toute sorte de questions sur comment proposer aux étudiants, à leur famille, aux entreprises (ou toute autre organisation), aux équipes enseignantes et administratives un vrai projet de formation, qui tienne ses promesses ? Qui garantisse non seulement un premier métier mais un deuxième et un troisième métier ? Qui permette à chacun-e de savoir ce qu’il ou elle veut vraiment ? Qui forme des esprits libres et autonomes, capables de penser, d’argumenter, d’agir par eux-mêmes ?

J’ai l’immense opportunité de pouvoir « tout changer » grâce à l’appui du groupe INSEEC U. et la ferme volonté de sa directionr de refaire de l’INSEEC BS une école qui va de l’avant.

Grâce à cet écosystème incroyable, pluridisciplinaire, international, véritablement agile, grâce au génie inventif de toutes les parties prenantes engagées dans ce projet, je suis convaincue que la proposition que nous forgeons va véritablement répondre à des attentes, des interpellations, des questions qui sont formulées depuis des années, sans de véritables réponses.

Le projet de l’INSEEC BS ne veut pas « faire du neuf avec du vieux », ni se contenter de rustines pour cacher les trous. Il se veut radicalement différent. C’est la chance d’être un outsider !

Le 28 Septembre, je proposerai, entourée de ceux et celles qui travaillent à ce changement, les grandes lignes de ce qui composera cette école renouvelée à partir de la rentrée 2019.

C’est une école qui sera à la hauteur !

Non, décidément, je ne veux pas être la directrice d’une « business couille », et encore moins embarquer les équipes et les étudiants dans une telle galère.

Je vois cette école comme un navire, et mon envie n’est pas de faire du cabotage le long des côtes, mais bien de prendre la pleine mer, même contre vents et marées !

 

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