De la créativité à l'innovation

Dix compétences essentielles pour réussir en 2020 !

L’Intitute For The Future (IFTF) que j’ai eu l’occasion de découvrir à Palo Alto dans la Silicon Valley en mars 2013 est une organisation indépendante, non lucrative, de plus de 40 ans qui possède des équipes de recherche dont le quotidien est d’identifier les tendances émergentes qui transformeront la société et les marchés économiques mondiaux dans les années à venir. Cet institut de renommée internationale vient de publier une étude intitulée « Future Works Skills 2020 » sous la forme d’une cartographie très originale qui décrit les 10 compétences essentielles à développer pour réussir en 2020 et ceci en fonction de 6 forces de changement environnementales.

Les 6 forces de changement identifiés par l’IFTF sont

  1. Extreme longevity. L’augmentation de la durée de la vie qui va changer considérablement la nature des carrières et celle des apprentissages. De nouvelles façon d’envisager son éducation et  d’appréhender sa carrière professionnelle sont maintenant nécessaires. Elles s’expliquent par la multiplicité des métiers que chacun exercera tout au long de sa vie et jusqu’à 65 ans minimum.
  2. Rise of smart machines and systems. L’augmentation croissante des systèmes intelligents et des machines associées qui remplacent l’homme au travail. Cela nécessitera d’imaginer de nouveaux partenariats homme-machine.
  3. Computational world. L’informatisation croissante du monde. Chaque action ou interaction se transforme aujourd’hui en données informatiques. C’est l’augmentation du nombre de capteurs et du nombre de systèmes programmables au quotidien. Tout devient programmable.
  4. New media ecology. L’utilisation de nouveaux outils de communication et de nouveaux langages avec de nouveaux medias (plateformes interactives, identités numériques,…). C’est aussi la nécessité d’envisager les choses avec différents angles d’attaque et en répétant cela continuellement dans le temps. Il est nécessaire enfin de voir ces choses avec plus de scepticisme.
  5. Superstructed organizations. L’hyper-structuration des organisations futures. Il sera nécessaire de collaborer de l’échelle micro à l’échelle mondiale. Les nouvelles technologies et les plateformes de medias sociales réorganisent la façon avec laquelle nous créons et produisons de la valeur (intelligences collectives).  Il faut maintenant faire les choses en dehors des limites d’organisation traditionnelles. Idem au niveau de l’éducation ou les MOOC (Massive Open On Line Courses) s’ouvrent à chaque habitant de la planète.
  6. Globally connected world. Le monde est un village. Tout le monde sera bientôt connecté partout sur la planète et tout le temps. L’Inde et la Chine avec leurs marchés économiques vont dépasser les USA et l’Europe. L’augmentation de l’inter-connectivité mondiale va placer la diversité et l’adaptabilité au centre de toutes les opérations futures d’organisation.

Pour faire face à ces forces environnementales, 10 compétences apparaissent nécessaires à l’IFTF :

  • Sense-making : capacité à déterminer le sens profond de ce qui est exprimé.
  • Social intelligence : capacité à se connecter aux autres d’une façon profonde et directe, à comprendre les réactions des autres et à stimuler des interactions.
  • Novel & adaptative thinking : capacité à penser et à arriver à des solutions et des réponses au-delà de ce qui est appris par cœur ou basé sur des règles.
  • Cross-cultural competency : capacité à travailler dans différents milieux culturels.
  • Computational thinking : capacité à traduire une importante somme de données et d’informations dans des concepts abstraits et à comprendre un raisonnement basé sur des données.
  • New-media literacy : capacité à évaluer et à développer du contenu qui utilise les nouvelles formes de média, et à s’appuyer sur ces médias pour une communication convaincante.
  • Transdisciplinarity : capacité à comprendre des concepts venant de diverses disciplines.
  • Design mindset : capacité à représenter et développer des taches et des processus de travail pour les résultats voulus.
  • Cognitive load management : capacité à filtrer l’information par importance, et à comprendre comment maximiser le fonctionnement cognitif en utilisant une variété d’outils et de techniques.
  • Virtual collaboration : capacité à travailler de façon productive, à mener une mission et à montrer sa présence comme un membre d’une équipe virtuelle.

Pour anticiper ces changements et permettre à la société de se développer en harmonie avec son environnement, les systèmes éducatifs qui forment les citoyens de demain doivent s’interroger dès maintenant sur leurs pratiques éducatives.

Pour les universités, il s’agira notamment de développer chez les étudiants le sens critique, la perspicacité et les aptitudes d’analyses. Il leur faudra aussi intégrer dans leurs programmes éducatifs la pratique des nouveaux modes de communication par le web, inclure l’expérimentation qui développe les compétences non techniques (softs skills) comme la capacité à coopérer ou à travailler en groupe, ainsi que la notion de responsabilité.

Enfin, il faudra stimuler l’interdisciplinarité, puis la transdisciplinarité dans les enseignements, les activités de recherche et le service à la société.

En dehors de cela, point de salut !

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Commentaires (9)

  1. FOGLIA

    Très bon article, merci ! L’imbrication des capacités cognitives, sociales et éthiques est bien vu. On a le droit d’être enthousiaste plutôt qu’inquiet devant ces perspectives.

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    1. BONNAFOUS Elodie

      Tout a fait d’accord. Ces perspectives sont très pleines d’espoir d’un nouveau monde en marche.

