De la créativité à l'innovation

Quel MOOC m’a piqué ?

Article paru dans La Croix du Nord, le 16 mai 2014 : http://www.croixdunord.com/enseignement-que-penser-des-massive-online-open-courses-mooc-aujourdhui-en-ligne-79932.html

Je suis étudiant ou professeur. J’ai envie de me former ou d’enseigner à distance. Alors comment faire ? To MOOC or not to MOOC ? Que penser de ce phénomène qui envahit la planète, celui des Massive Online Open Courses ? Quelle attitude adopter devant ces cours en ligne, consultables gratuitement et  pouvant accueillir un nombre illimité d’internautes avant de leur proposer des certifications payantes ?

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L’aventure des MOOC a commencé dans la Silicon Valley avec Salman KAHN, jeune diplômé du MIT et de Harvard. Il eut l’idée un jour de donner des cours de maths à sa petite cousine en utilisant Doodle, ce qui le conduisit à créer en 2006 la Kahn Academy. Cette plateforme dispense aujourd’hui des milliers d’enseignements par You Tube. Puis vint un cours d’intelligence artificielle réalisé par un professeur de Stanford, Sébastien THRUN, qui deviendra Udacity, le premier MOOC officiel en 2012, suivi par plus de 150.000 personnes. Il s’agissait au départ de cours de physique et de statistiques sous forme de vidéos et de tests avec des problèmes à résoudre. Dans le même temps, deux professeurs en intelligence artificielle, Daphne KOLLER et Andrew NG, lanceront Coursera, un nouveau MOOC à partir d’un cours en ligne créé pour leurs propres étudiants. Coursera est aujourd’hui une plateforme qui permet à de nombreuses universités et écoles dans le monde entier de mettre en ligne leurs cours et ceci dans tous les domaines. Elle est devenu le leader mondial des MOOC avec près de 6 millions d’inscrits. Contrairement à Udacity qui ouvre ses cours en permanence avec une logique d’éditeur, ceux de Coursera présentent un début et une fin, donc plutôt avec une logique d’enseignant. Toujours en 2012, mais à Boston cette fois-ci, le MIT et Harvard s’associent pour créer la plateforme EdX, un consortium à but non lucratif. Ils sont rejoints par de nombreux partenaires dont la californienne Berkeley, qui contrairement aux pratiques de Coursera, doivent payer un droit d’entrée pour y éditer leurs cours. Coursera et EdX captent l’essentiel de leurs revenus par la vente de certificats ou l’utilisation commerciale de données des étudiants. Fin 2013, les MOOC explosent dans le monde entier et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche en France, franchit le pas en lançant la plateforme France Université Numérique (FUN) hébergée par EdX. Il ne se passe pas donc plus un mois sans que ne soit annoncée la naissance d’un nouveau MOOC !

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Face à cette effervescence, difficile de se forger une opinion. D’un MOOC à l’autre, s’agit-il d’une avancée pédagogique ou d’un effet marketing parce qu’il faut absolument occuper l’espace et se faire connaître ? Ce qui est sûr, c’est que le mouvement est lancé, mondial, dynamique, efficace et que la vague avance inexorablement. Faut-il alors lui résister ou bien l’apprivoiser ? Si on considère les MOOC comme de l’innovation pédagogique capable de transformer la formation ouverte à distance en la faisant évoluer vers de l’apprentissage et le partage de savoirs, alors on peut considérer qu’ils sont plutôt à encourager. Un enseignement en ligne qui s’éloigne du 1.0 pour s’affirmer 2.0, voilà qui est post-moderne. Un transfert de connaissances qui se diversifie de manière aussi créative jusqu’à proposer une myriade de plateformes plus innovantes les unes des autres, selon qu’elles soient interactives ou pas, parfois communautaires, qu’elles proposent ou non des cours plutôt généralistes, d’autres spécialisés avec pré-requis, voire même spécialisés et/ou de vulgarisation.

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Que dire aussi de MOOC qui vont permettre d’alterner efficacement l’enseignement en ligne avec le présentiel, le fameux Blended Learning ! On pourra même les utiliser en mode de « classes inversées » ou de cours en Do it Yourself dans lesquels les étudiants construisent eux-mêmes le contenu de leurs savoirs. Enfin, au sujet du contrôle des connaissances, on notera que ces nouveaux outils pédagogiques nous poussent à imaginer d’autres pistes comme les évaluations automatisées, les exercices d’applications, les évaluations par les pairs,… peut-être de nouvelles idées qui nous éloigneraient de la sempiternelle note sur vingt ou par les premières lettres de l’alphabet ! Bref, une évaluation des compétences à niveau égal de celle des connaissances.

Alors victimes, indifférents ou utilisateurs ? Piqués ou pas par l’un ou l’autre de ces MOOC ? A chacun de choisir !

Pour avancer dans la réflexion, je vous invite à consulter le blog de Matthieu CISEL (http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel), expert en matière de MOOC et à lire le dernier ouvrage d’Emmanuel DAVIDENKOFF aux éditions Stock, intitulé : « Tsunami numérique : Education, tout va changer ! Etes-vous prêts ? ».

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