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  2. PINTE

    Oui on a le droit à l’enthousiasme en lisant cet article quand on a décidé de s’y mettre aujourd’hui et d’investir le numérique mais pas lorsque l’on a du recul en veille pédagogique sur une bonne dizaine d’années.
    Ces pavés et orientations ont été brassés maintes et maintes fois par des enseignants et certains chercheurs dans des articles et revues trop précoces.
    Ces mêmes personnes auront du mal peut-être à voir s’appliquer certaines de leurs visions mises à plat mais malheureusement le décalage subsiste et atteint parfois les 5 à 6 ans le plus souvent au niveau de l’innovation pédagogique)…

    Nous en parlions justement lors du Forum EDUCAVOX ce samedi 5 avril 2013
    http://www.educavox.fr/actualite/reportage/article/le-forum-educavox-2013-education

    Il y a quelques années on faisait une fête pour présenter un Powerpoint ! Aujourd’hui le schéma se reproduit avec les TBI que l’on inaugure sachant que leur utilisation ne dépasse bien souvent pas le seul plaisir de l’enseignant à écrire sur un nouveau support et que l’interaction se trouve bien dans la mise en situation de ses apprenants avec des tablettes via ce tableau.
    Le temps d’y passer et de réagir, les élèves ont acquis d’autres prothèses cognitives pour apprendre !!!

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  3. jean-charles-cailliez (Auteur de l'article)

    Merci Jean-Paul pour toutes ces remarques précises et pertinentes avec lesquelles je suis en accord. Je sais que tu as pris de l’avance sur ce terrain de réflexion, notamment avec une dizaine d’années de recherche et de blog consacrées à ces sujets. Ta persévérence va finir par payer. Trust me ! Même les plus lents comme moi ont fini par embrayer. C’est dire s’il y a de l’espoir. On en reparlera très bientôt à l’université, sans doute lors d’une prochaine réunion du laboratoire d’innovation pédagogique. Amicalement, JC2

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  4. MENGELI

    ce sont les dix compétences au cœur de la mondialisation.Mais là encore on peut déjà observer que la place des pays en développement est toujours derrière ceux qui sont en avance et, c’est toujours pénibles de courir à chaque fois derrière les autres car, les attraper restera un grand défi alors que d’autres objectifs plus représentatifs seront minimisés ou ignorés.
    Aussi,lorsqu’on les appréhende une par une on voit profondément que la problématique pour les PVD dans le cadre des objectifs du millénaire reste encore à appréhender.

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    1. jean-charles-cailliez (Auteur de l'article)

      Merci « Mengeli », c’est une très bonne remarque. Alors pourquoi ne pas essayer aussi de mettre nos compétences au service de ceux qui n’ont pas les mêmes chances que nous ? Pour chaque métier et notamment dans le domaine de l’innovation, il est toujours possible de se rendre utiles,… sinon solidaires !

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  5. Philippe Dolbeau

    Tous ces préceptes sont inhérents à notre addiction aux réseaux internet. Ils ne concernent qu’une élite et la préoccupation de la continuité de sa domination sur les incultes. Le point sensible de cette gouvernance est sa propre addiction à une source, source d’émission et d’énergie. Mais, une reconnaissance même de l’existence succincte de ce pouvoir de communication par des réfractaires ou des bannis a créé ce danger permanent de voyageurs physiques. Il fut un temps ou un Polaroïd pouvait sauver un aventurier, aujourd’hui, son salut peut venir d’une transaction électronique. Est-il possible d’imaginer une autre vision du bien vivre ?
    La philosophie grecque et les religions ont leurs fondements à la volonté d’une lucidité de l’esprit humain, notre histoire, depuis ces fondements, devrait nous permettre de choisir ce qui est bon dans toute cette histoire et non imaginer ces nouveaux moyens de diversions électroniques propices à l’évaporation de nos capacités de mémoire.

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    1. jean-charles-cailliez (Auteur de l'article)

      Merci Philippe pour ces remarques pleines de bon sens et pour l’appel à un peu plus de sagesse. Je ne peux que souscrire à l’idée qu’un bon livre est meilleur qu’un mauvais blog ! Au sujet du numérique, il est vrai que les addictions, qu’elles soient virtuelles ou physiques d’ailleurs, ne sont pas vraiment bénéfiques au bien être de la personne. C’est le moins que l’on puisse dire. Internet est-il un bien ou un mal ? On s’est posé la même question pour l’automobile, le téléphone… voir même pour le couteau ! Et que dire du feu ou de la première pierre taillée ! Tout est dans l’usage que l’on en fait et à quelle intensité. Au XXIème siècle, il est cependant difficile de faire abstraction de ce « nouveau » mode de communication qui dépasse la simple action de se parler ou de lire à distance. Il me permet d’ailleurs en ce moment d’échanger avec vous alors que nous sommes sans doute dans des endroits éloignés et je trouve cela très bien. En vous lisant, je peux ainsi modérer mon point de vue sur le sujet. Je pense que tout est question d’équilibre et que l’on peut gérer ces technologies avec mesure et philosophie.

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  6. Florien NSANGA....

    je suis tout à fait d’accord à propos de ces fameuses compétences à développer …car la « Mondialisation » oblige. On comprend mieux le sujet sur lequel on travaille, et moins les sujets des autres. Que ce soit en entreprise ou dans un labo de recherche, un meilleur rendement de la prestation dépend de la diversité aussi bien académique que culturel. Ainsi, chacune des compétences proposées ci-dessus me paraissent importantes mais je pense que la transdisciplinarité et la diversité culturelle interpellent le plus les acteurs de l’éducation. Travailler ensemble en « team-work ou co-design », c’est d’abord comprendre le centre d’intérêt du partenaire afin de stimuler les échanges mutuels potentiellement fructueux.

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